Armand Colin

  • André Jacob est connu de tous comme initiateur et directeur de L´Encyclopédie philosophique universelle. Depuis L´Encyclopédie de Diderot et d´Alembert, au XVIIIème siècle, jamais une oeuvre aussi considérable n´avait été mise sur pied. Grâce à cette oeuvre, la pensée française du dernier quart du XXème siècle est présente aux quatre coins du monde. Ces actes de colloque célèbrent l''oeuvre d'André Jacob à la manière de philosophes, c´est-à-dire en l´examinant et en retenant d´elle, ce qui y semble important et ce que chaque penseur lui doit.

  • «Ce que personne ne sait et qui ne laisse pas de trace n´existe pas » expliquait Italo Svevo. Si chez certains le temps suffit pour qu´un événement tombe dans l´oubli et qu´on vienne à penser qu´il n´a jamais existé. Pour d´autres, au contraire, le souvenir est resté vivace, entretenu par un groupe ou une communauté d´individus, souvent organisés en associations, et prêts à tout pour faire connaître et reconnaître un massacre, un attentat, un génocide, une catastrophe naturelle... Confrontés les uns aux autres, ces souvenirs suscitent parfois une compétition malheureuse, parfois volontaire, souvent inconsciente, qui s´alimente d´un univers sur-médiatisé où les images récentes et plus anciennes se multiplient et se télescopent. La concurrence des mémoires défie les imaginaires nationaux et remet en question le droit des États à dicter ce qui leur semble bon pour la Nation. Souvent considérée comme un effet secondaire lié à des problèmes plus fondamentaux, la concurrence mémorielle est en réalité un enjeu structurant et déterminant pour la cohésion sociale de nos sociétés.

  • Cet ouvrage réunit les interventions de chercheurs, juristes, professeurs en philosophie, sociologie français et étrangers qui se sont tenues à  l'Académie des Sciences morales et politiques à l'occasion du 150e anniversaire de la naissance d'Emile Durkheim. Placé sous le patronage de Raymond Boudon, ce colloque a ceci d'original qu'il revient sur l'oeuvre de Durkheim pour en balayer les idées reçues.

  • L´ouvrage apporte une contribution décisive à l´élucidation d´une notion fondamentale, utilisée couramment dans pratiquement tous les domaines (droit, morale, science, jeux, religion, etc.) mais restée très floue à notre conscience : la notion de règle. Il dénonce le principal travers (ou logicisme), qui a sévi jusqu´à aujourd´hui, consistant à traiter les règles comme de simples séquences de pensée discursive (du logos) contenant en elles-mêmes leurs caractéristiques de règles. Les règles sont, plus exactement, des choses (des res ou réalités) constituées avec de la pensée, avec du matériau intelligible, - de la pensée chosifiée, des choses d´un certain type construites par l´esprit humain. Bien que ni existantes ni observables, ce sont des réalités à part entière au même titre que celles du monde sensible. C´est pourquoi elles ne sont pas susceptibles d´être dites vraies ou fausses, ni d´être soumises en tant que telles aux principes de la logique formelle, pas plus au principe de non-contradiction (les conflits de règles ayant des teneurs contraires sont des oppositions réelles ou antinomies, et non des oppositions logiques) qu´au principe d´inférence (on ne peut déduire, par un processus purement logique, des règles à partir d´autres règles). Plus précisément, les règles sont des outils mentaux, des séquences de pensée servant à, chargées de rendre certains services déterminés, auxquelles une intention humaine transcendante et fondatrice a assigné une certaine vocation instrumentale typique. C´est cette dernière, jusqu´ici complètement occultée, qu´il faut élucider pour définir ce que sont les règles. Un apport essentiel de l´ouvrage est de montrer que les règles en général ont vocation à servir d´outils de référence donnant la mesure du possible, indiquant les marges (ou degrés) de possibilité de l´avoir lieu de choses. Ces marges s´échelonnent sur l´échelle bipolaire du possible, qui comporte trois grands échelons : marge de possibilité de 0% (qui correspond en même temps à une marge de non-possibilité de 100%), marge de possibilité de 100% (correspondant à une marge de non-possibilité de 0%) et marge intermédiaire (ou marge d´incertitude correspondant à une possibilité d´avoir lieu ou de ne pas avoir lieu). Il y a ainsi, par principe, de la mathématique dans toute règle, et pas seulement dans les lois scientifiques. L´ouvrage apporte des analyses éclairantes sur la notion même d´interprétation (couramment confondue aujourd´hui avec l´explication des faits, avec la recherche des motivations ou intentions des acteurs humains, ou encore avec la qualification des choses). Après un parallèle approfondi de l´interprétation des textes juridiques avec l´interprétation des textes littéraires, des pièces théâtrales et des textes sacrés, il dégage la notion centrale d´interprétation pratique dont relève l´interprétation juridique et fait ressortir ses grandes caractéristiques. A propos, enfin, du problème crucial de la liberté de l´interprète juridique vivement débattu au cours des dernières décennies, après un examen critique détaillé des principales thèses soutenues, il procède à leur recentrage et jette un regard nouveau et plus pénétrant sur la réalité : l´interprète juridique n´a nullement le pouvoir d´évincer le législateur et de substituer sa propre parole à la sienne. Il n´est pas un prescripteur de règles : il n´est que le porte-parole du législateur, et ses interprétations doivent passer par le prisme des textes émis par ce dernier et du sens littéral qui leur est attaché ; si elles peuvent s´en écarter en fonction des préoccupations pratiques de l´interprète, c´est toujours sous le regard et le contrôle du législateur.

