Thomas Carrier-Lafleur

  • Le cinéma et la presse ont toujours possédé un grand nombre d'affinités électives, de même qu'ils ont toujours été en compétition. Leurs canaux de diffusion et leurs plateformes ne cessent de se croiser, depuis les actualités filmées du début du XXe siècle jusqu'au journalisme participatif du Web 2.0. Leurs matériaux et leur langage connaissent également des hybridités et des échanges foisonnants, que le journalisme investisse petit et grand écrans ou que le cinéma absorbe la matière journalistique. De nouveaux genres cinématographiques - tels le reportage cinématographique et le film-enquête -, et genres journalistiques - telle la critique cinématographique - en sont nés. À ces remédiations s'ajoutent les représentations réciproques, le cinéma ayant continuellement mis à l'épreuve le journalisme, le journalisme ayant participé à l'avènement comme à l'institutionnalisation du cinéma. À travers les alliances et les rivalités, les correspondances et les contradictions, les simultanéités et les renversements, ce volume propose ainsi d'explorer la redéfinition continuelle de nos médias et de leurs identités.

  • Partout dans le monde, les manifestations pour le climat mettant les jeunes à l'avant-scène se multiplient. Les enfants prennent les devants, s'organisent, refusent d'assister passivement à la liquidation programmée de leur avenir. Curieusement - ou alors est-ce un signe des temps ? -, on a observé, au cours des dernières années, une mobilisation similaire, mais à plus petite échelle, chez les adolescents de Parkland, en Floride, engagés dans la lutte pour le contrôle des armes à feu aux États-Unis après une tuerie dans leur école secondaire. Les jeunes manifestants pour le climat, tout comme les élèves de Parkland avant eux, ne sont en fait pas tant des militants que des citoyens qui agissent et qui réclament le droit d'exercer pleinement leurs libertés civiles, même avant d'avoir atteint l'âge de la majorité légale. Alors qu'ils s'imposent aujourd'hui comme une force politique majeure, on voit s'exprimer un malaise, comme si ceux qui, parmi les adultes, détiennent le pouvoir avaient du mal à admettre la légitimité d'un discours porté par des individus qu'on a l'habitude d'encadrer, d'éduquer, de soigner, mais aussi de contraindre, de limiter, de contrôler. Que signifie donc ce refus de concevoir l'enfant comme un sujet politique ?

  • Si l'on a longuement disserté sur le passage du littéraire au cinématographique, qu'en est-il exactement du passage du théâtre au cinéma? Avec pour objectif de mieux comprendre les processus d'appropriation et de recréation caractéristiques de l'adaptation de procédés théâtraux au cinéma, cette nouvelle parution d'Études littéraires transporte le lecteur dans des univers diversifiés, dévoilant toute la diversité des rapports entre les arts théâtral et cinématographique. Parmi les oeuvres à l'étude : L'esquive d'Abdellatif Kechiche dont le processus de scénarisation s'inspire d'une pièce de Marivaux; les films que Jean Cocteau a produits à partir de ses propres pièces de théâtre; Opening Night de John Cassavetes, qui « remédiatise » le fait dramatique; Dogville de Lars Von Trier, qui en appelle au genre théâtral sur le plan de la représentation spatio-temporelle et de l'intrigue; et plusieurs autres.

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