Thomas-Simon Gueullette

  • Avocat au Châtelet de Paris, le juriste Thomas-Simon Gueullette a passé sa vie (1683-1766) à collectionner textes, journaux, documents et autres gazetins de son temps, qu'il commentait de notes et réflexions personnelles. L'histoire littéraire lui doit une soixantaine de pièces de théâtre dont plusieurs farces à succès, comme La Confiance des cocus. Mais il s'est également passionné pour les affaires criminelles et sa curiosité l'a conduit à conserver des centaines de placards, mémoires, brochures, justifications. Menant un travail d'enquête, relatant ses impressions, Gueullette a reconstitué la plupart des destins de voyous, de blasphémateurs, d'assassins du milieu du XVIIIe siècle, depuis les faits criminels jusqu'à la peine infligée publiquement (écartèlement, roue, pendaison, flagellation), en passant par les procès. Ces Histoires de larrons et d'assassins nous font donc pénétrer dans l'univers fascinant du crime et de la violence du Paris de Louis XV. Suivant la plume alerte et informée d'un écrivain qui est en même temps un professionnel de la justice et une sorte de détective, nous voici entraînés jusqu'au supplice infligé en place de Grève, dans une ville qui se passionne pour les grandes et les petites affaires de crime. On y croise quelques figures célèbres, tel Damien, écartelé en 1757 pour avoir poignardé le roi, ou Cartouche, bandit fameux, mais surtout le peuple ordinaire de l'échafaud : beaucoup de femmes, quelques nobles, des pauvres bougres ou même des suicidés que les juges condamnent quand même, déjà morts, à être pendus par les pieds puis jetés à la voirie 'comme indignes de la sépulture chrétienne'.

  • La scène est au devant des enfers.PLUTON, PROSERPINE.PROSERPINE.Vous voilà galamment vestu, seigneur Pluton, et l'on auroit de la peine à reconnoître sous ce déguisement le dieu des enfers. Peut-on vous demander quelle est l'heureuse mortelle que vous honorez aujourd'huy de vos faveurs ?PLUTON..Quoy ! morbleu ! Madame, vous me persécuterez sans relâche, et vos jalousies continuelles ne me donneront jamais un moment de repos ?Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • [LES CORNETS.]LE MAISTRE.Il faut, de toute nécessité, que je m'embarque aujourd'huy pour Corbeil où je dois aller recevoir 3oo francs. Voyons si je n'ay rien oublié pour le voyage. Voilà mon bonnet de nuit, une chemise. Mais, vraiment, le meilleur estoit sorty de ma mémoire. Gille ! Gille !(Gille, en dedans, crie de toutes ses forces. Il entre ensuite avec les cinq doigts de la main droite enveloppés de cornets de papier.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

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