ARTEHIS Éditions

  • Dans la petite commune alsacienne de Sermersheim, en bordure de l'Ill, une équipe d'archéologues de l'Inrap a fouillé en 2006, en préalable à la construction d'un lotissement, un important secteur économique et funéraire du premier Moyen Âge (vie-xiie s.). Les recherches archéologiques, enrichies par l'apport de plusieurs études paléoenvironnementales (dendrochronologie, carpologie, archéozoologie, anthropologie et géomorphologie), ont permis de restituer le développement d'une zone d'activités spécialisées. Les premiers ateliers textiles, puits à eau et structures agricoles prennent place au début du vie siècle dans un secteur déjà fréquenté aux périodes néolithique, protohistorique et antique. Ce secteur connaît un essor de la fin du viie siècle jusqu'au xe siècle, avec un développement des activités de tissage, de métallurgie et agricole parmi laquelle se distingue l'élevage de chevaux. C'est également durant cette période qu'est mis en service un espace funéraire en limite du secteur économique. Quelques sépultures sont néanmoins installées au sein même de la zone d'activités. Celle-ci connaît un déclin à partir de la fin du xe siècle et elle est définitivement abandonnée dans le courant du xiie siècle. La richesse des données recueillies, notamment grâce à l'abondance des puits à eau au cuvelage en bois préservé, a permis, outre l'établissement d'une courbe dendrochronologique, de suivre sur sept siècles le développement et la gestion domaniale d'un secteur économique dépendant probablement d'une abbaye.

  • Ce colloque s'inscrit dans la dynamique du PCR « Évolution typologique et technique des meules du Néolithique à l'an mille sur le territoire français ». Il fait suite à la table ronde de Saint-Julien-sur-Garonne publiée en 2011, qui avait présenté les normes descriptives, validé les premiers résultats obtenus sur le fonctionnement des meules et défini les pistes d'une analyse typologique. Ce volume présente le dépouillement systématique des données de Champagne-Ardenne effectué avec l'aide des archéologues et des conservateurs de cette région. C'est la première fois qu'une action de ce type est effectuée. Elle révèle la potentialité d'un espace donné en matière de meules et mesure l'important travail nécessaire pour documenter ce corpus. Cette étude locale est accompagnée de contributions sur d'autres régions et pays, particulièrement de la Méditerranée. Concernant l'analyse des bases de données nationales, le colloque de Reims a été l'occasion de mettre en relation les différentes variables, de confirmer l'efficacité des outils mis en place, de présenter des méthodes d'analyses statistiques et cartographiques globales d'ores et déjà opérantes et de corriger rapidement les éventuels dysfonctionnements. L'intérêt de l'association systématique des analyses typologiques et géologiques des meules a été confirmé. Plus-value essentielle à notre recherche collective, un certain nombre de questions techniques et chronologiques ont été résolues par le biais d'analyses croisées fondées sur des contextes archéologiques fiables et une analyse rigoureuse et homogène des géomatériaux. Le succès de cette rencontre doit beaucoup à l'accueil du laboratoire du GEGENAA (EA3795) au sein de l'université de Reims, particulièrement efficace et chaleureux.

  • Les actes du colloque « Antiquité tardive dans l'Est de la Gaule, 2 », qui s'est tenu à Châlons-en-Champagne en septembre 2010, rassemblent vingt-six contributions portant sur l'archéologie de l'Antiquité tardive du Nord et de l'Est de la Gaule. La première partie de l'ouvrage présente quatorze travaux sur les sépultures, nécropoles et pratiques funéraires dans les provinces de Lyonnaise I et IV, de Belgique I et II et de Séquanaise, tant en milieu urbain que dans les campagnes. Ils s'attachent, entre autres, à traiter les questions de topographie funéraire, d'organisation interne des nécropoles, d'architecture funéraire et des pratiques de déposition dans les sépultures et révèlent la transformation progressive de la topographie funéraire, particulièrement en milieu urbain, mais aussi des pratiques spécifiques propres à la période, tant dans l'aménagement de la sépulture que dans le mobilier déposé. La seconde partie de l'ouvrage regroupe douze contributions illustrant l'actualité de la recherche dans ces régions, qu'il s'agisse de découvertes récentes ou de travaux de synthèse portant sur des sites ou des mobiliers.