  • Depuis une vingtaine d´années, les discussions tantôt politiques, tantôt scientifiques autour du « modèle républicain français d´intégration » témoignent implicitement d´un malaise face à cette question, tout en les occultant dans la pratique. Finalement, ce qui pose problème aujourd´hui n´est pas tant le principe d´égalité des droits que la difficulté contemporaine à l´assurer dans la réalité. Crise économique, chômage, ségrégation urbaine associée à une répartition territoriale des inégalités sociales, ou encore la manière dont la xénophobie se banalise dans le discours politique sont quelques-uns des facteurs qui ont fait apparaître des pratiques et discours discriminatoires où « la culture d´origine » est souvent surinvestie et appréhendée de manière négative. Aussi la question de l´« ethnicité », réduite à sa dimension politique étatico-nationale, a-t-elle pour effet de limiter la compréhension des réalités quotidiennes associées aux situations hiérarchisées dans lesquelles se jouent des relations interethniques.
    Plutôt que de s´intéresser aux prétendus « problèmes » que l´immigration pose, anthropologues, géographes, sociologues, mais aussi un juriste, une psycho-sociologue, un documentariste et un économiste ont choisi dans cet ouvrage d´interroger les enjeux auxquels ceux-ci renvoient. Au fond, il s´agit de considérer que la « différence » des populations nommées « immigrées », « deuxième génération », « gens du voyage » existe moins en tant que telle, qu´elle est le résultat de rapports sociaux qui sont sociologiquement et historiquement construits entre différents acteurs, inscrits dans des rapports sociaux à un moment donné.

  • Ouvrage pluridisciplinaire qui évalue l'intérêt scientifique de la notion d'identité en tant qu'indicateur des processus sociaux, définit une dynamique contemporaine et s'inscrit dans une démarche globale sur la notion d'habiter.

