Écosociété

  • Comment exister encore? Tel est le questionnement qui traverse cet ouvrage où Louis Marion, philosophe de la décroissance, interroge notre rapport au monde et tente de cerner les contours des différentes formes de la domination contemporaine. Devant la catastrophe écologique en cours, l'édification d'une écosociété stable et conviviale apparaît la tâche politique essentielle de notre temps. Mais en attendant, notre survie dépend de notre capacité à ne pas totalement abandonner le monde aux mains des experts, économistes et autres valets de l'économie capitaliste dévastatrice.

    Afin de bien identifier les concepts, les objectivations et les tendances à l'oeuvre dans le monde actuel, l'auteur propose de reconnaître la nature de la double domination contemporaine incarnée par le capital et la technocratie, sans oublier de décrire l'idéologie politique et la corruption du langage qui se sont mis à leur service. L'objectif est de donner les outils conceptuels permettant d'éclairer et, éventuellement, de surmonter l'impasse dans laquelle nous nous trouvons.

    Introduction aux valeurs écosociales, cet essai entend donc procéder à une description critique des obstacles politiques, économiques et techniques à l'émancipation sociale et écologique. Sans prétendre donner une réponse définitive aux différentes questions qui entravent la marche du monde, il s'agit plutôt d'aider à faire les distinctions philosophiques nécessaires pour se repérer dans la jungle idéologique du présent. S'appuyant sur un imposant corpus d'auteur.e.s luttant contre les formes de la domination du capitalisme techno-équipé, mais particulièrement sur la pensée du philosophe allemand Günther Anders, l'auteur veut secouer le cadre idéologique à l'intérieur duquel les problèmes sont généralement posés et définis, à gauche comme à droite.

    Bien saisir la nature du capitalisme, du libéralisme, de la techno-science et de la mégamachine: c'est à cela que nous invite Louis Marion dans «Comment exister encore?» Comprendre ce qui se cache dans les replis du langage et du savoir tronqué pour nous donner, collectivement, les outils pour résister à la barbarie qui vient.

  • Écrit dans le sillage de penseurs du soupçon (Marx, Nietzsche, Freud) et de leurs contemporains, Les stratèges romantiques cherche à repenser les questions qui touchent l'existence (le temps, le désir, la religion, l'amour, la vie, la mort) afin de rouvrir les possibles d'une action politique authentiquement émancipatrice.

    S'inscrivant dans la tradition du romantisme émancipateur qui entend prendre le contre-pied d'un monde utilitariste et marchand, Pierre Mouterde propose une approche renouvelée de l'intervention sociopolitique. Il cherche à redonner à la politique ses lettres de noblesse et à repenser cette dernière à l'aune des défis de l'ère néolibérale, en proposant de combiner à l'art d'une stratégie rassembleuse et
    unificatrice la réappropriation de toutes les aspirations existentielles que la modernité marchande a fait disparaître de nos vies. C'est l'originalité de cet essai : pour appréhender les désordres du monde contemporain et y remédier, l'auteur ne se contente pas des traditionnelles explications économiques, sociales et politiques. Il tente d'y combiner des facteurs culturels et plus généralement ceux touchant à l'horizon immédiat de l'existence humaine. Ceux-là même que le déploiement capitaliste néolibéral des dernières décennies tend à remodeler en profondeur, en favorisant les tendances à la fragmentation et à la massification dont l'auteur fait une clé d'interprétation pour comprendre notre époque. 

    De là, comme le souligne Michael Löwy dans sa préface, cette « proposition novatrice et originale d'une stratégie romantique, d'une forme de pensée et d'action à la fois réaliste et sensible, rationnelle et enchantée », qui pourrait symboliser toute l'importance de ces révolutions à effectuer aujourd'hui dans les domaines de l'existence et de l'agir collectif. En ouvrant
    de nouvelles pistes de réflexion sur les caractéristiques « des temps présents » et en cherchant à les refonder sur un mode philosophique, Les stratèges romantiques participe à sa manière au renouvellement si nécessaire du discours de la gauche d'aujourd'hui.

  • Derrière cette globalisation «incontournable», aujourd'hui financiarisée et virtualisée, se cache toute la question du rapport entre l'économique et le politique. Pourquoi cette suprématie de l'économie? Comment, à travers la genèse du capitalisme, comprendre les sources de l'aveuglement néolibéral?

    Associant les perspectives herméneutiques de l'histoire, de l'économie, de la sociologie et de la philosophie, Michel Freitag met en lumière les développements du capitalisme, réactualisant au passage le terme grec d'oikonomia - une économie centrée le cadre privé - en l'opposant à celui de chrématistique, «l'art» individualiste de faire de l'argent par l'accumulation de richesses. Dans cette lente évolution, la chrématistique généralisée a fini par supplanter l'oikonomia traditionnelle.

    "L'impasse de la globalisation" nous propose une réflexion critique sur les formes que devrait prendre un réaménagement postcapitaliste des conditions de vie sur Terre. Il s'agit de se ressaisir de notre capacité politique et de s'en servir : revenir à une autonomisation du politique qui s'inscrirait dans un véritable ordre oikonomique mondial; retrouver l'âme de l'humanité en accordant une place de choix aux civilisations.

  • Qu'est-ce qu'être une intellectuelle critique aujourd'hui? Comment se situer par rapport aux luttes sociales? Que signifie l'engagement citoyen à l'ère du néolibéralisme? En prenant appui sur la pensée d'Hannah Arendt, Diane Lamoureux tente de répondre à

  • Les artistes contemporains délaissent les grandes luttes communes, les partis politiques, et acceptent les subventions de l'État. Ils refusent les étiquettes et se moquent du mythe de l'artiste guidant le peuple. Quand l'oeuvre d'art devient fragments, mouvement, quand son sens est ouvert et dépend de l'expérience du spectateur, quelle est son action sur le monde? Peut-on encore croire à sa portée politique?