  • C'est sur un espace utilisé depuis la fin du ixe siècle, occupé aux environs de l'an mil par une étonnante construction de bois à sol de béton et à vocation funéraire, que s'implante au xiie siècle la nouvelle cuisine de l'abbaye Saint-Philibert de Tournus. Lié au réfectoire voisin, le bâtiment empiète à l'époque sur des niveaux de circulation extérieure. Sa conception architecturale est ambitieuse, avec un plan centré sur un octogone entouré de vastes cheminées à contrecoeur semi-circulaire qui évoque des modèles de l'ouest de la France - disparus pour la plupart, à l'exception ou presque de la cuisine de Fontevraud en Anjou. Toutefois, au contraire de ces exemples connus uniquement pour leur architecture, c'est la conservation en place des dépôts d'utilisation intérieurs, compressés à force d'accumulation et de piétinements, qui fait la richesse du spécimen tournusien, illustrant de façon saisissante le quotidien de cette cuisine jusqu'au milieu du xvie siècle. Pendant quatre siècles, c'est autour de grandes langues de cendres témoignant d'une cuisson dans la braise, étalées depuis les quatre foyers jusqu'au milieu de la pièce, que se concentre l'essentiel de l'activité. Les postes de préparation sont trahis par autant de tas de déchets spécialisés : coquilles d'oeufs, fragments d'os, écailles de poisson... Une conduite d'eau et un drain de pierres traversent la pièce, portiques ou paravents de bois sont déplacés sans cesse. La permanence de déchets de consommation carnée sur le même site depuis la fin du ixe siècle, l'abondance des restes de poisson dans la cuisine, permettent de retracer l'évolution de l'approvisionnement et de l'alimentation des moines et de leurs familiers laïcs. Quant aux nombreux fragments de poteries, également présents depuis les premiers niveaux, ils offrent sur huit siècles, avec d'autres sites tournusiens, un référentiel de productions en usage dans la région. À cela s'ajoutent quelques restes d'ustensiles en métal, verre ou pierre, tels cette probable tête de robinet des xiie/xiiie siècles ou ce mortier décoré du xive, retrouvé cassé au fond d'une cheminée : ils éclairent, plus ponctuellement, d'autres aspects de la préparation culinaire ou du service de la table. De tout point de vue, en plein contexte monastique, le matériel recueilli trahit les usages d'une population aristocratique. Tels sont les apports d'une fouille minutieuse à l'emplacement de cet édifice crucial de l'abbaye médiévale, un peu oublié à Tournus depuis sa destruction au xviie siècle, mais ressuscité par cet ouvrage finement documenté.

  • Le "Seine-Oise-Marne" n'avait pas fait l'objet d'une nouvelle analyse depuis les travaux de G. Bailloud en 1974. Peu de collections issues de sépultures collectives avaient été étudiées intégralement et le domaine domestique était à documenter. Cet ouvrage comporte une série d'articles, visant à combler cette lacune à partir d'études thématiques ciblées entre Picardie, Île-de-France et Champagne. Ce travail a été mené dans le cadre d'un Programme collectif de recherche du ministère de la Culture entre 2001 et 2008. Il en présente la version la plus aboutie, alimentée par de nouveaux résultats d'études qui ont pris en compte tous les aspects de la culture matérielle et une diversité de contextes de découvertes tant domestiques que funéraires. Il propose une image synthétique du Néolithique récent dans le Bassin parisien qui prend place dans la deuxième moitié du IVe millénaire avant notre ère (-3500/-2900). La confrontation des données conduit à préciser la chronologie de cette période, découpée désormais en trois étapes. Les caractéristiques des assemblages mobiliers permettent d'esquisser les contours de trois faciès régionaux qui se développent durant l'étape moyenne du Néolithique récent.

  • La découverte d'objets de l'Age du Bronze dans le bois de Pommeraie, près du hameau de Jonchères, à Blanot, peut paraître exceptionnelle. Cette commune de la bordure orientale du Morvan ne figure pas en effet dans les répertoires des gisements pré-et protohistoriques du département de la Côte-d'Or. La région, très boisée, n'a guère retenu les chercheurs à l'inverse de l'Auxois voisin systématiquement prospecté depuis la fin du XIXe siècle. Les vestiges ont été découverts de façon accidentelle le 31 décembre 1982, au lieudit En Pommeraie par Guy Desplantes, fils de M. et Mme Desplantes agriculteurs à Jonchères. Les objets se trouvaient, à moins de vingt mètres du rebord du plateau, entre les racines d'un bouleau renversé et dans les terres soulevées par la chute de l'arbre. Ils avaient de toute évidence été mis au jour, de façon brutale, près de deux mois plus tôt, par une tornade qui fit maints dégâts dans la région. Le découvreur préleva d'abord dans la souche un récipient de bronze, rempli d'objets recouverts d'une coupe de bronze retournée en guise de couvercle, puis, accompagné de ses parents, recueillit les autres vestiges pris dans les racines du chablis ou répartis dans la terre, sans effectuer toutefois de véritable terrassement. Furent ainsi rassemblés, outre le chaudron de bronze et son contenu trois paires de jambières à spirales, de petites fiasques de bronze entières ou démontées, des fragments d'un vase de terre cuite ainsi que tout un lot d'anneaux de bronze et des pendeloques de même métal.

