Éditions de l´IHEAL

  • Le déplacement forcé en Colombie touche une majorité de femmes et d´enfants qui, pour fuir un conflit armé ravageant leurs campagnes natales, se réfugient dans l´anonymat des périphéries urbaines. Ce travail de recherche, réalisé auprès d´une association

  • Les Lacandons, groupe indigène du Mexique méridional, sont considérés parmi les derniers survivants de la civilisation maya. Si les archéologues, ethnologues, peintres ou photographes n´ont jamais cessé d´être présents auprès de ce groupe depuis le début

  • Ex-ouvrier métallurgiste, leader syndical et fondateur du Parti des Travailleurs - la plus grande formation de gauche d´Amérique latine -, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva n´a jamais eu de relations faciles avec la presse de son pays. Cette dernière a en effet appuyé, en grande majorité, le coup d´État qui a mené à la dictature militaire (1964-1985), et mis, depuis le rétablissement de la démocratie, toute son énergie au service des candidats conservateurs. Cela n´a pas empêché finalement Lula de l´emporter en 2002, et d´être réélu en 2006, les deux fois avec un nombre record de suffrages. Cet ouvrage met l´accent sur le rôle d´acteur politique que joue la presse au Brésil, avec ses intérêts propres, y compris économiques, même lorsqu´ils sont dissimulés sous le manteau des grands principes démocratiques (« l´indépendance du quatrième pouvoir », « l´intérêt public », etc.). Publiant des témoignages inédits provenant des coulisses du gouvernement et des rédactions, Giancarlo Summa montre comment un leader charismatique, qui gouverne au nom des intérêts matériels et symboliques de la majorité défavorisée de la population, parvient à rompre le blocus des médias traditionnels. Le choix du président d´une communication directe (meetings, messages télévisés, Internet, recours à la presse locale et aux radios communautaires, etc.) lui a permis assurément de contourner le monopole médiatique des grands groupes commerciaux. Cependant Lula a renoncé à mettre sur pied une véritable politique de communication susceptible de remettre en question les intérêts structurels de ces grandes compagnies et de favoriser la création de médias alternatifs d´importance. Tels sont les constats formulés par un auteur qui, outre ses sources personnelles, s´appuie sur une documentation historique et statistique considérable.

  • Dès les années 1920, le Brésil élabore les outils d´une diplomatie culturelle, suivant ainsi de près la France et devançant bien des pays dont les États-Unis. Il le fait notamment par le biais de l´Institut International de Coopération Intellectuelle, ancêtre de l´UNESCO créé sous les auspices de la Société des Nations. Le présent ouvrage étudie les modalités de cette participation, ainsi que ses motivations. On découvre un Brésil soucieux de son image à l´extérieur, désireux de briser le cliché d´un pays encore « dans l´enfance de la civilisation ». On retrouve là les termes du débat sur l´identité brésilienne qui agite les milieux intellectuels brésiliens dans l´entre-deux-guerres, désireux de briser l´hégémonie du « modèle » culturel européen. Plus pragmatiquement, l´élaboration d´une image positive à destination de l´extérieur - clé de voûte du soft power - doit permettre à ce pays, secondaire sur la scène internationale, de servir son ambition d´y jouer un rôle plus conséquent, mais aussi de favoriser les intérêts économiques mis à l´honneur par le projet de développement national de Getúlio Vargas à partir de 1930. La participation du Brésil aux travaux de l´Institut est également pour celui-ci un moyen de ne pas être totalement absent de la scène européenne, malgré son départ de la SDN en 1926. Cela lui permet, d´une part, de garder une certaine autonomie vis-à-vis des États- Unis et, d´autre part, d´offrir des garanties aux démocraties soucieuses de voir le plus grand pays d´Amérique latine développer ses relations avec les régimes d´inspiration fasciste. La collaboration du Brésil avec l´Institut peut donc être comprise comme une illustration de l´« équidistance pragmatique » qui caractérise alors la politique extérieure brésilienne ; mais cette politique est également destinée à acquérir le prestige international nécessaire au leadership régional, dans le cadre des relations interaméricaines.

