Armand Colin

  • Comprendre la vieillesse, découvrir et affirmer la capacité des hommes vieux, malgré les difficultés qui les éprouvent, à vivre leur vie dignement jusqu'au bout, proposer des outils qui permettent d'aider dans le respect et la tendresse, c'est le pari de ce livre. Les auteurs nous guident sur les chemins d'une science pratique au service du bien-être et de la qualité de vie. La philosophie de l'humanitude et les dernières découvertes et connaissances sur les grandes pathologies de la vieillesse (de la maladie d'Alzheimer au syndrome d'immobilisme, en passant par les autres démences) débouchent sur des techniques nombreuses et des savoir-faire qui donnent à tous, familles, soignants ou proches, les éléments nécessaires pour prendre soin.

  • L'actualité récente (et notamment les événements liés à la guerre d'Irak, ou à la traque d'Ousama ben Laden en Afghanistan et au Pakistan, mais bien d'autres encore) a attiré l'attention sur le rôle joué par les « tribus » en terre d'Islam, sans qu'une étude à la fois globale et précise de la question n'ait jamais été menée. La reviviscence du phénomène tribal dans le monde musulman est constatée mais peu analysée.De ce fait, les initiatives américaines récentes sont apparues quelque peu grevées par la méconnaissance des structures complexes des sociétés visées par cette action, et des imbrications spécifiques du traditionnel et du moderne. Avec des conséquences on ne peut plus concrètes...D'où la pertinence et l'utilité de cet ouvrage, qui entend jeter un éclairage scientifiquement informé sur certains aspects fondamentaux de la question.Il montre comment l'Islam, fournit, d'une part, en tant que religion universelle, une idéologie et un modèle primordial de dépassement des appartenances tribales, et d'autre part, en tant que force d'encadrement de régimes sociétaux et de cultures et traditions locales, les utilise pour construire son propre modèle et ordre politique.Il permet de comprendre ensuite pourquoi de nombreux individus sont aujourd'hui enclins, contraints ou mêmes encouragés à se regrouper dans des tribus (réelles ou fictivement reconstruites), et présente le jeu d'intérêts collectifs et individuels qui explique que ce système puisse se reproduire.Au-delà, ce livre tente de clarifier la question de ce que l'on doit entendre par tribalisme en des temps que l'on estime plutôt dévolus à la « mondialisation » et à la « globalisation ».Hosham Dawod, chercheur au Centre d'études interdisciplinaires des faits religieux (CNRS), a réuni des experts renommés (P. Bonte, P. Centlivres, J. Friedmann, M. Godelier, C. Hamès, A. Lakhassi, A. Mahé, O. Roy, M. Tozy, M. Van Bruinessen) pour cette lecture du réel, qui, à partir de l'étude de contextes ou aires culturelles particulières, éclaire des phénomènes sociopolitiques transversaux d'importance majeure.
    Tribus en terre d'Islam. Parenté, prophétie, confrérie, écriture : l'islam et le système tribal. Groupes de solidarité, territoires, réseaux et État dans le Moyen-Orient et l'Asie Centrale. Tribus, hiérarchies et pouvoirs dans le nord de l'Afrique. Tribus et ethnies vs États : zones de fracture. Tribus, ethnies et nation en Afghanistan. Les Kurdes, États et tribus . Le Maroc des tribus. Mythe et réalités. La révolte des anciens et des modernes. De la tribu à la commune dans la Kabylie contemporaine. Tribus et pouvoirs en Irak. Le grand retour de la tribu ? Choc de cultures et logique du déclin hégémonique. À propos des concepts de tribu, ethnie et état. Formes et fonctions du pouvoir politique .