  • C'est l'engouement de la fin du XIXe siècle pour les Celtes et l'impulsion donnée par Napoléon III à l'archéologie nationale, à travers la recherche du site d'Alésia, qui attirèrent l'attention sur les tertres funéraires du Châtillonnais ; ceux-ci firent aussitôt l'objet de fouilles intensives menées dans des conditions souvent déplorables, même pour l'époque. Ces recherches avaient notamment pour but la découverte des sépultures des guerriers morts lors de la bataille de cavalerie qui précéda le siège d'Alésia. C'est ainsi que deux tombes princières de la citadelle hallstattienne du mont-Lassois, les tumulus de La Butte et de La Garenne à Sainte-Colombe, de même que le tumulus de La Motte à Cérilly, furent sondés de façon expéditive. Un siècle s'est écoulé depuis les premières fouilles à Magny-Lambert et l'intense activité déployée par ces précurseurs de la protohistoire. La fièvre retombée, l'archéologie protohistorique et plus spécialement la fouille des nécropoles tumulaires en France connaîtra une longue éclipse ; le Châtillonnais n'échappera pas à la règle. A partir de 1967 cependant, quelques tertres seront fouillés par R. Ratel, sous l'impulsion de R. Martin, par exemple à Chaume-lès-Baigneux ou à Larçon. C'est peut-être parce qu'ils avaient suivi les fouilles de Chaume-lès-Baigneux que G. H. Mongenet et A Gueneau, originaires de Poiseul-la-Ville, se décident peu de temps après à sonder, dans le vallon de Froide Fontaine, lieu dit "Pré Greusset", un tertre de très petite taille ; ils s'appuient il est vrai sur une tradition orale qui rapporte des découvertes effectuées dans le même secteur, au XIXe siècle, par l'instituteur du village.

  • Cette publication porte essentiellement sur du verre de la fin du Moyen Age, époque marquée par des changements culturels importants : diversification des facteurs, spécialisation des fonctions ; les récipients en verre supplantent à partir du XIVe siècle les récipients en bois pour la boisson, ce qui peut être une explication à leur fréquence grandissante dans les dépotoirs ? : plus nombreux et fragiles, moins onéreux à l'achat, les verres se diffusent. Sur ces productions, cette publication marque quel apport constituent les fouilles de sauvetage en milieu urbain, apport à la connaissance de la culture matérielle et apport méthodologique et scientifique lorsque les chercheurs peuvent mettre en commun leurs résultats. Ainsi est-on passé de la collecte de mobilier à la sériation pour une meilleure connaissance de la culture matérielle. Ce livre est comme toujours pour ce cas de figure un pari et un défi. Il faut saluer le pari de J.-O. Guilhot et le défi de R Thion, S. Jacquemot et Y.Brignon qui ont transformé en un travail de qualité homogène les contributions de tous, et tenu la distance puisque entre l'idée lancée en 1988 et sa réalisation, il ne se sera écoulé que deux ans.

  • Dans la très riche collection gallo-romaine qu'il possède, le Musée de Sens conserve les éléments d'un ensemble monumental qu'on appelle depuis les premières études qui en ont été faites la « Façade des Thermes ». Cette pièce majeure a depuis juin 1985 un attrait supplémentaire pour les chercheurs comme pour les visiteurs : elle est reconstituée dans une salle du Nouveau Musée dont l'aménagement approprié autorise un remontage archéologique suggérant la structure et le décor primitifs de l'édifice. Les éléments de la Façade des Thermes sont actuellement au nombre de 36 et proviennent, comme la presque totalité des blocs gallo-romains de Sens, du rempart qui protégea la ville depuis le Bas-Empire jusqu'au XIXe siècle. Cette enceinte romaine dont le tracé ovale était tangent à la rive droite de l'Yonne se lit très bien encore dans les boulevards modernes plantés d'arbres et garde par endroits quelques vestiges protégés au titre des Monuments Historiques. Elevée vraisemblablement à la fin du IIIe s. elle reposait dans sa partie inférieure sur un soubassement de grandes pierres calcaires appareillées à joints vifs. Celles-ci provenaient des divers monuments et nécropoles de la ville romaine ; généralement retaillées, elles étaient disposées la face décorée tournée vers l'intérieur du mur, afin d'offrir à l'extérieur un parement plus régulier. Lorsqu'au cours du XIXe s. on détruisit le rempart romain, on découvrit ces blocs sculptés qui furent recueillis et conservés dans le jardin de la mairie, en attendant la création de la salle Julliot en 1891.

