Éditions Dominique Leroy



  • Leone Frollo promène Mona dans un jardin anglo-saxon où la morale coercitive a fait de l'érotisme un interdit, donc un exaltant péché.
    La reine de Leone Frollo a été Betty Boop, la pulpeuse ingénue de Max Fleischer qui venait du music-hall américain où son sosie Helen Kane chantait un refrain à faire rougir les débardeurs.
    Mona Street ressemble à Betty Boop. D'ailleurs, elle est l'innocence même.
    Leone Frollo la promène adolescente, encore pensionnaire dans un jardin anglo-saxon. Un érotisme des plus suaves qui donne la définition entière de l'art de Leone Frollo : fragilité perfide à la Klimt, humour à la Beardsley, féminité coquine à la Leonor Fini, goût de l'extrême jeunesse à la Balthus...
    Du Pont de Rialto à Venise au Pont des Arts à Paris, c'est le parcours que Leone Frollo a accompli sans faute sur les ailes de la BD. Frollo est particulièrement fécond. Mais voilà son oeuvre est restée longtemps anonyme. Toutefois, le style de Frollo - dans le mensuel Casino qui, prononcé à l'italienne, signifie « bordel », et les plus anciens Blancheneige et Lucifera - montrait facilement le bout du crayon, et personne ne s'y est trompé.
    Collection Vertiges Bulles.
    Bande dessinée numérique, 66 pages, 61 planches en noir et blanc et couverture en couleurs de Leone Frollo.

  • Toute la violence de Sade vitalisée par le dessin de Cavell.

    L'Histoire de Juliette ou Les Prospérités du Vice demeurera encore longtemps l'oeuvre la plus inconvenante de la littérature occidentale. Son ampleur, son propos, la rendent à jamais irrécupérable. Du couvent où elle est d'abord élevée en compagnie de sa soeur Justine, nous suivons Juliette jusqu'à son admission dans la Société des Amis du Crime, le parcours qui fait d'elle le personnage le plus scandaleux imaginable.
    La plume est légère et ne trahit pas la pensée du Divin Marquis. Subtil ou glacé, le pinceau de Cavell « vitalise » encore davantage ce qui est déjà énergie et mouvement chez Juliette.
    Philippe Cavell et Francis Leroi semblent être allés jusqu'au bout de l'alternance contraignante des discours et des descriptions sadiennes le résultat de cette association donne un album superbe.
    Cette édition numérique est augmentée d'une suite des planches censurées des pages 61 (édition papier) / 52 (eBook), 115 (édition papier) / 106 (eBook) et d'une gravure originale signée et numérotée par Philippe Cavell réservée à l'édition de luxe tirée à 500 exemplaires.
    Collection Vertiges Bulles.

    Bande dessinée numérique, 118 pages, 103 planches dont 17 en couleurs, augmentée d'une suite des planches censurées et couverture en couleurs de Philippe Cavell.

  • En regardant les séduisantes silhouettes féminines de Leone Frollo, nous paraissons tous des amateurs inquiets de corps lascifs de femmes qui sont en train de s'exalter pour eux-mêmes. Pas pour notre désir...
    Leone Frollo promène Mona du Pont des Arts à Paris au Pont du Rialto à Venise où elle va vivre de bien troublantes aventures et surtout combattre des aristocrates vénitiens qui sous prétexte de moralisation assouvissent leurs phantasmes en maltraitant leurs fragiles victimes. Mais Mona veille et va réussir à délivrer ses consoeurs.
    La reine de Leone Frollo a été Betty Boop, la pulpeuse ingénue de Max Fleischer qui venait du music-hall américain où son sosie Helen Kane chantait un refrain à faire rougir les débardeurs.
    Mona Street ressemble à Betty Boop. D'ailleurs, elle est l'innocence même.
    C'est cet érotisme des plus suaves qui donne la définition entière de l'art de Leone Frollo : fragilité perfide à la Klimt, humour à la Beardsley, féminité coquine à la Leonor Fini, goût de l'extrême jeunesse à la Balthus...
    Du Pont de Rialto à Venise (il y habite tout près) au Pont des Arts à Paris, c'est le parcours que Leone Frollo (on prononce Léoné sur la lagune) a accompli sans faute sur les ailes de la BD. Frollo est particulièrement fécond. Mais voilà son oeuvre est restée longtemps anonyme. Toutefois, le style de Frollo - dans le mensuel Casino qui, prononcé à l'italienne, signifie « bordel », et les plus anciens Blancheneige et Lucifera - montrait facilement le bout du crayon, et personne ne s'y est trompé.
    Collection Vertiges Bulles.
    Bande dessinée numérique, 44 pages, 38 planches en noir et blanc, page de titre, frontispice et couverture en couleurs de Leone Frollo.

  • Bon-chic, bon-genre, chapeaux d'avant-guerre et bas nylon d'après, guêpières froufroutantes ou combinaisons de soie sauvage, pudeurs rêveuses jaillies de magazines de mode d'un monde sans pilule mais déjà atomique, Liz et Beth télescopent les Fifties et les visions d'outre-média. Elles ont lu SAS et la Comtesse de Ségur, le Grand Meaulnes et Kate Millet.
    Jeunes filles, jeunes femmes ou femmes jeunes, le passe-temps des dames et des demoiselles de Monsieur Levis interpelle notre nostalgie dans les moiteurs chaudes et crissantes de longues cuisses indémaillables. En osant un voyage initiatique au pays de Lesbos, elles sont les ambassadrices d?une sensuelle féminité.

  • La rencontre de Juliette et de l'ogre Minski tient dans Les Prospérités du Vice une place toute particulière. En effet, "L'ermite de L'Apennin" partage le goût du mal des autres personnages de Sade mais il les dépasse largement : sorcier, anthropophage, reclus dans les montagnes, protégé par les volcans, Minski entretient avec la nature des rapports si fantastiques, si effrayants que Juliette et Sbrigani, contraints de s'enfuir pour lui échapper, renonceront à le tuer.

    « André Breton nous a fait remarquer qu?une "des plus grandes vertus poétiques de cette oeuvre (est) de situer la peinture des iniquités dans la lumière des fantasmagories et des terreurs de l?enfance". Tout semblait avoir été dit sur Juliette, mais Philippe Cavell a donné une autre dimension à cette terrifiante histoire dont l?outrance manifeste n?enlève rien à la fascination. L?exploit de Cavell est de rendre visible ce qui n?était qu?une tension de l?esprit. Il a choisi une phase capitale de ce long roman, d?une résonance presque stendhalienne pour ce qui est de l?apport italien : "la fuite" à Turin, Parme, Florence?, la rencontre de l?ermite de l?Apennin, Minski, géant et seigneur des ténèbres, une sorte de Raspoutine mâtiné de Gargantua. En parfait ange du mal, Juliette le possédera et le volera. » J.-M. Lo Duca

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