  • Quelle place les femmes occupent-elles réellement dans la ville ? Comment pratiquent-elles et se représentent-elles les espaces urbains au quotidien ? À travers l´étude de deux thèmes majeurs, ceux des rapports aux notions d´intérieur (résidentiel) et d´extérieur (espace public), ceux des espaces attractifs et des espaces répulsifs, cet ouvrage propose, à partir d´un échantillon représentatif d´une soixantaine de femmes domiciliées à Bordeaux, à la fois une lecture et une interprétation de leurs représentations et de leurs pratiques de la ville.
    Il en ressort, par-delà les idées reçues, la grande variété des comportements des femmes dans la ville et les effets libérateurs de l´espace urbain. Mais aussi, a contrario, les réticences et les craintes éprouvées dans la fréquentation de certains espaces urbains, et surtout le poids du contrôle social. Autant de circonstances constitutives de « murs invisibles » au sein de la ville, qui bornent la libre circulation des femmes à des espaces limités et brident leur pleine capacité à bénéficier de la totalité de la ressource urbaine.

  • Qui sont ces experts mandatés par des juges pour éclairer leurs décisions ? Comment sont transformés les savoirs qui fondent le statut d´expert, lorsqu´ils sont mis au service de l´institution judiciaire ? Celle-ci recourt-elle plus qu´auparavant à l´expertise ? En étudiant les modalités d'utilisation  de savoirs professionnels spécialisés pour traiter de controverses et de conflits, cet monographie approfondit aussi bien la question de l´expertise que celle du fonctionnement d´une institution judiciaire en plein bouleversement.

  • Jusqu´à une date récente, l´historiographie française ne s´est guère investie dans l´étude des transformations sociales et politiques des mondes agricoles dans la France du premier XXe siècle. Les mutations des sociétés rurales amorcées au XIXe siècle restaient un terrain d´investigation privilégié tandis que les sociologues et politistes s´emparaient de l´étude des transformations rapides connues après 1950.  L´entre-deux-guerres marque pourtant une étape décisive. Grâce à Georges Monnet et au gouvernement de Front populaire, l´État crée un premier outil de politique publique: l´Office national interprofessionnel du blé (ONIB). Cette action répond à une crise des marchés agricoles durant les années trente, qui concerne aussi bien les céréales que le vin, la viande, le lait ou le sucre. Au-delà de la déstabilisation des prix à l´échelle mondiale, en France, on bascule d´une paysannerie composée de polyculteurs éleveurs à des groupes de producteurs érigés en acteurs économiques d´un marché national et international. Cette étape, traversée par les nombreux débats sur le corporatisme, se confronte à la difficile question du ravitaillement durant la Seconde Guerre mondiale. À la Libération, le maintien de l´Office montre l´intérêt de l´expérience, qui annonce certains choix lors de l´établissement de la politique agricole commune.
     C´est ce tournant qu´étudie le présent ouvrage, issu d´un colloque organisé en avril 2012 avec le soutien de FranceAgriMer. Réunissant des historiens français et étrangers, il s´appuie sur un travail d´archives, mais aussi sur l´histoire orale afin de montrer qu´à partir de 1930, les mondes agricoles font un pas décisif vers la modernité.  Alain Chatriot est chargé de recherche au CNRS, CRH, Paris.  Edgar Leblanc est Inspecteur général honoraire de l´agriculture et vice-président de l´Association d´histoire des sociétés rurales.  Édouard Lynch est Professeur à l´Université Lyon 2, Laboratoire d´études rurales, Université Lyon 2..

