Albin Michel

  • Elle m'a sauvé la vie en m'offrant le plus fascinant des destins. J'avais quatorze ans, j'allais être éliminé en tant qu'attardé mental, mais grâce à elle on m'a pris pour un génie précoce. J'étais gardien de vaches, et je suis devenu le bras droit de plusieurs prix Nobel. Je lui dois tout : l'intelligence, l'idéal, l'insolence, la passion.
    Cette héroïne de l'ombre, d'autres l'ont fait passer pour la pire des criminelles. Je viens enfin de retrouver sa trace, et je n'ai que quelques heures pour tenter de la réhabiliter.
    Un Didier van Cauwelaert au meilleur de sa forme qui sait jouer de l'histoire, des grandes découvertes scientifiques sous le nazisme, de l'épopée des anti-nazis allemands, de la solution finale pour les handicapés décrétée par le IIIe Reich en 1941, et qui renoue avec ses grands thèmes romanesques, la substitution d'identité, le grand amour né dans l'adolescence, le dépassement de soi et le combat écologique.

  • En 1927 Virginia Woolf qui vient de publier La promenade au phare vit une passion tourmentée avec Vita Sackville-West dont le célèbre château paternel de Knole se situe tout près de Monk's House, la modeste demeure de Virginia et de son époux l'éditeur Leonard Woolf. De sa fascination pour Vita, de l'abîme entre sa vie bohème et le faste de l'excentrique aristocrate va naître le personnage d'Orlando. La relation amoureuse s'est métamorphosée en création littéraire. Dans ce roman où tout est dit de la passion et de la jalousie, Christine Orban évoque en mélodie subtile, la complicité de deux femmes exceptionnelles, puissantes et fragiles qui marient à leur manière amour et création.

  • « "Femme nue, femme noire, vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté..." Ces vers ne font pas partie de mon arsenal linguistique. Vous verrez : mes mots à moi tressautent et cliquettent comme des chaînes. Des mots qui détonnent, déglinguent, dévissent, culbutent, dissèquent, torturent ! Des mots qui fessent, giflent, cassent et broient ! Que celui qui se sent mal à l'aise passe sa route... Parce que ici, il n'y aura pas de soutiens-gorge en dentelle, de bas résille, de petites culottes en soie à prix excessif, de parfum de rose ou de gardénia, et encore moins ces approches rituelles de la femme fatale, empruntées aux films ou à la télévision. » Une fable violente, sensuelle et provocante sur l'Afrique noire, partagée entre révolte et résignation. De débauche en libertinage, ce premier roman érotique de Calixthe Beyala conjugue l'originalité, la force et l'humour de l'auteur des Honneurs perdus.

  • Dans une zone du Grand Nord ignorée des cartes, d'anciens ouvriers oubliés de tous se sont regroupés en communautés hostiles. Seuls Kolya, un sculpteur d'ivoire descendant des Lapons, et Lyouba, la seule jeune femme à y être née, savent écouter les saisons, les hivers terribles et les printemps flamboyants, passer les frontières, déjouer la vigilance de gardiens invisibles pour s'aventurer à leurs risques et périls hors de ce lieu interdit. Dans un style tour à tour âpre, rude et poétique, l'auteur de Matin brun, du Pont de Ran-Mositar et du Grand Exil, prix littéraire des Grands Espaces 2010, dépeint les lieux désolés d'un monde industriel en ruine, la toute-puissance et la beauté de la nature arctique, les peurs qui enferment les hommes, la mémoire et les rêves qui les ouvrent à la liberté.

  • Lui : deux fois divorcé, de grands enfants. A cinquante ans, il croyait avoir enfin trouvé la femme de sa vie. Elle, c'est Charlotte. Elle se sera bien foutue de lui. Mufle se livre à l'autopsie d'un mensonge. L'amour est toujours une fiction.

