Presses universitaires de Louvain

  • À la fin du XIXe siècle, Bruxelles est secouée par un scandale révélant la présence de mineures anglaises dans les maisons closes de la capitale. En cascade, les répercussions de l'« affaire de la traite des blanches » sont immédiates (campagnes médiatiques, enquêtes, séries de procès). À bien des égards, l'histoire des « petites anglaises » fait aussi l'effet d'un véritable détonateur : elle déliera les imaginaires et déchaînera les passions sur la fameuse question de la « traite des blanches », en Belgique et ailleurs, pendant de longues décennies. Issues d'un projet collectif de longue haleine, les contributions de cet ouvrage portent sur l'anatomie du scandale et ses suites. En premier lieu, à partir des dossiers issus de l'enquête judiciaire, on propose ici d'éclairer le rôle des protagonistes de l'affaire. La seconde partie est consacrée aux grands débats que le scandale a contribué à alimenter après la Première Guerre mondiale. Fruit d'une recherche menée en sociohistoire, cette publication invite à suivre, du sordide au mythe, l'histoire et le souvenir d'une des plus célèbres affaires de « traite des blanches ».

  • Depuis une vingtaine d'années, la grâce a pris une place de choix dans le paysage de l'histoire de la justice à la fin du Moyen Âge et aux débuts de l'époque moderne. Tirant parti de sources d'une grande richesse, les historiens ont montré que la clémence est le complément indispensable de la sévérité dans l'exercice de la justice du XIIIe au XVIIe siècle. Ils ont ainsi nuancé l'image d'une justice médiévale expéditive et sanguinaire. Mieux, ils ont montré que si l'intransigeance des juges est affirmée dans les textes normatifs, la pratique judiciaire se fonde plus sur l'exercice du pardon que sur la force du bourreau. Par ailleurs, l'historiographie récente a mis en avant la manière dont les pratiques de grâce sont un instrument politique de la croissance de l'État et de l'affirmation de sa souveraineté. À travers les huit contributions de ce volume, de jeunes chercheurs en histoire analysent cette place déterminante de la grâce dans la justice médiévale et moderne.

  • Namur, Place Saint Rémy, 1417. Jehenin monte sur l'échafaud et est décapité à l'épée. Nivelles, 1514. Guillaume y échappe, par la grâce de l'Empereur. Olne, sur la Grand-Place du village, 1758. Jean meurt sur le bûcher. Hermès y échappe. Il terminera ses jours dans une cellule. Anvers, sur la Grand Place, 1804. Adrien est guillotiné. Bruxelles, sur la Grand-Place, 1807. Marie est guillotinée. Anvers, 1816. Michel est condamné à mort. Gracié, il échappe à la guillotine. Il fera vingt ans de fers. Bruxelles, sur la Grand-Place, 1843. Jean-Jacques est guillotiné. Mons, 1922. Armand est condamné à mort. Il est gracié. Mons, Tir communal, 1947. Le noyau de la « bande Chéron » est exécuté. Ils sont six à passer devant le peloton. Arthuria est graciée. Elle y échappe. À travers neuf récits, construits principalement sur la base des sources judiciaires, un groupe d'historiens, issus de l'Université catholique de Louvain, de l'Université de Liège et de l'Université libre de Bruxelles, racontent l'histoire de la justice pénale en Belgique du Moyen-Âge jusqu'au 20e siècle, dans sa manifestation ultime, la peine de mort. Plongé dans l'exercice de la justice d'autrefois, le présaent ouvrage permet également au lecteur d'accompagner les protagonistes dans le cours de leur vie quotidienne, dans leur environnement social et culturel, dans leur condition d'homme ou de femme. Le présent ouvrage est issu d'un séminaire organisé à l'UCL, dirigé par Jérôme de Brouwer et Xavier Rousseaux au sein du Centre d'histoire du droit et de la justice (CHDJ).

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