  • En 1845, la France dote les communautés juives d´Algérie de nouvelles institutions : un Consistoire israélite algérien siégeant à Alger et deux consistoires provinciaux, à Oran et à Constantine, sont créés par une ordonnance royale. La mesure a été réclamée par le Consistoire central des israélites de France. Celui-ci souhaite appliquer aux judaïcités algériennes le programme de régénération religieuse, sociale et culturelle qu´il prétend mettre en oeuvre en métropole. Le projet de rendre les juifs « indigènes » citoyens français, envisagé dans un premier temps par le gouvernement, est finalement repoussé à un avenir lointain.  Totalement étrangers au judaïsme maghrébin, les consistoires vont-ils marquer durablement de leur empreinte les communautés juives algériennes ? Peu nombreux et mal accueillis par leurs coreligionnaires africains, les rabbins alsaciens envoyés par le Consistoire central sont-ils en mesure de mener à bien leur « mission civilisatrice » ? Comment les élites locales qui siègent à leurs côtés s´approprient-elles les nouvelles institutions communautaires ? Quelle place est laissée aux rabbins « indigènes » ? Comment les dirigeants des consistoires font-ils face à la crise anti-juive qui culmine en 1898 dans la colonie ?  Autant de questions auxquelles répond ce livre qui retrace, à travers l´histoire des consistoires, les étapes de la modernisation des sociétés juives algériennes de 1830 à la veille de la Première Guerre mondiale.  Agrégée de lettres classiques, docteur en histoire, Valérie Assan a contribué à plusieurs livres collectifs sur l´histoire des juifs de France et d´Afrique du Nord. Cet ouvrage est issu de sa thèse, soutenue en 2010 à l´Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, et récompensée en 2011 par le Prix de thèse d´études juives en langue française de la Société des études juives.

  • Accroissement des mobilités et des échanges, instantanéité de l´information et de la communication, multiplication des réseaux (financiers, urbains, sociaux...) : la mondialisation semble avoir aboli toute notion d´espace et de temps entre les territoires et augurer l´ère d´un monde « sans frontières ».  Pourtant, dans le même temps, les frontières ne cessent de se multiplier : construction de murs, renforcement des contrôles et des dispositifs sécuritaires, partition et création d´États, dynamiques ségrégatives au sein des villes ou encore frontières « mentales » propres aux réseaux sociaux.  La notion même de frontière mérite donc d´être interrogée. Car si sa définition fut longtemps simple et admise de tous (limite du territoire sur lequel s´exerce la souveraineté nationale, institution établie par des décisions politiques et régie par des textes juridiques), désormais il n´en va plus de même. L´emploi de ce terme sert parfois à caractériser des limites qui n´ont plus rien à voir avec celles de l´exercice de la souveraineté nationale.  Les meilleurs spécialistes de ces questions s´emparent de cette notion en proposant une approche novatrice de la frontière à différents niveaux d´analyse : des États aux quartiers « ghettos », en passant par les réseaux (cyberespace, migrations, trafics, etc.).  Une publication indispensable pour nourrir le débat intellectuel et politique sur l´ouverture et/ou la fermeture des frontières.  Frédérick Douzet est maître de conférences (HDR) à l´Institut français de géopolitique de l´université Paris 8, membre honoraire de l´Institut universitaire de France et membre du comité de rédaction de la revue de géographie et de géopolitique Hérodote.  Béatrice Giblin est professeure à l´Institut français de géopolitique et directrice de la revue de géographie et de géopolitique Hérodote.  Avec les contributions de David Amsellem, Philippe Boulanger, Kevin Braouezec, Diana Burgos-Vigna, Sébastien Colin, Mathilde Costil, Alix Desforges, Isabelle Feuerstoss, Thibaud De Fortescu, Michel Foucher, Agnès De Geoffroy, John Hanley, Yohann Le Moigne, Benjamin Leclère, Guilhem Marotte, Rodrigo Nieto Gomez, Côme Pérotin, Diane Reay, Charlotte Recoquillon, Isabelle Saint-Mézard et Alex Schafran.

  • Une étude inédite sur la capitale économique du pays, Bombay, et sur l´un des problèmes les plus cruciaux qui s´y posent, la question du logement. Comment et pourquoi les autorités coloniales, puis le parti du Congrès à partir des années 1930, ont choisi de faire de la question du logement ouvrier un des principaux terrains du traitement politique de la question sociale ? Quel est le rôle tenu par la question du logement et les espaces de la vie quotidienne dans le processus de politisation des ouvriers ?