  • La dépression concerne chaque année plusieurs centaines de milliers de personnes en France, et elle peut avoir des conséquences désastreuses. Les connaissances sur ses mécanismes et sur les stratégies thérapeutiques efficaces se sont développées de façon exponentielle au cours de la dernière décennie. Elles montrent que, si les solutions à la souffrance dépressive existent, elles sont le plus souvent complexes, et qu´une compréhension fine de leurs fondements est indispensable à une efficacité réelle et durable. C´est à une telle compréhension que vise cet ouvrage, en s´appuyant sur une analyse critique approfondie des études scientifiques les plus récentes.  Comment la dépression « se fabrique-t-elle » ? Comment s´en sortir et éviter de rechuter ? Quelle est l´efficacité des multiples propositions de solutions disponibles ? Comment les articuler de façon cohérente et adaptée à la spécificité de chaque situation ? Quels sont les intérêts et les limites de l´approche « evidence-based » en santé mentale ? Tant les personnes souffrant de dépression et leurs proches que les professionnels concernés trouveront ici matière à nourrir leur compréhension et à développer leurs possibilités d´actions dans la prévention et la résolution des troubles dépressifs. 

  • Armand ColinLe besoin de sécurité et le «  sentiment d'insécurité » qui l'exprime jouent désormais un rôle essentiel dans la vie politique et le thème n'est pas près de quitter le devant de la scène. Comment concilier (surtout depuis les attentats du 11 septembre 2001) la garantie des libertés publiques et le renforcement des dispositifs sécuritaires ?Sans aller jusqu'au terrorisme, véritable épée de Damoclès de nos démocraties, la délinquance routière, les délits économiques et financiers, la délinquance de rue, etc., sont désormais jugés radicalement insupportables et motivent une demande de sécurité qu'il serait hâtif de réduire à un simple accès d'esprit punitif encouragé par les médias.L'objet de ce livre est de prendre l'exacte mesure de cette nouvelle donne. Quels sont les éléments crédibles d'explication de la montée des diverses délinquances ? Quels sont les dangers qui nous guettent réellement ? Quelle est la position de la France en Europe ? Comment agissent les médias ? Que penser des politiques de sécurité mises en oeuvre ?Les auteurs se sont efforcés de répondre à ces questions par la recherche d'informations pertinentes dans les statistiques, mais aussi sur le terrain. On prendra la mesure des avancées et les limites de l'action gouvernementale, le chemin restant à parcourir et les réformes nécessaires pour permettre à la police de répondre à la demande des citoyens.Ce livre éclairera tous ceux qui ont à envisager la problématique sécuritaire et la prévention dans une logique d'études, d'enseignement ou d'action sur le terrain, ou veulent faire leurs choix sociaux et politiques en toute connaissance de cause.Sebastian ROCHÉ, chercheur au CNRS, où il est responsable du pôle «  Sécurité et société », enseignant à Science Po Grenoble et secrétaire général de la Société Européenne de Criminologie (Cambridge), a réuni une équipe comprenant Laurent Bègue, Pierre Berthelet, Olivier Hassid, Jacques de Maillard, Gilles Ivaldi, Christian Mouhanna, Véronique Pujas, Vincent Tournier.
    Introduction. Faits et causes de la délinquance. Les explications de la délinquance. Peurs, médias et politique. Prévention, répression. Le pouvoir et la sécurité : reconfiguration des réponses. Conclusion.

  • L'adoption

    Claire Gore

    Quelles réalités recouvre l´adoption ? Quelle est sa place face aux évolutions de la parentalité ? Son devenir institutionnel ? Qui sont les enfants en voie d´adoption et les enfants adoptés à venir ?
    Autant de questions auxquelles il serait risqué de prétendre apporter de réponse sans une connaissance intime et prolongée d´un univers particulièrement complexe et mouvant où s´enchevêtrent l´histoire et les évolutions contemporaines de la famille, le juridique, le psychologique, etc.
    Mais autant de questions auxquelles il est nécessaire de chercher réponse : sans une approche adaptée des difficultés rencontrées dans la mise en place des projets adoptifs, sans une juste prise en compte des liens psychologiques inhérents à la filiation, sans un regard renouvelé sur les parents en difficulté, etc., les meilleures lois seront condamnées à rester infructueuses.
    Véritable panorama de l´adoption, ce livre né de l´expérience d´une des spécialistes les plus reconnues de la question se signale, entre autres, par l´attention accordée à l´adoption internationale, de plus en plus importante et porteuse de problématique spécifique. Il puise sa force d´analyse et son ouverture prospective dans la réflexion originale de l´auteure sur la notion d´adoptabilité.
    D´un bout à l´autre animé par le souci de l´enfant, ce bel ouvrage s´adresse aux professionnels de l´enfance, aux parents adoptifs ou à ceux qui envisagent de le devenir, mais aussi à tous ceux qui s´intéressent aux évolutions de la filiation, de la parentalité et de la famille.
    Claire GORE, psychologue clinicienne, docteur en psychologie, a exercé dans différents services d´aide sociale à l´enfance, en circonscription, en adoption, et exerce aujourd´hui en placement familial.

