Yves Couture

  • La question du nihilisme a une longue histoire. Elle émerge au sein de l'idéalisme allemand, se déploie ensuite dans l'intelligentsia et la littérature russes, puis trouve chez Nietzsche et Heidegger ses explorations les plus influentes. Si le mot semble moins courant depuis un demi-siècle - comme d'autres termes aussi chargés, pensons à celui d'aliénation - les enjeux qu'il soulève demeurent toutefois au coeur de la pensée contemporaine. Les risques environnementaux nourrissent d'ailleurs plus que jamais l'inquiétante intuition que de puissantes dynamiques de dévalorisation du réel sont à l'oeuvre dans les sociétés modernes.
    Ces douze essais, qui font largement entendre la voix d'une nouvelle génération, n'ont pourtant pas pour but de défendre une thèse commune. Ils explorent plutôt les multiples aspects du nihilisme et se confrontent à ses grandes interprétations. Sont ainsi proposées autant de pistes pour rejoindre les débats sur le capitalisme, la technique, l'éducation, le patriarcat, le roman ou la démocratie. Pluralité revendiquée, qui illustre néanmoins un même ancrage dans les défis du monde actuel.

  • Par-delà les effets de mode et les motifs politiques qui ont pu aider ou nuire à sa réception, l'oeuvre de Gilles Deleuze semble plus que jamais mobilisée et retravaillée dans des domaines étonnamment divers de la pensée contemporaine. Notre ouvrage s'inscrit dans ce contexte vivant par une série d'études et de dialogues critiques centrés sur trois aspects fondamentaux : les propositions deleuziennes pour une philosophie de la nature, ses propositions sur le statut et le propre de la pensée et, enfin, les horizons politiques d'une oeuvre protéiforme. Trois aspects par lesquels cet esprit classique qu'était aussi Deleuze retrouvait peu ou prou la tripartition stoïcienne de la philosophie. Mais trois aspects désormais traversés par une même intuition et une même visée : l'élaboration systématique de cette pensée de la différence qui hante notre époque.

  • L'évolution de l'archivistique et sa place dans la gestion de l'information. Le principe du respect des fonds et le fonds d'archives. Le cycle de vie des documents. Les unités de travail. La législation. La réglementation. La typologie des archives nord-américaines et des supports d'archives. La formation et la recherche en archivistique.

  • De Machiavel à Nietzsche, la référence à l'Antiquité n'a cessé d'accompagner la pensée politique occidentale. Mais qu'en est-il aujourd'hui ? À ne considérer que certains courants dominants, on pourrait conclure à un désintérêt croissant pour le monde classique. Un regard élargi dément pourtant cette impression initiale. Comment ne pas voir en effet que parmi les principaux penseurs ­politiques contemporains, un nombre remarquable continue d'entretenir un dialogue décisif avec les mondes grec ou romain ? On pense d'emblée à Strauss, Foucault, Castoriadis, Taylor, Sloterdijk, Nussbaum ou Rancière. Cette interrogation des Anciens est liée aux enjeux centraux de la philosophie, des sciences sociales ou même de l'action politique actuelles : l'analyse critique de la modernité, les rapports complexes entre la théorie et la pratique, l'articulation de l'idéal d'autonomie avec l'inscription politique et communautaire de l'individu, ou encore l'interaction des principes démocratiques avec les modèles d'excellence légués par l'héritage philosophique et moral de l'Occident.

    Cet ouvrage vise d'abord à faire voir la diversité des enjeux que l'examen du rapport aux Anciens permet d'éclairer d'une manière toute particulière. Mais nous voulons aussi faire ressortir la pluralité des perspectives aussi bien théoriques que normatives qui orientent les usages actuels des Anciens. Sur chaque auteur ou chaque thème traité, on trouvera ici l'éclairage de spécialistes reconnus témoignant d'un aspect central de leur propre démarche. L'ensemble se veut donc plus qu'une contribution à l'histoire des idées. À travers le dialogue avec les Anciens, c'est à une réflexion renouvelée sur la modernité que nous convions le lecteur.

  • Les études de cet ouvrage illustrent l'équilibre toujours changeant que les sociétés démocratiques doivent trouver entre deux logiques sociales opposées : celle qui voit dans l'individu le fondement des valeurs d'autonomie et de pluralisme, et celle qui rappelle que l'individu est toujours le produit d'un milieu sociohistorique particulier et qu'il a des responsabilités comme citoyen.
    Les termes individu et citoyen renvoient aux deux logiques à l'oeuvre dans les sociétés démocratiques. La logique universaliste, d'une part, ne cesse d'approfondir les exigences d'autonomie des sujets et de pluralisme des institutions. La logique particulariste, d'autre part, rappelle que l'individu est toujours le produit d'un milieu sociohistorique particulier et que le processus d'individuation est le résultat même de la constitution de l'État moderne. La tension entre ces deux logiques est au coeur des études de cet ouvrage qui illustrent sur quels équilibres se constitue la synthèse concrète et changeante de la société moderne.

empty