  • Le sens de l'espace donne du sens à la ville. Ce livre le montre par l'exemple indien. Si l'Inde est souvent exagérément présentée à travers des stéréotypes culturels (religiosité, castes...) ou économiques (sous-développement, émergence), ses villes sont oubliées dans leur nature profonde.
    Contrairement aux habitudes académiques qui décrivent les villes par leur forme, leur démographie et leurs activités, la ville habitée et en mouvement est saisie par l'urbanité, pour en faire une ville comme les autres, l'urbanité indienne s'inscrivant en continuité avec les autres modalités de la vie en société. La ville est un comparable portant à la fois les traits de l'universel urbain (urbanité) et, ici, ceux du singulier indien (indianité), qui ne sont pas fixés en modèles idéaux.
    /> L'oubli des villes de l'Inde, c'est l'occultation de l'indianité de la ville s'exprimant aussi bien à travers le refus des slums qu'à travers l'idéologie anti-urbaine gandhienne ou la persistance, dans l'échec, de planifications urbaines reprenant sans cesse les thèmes utopiques du modèle européen et colonial.
    L'oubli des villes de l'Inde résulte d'une invisibilité. Les conceptions de l'espace et de la société transportées par les observations et les savoirs occidentaux y compris scientifiques ne l'éclairent que sous un angle biaisé. D'autres angles sont donc ouverts qui échappent à l'attraction culturelle des modèles habituels de l'analyse urbaine : la procession et plus largement le mouvement permanent dessinent des figures qui ne peuvent être rendues par une carte des formes. La « forme de la ville » ne se réduit pas à sa morphologie. Ce que montrent les villes indiennes.

  • « Comment peut-on être ambassadeur de France et poète ? », s´indignaient les surréalistes, en apostrophant Paul Claudel. C´était en 1925. Que reste-t-il de cette alliance à l´heure du numérique, qui renouvelle l´écriture classique du diplomate ?  Dédié à la conjugaison des deux activités, cet ouvrage met en lumière l´ancienneté, le renouvellement et la diversité des pratiques de l´écrivain entré en diplomatie et du diplomate entré en littérature.  Interrogeant les identités multiples d´hommes destinés à intervenir dans et sur le monde, analysant les conditions matérielles de l´exercice de leur métier, ainsi que leurs modes d´expression privilégiés, il examine aussi la validité d´un « modèle » français qui serait né avec Chateaubriand. Il s´interroge enfin sur l´invention d´une tradition, formalisée dans l´entre-deux-guerres, mais qui ne trouve sa consécration véritable qu´après 1945, à travers la fortune de l´expression unificatrice et duale d´« écrivain diplomate ». Actes d´un colloque international qui s´est tenu à La Courneuve et à Paris, en mai 2011, augmentés d´articles originaux, ce livre, au confluent de l´histoire littéraire, de l´histoire sociale et de l´histoire des relations internationales rassemble vingt-quatre contributions d´universitaires et de diplomates français et étrangers, ainsi que des échanges entre historiens et diplomates en activité. L´ouvrage est préfacé par Maurizio Serra, délégué permanent de l´Italie auprès de l´Unesco et écrivain.  Laurence Badel est professeur d´histoire contemporaine à l´université de Strasbourg.  Gilles Ferragu est maître de conférences en histoire contemporaine à l´université Paris Ouest-Nanterre-La Défense.  Stanislas Jeannesson est maître de conférences en histoire contemporaine à l´université Paris-Sorbonne.  Renaud Meltz est maître de conférences en histoire contemporaine à l´université de la Polynésie française, en délégation au CNRS (ISCC).