    Les nostalgiques pleurent la disparition de l'art engagé. Pour Ève Lamoureux, l'art engagé n'a jamais cédé; il résiste d'une autre manière, à un autre pouvoir, sur d'autres terrains. Exit la division entre l'art pour l'art et l'art au service d'une idée. Exit la conception avant-gardiste militante de l'art engagé. L'engagement actuel passe par une action micropolitique multiforme, une création soucieuse de l'Autre, à la fois autonome et collective, misant sur le processus et la participation. Ainsi, l'auteure nous montre de quelle façon l'art apporte une nouvelle définition de l'engagement politique.

    Cet essai analyse la démarche d'artistes québécois comme l'ATSA, BGL, Doyon/Demers, Danyèle Alain, Sylvie Cotton, Nicole Jolicoeur, Devora Neumark, Alain-Martin Richard, Jean-Claude St-Hilaire et Raphaëlle de Groot. En prolongeant, sur le plan théorique, des créations souvent performatives et éphémères (décors, manifestations, dialogues, oeuvres à compléter soi-même, etc.), ce livre les situe dans l'histoire récente de l'art et met en lumière leur dimension politique.

  • La crise économique de 2008 a suscité un «renouveau» du discours critique sur le capitalisme. Mais pour les auteur-e-s de «La tyrannie de la valeur», cela n'a pas pour autant donné lieu à un approfondissement de la théorie critique, si bien que la crise actuelle du capitalisme s'accompagne d'une «crise de l'anticapitalisme», prenant la forme d'une carence théorique.

    L'essentiel de ce discours critique, comme celui des mouvements de type «Occupy», demeure superficiel en se limitant à une approche subjectiviste dénonçant l'élite du «1%» et des «vilains» banquiers. Le grand mérite du courant dit de la «critique de la valeur» («Wertkritik») est d'effectuer un retour au texte de Marx afin d'en dégager une critique substantielle et de retrouver, par-delà le Marx économiciste et subjectiviste, le Marx philosophe et sociologue. Le capitalisme est ainsi abordé comme un «fait social total», et de sa critique ressort la nécessité d'instituer d'autres formes de médiations sociales et d'autres institutions que celles qui consolident la domination fétichiste du travail, de la marchandise, de la valeur sur la vie, la société, la nature. Le sujet du capital n'est dès lors plus identifié à la bourgeoisie ou au prolétariat eux-mêmes, mais plutôt au processus de valorisation capitaliste que bourgeois et prolétaires entretiennent mutuellement, sans toutefois en tirer les mêmes avantages.

    La tâche prioritaire de la théorie critique est donc double: d'abord comprendre de manière critique les médiations fétichisées du capitalisme, puis penser ce que pourraient être des médiations non aliénés. C'est à ce projet que «La tyrannie de la valeur» entend contribuer afin d'approfondir et de renouveler le discours de la théorie critique.

    Avec des textes d'Yves-Marie Abraham, Marie-Pierre Boucher, Pierre Dardot, Jean-François Filion, Franck Fischbach, Anselm Jappe, Gilles Labelle, Eric Martin, Louis Marion, Jacques Mascotto et Maxime Ouellet.

  • Le modèle de société fondé sur le dogme de la croissance économique infinie, s'essouffle. La course effrénée à la productionde richesses matérielles entraîne une dégradation de la biosphère très préoccupante pour la survie des générations futures,sans garantir des conditions de vie décentes aux générations actuelles. Les auteurs de cet ouvrage partagent un même souci d'agir «pour la suite du monde », mais ne s'accordent pas sur les moyens à mettre en oeuvre. Un riche échange et une réflexion entre les défenseurs d'un « développement durable » et ceux d'une « décroissance soutenable ».

  • Titre du roman dystopique de George Orwell, 1984 constitue une année charnière, tant d'un point de vue factuel que symbolique, dans les mutations du capitalisme: on assiste aux premières déréglementations du secteur des télécommunications aux Etats-Unis qui marquent le passage à une «société globale de l'information», caractérisée par un capitalisme cybernétique. Cette même année, Apple lance son tout premier ordinateur Macintosh sous le slogan: «Il était temps qu'un capitaliste fasse une révolution.»
    Décryptant ces mutations, Maxime Ouellet démontre qu'à l'ère des nouvelles technologies de l'information et de la communication (TIC), le capital instaure une révolution culturelle permanente. D'un monde encore régulé normativement par la culture et se reproduisant au moyen d'institutions politiques, la globalisation capitaliste marque le passage à une nouvelle ère où la communication cybernétique s'érige en tant qu'instance suprême de régulation de la pratique sociale où toutes les normes et valeurs sont remplacées par la seule loi de la valeur marchande. Une véritable révolution culturelle est ainsi en voie de réaliser le fantasme de tous les régimes totalitaires antérieurs, soit la production d'un «Homme nouveau».
    Or, la théorie critique actuelle peine à saisir les réelles implications de ces nouvelles dynamiques capitalistes. Selon l'auteur, les discours tant technophiles que technophobes portant sur les TIC doivent être dialectisés afin de ne plus faire l'impasse sur la nature profonde de ces transformations, qui relèvent en fait de l'économie politique. Autrement dit, il faut chercher à concilier critique de l'économie politique et critique de la culture, et remettre les abstractions réelles (marchandise, valeur, capital, travail) au coeur de toute critique du capitalisme. En ce sens, La révolution culturelle du capital aide à penser les conditions nécessaires à l'élaboration d'un après-capitalisme.

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