  • Emile, revenu habiter le moulin familial à Bourg-en-Rouergue, voit apparaître un soir d'hiver celui qu'il nommera l'Arpenteur et qui va changer sa vie. C'est le nouveau notaire, un homme laid, orgueilleux, infatigable fouilleur de ruines, de mémoires et d'Histoire sur qui courent les rumeurs les plus folles. Qui mieux qu'un notaire pour connaître les secrets de famille, par le cadastre les terres inexploitées, les successions et les testaments ? Marie Rouanet s'inscrit dans une lignée d'écrivains visionnaires pour qui la langue permet de célébrer la vie, ses trésors minuscules, de restituer les traces d'un monde disparu. Son mystérieux Arpenteur, devenu maître d'un pays qu'il a voulu faire sien, est tout à la fois géographe, archéologue et chroniqueur d'un temps qui sans cesse détruit et rebâtit.

  • Comme tant d'autres fermiers de la Creuse, les Malterre, depuis des générations, se sont faits maçons et tailleurs de pierre, leurs maigres terres ne suffisant pas à assurer la subsistance de leur famille. Tous les ans, début mars, ils partent louer leurs bras à Paris.
    Mais en ce printemps 1882, un événement inattendu apporte enfin un peu d'espoir dans la région d'Evaux-les-Bains : la construction d'une ligne de chemin de fer, qui reliera Montluçon à Eygurande, et d'un imposant viaduc au-dessus de la Tardes dont le tablier métallique culminera à 80 mètres, un projet fou de l'audacieux Gustave Eiffel. Embauchés sur l'immense chantier, les fils Malterre y voient enfin la promesse d'un avenir. Tandis qu'ils taillent les moellons de granit destinés aux piles du pont, les femmes s'occupent de la ferme et des champs. Mais un soir, Jeanne, leur jeune soeur, partie garder les poules en lisière d'un bois, ne rentre pas...
    Familier de l'histoire de la Creuse, Michel Blondonnet nous entraîne dans une saga attachante, évoquant avec talent cette période de la révolution industrielle qui allait bouleverser à jamais la vie des campagnes de France.

  • Sing Ming a vingt ans lorsqu'il parvient à fuir la Chine populaire pour Hong Kong. Le jeune homme emporte avec lui, outre la douleur de l'exil et la culpabilité d'abandonner la génération sacrifiée de ses parents, la promesse de réussir à l'Ouest. Mais cette promesse a un prix : à Hong-Kong, Sin Ming est accueilli par son oncle, un puissant homme d'affaires qui l'envoie aux Etats-Unis pour acquérir une culture occidentale dont Princeton est le phare et le levier. Ce dernier ignore toutefois que l'héritier qu'il s'est choisi, en butte aux impératifs contradictoires de la culture occidentale et de la tradition chinoise, n'est pas prêt à sacrifier sa vie au nom des lois du clan et de la réussite.
    De la fin de la Révolution culturelle à l'avènement du capitalisme des années quatre vingt-dix, L'Héritier est le grand roman de la Chine contemporaine, de son histoire tragique, de ses réussites exemplaires, de ses traditions millénaires qui font de l'honneur le socle de la stabilité et de la prospérité.

  • Mai 68, Flins, l'usine-modèle de ce qu'on appelle alors la Régie Renault.
    Pendant que la société se soulève, à mille lieux des « cadences infernales », Bertrand l'utopiste, Marie la révoltée, Luc le débrouillard, Ginette la bonne copine pas farouche et Gilbert, le populaire patron du comité d'entreprise, fréquentent « Le Cinq », un bar clandestin, tout en se moquant des ordres lancés par une hiérarchie grotesque.
    Ils font des courses sauvages en R8 Gordini et arrêtent les chaînes de montage lorsque l'envie de batifoler les prend. Combines, truandes, coulage... on profite de la vie dans une bonne ambiance. Jusqu'au jour où la paye des employés est volée, probablement grâce à des complicités internes, semant la panique au sein de l'usine. Qui sont les auteurs de ce braquage ?
    Dans cette désopilante chronique où une bande de copains se débrouille pour s'en sortir, Richard Gangloff dresse le tableau iconoclaste d'une époque dont nous avons tous une certaine nostalgie.