  • Il y a un Paris de la mode, un Paris des beaux-quartiers, un Paris populaire, un Paris noctambule, un Paris des affaires, un Paris-musée nourri de l´imaginaire des romans et des films. Et il y a aussi un Paris des familles, vécu par les mères, les pères et leurs enfants, dont la cartographie est parsemée de jardins publics, de crèches et d´écoles.  C´est à l´exploration de ce Paris familial qu´invite cette grande enquête qualitative qui rompt avec plusieurs clichés tenaces : l´anonymat de la vie urbaine, l´absence de liens sociaux et l´individualisme très concurrentiel des Parisiens. Cette approche sociologique offre un regard différent, plus nuancé sur la capitale : la vie en famille se caractérise notamment par une nouvelle territorialisation autour de l´école, par un certain contrôle des quartiers et par des solidarités qui se développent entre les « groupes familiaux » voisins.  Si l´individu et la famille peuvent s´épanouir conjointement dans la grande ville, qu´en est-il du couple ? Est-il fragilisé par la dynamique familiale ? À ces questions, l´enquête apporte également des réponses inattendues.

    François de Singly est professeur de sociologie à l´université Paris Descartes, directeur du Centre de recherche sur les liens sociaux (Cerlis).  Christophe Giraud est maître de conférences en sociologie à l´université Paris Descartes, membre du Cerlis.

  • Quel est donc ce fonctionnaire à part qui oeuvre à la confluence des attentes sécuritaires de la société, des choix politiques et administratifs, des potentialités et des pesanteurs de la « machine », et des rappels constants du réel ? C'est le commissaire de police, personnage aussi important que méconnu, du fait notamment de la mythologie (Maigret, Moulin et autres Navarro...) qui encombre les esprits à son propos...Il est censé disposer des leviers adaptés pour faire régner, dans le meilleur équilibre possible des contraintes, la tranquillité sur le territoire qui lui est confié. On attend aussi de lui qu'il donne corps aux grandes réformes engagées, la dernière en date étant celle de la « police de proximité » (1998-2002) désormais baptisée « police de sécurité ».Qu'en est-il, réellement ? La réponse à cette question de bon sens conditionne toute évaluation sérieuse des politiques de sécurité. D'où l'intérêt considérable du présent ouvrage, qui propose la première sociographie du corps des commissaires. Qui sont les agents de ce groupe professionnel et comment se représentent-ils leur rôle et leur légitimité ? Comment l'École, qui les a formés, et le Syndicat auquel ils appartiennent majoritairement défendent-ils leurs intérêts ? Qu'est-ce qui conditionne leurs stratégies de carrière ? De quelles compétences peuvent-ils se prévaloir ? Que faut-il penser de leur métamorphose voulue en « managers de services performants » ? Une enquête serrée, des « verbatim » éclairants, une connaissance intime de l'histoire policière : ce livre s'adresse aux membres des corps de sécurité, aux professionnels concernés par l'organisation et l'action policières (préfets, magistrats, travailleurs sociaux), aux élus locaux, associatifs, ainsi qu'aux chercheurs et étudiants en droit, sociologie et science politique. Frédéric Ocqueteau est sociologue et juriste, chercheur au CNRS (CERSA-Université Paris-II), spécialiste des questions policières et de la mise en uvre des politiques de sécurité. Ancien directeur du département de la recherche à l'IHESI de 1998 à 2002, il est membre du conseil d'orientation de l'Observatoire national de la délinquance.