  • L´ouvrage Sport, corps et sociétés de masse, le projet d´un homme nouveau, met à disposition du grand public et des chercheurs, les communications présentées au colloque international organisé en novembre 2011 par le Mémorial de la Shoah et le Centre d´histoire de Sciences Po.  L´objectif était d´aborder, par un jeu de regards croisés, deux aspects de l´histoire des sociétés industrielles trop longtemps négligés par les chercheurs. D´une part, l´invention de politiques sportives par les régimes totalitaires et autoritaires européens ; d´autre part, l´émancipation et l´intégration des communautés juives dans les sociétés d´Europe et d´Amérique du Nord via le sport. Ces deux perspectives permettent tout d´abord de relire la place des exercices physiques gymnastiques ou sportifs dans l´invention de la modernité. Elles incitent également à revisiter l´importance du corps et de ses représentations dans les régimes totalitaires, sans sous-estimer la complexité de la formation de cet autre homme nouveau qu´est l´homo sportivus. À partir des Jeux de Berlin (1936), les deux histoires du sport autoritaire et totalitaire et du sport juif, deviennent indissociables tant les exercices corporels ont pu devenir un instrument d´exclusion, de persécution et d´anéantissement des Juifs, jusque dans les centres de mise à mort. Ils sont aussi demeurés un moyen d´émancipation, d´affirmation et de résistance, notamment sous le régime de Vichy et l´Occupation, sans toutefois que la question de l´épuration sportive ne soit véritablement posée à la Libération.  Cet ouvrage a été dirigé par Georges Bensoussan, responsable éditorial au Mémorial de la Shoah (Paris), Paul Dietschy, maître de conférences à l´université de Franche-Comté et chercheur au Centre d´histoire de Sciences Po (Paris) et au Laboratoire des sciences historiques (Besançon), Caroline François, coordinatrice d´expositions au Mémorial de la Shoah (Paris) et Hubert Strouk, coordinateur régional du Mémorial de la Shoah pour le sud de la France.

  • "Les coulisses du politique dans l'Europe contemporaine" offre en 3 volumes une autre histoire du politique dans un souci de transparence par rapport à ces phénomènes, à la fois montrés du doigt et dissimulés. Rédigé par un collectif d'historiens qui éclairent d'un jour nouveau les critiques et les jugements pesant sur la scène actuelle du politique en en discréditant les acteurs, cet ouvrage met à la disposition des chercheurs, enseignants et étudiants les outils propres à décrypter cette "histoire du politique".

  • Les discours sur la « fin » de la littérature déplorent la perte de son aura sociale, l´affaiblissement de son lectorat et jugent avec nostalgie les écrivains d´aujourd´hui. Ils évoquent les menaces qui pèsent sur le livre ou s´inquiètent de l´incertitude de son avenir numérique. Il est temps d´interroger ces discours, d´en peser les arguments et les enjeux. Dans cet ouvrage interdisciplinaire, écrivains, penseurs, philosophes, sociologues, historiens, littéraires et critiques croisent leurs approches de la question.

  • La mondialisation conduit-elle inéluctablement à l´uniformisation de la vie économique, sociale et culturelle? Les processus de diffusion de normes universelles s´imposent-ils à des acteurs qui se contenteraient de les décliner localement sans peu ou pas les modifier ?
    Sans nier la puissance des processus de convergence et d´uniformisation associés à de nouvelles formes de centralité - des marchés financiers, des firmes multinationales ou des villes globales, l´objectif de cet ouvrage collectif et interdisciplinaire est de mettre l´accent sur les contre-tendances inscrites dans les dynamiques sociétales et de proposer une analyse critique des processus de mondialisation.
    Étudiée à partir des transformations du travail, de l´emploi et des compétences, la mondialisation apparaît comme un assemblage de processus parfois convergents, souvent chaotiques, sources de désynchronisations, et qui percutent et reconstruisent tout à la fois les espaces et les modes de régulation au niveau local, national et supra-national.

  • Le travail a-t-il un sens politique ? La conscience ou l´engagement politique se forgent-ils au travail ? Loin d´être anodines, ces questions ont été délaissées par la sociologie en langue française, pendant que les travaux sur les opinions politiques, la socialisation ou bien la transformation des conditions de travail se développaient. D´où l´intérêt du présent ouvrage consacré aux sens politiques du travail. Dans une perspective résolument internationale et par un dialogue constant entre la sociologie et la science politique, il montre comment le milieu professionnel modèle le rapport à la vie politique. Il présente aussi l´articulation des différentes dimensions du travail et du « hors travail ». Le travail en tant qu´institution sociale adossée à l´État-Providence vacille dans ses fondements, mais il continue à configurer le sens que les individus donnent à la politique, voire à façonner des sociabilités porteuses d´action collective. Cet ouvrage a été coordonné par Yvan Sainsaulieu et Muriel Surdez de l´Université de Fribourg.