  • Les migrations des pays du Sud vers les pays du Nord constituent un enjeu majeur de l´ère globale, marqué par une profonde contradiction entre les logiques des migrants et celles des États qui, refusant de les recevoir, luttent activement contre ces flux. Toutefois ces mesures paraissent peu efficaces car elles ignorent les forces et les réseaux sociaux qui sous-tendent la migration. La migration centraméricaine vers les États-Unis en est un exemple flagrant. Partant de ce constat et s´appuyant à la fois sur un riche corpus bibliographique et sur des enquêtes de terrain durant lesquelles il a suivi un groupe de migrants depuis le Guatemala jusqu´en Floride, l´auteur analyse les effets du décalage entre les logiques des migrants et celles des politiques migratoires et montre comment les obstacles à la migration renforcent les réseaux en générant une structure sociale formée de liens de réciprocité qui permettent d´accomplir la migration. Cet ouvrage est une analyse des politiques migratoires contemporaines et du lien social qui relie les acteurs au sein des réseaux de migrants.

  • Depuis l´accession au pouvoir d´Hugo Chávez Frías en février 1999, la politique extérieure vénézuélienne se caractérise par un activisme certain et a octroyé au Venezuela une nouvelle visibilité sur la scène internationale. Si les relations houleuses avec les États-Unis de George W. Bush ou celles, souvent décriées, avec l´Iran de Mahmoud Ahmadinejad ont placé Caracas sous les feux de la rampe diplomatique, on ne saurait pour autant occulter d´autres facettes de cette politique, tout aussi symptomatiques de la mutation que vit le Venezuela contemporain quoique moins médiatisées. Discrète et parfois même imperceptible, la politique africaine de Chávez ne fait ainsi guère parler d´elle. Jamais, pourtant, le Venezuela n´a autant tourné les yeux vers l´Afrique. En novembre 2008, la mise en place de relations avec Madagascar a signé l´ultime étape de l´établissement de relations diplomatiques avec tous les pays du continent. En une dizaine d´années, près de 80 accords de coopération ont également été conclus et témoignent d´une rupture importante par rapport au demi-siècle précédent. Le livre de Camille Forite propose un bilan détaillé de la politique africaine du Venezuela entre la fin des années 1990 et la fin des années 2000, en la replaçant dans le contexte historique des relations entre les deux espaces et en l´intégrant au cadre plus global des relations extérieures vénézuéliennes.

  • Rio de Janeiro s'était préparée pour accueillir le 8 août 1899 le président de la République voisine. Événement non des moindres, il permettait au Brésil de rayonner au-delà de ses frontières, d'inviter le monde à visiter sa capitale, la ville qui représentait la Nation ; de s'approcher de ce voisin avec lequel les relations n'avaient pas toujours été des meilleures ; et de se donner une place en Amérique, notamment du Sud. C'est entre autres pour ces raisons que la presse s'est précipitée à parler de « jour historique ». Consacré à la visite officielle du président argentin Julio Roca à Rio de Janeiro, l'ouvrage d'Hélène Veber constitue un exemple de la manière dont l'événement peut faire l'objet d'un traitement historique complexe qui dépasse de loin des conceptions strictement narratives ou informatives de la discipline. Grâce à une analyse de sources très diverses, le déroulé de cette visite est minutieusement reconstitué. L'auteur nous montre, à partir des éléments qu'elle a rassemblés, comment cette rencontre internationale est l'objet d'une mise en scène du pouvoir et de la nation. Hélène Veber propose ici une nouvelle approche de l'histoire des relations internationales, en projetant cette rencontre diplomatique dans l'espace symbolique de la ville où elle a eue lieu et en multipliant les jeux d'échelle. Ainsi peuvent être repensées - dans l'espace public, dans l'interrelation des hommes de pouvoir, dans les imaginaires, etc. - les politiques internationales de l'Argentine et du Brésil, voire la diplomatie du Cône Sud dans son ensemble.