  • Dans l'économie de grand vent où nous nous trouvons, le management est devenu un art du mouvement. Il en résulte un immense appel d'air en faveur des idées nouvelles, et un marché proliférant de méthodes et d'outils sur lequel se bousculent experts, « gourous », consultants, universitaires, éditeurs de logiciels, magazines... Partout - dans l'industrie, les sociétés de service, les entreprises publiques -, ce sont autant de chantiers ouverts pour les cadres et les dirigeants, de décisions d'investissement potentielles, d'expériences à animer et à évaluer. Comment prendre ses marques dans le maquis de l'innovation managériale ? Tel est l'objet de ce livre, oeuvre d'un sociologue qui, au terme de longues enquêtes, rend ici témoignage de ce qu'un regard profane peut retenir de ce tohu-bohu. Soucieux de prendre le changement au sérieux, l'auteur retient sept innovations emblématiques. Il les évalue une par une, mettant en regard la nature du projet, les outils qui l'accompagnent, les conditions de son appropriation sur le terrain. Le diagnostic présenté en introduction réserve des surprises. Toutes les innovations ne se valent pas. Il est de grandes idées qui accouchent de révolutions modestes, faute d'outils à leur mesure. D'autres peinent à se protéger de la frénésie technique. Celles qui tolèrent les déformations de l'action s'en tirent mieux : elles deviennent de bons foyers d'apprentissage. Il en découle des voies pour l'action : les innovations bien équipées requièrent des managers qu'ils leur confèrent du sens : elles appellent le débat. Celles qui souffrent d'outils abusifs ou défaillants méritent plus d'investissements. Elles réclament du travail et du temps. Outre les étudiants en sciences sociales, ce livre s'adresse à celles et ceux qui vivent les changements de l'entreprise au quotidien. Il intéressera aussi ceux qui - tels les élèves-ingénieurs - découvrent le monde du travail et s'y préparent. Tous y trouveront une réflexion détachée des modes, des remèdes miracles et des urgences de l'action.Denis SEGRESTIN est sociologue, professeur des universités à l'Institut d'études politiques de Paris. Il est membre du Centre de sociologie des organisations (Sciences Po et CNRS).

  • Voici une réflexion collective et pluridisciplinaire sur les modalités de production des catégorisations et assignations identitaires. Tandis que l'actualité politique et médiatique va dans le sens d'un renforcement des représentations stéréotypées et simplifiées de la réalité sociale, il s'agit ici de déconstruire les images stigmatisantes et fixistes imposées par les discours dominants. Les pratiques sociales restent encore trop souvent analysées au prisme de l'« immigration » et de l'« intégration », y compris dans la production scientifique, alors même que de plus en plus de faits et d'acteurs sociaux ne se rapportent plus que de façon lointaine à une expérience de migration. Cet ouvrage part du terrain et des acteurs sociaux. Basé sur des récits restitués par des sociologues, des anthropologues et des historiens, chaque chapitre déroule le fil de parcours de vie, individuels ou familiaux. Les auteurs s'arrêtent ainsi au côté de femmes et d'hommes, de leurs expériences diverses et complexes, des contradictions institutionnelles qui interagissent dans leur vie, des discriminations qu'ils subissent et intègrent, des multiples manières dont ils improvisent ou composent, au fur et à mesure, à différents moments biographiques et dans divers espaces géographiques, des modalités selon lesquelles ils se racontent, se désignent, s'identifient. Contribution originale à la sociologie générale, ce livre qui témoigne, comme le souligne Maryse Tripier dans sa préface, de la pleine légitimité acquise par les recherches sur les relations interethniques, contribue à défaire des préjugés trop installés et ouvre des perspectives pour les travaux à venir. Riche d'enseignements pour tous ceux qui entendent progresser dans cette voie, il intéressera les étudiants, les professionnels, les acteurs de terrain et tous ceux qui entendent réfléchir en citoyens informés sur l'évolution de la société civile.Claire Cossée, Emmanuelle Lada et Isabelle Rigoni, sociologues rattachées au laboratoire Genre et Rapports Sociaux (GERS-CNRS), ont conçu et coordonné cet ouvrage.

