Langue française

  • Un couple modèle de Montréal, jeune et cultivé, qui assiste à des pièces d'avant-garde et à des happenings. Derrière cette apparence de couple branché, mais ordinaire et raisonnable, se dissimule une fracture : une longue période de délire, une plongée dans l'alcool et la drogue. Depuis, Anne ne porte que des tailleurs stricts, car il y a «un lien entre la rigidité des tenues et la protection nécessaire pour affronter le quotidien».

    Michael Delisle sait combien les mots ne sont jamais innocents, que, une fois qu'on les a prononcées, il faut aller «au coeur des phrases».
    Alain Salles, Le Monde

  • NUIT, PENSER

    Toujours, depuis si longtemps, des poèmes: manières de voir ou de vivre, on le dit, mais peut-être aussi, un à un, manières de penser ou de vieillir, maintenant.

    Dix mille nuits sans dormir font des poèmes, encore. La nuit - avec tous ces objets qui s'échangent leurs noms et ces souvenirs qu'il faut inventer - fait des poèmes. Des yeux, dans l'obscurité, je cherche des mots qui me suivront jusqu'au lendemain, sans doute dans le bon ordre. Je fume, j'écoute les voix qui sont la mienne quand les autres dorment. Elles sont des poèmes.

    DIXHUITJUILLETDEUXMILLEQUATRE

    La mort de la mère: ce moment où le fils est anéanti et... libéré.

    Rarement la poésie a témoigné de façon aussi personnelle de l'entrée en agonie d'un parent. Quand la mort fait de la mère son pantin, le fils veut fuir ce qui crie entre les murs «gris de la couleur du jour de la chambre de la seule avec / Dieu qui gratte et Dieu qui tire et Dieu qui mord: / douzejuilletdeuxmillequatre».

    La mère en allée, la famille envolée avec elle, rien ne reste au poète que sa poésie pour trouver grâce devant leur mémoire.

  • Et j'ai entendu les vieux dragons battre sous la peau

    Entre colère et ironie, c'est à l'exultation que nous convie ce long poème. Prônant le cataclysme de l'amour, défiant toute forme de sécurité, celui qui dit je ramène le moi à ses sources. Tourné vers ce qui bouleverse, le garçon turbulent choisit de trembler, de tomber, d'aller à corps perdu pour faire jaillir l'émotion dans l'attaque, le déchirement.
    Et j'ai entendu les vieux dragons battre sous la peau : un excès du réel, un talent imprévu, un
    vertige essentiel.


    Voilà

    Il ne sert à rien de vouloir nier l'évidence : « nous ne savons pas vivre ». Et puisque « je suis né d'une traite », le poème s'accomplit de même, dans une coulée unique, haletante, accrochant au passage les débris d'un amour, ceux de la mémoire et de l'oubli. Et lorsqu'il ne reste que le muscle de vivre, « je continue », car on le sait, « c'est un poème de vivre encore ».

  • François Charron, né à Longueuil en 1952, publie dès 1972 une oeuvre à la fois lyrique et engagée. Puis survient un point de bascule, un choc. De l'autre côté émerge, dans un dépouillement déroutant, Toute parole m'éblouira.

    Remarques vives, questions posées au vide, aveux nus qui grattent un mystère : ce livre compte parmi les plus intrigants de la poésie québécoise des années 1980.

  • André Roy, écrivain, poète ainsi que critique cinématographique et littéraire, est né à Montréal en 1944. Il a collaboré à plus de cinquante revues littéraires et culturelles, tant des Amériques que des pays européens. Il a publié toute son oeuvre poétique, plus de vingt-cinq titres, aux Herbes rouges. Sa poésie est traduite en albanais, en anglais, en chinois, en espagnol (Espagne et Mexique), en italien, en macédonien, en portugais, en serbo-croate et en slovaque.

