Langue française

  • Cet essai de Thomas Carrier-Lafleur se penche sur le cinéma de Sébastien Pilote qui a ancré ses récits dans les mêmes espaces dès ses premiers longs métrages, développant les mêmes thèmes, expérimentant les mêmes dispositifs narratifs, construisant un univers de plus en plus familier et qui pourtant se renouvelle de l'intérieur. Pour appuyer ses propos, l'auteur analyse chacun des longs métrages du cinéaste. Fortement documenté, il retrace leur genèse, à travers une lecture des scénarios et des notes préparatoires auxquelles il a eu accès.
    Thomas Carrier-Lafleur démontre que l'unité de la filmographie de Sébastien Pilote vient en grande partie d'une oeuvre source qui irrigue sa démarche et sa pensée : Maria Chapdelaine de Louis Hémon. Arrivé au bout d'un cycle de quatre films, Pilote nous propose en effet, avec cette nouvelle adaptation du roman, la synthèse des thèmes, des enjeux et des problématiques déjà développés dans ses films précédents.
    Plus que l'analyse d'une oeuvre qui reste en devenir, cet essai est surtout l'analyse d'un cycle fascinant qui nous semble d'ores et déjà essentiel dans le paysage cinématographique québécois de ces dix dernières années.

  • Partout dans le monde, les manifestations pour le climat mettant les jeunes à l'avant-scène se multiplient. Les enfants prennent les devants, s'organisent, refusent d'assister passivement à la liquidation programmée de leur avenir. Curieusement - ou alors est-ce un signe des temps ? -, on a observé, au cours des dernières années, une mobilisation similaire, mais à plus petite échelle, chez les adolescents de Parkland, en Floride, engagés dans la lutte pour le contrôle des armes à feu aux États-Unis après une tuerie dans leur école secondaire. Les jeunes manifestants pour le climat, tout comme les élèves de Parkland avant eux, ne sont en fait pas tant des militants que des citoyens qui agissent et qui réclament le droit d'exercer pleinement leurs libertés civiles, même avant d'avoir atteint l'âge de la majorité légale. Alors qu'ils s'imposent aujourd'hui comme une force politique majeure, on voit s'exprimer un malaise, comme si ceux qui, parmi les adultes, détiennent le pouvoir avaient du mal à admettre la légitimité d'un discours porté par des individus qu'on a l'habitude d'encadrer, d'éduquer, de soigner, mais aussi de contraindre, de limiter, de contrôler. Que signifie donc ce refus de concevoir l'enfant comme un sujet politique ?

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