  • Les sociétés modernes ont été qualifiées de « liquides » : les individus seraient « nomades ». Ce livre infirme une telle vision. S'il est vrai que les mobilités, physiques ou virtuelles, caractérisent bien la seconde modernité, cela ne signifie pas que les individus soient sans attaches. Ils ont autant besoin de sécurité ontologique que les hommes et les femmes des générations antérieures. Ce qui a changé, c'est le fait que leurs communautés d'appartenance, leurs références et leurs attaches sont désor-mais de plus en plus « choisies ». L'un des ancrages nécessaires à une certaine stabilité de l'identité se joue avec les origines, avec ce qui peut être considéré comme un « chez-soi d'origine ». C'est pour cette raison que ce livre repose sur une enquête portant sur des personnes parties de province pour s'installer en région parisienne ou à Paris. On découvre ainsi comment chacun s'arrange avec son histoire pour posséder des ancrages identitaires qui donnent sens à son parcours biographique. Dans ce type de parcours, les liens, les lieux et les temporalités s'entrecroisent sans cesse. L'individu se situe au carrefour du « nous familial » et du « je », de l'ici et de l'ailleurs, d'aujourd'hui, d'hier et de demain. Entre origines familiales et origine de soi, les individus « bricolent » pour être tenus par des appartenances et par des lieux tout en gardant le sentiment d'être eux-mêmes. Ceux qui travaillent sur la « mobilité » (aussi bien géographique que psychologique), sur la famille ou sur la construction identitaire seront intéressés par ce livre. De lecture fluide, enrichi de nombreux exemples, il retiendra l'attention de tous ceux qui souhaitent mieux appréhender les spécificités de l'homme contemporain. Elsa Ramos, docteure en sociologie et chercheure associée au CERLIS-CNRS-Paris V (Centre de Recherche sur les Liens sociaux).Ouvrage préfacé par François de Singly et publié sous sa direction.

  • Dire que la criminalité augmente ou diminue, c'est bien. Pouvoir l'affirmer sur des bases incontestables, ce serait mieux... Que la police et la justice agissent, c'est bien. Qu'elles le fassent en pleine maîtrise du sujet, sans porter le handicap d'une mauvaise connaissance de la délinquance, ce serait mieux... Or, on constate un hiatus entre la nécessité pour la société de se doter, sur une base expérimentale fiable, des moyens adéquats de lutte contre le crime et la délinquance, et la valeur souvent relative, voire approximative des procédures d'appréciation de ces phénomènes. Un hiatus qui laisse libre cours soit à la démagogie répressive, soit au laisser-aller aveugle, et dans lequel s'enracinent bien des erreurs d'orientation des politiques de sécurité. Mais est-il vraiment possible de mesurer la criminalité ? Sur quelles données doit-on s'appuyer, et comment ? Le présent ouvrage apporte de précieux éléments de réponse. Sur la base d'une enquête de terrain de nature inédite en Europe, portant sur l'implication dans la délinquance d'un groupe de toxicomanes, Marcelo F. Aebi fait jouer les grands indicateurs que sont les antécédents policiers, les condamnations judiciaires et les données d'enquête sur les délits commis et sur les délits subis, et en tire des conclusions significatives. Ce livre, qui s'adresse à tous les professionnels et futurs professionnels des métiers de sécurité, retiendra aussi l'attention des décideurs politiques et administratifs et de tous ceux qui entendent aborder la problématique de la délinquance sur des bases mieux assurées. Marcelo F. AEBI est professeur de criminologie à l'Université de Lausanne et à l'Université Autonome de Barcelone. Il est également expert scientifique auprès du Conseil de l'Europe et secrétaire exécutif de la Société européenne de criminologie. Préface de Martin Killias. Ouvrage publié avec le concours de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) Suisse.