  • L'homme qui pleure

    Un homme s'envole vers l'Orient, sur la foi des récits qu'un autre a inventés. Dix ans plus tard, cet autre part à son tour et se lance sur les traces de l'ami disparu. Des rives du Gange aux neiges éternelles, un autre voyage commence qui le conduit lentement vers l'intérieur. Comment renaître d'une rencontre où l'on s'est perdu corps et âme? Comment transformer l'expérience d'une ancienne liberté en ferveur? Comment trouver dans la perte de l'autre le sens d'une vie nouvelle?
    Autant d'énigmes que l'auteur cherche à résoudre dans un roman généreux qui déploie toutes les facettes du discours amoureux avec un courage et une puissance d'évocation rares.

    C'était un homme aux cheveux et aux yeux foncés

    C'était un homme aux cheveux et aux yeux foncés raconte, d'un façon toute simple, mais
    pourtant implacable, l'histoire d'une fascination. Deux fonctionnaires dans un bureau impersonnel se toisent, s'apprivoisent petit à petit, puis, comme si un pacte mystérieux avait été conclu, l'un se met à parler de lui. Surgissent alors l'impossible aveu, la luminosité de l'enfance, la fragilité des corps. Surgit surtout le récit d'une passion, inexorable, tranchante, rédemptrice, qui ne veut jamais dire son nom.

  • Écrire l'Amérique ne va pas de soi. Le travail que cela désigne ne consiste pas seulement à reconnaître dans l'écriture et la pensée la présence des objets les plus familiers, mais encore à discerner dans le croisement des langues et des cultures au sein desquelles nous vivons l'autre du langage, l'autre de l'art, et même l'autre de soi.

  • La narratrice raconte le difficile passage de l'enfance à l'âge adulte d'une jeune fille de campagne à une époque où le Québec passait par un profond bouleversement des valeurs. Tout le propos du livre est d'écrire l'empêchement de vivre et de trancher le noeud des générations dans une réappropriation violente de la mémoire. Indiscret et impudique comme un témoignage, ce roman touchera le lecteur par sa densité rare.

  • Ce livre, c'est ma voix dessinée, c'est mon souffle qui prolonge un appel au dialogue.

    Je suis de la génération qui voit sa réalité changer de version chaque jour. Je suis de ceux qui déforment leur visage avec les traits de l'incertitude. Ceux qui parlent seuls parmi les pays dehors où personne n'écoute.

    Ma voix n'a de sens qu'entremêlée à la vôtre.

    Je parle. Parlons seuls.

    -

    Sur une scène, un homme assiste et participe aux dédoublements de sa voix. La lumière se porte sur le spectacle de sa pensée, ses réflexions sensibles. L'obéissance impure offre deux suites de poèmes où s'entremêlent violence et langueur sous le calme mensonger de la contemplation matérielle. Consciente de ses mécanismes, la poésie laisse une place aux images l'ayant précédée, les récupère comme autant de tissus rapiéçant le vêtement qu'enfile le poète.

  • À propos de MÉLANCOLIE:

    «Mélancolie est un des plus forts textes de la nouvelle poésie québécoise. Cette «mélancolie de fin du monde» et de fin de soi qu'il faut écrire pour l'oublier, Michael Delisle nous en donne le sentiment exact. Mieux que tous les poètes de sa génération réunis, Delisle réussit à investir la forme du journal jusqu'à la poésie.» - Jean Royer, Le Devoir

    À propos de CHOSE VOCALE :

    «Les émotions éclatent à chaque page au milieu de ces phrases saccadées et courtes.

    Delisle trouve une sorte d'équilibre entre la tragédie de vivre et le bonheur d'être, bonheur qui semble trouver son apogée dans le travail d'écriture. Il y a des passages splendides qui rendent à merveille cette tension: Alors, je pense que les mots sont des bulles. / Je pense que ces bulles sont molles. / Que souvent, elles forment des globes. / Que souvent, au-dessus de petits lions enjoués, / Elles frissonnent devant la mort.» - Gilles Toupin, La Presse

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