Éditions De Courberon

  • L'Attente est un récit « calme et parfois triste » (Christian Bobin) sur le temps qui passe, sur le feu de vivre qui ne laisse souvent que des cendres, sur les guirlandes que l'on dispose dans sa vie pour décorer le vide, sur les chaines que l'on met partout et qui finissent invariablement par se briser. Sur un enfant et un homme aussi, qui sont à la mauvaise place au bon moment, qui font tout ce qu'il faut faire sans savoir le faire et, surtout, qui attendent. Qui attendent quoi ?
    Que quelque chose arrive, mais sans savoir quelle est cette chose.
    Une histoire sans noms, sans visages, que des ombres et une lumière diffuse pour les faire apparaître. Une lecture qui porte en silence, qui touche à l'humain dans ce qu'il a de plus fort et, paradoxalement, de plus fragile. « Ce n'est plus un roman, c'est un poème » (Jean Marcel).

  • « Il dort, mais il ne sait pas qu'il dort ». C'est sur le ton de la douce ironie que Guy D'Amours nous livre sa dernière création, Un réveil agité d'histoires. À la lecture de ce texte, le lecteur se trouve légèrement désorienté, car l'oeuvre est difficilement classable dans les genres connus en littérature. Concrètement, il s'agit d'un conte philosophique entrecoupé de très courtes histoires qui se rapportent de par leur thématique au thème principal qui sera traité dans la partie du conte qui suit. L'histoire, car il y en a une, relate les diverses rencontres de Zigma, qui se réveille d'un très long sommeil. Le personnage ira de rencontre en rencontre, croisant tour à tour, femme, enfant, serpent, soleil et autres. Le récit ne se veut pas réaliste, mais concourt railleusement à nous faire sentir l'inspiration qui a donné naissance aux différents sujets abordés. Ainsi l'auteur nous met-il en garde dès le départ : «Ceux qui aimeraient une histoire structurée, avec un héros hollywoodien qui cherche à résoudre une intrigue solide établie entre un mégot de cigarette oublié sur un tapis et une belle et ambitieuse danseuse nue, je les renvoie à d'autres que moi. Dans mon histoire, pas de temps ni de lieu où s'accrocher, qu'un désir d'entraîner le lecteur sur des sentiers singuliers ». Des passages singuliers, l'auteur nous en laisse goûter plusieurs, souvent satiriques, parfois même caustiques, comme dans l'extrait suivant : « J'ai vu déjà dans mes songes leur crémation ; j'ai senti l'odeur de leurs corps putréfiés qui se calcinent : ils sont morts mais ne le savent pas. Et ce ne sont pas des hommes que je vois lutter, mais une danse morbide de squelettes décharnés qui ne peuvent s'arrêter. »

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