  • Cette étude revient sur les moments fondateurs de la République et interroge ses modèles, ses symboles ainsi que les valeurs véhiculées.

  • La place du spectateur serait-elle devenue floue et précaire du fait des implications de l´art contemporain et de l´omniprésence des industries et de la consommation culturelles ? N´existerait-il donc qu´un seul modèle de spectateur, désormais perdu, maintenu seulement chez quelques nostalgiques ?  Répondre à de telles questions n´est possible que si on clarifie d´abord quels sont les modèles de spectateur, longtemps dominants, à partir desquels nous jugeons le présent. Et si on se demande dans quelle mesure l´art contemporain les oblige à se modifier.  Cette clarification est entreprise dans cet ouvrage qui présente les linéaments d´une histoire culturelle et philosophique du spectateur du XVIIIe siècle à nos jours. Il s´attelle d´abord à la question de savoir comment et avec quelles implications les philosophes européens ont participé à l´édification de la figure classique du spectateur des oeuvres culturelles. Il rend ainsi compte de la manière dont un certain nombre de philosophes ont élaboré et légitimé les canons et les convenances correspondant à l´attitude souhaitable du spectateur face à ce qu´ils ont décidé de nommer Art. Dans un deuxième temps, il explore la manière dont d´autres philosophes ont déstructuré cette figure, à partir des mutations imposées par l´art des avant-gardes. Il rend compte de la figure du regardeur moderne. Enfin l´ouvrage examine la manière dont nous pouvons nous situer philosophiquement par rapport à ces figures classique et moderne du spectateur, en prenant pour point d´appui l´art contemporain.  Cette histoire culturelle et philosophique du spectateur, dans le cadre européen, nous enseigne au moins ceci : nul n´est spectateur en soi. On devient spectateur en rapport avec des oeuvres, et la configuration que l´on prend peut changer. Ce que nous montrent finalement les philosophes, c´est que devenir spectateur ne suppose ni un don du ciel, ni un don de la nature, une formation doit être mise en oeuvre. Mais plusieurs modèles de formation sont possibles et les différents formations peuvent entrer en polémiques les unes avec les autres faisant droit à une communauté esthétique éclatée et conflictuelle et à une histoire du sensible portée et transformée autant par les spectateurs que par les oeuvres d´art. Christian Ruby, docteur en philosophie est l´auteur de nombreux ouvrages : L´interruption, Jacques Rancière et la politique, Paris, La Fabrique, 2009 ; Devenir contemporain ? La couleur du temps au prisme de l´art, Paris, Editions Le Félin, 2007 ; L´âge du public et du spectateur, Essai sur les dispositions esthétiques et politiques du public moderne, Bruxelles, La Lettre volée, 2006 ; Schiller ou l´esthétique culturelle. Apostille aux Nouvelles lettres sur l´éducation esthétique de l´homme, Bruxelles, La Lettre volée, 2006 ; Nouvelles Lettres sur l´éducation esthétique de l´homme, Bruxelles, La Lettre volée, 2005.