  • Une vieille bâtisse isolée sur le haut plateau cévenol... Roland et Michèle, qui sont venus y passer les vacances avec leurs enfants, sont immédiatement tombés amoureux de cet « ailleurs » mystérieux, perdu au coeur d'une nature envoûtante. Mais la découverte de cette paix et de ce bonheur si simple sont troublés par d'étranges phénomènes: des pas dans le grenier, des hurlements au loin qui résonnent comme d'inquiétants avertissements. Doit-on invoquer la magie des lieux ou les citadins sont-ils vraiment victimes de sortilèges, dont la disparition de Luc, le cadet, est le plus alarmant ?
    Maleterre nous entraîne au coeur des hautes solitudes du « grand causse » et de ses espaces hors du temps, promesse de sérénité ou de sourde menace...

  • Une descente aux enfers en forme de chemin de croix. À travers une Europe de la misère, de la haine et de la douleur, c'est l'hallucinante cavale, ironique et désespérée, d'un homme politique véreux, peut-être touché par la grâce. Une langue violente et crue : le roman le plus surprenant de P-J. Remy.

  • En septembre 1967, un jeune professeur de lettres de Forbach, timide et réservé, tombe amoureux d'une de ses collègues. Incidemment, il apprend le passé de la jeune femme qu'elle-même semble ignorer. Et ce qu'il découvre de drame et de mystère ne fait que renforcer ses sentiments naissants. Quand vient le fameux mois de mai 68 et son cortège d'événements qui bouleversent les moeurs, tout devient possible, tout peut éclater...

  • Tout là-bas, près du Labrador, il est un port minuscule que peu de gens connaissent : Harrington Harbour, un endroit unique et loin de tout, qui ne ressemble à aucun autre.
    L'imaginaire d'Arlette Cousture nous entraîne sur cet îlot de la Côte-Nord où une poignée de maisons s'accrochent au roc et résistent au vent du large. Dans ce village parcouru par un trottoir de bois, sa seule et unique rue, vivent des personnages aussi secrets que leur île. La romancière dévoile les rêves, les espoirs et les drames de ces hommes et femmes. Elle le fait si bien que l'on croit parfois entendre leurs voix...

    Harrington Harbour existe. Tout le reste n'est qu'une étrange, envoûtante et belle histoire...

  • Au début des années 60, dans les monts du Cantal, les burons, fermes d'été, accueillent les transhumants, hommes et bêtes « montés » à l'estive. C'est là, dans les hauts pâturages, que sera fabriqué le cantal d'été. Plus qu'une tradition, il est le lien avec la terre et sa générosité.
    Pierre est monté au buron pour la première fois sous les ordres du père d'Anselmine, à qui il vient d'avouer son amour. Le temps qui l'éloigne d'elle lui paraît interminable malgré les lettres tendres qu'elle lui adresse. Des lettres qui se font de plus en plus rares, comme si un drame était en train de se préparer...

    Antonin Malroux restitue dans ce livre une page de l'histoire d'une région qui lui est chère - l'Auvergne - autour d'un épisode peu connu : celui des Antonins, ces moines qui jadis soignaient les paysans décimés par le terrible « feu de saint Antoine ». Roman de la mélancolie et d'un monde voué à disparaître, La vallée d'émeraude traduit l'inaltérable attachement de l'homme à la terre.

  • En 1834, un jeune noble, Cyril de Plessac, persuadé que le christianisme libéral prôné par Félix de Lamennais peut seul sauver le monde, se rend en Bretagne pour y rencontrer son maître. Si l'auteur de Paroles d'un croyant, excommunié par Rome, n'est pas

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