  • Interroger les liens entre démocratie et sexualité, c'est ce que nous propose Lila Le Trividic Harrache, doctorante en sciences politiques, au cours d'une enquête menée au Chili en 2010. À travers cet ouvrage, l'auteur nous entraîne dans son analyse minutieuse et documentée de l'irruption de la pilule du lendemain dans le débat et les politiques publiques. Elle nous invite ainsi à visiter avec elle le fragile équilibre d'un pays avant-gardiste qui autorisait l'avortement thérapeutique dès 1931, et intégrait même la pilule contraceptive dans une politique plus générale de santé publique de régulation de la fécondité en 1965. Ce même pays qui a contrario quarante-cinq plus tard va jusqu'à interdire tout avortement au motif d'une impossibilité de statuer sur le caractère abortif ou non de cette pilule. Qu'a-t-il bien pu se passer entre la chute de la dictature de Pinochet en 1990 suivie de l'élection du premier président de la Concertación de partidos para la democracia, et la fin du mandat du quatrième président de cette coalition de centre-gauche qui perd les élections présidentielles au profit de la coalition de droite en 2010 ? Est-ce que le régime politique largement hérité de la dictature conservatrice et répressive faisait alors encore le jeu politique dix-sept ans après sa chute ? Le ferait-il au point d'empêcher toute mise en cause des questions liées aux moeurs afin d'éviter tout conflit susceptible de le déchirer à nouveau ? Grâce à Lila Le Trividic Harrache qui est allée six mois au Chili interroger les différents acteurs impliqués, les éléments se mettent progressivement en place jusqu'à former une image nette du lien entre action publique et dictature.

  • Au milieu d'un océan d'habitations, de petits immeubles et de pavillons, se dressent les hautes tours du quartier de Sanhattan dans la commune de Las Condes, l'une des plus riches de la capitale du Chili. C'est ici que se situe le centre des affaires commerciales, financières et politiques le plus dynamique et le plus important de la ville et du pays. Si ces immeubles sont les sièges d'entreprises et d'ambassades, ils sont également occupés par les classes les plus aisées de Santiago. Un constat qui ne manque pas de surprendre en ce qu'il s'oppose fortement à l'idéal de vie pavillonnaire. À la croisée entre l'histoire politique, la géographie urbaine et la sociologie des pratiques résidentielles, l'ouvrage de Line Henry révèle les répercussions des nombreuses politiques urbaines sur la configuration actuelle de Santiago. Forte d'une analyse de terrain aussi diverse qu'approfondie sur le quartier de Las Condes, l'auteure donne à voir les transformations des modalités résidentielles à travers le glissement du pavillon vers l'immeuble de haut standing.

  • Le monde carcéral, par le silence qui l´entoure et du fait du tabou dont le concept d´enfermement est entouré depuis toujours, est mal connu du grand public. Au cours du temps, l´imaginaire collectif a été entraîné à ne voir dans cet espace qu´un vague ensemble dépourvu de toute humanité. Le centre pénitentiaire pour femmes Santa Mónica de Lima, malgré des conditions de détention rigoureuses et un système judiciaire rongé par la corruption, est présenté ici sous un visage infiniment humain. Plus de 80 femmes détenues dans la prison Santa Mónica ont livré le récit de leur vie et de leur expérience carcérale, ou simplement quelques impressions sur l´environnement qui était temporairement le leur. C´est sur cette base que repose le présent ouvrage, résultat de l´analyse d´entretiens effectués entre septembre et novembre 2007 et d´un travail de suivi qui se poursuit aujourd´hui auprès des détenues du premier centre pénitentiaire féminin du Pérou. Quelles sont les conditions de détention de ces femmes ? Quels rapports entretiennent-elles au monde extérieur en termes affectifs, relationnels ou socio-économiques ? Bien qu´il connaisse depuis dix ans une croissance soutenue, le Pérou demeure un pays très inégalitaire et la réalité sociale y est bien différente de celle que l´on connaît en Europe. Appréhender l´univers des femmes incarcérées dans ce pays contraint donc le lecteur à penser une réalité nouvelle. La présente étude met en relation étroite les mécanismes de fonctionnement de la société péruvienne et le monde carcéral pour démontrer dans quelle mesure se reproduisent les inégalités au sein du monde clos de la prison.