  • Longtemps ignorés des Européens, les rythmes du Brésil ont connu un fort engouement dans la société française et suscité de véritables modes musicales tout au long du XXe siècle. Dès la veille de la Première Guerre mondiale, la maxixe fait son apparition dans les dancings parisiens, bientôt suivie par les Saudades du Brésil de Darius Milhaud et les Choros d´Heitor Villa-Lobos. Samba, baião, bossa nova, chanson engagée et tropicalisme sont ensuite venus enrichir le paysage sonore français et ont donné lieu à des transferts culturels complexes entre les deux rives de l´Atlantique.
    Comment ces musiques brésiliennes sont-elles parvenues dans l´Hexagone et que nous apprend leur réception sur la société de l´époque ? Quelles pratiques rythmiques et instrumentales ont été adoptées, adaptées et revendiquées par les musiciens français ? Comment écoutait-on le monde avant les « musiques du monde » ? Autant de questions auxquelles cet ouvrage, à la croisée de l´histoire culturelle et de l´histoire transnationale, se propose de répondre.
    En retraçant l´itinéraire de la musique populaire brésilienne en France, en interrogeant les médiations qui ont permis ces circulations musicales et en déconstruisant les imaginaires du Brésil qui y sont associés, c´est aussi le cadre plus général de la mondialisation culturelle qui est ici interrogé.

  • L´élection présidentielle de 2012 fait partie de ces rares élections où, six mois avant l´échéance, le sort du second tour paraissait scellé. Elle se distingue fortement des derniers scrutins (1995, 2002 ou 2007) qui avaient connu un jeu politique plus ouvert et incertain. Tout s´est déroulé comme si les « figures imposées » l´avaient emporté sur les « figures libres » : figure de la mobilisation gauche-droite, figure des préoccupations économiques et sociales, figure du bilan dans un contexte de crise...
    À l´hyperprésidence de Nicolas Sarkozy, fragilisé à droite, a répondu la campagne de François Hollande en faveur d´une présidence normale. Le candidat socialiste a profité de l´effet catalyseur de la primaire socialiste pour rassembler son propre camp. Il a su aussi agréger des protestations diverses et hétéroclites qui, l´élection acquise, ont retrouvé leur pouvoir dissolvant et perturbateur.  Pascal Perrineau, directeur du CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po associé au CNRS), a réuni les meilleurs spécialistes pour décrypter ce moment clé de la vie politique française. L´ensemble des contributeurs s´appuie sur l´étude du panel « Présidoscopie 2012 », le plus fin baromètre de la campagne présidentielle pour offrir une contribution décisive à la compréhension des processus de décision électorale.  Avec les contributions de Daniel Boy, Bruno Cautres, Flora Chanvril, Jean Chiche, Gilles Finchelstein, Jérôme Fourquet, Jérôme Jaffré, Anne Muxel, Henri Rey, Dominique Reynié, Mariette Sineau, Sylvie Strudel, Brice Teinturier, Thierry Vedel.

  • Karl Bühler (1879-1963) a développé une théorie du langage originale, à la croisée de la psychologie, de la linguistique et de la philosophie. Ce livre s´attache à en retracer le déploiement, depuis la mise en évidence de la fonction de représentation (Darstellung) jusqu´au développement de la théorie des deux champs de la représentation : contexte (ou champ symbolique) et situation (ou champ déictique). Si dans un premier temps la représentation s´oppose à l´ordre de l´indice comme cette fonction qui ne nécessite plus d´ancrage dans le sensible pour la réalisation de sa signification, il semble néanmoins que l´on puisse déceler au coeur de la théorie des deux champs une remise en cause de cette partition. En insérant l´ordre de l´indice au coeur même de la représentation symbolique, sous la forme de la déixis, Bühler pose les jalons d´une interaction profonde entre contexte et situation. C´est une telle thèse de la porosité des frontières et de l´interaction entre les deux champs que cette étude tente de mettre au jour à travers la lecture de l´oeuvre de Bühler.  Perrine Marthelot est agrégée et docteur en philosophie. Elle a réalisé sa thèse de doctorat à l´université Panthéon Sorbonne sous la direction de Jocelyn Benoist. Ce livre en est une réécriture. Elle est actuellement en postdoctorat en linguistique du TAL à l´université Paris Diderot.  Le labex TransferS s´attache à étudier les déplacements sémantiques liés à la circulation des langues, des textes et des modèles culturels.

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