  • Moins connues que la Côte "bourguignonne" qu'elles prolongent en Bourgogne méridionale, la Côte chalonnaise et la Côte mâconnaise n'en représentent pas moins une réalité géographique incontestable, un milieu aisément définissable dans ses grandes lignes : c'est un ensemble de terrains sédimentaires à dominante calcaire, constituant une sorte de gradin d'altitude modeste (rarement plus de 400 mètres) entre l'échine cristalline des monts du Charolais prolongés par le horst de Mont-Saint-Vincent, à l'Ouest, et la plaine de la Saône à l'Est. Les limites septentrionale et méridionale coïncident à peu près avec celles du département de Saône-et-Loire : contact avec le Beaunois souligné par la vallée de la Dheune dans la région de Chagny, au Nord, et passage progressif des terrains sédimentaires aux terrains cristallins du Beaujolais, au Sud. La limite orientale est facile à déterminer puisqu'elle suit un talus bien marqué, présentant une indentation profonde drainée par la Grosne, affluent de la Saône ; cette dernière coule soit à près de 20 km de la Côte (Chalonnais), soit au pied même (Maçonnais) en raison d'un décrochement qui a décalé l'ensemble vers l'Est, faisant du Tournugeois un large promontoire s'avançant en direction de la plaine chalonnaise. Vers l'Ouest, notre domaine s'interrompt au contact entre sédimentaire et cristallin. Mais si cette ligne est claire, facile à tracer au Nord, où la Côte chalonnaise ne dépasse pas une douzaine de km de largeur, il n'en est pas de même au Sud, où la structure géologique est beaucoup plus complexe. Après avoir beaucoup hésité, nous avons opté finalement pour une limite assez occidentale englobant une bonne partie du Clunysois aux terrains surtout sédimentaires, mais aussi cristallins à certains endroits, région qualifiée parfois de Montagne mâconnaise.

  • De multiples raisons s'opposent actuellement à la rédaction d'une étude exhaustive des recherches archéologiques entreprises sur le site d'Escolives-Sainte-Camille, Yonne. En effet, si les fouilles ont débuté au printemps de 1955, c'est seulement au cours de ces dernières années que la recherche a pris un caractère systématique, et notamment à partir de 1967, date à laquelle l'Etat a fait l'acquisition d'un terrain d'un peu plus de 2 hectares, cadastré no 691-692, section B, et no 13, section ZD. Auparavant les travaux se sont déroulés d'abord dans la zone d'abattage d'un noyer vieux de deux cents ans qui est à l'origine de la découverte du site ; puis, le manque de moyens financiers et techniques, les inévitables tâtonnements qu'on note toujours au début d'une telle entreprise, le nombre trop réduit des fouilleurs durant une dizaine d'années et la durée insuffisante des campagnes de recherches n'ont pas permis de jeter sur le site une lumière satisfaisante, si bien qu'à l'heure actuelle encore bien des points dont la connaissance est indispensable demeurent obscurs ; aucune entrée, aucun chemin d'accès ne sont connus ; si l'on a mis au jour des thermes et un certain nombre de pièces d'habitation, c'est seulement en 1972 qu'on a saisi le lien qui les unissait ; la source vauclusienne de Creusot située au sud-est donne naissance à un ru dont le cours a été faussé vers le dixième siècle par la construction d'un moulin ; cela a provoqué une retenue d'eau et par conséquent un relèvement général de son niveau, ce qui a changé le faciès existant à l'époque gallo-romaine ; il n'est d'ailleurs pas certain que le ru ait eu alors le lit qu'on lui connaît aujourd'hui. Les travaux de vérification et les sondages qui ont eu lieu au cours de la campagne 1973 semblent conclure à l'existence des vestiges archéologiques dans le lit même du ru, à plusieurs dizaines de centimètres au-dessous du fond actuel. Dans ces conditions, après avoir présenté assez largement le site, je trouve raisonnable, pour une première étude, de me limiter à l'un des aspects les plus passionnants d'Escolives : les éléments architecturaux gallo-romains que l'on peut considérer comme appartenant à un même monument.

