Sciences & Techniques

  • Longtemps nous avons considéré les animaux comme ceux que la nature avait privés des qualités que nous, les humains, possédons : l'aptitude à raisonner, apprendre, communiquer, s'adapter, décoder, transmettre, enseigner, progresser... Les travaux scientifiques ont pulvérisé cette idée reçue et, depuis la dernière décennie, ils nous surprennent encore plus. Qui sont vraiment les animaux ?
    On les savait joueurs, blagueurs, rieurs, féroces parfois ; on les découvre tricheurs, menteurs, trompeurs, mais aussi aimants, mélancoliques ou encore émotifs, stratèges, sensibles aux intentions d'autrui, capables de respecter une morale ou d'élaborer une culture.
    La très grande ingéniosité des tests et l'extraordinaire diversité des observations scientifiques (éthologie, génétique, psychologie, zoologie, primatologie, neurosciences) nous révèlent les facettes de l'intelligence et de l'identité animales, et prouvent l'absurdité qu'il y a à réduire les compétences de la bête à la seule force de son instinct. Car en dépit des caractéristiques qui fondent l'homogénéité de son espèce, chaque animal est un individu à part entière, un être social unique, complexe, et par là même un sujet de droit.
    Des singes aux léopards, des éléphants aux antilopes, des baleines aux dauphins, l'auteur nous propose une approche de l'altérité qui apporte beaucoup au débat sur l'exploitation et la manipulation animales. Un plaidoyer fort documenté en faveur de la personne animale.

  • Dans le domaine de la pensée, le XXe siècle n'est pas né en 1900, mais en 1859. Une année bien remplie : Napoléon III s'active, Cavour aussi, qui va unifier l'Italie. Mais, plus important encore, Marx publie sa Contribution à la critique de l'économie politique et Darwin, De l'origine des espèces. Le XXe siècle vient de naître. Les grandes idéologies, qui le secoueront d'une façon parfois terrifiante, vont trouver dans les évènements intellectuels de cette année 1859 leurs racines métapolitiques : une double révolution, biologique et sociale, vient de s'accomplir. À travers l'étude des relations entre Marx et Darwin, ce sont les idéologies d'aujourd'hui qui montrent leur vrai visage. Tout, croirait-on, devait rapprocher les deux grands précurseurs, mais le destin contribua à les séparer sans cesse davantage. En apparence, tout avait été dit sur cette question. Mais aucune des vérités admises ne résiste à l'enquête des historiens des sciences. Une enquête qu'Yves Christen a suivie pas à pas. On apprend ainsi que Marx n'a jamais proposé à Darwin de lui dédicacer l'édition anglaise du Capital, que le darwinisme social était plus une idéologie de gauche que de droite ; que Darwin était moins raciste que Marx ; que ce dernier s'enticha, conte le biologiste, d'un pseudo-évolutionniste français pour élaborer une vision raciste complète de l'histoire jusqu'alors inconnue, etc. Le grand affrontement entre le marxisme et le darwinisme contraint toutes les idéologies à se situer dans un camps ou dans l'autre. Il force galement les successeurs de l'auteur du Capital à renoncer à la science pour rejoindre le camp de la métaphysique.

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