  • Terre d´accueil de nombreux immigrés européens au Mexique et berceau d´un folklore local jaloux de sa richesse, Guadalajara voit se méler durant le Porfiriat (1877-1910) cultures européennes et mexicaine, voyageurs et tapatíos, revendication d´une culture régionale originale et regard sur l´Europe. À l´image du reste du pays, la capitale du Jalisco est ainsi confrontée à une européanisation des modes de vie, de consommation ou de divertissement qu´un regard superficiel pourrait résumer par la classique europhilie des élites porfiriennes. Or, une analyse détaillée du discours des élites jalisciences dans le journal satirique Juan Panadero montre que ce rapport à l´Europe est plus complexe qu´il n´y paraît. Tantôt critique, tantôt admiratif, et bien souvent ironique, cette publication se fait porte-parole d´une société pour qui le rapport à l´Europe, plus que synonyme de modernité, constitue le principal argument d´un rapport de force avec le pouvoir central et México. Le Juan Panadero renvoie alors l´image vivante d´une société qui se cherche, se contredit et se raconte, donnant à voir l´une des grandes contradictions du Mexique porfirien qui se heurte à de fortes résistances régionales dans le processus de mise en place du fédéralisme.

  • Partie pour sa première recherche de terrain en anthropologie avec l´intention d´étudier l´organisation auto-nome des enfants scolarisés dans une communauté indienne, Émilie Massot rentre en ayant partagé la vie d´une communauté ni indienne ni blanche, où les enfants ne s´organisent pas particulièrement en groupe autonome. Intéressée par la petite enfance et la périnatalité, elle découvre, non sans surprise, que les membres de la communauté pratiquent une théorie phénotypique de la gestation. C´est-à-dire que les gestes, les comportements, les nourritures et le régime alimentaire non seulement de la mère, mais aussi de son entourage, ont un effet direct sur la beauté du nouveau-né (callipédie). De même comprend-elle à son grand étonnement que, réciproquement, le foetus manifeste des désirs que l´entourage doit respecter s´il veut que sa croissance soit congrue: ce dernier est en effet doté d´une parole muette, que tout auditeur attentif peut percevoir...

  • Dans un avenir relativement proche, on peut s´attendre à ce que la population indienne vivant en ville soit plus nombreuse que celle qui se maintiendra dans ses territoires d´origine. Ce phénomène mérite que l´on s´y arrête et ce n´est pas un hasard si, depuis quelques années, on voit se multiplier les études au Mexique, au Guatemala, en Équateur en Bolivie ou ailleurs, concernant ces hommes et ces femmes qui, après avoir entrepris un périlleux voyage loin de leur communauté d´origine, vivent désormais dans des cités de plus en plus tentaculaires, « globales » et cosmopolites. Quelles sont les raisons de ces migrations ? Comment cette population indienne s´insère- t-elle en milieu urbain ? Qu´advient-il des liens communautaires et des solidarités traditionnelles ? Sont-ils des ressources mobilisables dans ce nouveau contexte ? Comment, à la ville, se construisent de nouvelles identités sociales et culturelles ? Autant de questions qui, avec bien d´autres, suscitent à juste titre un intérêt grandissant de la part des chercheurs.

  • Si l'idée de faire participer la société aux discussions d'intérêt public n'est pas nouvelle, elle a acquis depuis quelques années une lisibilité particulière dans le débat politique et contribue, dans différents pays, à transformer sensiblement les pratiques de la démocratie. À cet égard, le budget participatif apparaît comme un cas emblématique et l'expérience menée sous l'égide du Parti des Travailleurs dans la ville brésilienne de Porto Alegre, dès la fin des années 1980, est devenue le symbole qu'une autre démocratie était peut-être possible. Depuis, la question du budget participatif a connu une vaste circulation internationale et fait l'objet de multiples appropriations et adaptations à l'échelle locale. En France, la ville de Saint-Denis fut l'une des premières à s'intéresser à ce projet et valorise désormais la participation de ses habitants aux discussions sur le budget municipal. Cet ouvrage explore donc les dynamiques du transfert du budget participatif entre la capitale du Rio Grande do Sul et la cité dyonisienne, en s'appuyant notamment sur la notion de paradiplomatie désignant l'action extérieure des gouvernements locaux. Au terme d'une vaste enquête, Osmany Porto de Oliveira met en valeur des données encore peu connues en matière de circulation transnationale des politiques publiques et décrypte les multiples enjeux de ce transfert original.

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