  • Le tumulus de la ferme de Clair-Bois, que nous avons fouillé en 1967, 1968 et 1969 est d'un type très particulier, et, à bien des égards, exceptionnel, C'est un des rares tertres funéraires de la Côte d'Or construit non en pierre, mais en sable et terre ; l'emploi de ces matériaux offre le grand avantage d'assurer une meilleure conservation des vestiges métalliques et osseux, du mobilier et des matières périssables végétales, le bois en particulier. Le tumulus a été édifié en plusieurs fois et chaque étape est un agrandissement. Quatre fossés circulaires et concentriques ont été aménagés à la périphérie. C'est une nécropole importante, puisqu'elle renferme plus d'une centaine de sépultures ; ce nombre inusité et considérable a permis de réaliser une étude anthropologique détaillée et fructueuse sur un ensemble humain groupé. L'étude du matériel archéologique recueilli montre que la nécropole a été utilisée pendant une période courte et ininterrompue allant de la fin de Hallstatt à la Tène Ic. C'est le seul tumulus connu existant dans cette région plate et basse, située à l'Est de Dijon, plaine encore marécageuse au siècle dernier. Il a été édifié à mi-distance de deux habitats proches, dont l'un lui est contemporain.

  • La vallée de la Saône et ses environs se distinguent par leur richesse archéologique pour les deux Ages du fer et pour les vestiges relevant de la métallurgie ancienne. La comparaison des vestiges textiles, tombes à épées et tous les aspects de la paléométallurgie du bronze : mines, minerais, techniques de fabrication apporte des précisions sur cette période.

  • Ce volume rassemble une grande partie des communications qui ont été présentées lors du XIVe congrès international d'art provincial romain, qui s'est tenu à Dijon (Bourgogne) du 1er au 6 juin 2015, sur le thème Iconographie du quotidien dans l'art provincial romain : modèles régionaux. Traitant d'une thématique qui jusque-là n'avait pas été évoquée dans le cadre des précédents congrès, il s'inscrit dans la continuité d'une réflexion portant sur la sculpture romaine issue des provinces. Rassemblés en quatre parties, les textes proposés par des chercheurs venant de toute l'Europe, mais aussi d'Afrique du Nord, évoquent les stèles, reliefs, sculptures qui racontent la vie quotidienne des populations de l'Empire romain, le plus souvent figurée sur des monuments funéraires. Sont ainsi évoqués la formation des enfants, divers métiers d'artisans ou de boutiquiers, les loisirs... : ces scènes sont autant de « saisies sur le vif » de ce quotidien qui nous échappe trop souvent et auquel les sources littéraires prêtent en général peu attention. Ces représentations, la nature des thématiques et des modalités d'exécution sont très liées au contexte de réalisation : le choix des ateliers, leurs pratiques en fonction des ressources locales permettent de mettre en évidence des différences perceptibles d'une région à l'autre au sein du vaste Empire romain. Une place particulière a été faite aux découvertes récentes et à l'exposition Pax Romana - Scènes du quotidien en Gaule romaine, au musée archéologique de Dijon, qui accompagnait la réunion scientifique. Abondamment illustré, ce volume offre un large panorama de la vie quotidienne des sujets de l'Empire, depuis la conquête de leur territoire jusqu'à la christianisation de l'espace romain.

  • Les Burgondes occupent une place importante dans l'imaginaire collectif de la Bourgogne. Si, comme cet important et utile Colloque l'a bien montré, nos connaissances sur les Burgondes apparaissent imprécises et fragmentaires, elles ne doivent pas nous faire oublier les conséquences de ce peuplement sur notre Région. « Le Bourguignon, a écrit joliment Gaston Roupnel, est un homme qui s'est arrêté en chemin ». Voulant marquer ainsi le rôle constamment joué dans notre histoire par le contact des civilisations et le mariage des cultures, par les grandes voies de communication qui ont vu passer ici tant d'invasions et de migrations, il notait aussi l'illustration originale offerte de cette situation par les Burgondes. Car, rejetés de partout, ces gens se fixent enfin ici. Force est de constater qu'ils réussissent à forger les outils d'une civilisation, en opérant une révolution agronomique par la mise en valeur de terres mieux partagées, un nouvel éveil du droit par la loi Gombette, une répartition intelligente du sol autour des pagi qui aujourd'hui encore sont nos pays... Je m'aventure sans doute sur des chemins où je n'ai nulle compétence, mais voici simplement ce que j'ai appris dans mes livres d'histoire, de droit, de géographie. Quant à notre nom, notre bien le plus précieux, d'où vient-il sinon de ces Burgondes assez attachants pour imposer en quelques décennies cette identité à un vaste territoire ? Les liens qui unissent ces errants enfin intégrés et les cultures rencontrées sur leur route ne laissent pas d'émerveiller l'esprit, depuis les lointaines attaches nordiques jusqu'aux influences hunniques et l'art des steppes appris de leurs ennemis...

  • Les actes de la rencontre internationale « L'Antiquité tardive dans l'Est de la Gaule, I », qui s'est tenue à Strasbourg en novembre 2008, rassemblent 14 articles portant sur l'Archéologie et l'Histoire de l'Antiquité tardive dans l'Est de la Gaule. Ils rendent compte du dynamisme de la recherche sur une période encore peu connue dans cette région. Ces communications, qui concernent un espace couvrant les provinces romaines tardives de Lyonnaise I, de Belgique I et II, de Séquanaise et de Germanie I, en France et en Allemagne, présentent des travaux récents et le plus souvent inédits sur des sites urbains et ruraux de l'Antiquité tardive. Les communications traitant de sites urbains et/ou militaires (Autun, Metz, Strasbourg, Biesheim, Breisach) s'interrogent sur l'évolution de la parure monumentale et de la topographie, la société, l'économie et la fonction des villes et agglomérations au cours de l'Antiquité tardive. Une série de communications étudie quant à elle plusieurs sites des campagnes tardives, avec différentes approches méthodologiques et typologiques. Les résultats illustrent la profonde transformation de l'aspect et de l'organisation des villes et des campagnes à la fin de l'Antiquité, mais aussi le maintien de leur intégration dans une économie ouverte aux réseaux d'échange à longue distance. Dans ce cadre, plusieurs communications s'interrogent sur l'impact de l'État et de l'armée, notamment celui des troupes fédérées.

  • Connues sous le nom de Schlitzgruben par les archéologues néolithiciens allemands, les « fosses à profil en Y-V-W » - selon l'appellation champenoise - ont vu leur nombre se multiplier récemment grâce aux décapages de grande envergure menés dans le cadre d'opérations d'archéologie préventive, notamment dans le nord de la France. C'est pour faire le point sur cette question encore très neuve et éclairer les problèmes que posent ces structures qu'a été organisée la table ronde internationale « Chasse, culte ou artisanat ? Les fosses ` à profil en Y-V-W ' : structures énigmatiques et récurrentes du Néolithique aux âges des Métaux en France et alentour » qui s'est tenue à Châlons-en-Champagne en novembre 2010. Les Actes qui constituent le contenu de cet ouvrage rassemblent dix-sept contributions concernant principalement le nord de la France, mais également la Belgique, l'Allemagne, la Norvège et le Japon - illustrant l'universalité de cette question -, ainsi que les discussions qui les ont suivies. La diversité des approches, tant sur le plan géographique que chronologique, la variété des situations exposées, le recours à l'ethno-archéologie, la prise en compte de datations radiocarbone enrichissent sérieusement le débat et provoquent un intérêt nouveau pour cette problématique. Il est maintenant clair qu'une organisation spatiale commence à être perçue et que ces fosses ne sont pas le fruit du hasard. Leur typologie et leur datation se précisent, les principales phases d'utilisation se situant du Néolithique à l'Âge du Fer. Cet ouvrage constitue une base indispensable pour le développement de nouvelles études que cette question va sans aucun doute susciter.

  • Le colloque international intitulé L'artisanat antique en milieu urbain de Gaule romaine et des régions voisines s'est tenu à Autun, du 20 au 22 septembre 2007, à l'initiative de Pascale Chardron-Picault. Cet événement s'inscrivait certes dans la prolongation de plusieurs rencontres et monographies qui se sont efforcées, ces dernières années, de faire le point sur l'artisanat durant la période romaine, mais il apportait quelque chose de plus. Il se déroulait dans le chef-lieu de la cité des Éduens, et cela a assurément contribué à sa coloration spécifique. La qualité et la diversité des productions artisanales d'Autun-Augustodunum apparaissent en effet aujourd'hui avec toujours davantage d'évidence. Malgré cela, une minorité des 33 études réunies dans ces Actes est consacrée à Autun et à la Bourgogne antique, l'ambition du colloque étant de toucher toute la Gaule, et même l'Italie et les provinces occidentales de l'Empire. Le volume s'organise autour de trois thèmes : - Le premier, Les espaces urbains réservés à l'artisanat, regroupe des contributions portant sur la nature des métiers pratiqués dans les villes et leur évolution, sur leur localisation dans des quartiers réservés ou au contraire sur leur imbrication avec d'autres activités dans les zones commerçantes. - Le second, Vie, statut et savoir-faire des artisans, apporte notamment un éclairage renouvelé sur l'homme-artisan, son statut, son apprentissage, sa reconnaissance sociale..., dans une visée ample d'archéologie et d'histoire sociale, d'histoire économique, d'histoire des savoirs. - Le troisième, La transformation des matériaux, rassemble des synthèses sur la place de ces activités, la connaissance des techniques et des savoir-faire, grâce à de nouvelles découvertes et surtout de nouvelles analyses. La rencontre a ainsi permis de faire progresser la connaissance sur une série de questions majeures : l'insertion des ateliers dans les villes et les liens entre production et urbanisme, l'aménagement des ateliers et des boutiques, les chaînes opératoires, l'organisation par corps de métiers, les circuits économiques, les évolutions et les changements techniques et de mode. La qualité et la variété des auteurs, historiens et spécialistes des techniques, archéologues, archéomètres, archéozoologues, épigraphistes, historiens de l'art, l'équilibre entre les synthèses, les études d'un métier ou d'un site et l'approche historique ont permis de dépasser la diversité des approches pour étudier sous toutes ses facettes « l'artisan... héros secret » de l'histoire ancienne, pour paraphraser une formule célèbre de P. Vidal-Naquet.

  • Depuis une vingtaine d'années, les interventions archéologiques en Lorraine et en Alsace ont révélé une centaine de sites ayant livré des vestiges de fortifications de villes médiévales. Ces découvertes sont à l'origine d'un programme de recherche interrégional sur les enceintes urbaines et leurs abords du xiie au xve siècle, réunissant une vingtaine d'archéologues et d'historiens. La publication de ce travail collectif offre l'occasion de renouveler de façon sensible la perception d'une des principales composantes de la ville médiévale, dans une zone de transition politique et culturelle, partagée entre Royaume de France et terres d'Empire. La première partie de l'étude, élaborée à partir de l'analyse des différentes sources documentaires existantes, permet de dresser un premier état de la question. Elle propose également un historique des opérations archéologiques en Lorraine et en Alsace réalisées de 1985 à 2005 ainsi qu'une évocation des recherches entreprises dans les régions voisines. La deuxième comprend dix-huit études monographiques détaillées, portant sur des villes de dimension modeste ou moyenne. Elle est suivie de deux chapitres de synthèse portant sur les composantes physiques de l'enceinte et sur ses abords immédiats. Les principaux apports de l'étude et les questions en souffrance font l'objet d'un chapitre de conclusion ouvrant sur des perspectives de recherche.

  • Pour souligner les trente ans de son existence, l'Association française pour la peinture murale antique (AFPMA) a réuni en 2009 les archéologues et les restaurateurs, spécialistes ou non, confrontés à la peinture murale romaine fragmentaire découverte en France et en Suisse. Le séminaire tenu à Paris, à l'École Normale Supérieure, a rencontré un écho tel que des actes viennent aujourd'hui rendre compte des travaux présentés. Se décline ainsi une riche variété de documents provenant d'Arnouville-lès-Gonesse, d'Augst, d'Avenches, de Bayeux, de Bordeaux, de Cahors, de Chartres, de Chassenon, de Damblain, d'Embourie, du canton de Fribourg, de Gellainville, de Marseille, de Martizay, de Nîmes, d'Oberbuchsiten, d'Oberweningen, de Périgueux, du Quiou, de Reims, de Ribemont-sur-Ancre, de Saint-Pierre-de-Nazac, de Saint-Romain-en-Gal, de Sanxay, de Schleinikon et du Vieil-Évreux. Anciennes ou nouvelles, les découvertes sont analysées, étudiées et restaurées, augmentant les bases de données en cours d'élaboration et invitant à s'interroger sur l'inventaire d'une aussi vaste collection, désormais indispensable à l'étude archéologique et historique d'un site.

  • Au coeur même de son territoire, la région de Bourgogne a accueilli pour quelques jours, à l'occasion de son 18e colloque, la communauté des néolithiciens. Bien des congressistes, venus du Nord, de l'Ouest ou du Sud pour se rendre à Dijon, n'auront pas manqué de percevoir le relatif obstacle au franchissement que constitue le massif bourguignon. Mais le frein partiel engendré par la topographie ne saurait masquer l'ouverture vers l'extérieur de la Bourgogne, naturellement échancrée par trois bassins alluviaux. La Seine, l'Yonne et leurs affluents constituent des vallées propices aux échanges avec le Bassin parisien. Le couloir de la Saône, prolongé par celui du Rhône, offre une voie faisant lien avec le monde méditerrannéen. En bordure occidentale, la Loire s'ouvre en direction de l'Atlantique. Le plateau oriental, enfin, demeure perméable aux relations avec l'Est. Ainsi, à travers les temps, la Bourgogne se trouve-t-elle aux confins d'aires culturelles fluctuantes dont elle peut freiner les impacts, brasser les influences ou faciliter l'extension. Dès le Néolithique, tandis que s'ébauchent les premières formes de notre société, va s'affirmer le double caractère de la région, à la fois frein et zone de pénétrations multiples. Tout en trouvant un obstacle au développement d'une progression et aux échanges à distance, les groupes de populations s'y interpénétreront et s'avèreront en retour porteurs d'influences entre mondes auparavant étrangers. Frontière, peut-être ? Carrefour, sûrement. Apprécier ce rôle de creuset, en déterminer les modalités et les limites à travers l'espace et le temps, tel était l'un des enjeux de ce colloque consacré à l'examen des rapports entre groupes culturels des bassins rhénan, rhodanien et parisien, et à leur mouvance.

  • Rien ne prédestinait le Docteur Ernest Planson, médecin pédiatre actif et renommé, Docteur en Préhistoire, à s'intéresser au site gallo-romain des Bolards. Rien, et pourtant... un signe, un seul, sa rencontre fortuite au cours d'une partie de chasse dans un hameau proche de Nuits-Saint-Georges avec une stèle représentant un dieu bien gaulois, avec ses braies, sa serpe de vigneron, son bâton noueux en cep de vigne et ses oiseaux « oraculaires » sur les épaules. Il n'en fallait pas plus pour qu'une fouille soit entreprise et permette la découverte d'un modeste habitat rural. L'étude de l'environnement et des photographies aériennes, réalisées dès 1962, le conduiront tout naturellement à s'intéresser aux sites de Prémeaux et des Bolards.

  • Utilisé par les piétons, les cavaliers, les voitures attelées, le gué est avant tout un haut-fond naturel. Un inventaire des seuils existant dans le lit de la Saône entre Verdun-sur-le-Doubs et Lyon, réalisé à partir de l'étude des archives des Ponts et Chaussées, permet dans un premier temps de dresser une liste de gués potentiels. Dans un deuxième temps, la confrontation des données issues de la carte archéologique des berges, des prospections et fouilles subaquatiques, du suivi des dragages, de l'analyse des cartes et plans anciens et des archives militaires permet de replacer les passages à gué dans le contexte archéologique de toute une vallée. Le nombre de ces points de franchissement, leur pérennité et la variété des vestiges qui leur sont associés (habitats de l'Âge du Bronze, pavages d'époque romaine, pêcheries, moulins et clayonnages médiévaux, etc.) montrent que le lit mineur de la rivière était un lieu d'implantation humaine au même titre que ses rives. L'étude des gués permet également d'aborder d'autres sujets comme la présence à leurs abords de certains types d'objets aux époques protohistoriques et romaines, les motifs de traversée, la complémentarité avec les ponts ou les bacs, l'imaginaire lié au milieu fluvial. Les recherches menées depuis trente ans sur la Saône en Chalonnais (sous la direction de Louis Bonnamour), et sans lesquelles ce travail n'existerait pas, ont également prouvé que les cours d'eau pouvaient encore receler des aménagements conservés en place, malgré les travaux incessants dont ils sont l'objet depuis le XIXe siècle. L'étude des gués s'achève à cette période au cours de laquelle le partage de la Saône en biefs et la mise en eau des barrages marquent l'arrêt définitif de leur utilisation.

  • Tertre de pierre sèche sur infrastructure de terre situé en rive droite de la Loire, le tumulus de la Bonneterie près de Vielmanay (Nièvre) a livré en dix campagnes de fouilles minutieuses par Robert Octobon au moins cent vingt sépultures, dont beaucoup remaniées, et un riche mobilier réparti en cinq périodes principales : Paléolithique moyen, Néolithique et Hallstatt dans la couche de préparation ; Néolithique, Hallstatt final et début de La Tène ancienne dans la masse tumulaire ; gallo-romain et médiéval parasitaires. Ce travail tente de situer le tumulus dans son contexte chronologique et régional, en particulier pour la transition Hallstatt-La Tène, et de restituer aussi précisément que possible les structures découvertes lors de fouilles jusqu'ici inédites.

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