  • Grande cause morale et sociale du moment, ou épouvantail national... Il est plus facile de plaquer sur les « jeunes de cité » tel ou tel schéma que d'aller à la rencontre de leur altérité pour croiser, soutenir et décrypter leur regard. On les voudrait « agis », par d'autres ou par leur « inculture » propre. Ils agissent en fait selon les contraintes d'un environnement créé par notre société. Avant de dire qui ils sont (« racaille », etc.), il faut comprendre comment ils fonctionnent et se gouvernent. C'est la démarche du présent livre, travail d'un jeune sociologue. Ce dernier a longtemps côtoyé l'univers de la rue et l'analyse sans mépris ni empathie forcée. Sur la base d'une passionnante enquête de terrain, il rend compte du processus qui, à partir de la déstructuration sociale et des abandons républicains des années 1980, a mené à la constitution de groupes marchant au « capital guerrier » : mélange de force physique, de dispositions psychologiques et de réseaux relationnels qui assure une aptitude au combat et passe facilement du système de défense à l'outil de persécution. Cette approche restitue à « la rue », l'espace du pauvre, son caractère hautement concurrentiel. À l'opposé de l'antienne des « violences gratuites », elle s'intéresse à la rentabilité symbolique et matérielle des comportements violents. Rien de plus ambivalent et atypique dans le fade contexte français contemporain que cette cristallisation d'énergie, rien de plus triste que la manière dont on s'entend à la dévaluer plutôt qu'à la canaliser et à l'intégrer positivement dans le social. Thomas Sauvadet a enseigné à Paris VIII (2000-2006) et dépend depuis 2001 du CESAMES (CNRS/INSERM/Paris V). Il effectue actuellement une étude pour le compte de la Mission de prévention des conduites à risques du Conseil général de la Seine-Saint-Denis. Ouvrage publié sous l'égide de François de Singly.Préface de Didier Lapeyronnie.

  • La justice - et la société - ont-elles tout faux ? L´obsession de la « récidive » explique en partie la multiplication des condamnations à des peines de plus en plus lourdes, la standardisation croissante du parcours du détenu (moins de libérations conditionnelles, plus de dispositions collectives) et par contrecoup l´inflation carcérale ; elle a motivé, en 2005, l´adoption d´une loi au caractère répressif renforcé.  Quelle est la position de la France en Europe ? Que penser des lois récentes qui renforcent la répression des récidivistes ? Les peines plus longues sont-elles une garantie contre la récidive ? La « récidive », qui a une définition juridique, nécessite d´être travaillée selon des méthodes scientifiques pour obtenir une véritable évaluation et permettre une politique pénale responsable. Sa mesure ne peut se réduire à un simple pourcentage global.  Le présent ouvrage, solidement documenté, aborde ces questions par la mise en perspective d´éléments chiffrés, français et européens, ainsi que par l´analyse d´enquêtes empiriques menées depuis plusieurs années. Il apporte un éclairage bienvenu au débat actuel sur la politique carcérale et milite pour une politique pénale responsable : « Enfermer moins et accompagner mieux » s´avère à terme plus efficace que « punir plus lourdement pour dissuader ».   Annie KENSEY est docteure en démographie, intervenante à l´ENM et à l´Université de Lyon II. Elle est également chercheure associée au Laboratoire « Cultures et Sociétés en Europe », UMR n° 7043, CNRS-Université Marc Bloch, Strasbourg II.Ouvrage publié sous l'égide de Sebastian Roché et préfacé par Nicole Maestracci.

  • La crise dramatique que vit la psychiatrie publique transparaît souvent, ne serait-ce que par la chronique judiciaire. La prise en charge par l'institution de pans entiers du malheur social, vraie pathologisation de la misère, se télescope avec le manque de psychiatres, de moyens, de structures alternatives, le déclin du travail d´équipe et des référents psychanalytiques ou de psychothérapie institutionnelle. D'où l'importance particulière de ce travail sociologique qui dresse un portrait sans idée préconçue mais sans concession du fonctionnement des institutions, méconnu par les intervenants eux-mêmes ; l'auteure consacre une attention particulière à la psychiatrie de secteur, celle d´après les murs de l´asile (alors que les débats se polarisent souvent entre « les fous de l´asile » et « les déprimés qui consultent en libéral ») ; offre une description passionnante et souvent troublante de la vie et de la prise en charge des personnes ayant des troubles mentaux graves (les « malades mentaux ») en psychiatrie publique.

  • Cet ouvrage est le fruit de la première grande enquête de terrain consacrée à la perception qu´ont les Français des inégalités et de la justice sociale. Loin des sondages chocs commandités à la va-vite pour illustrer les abus ou les privilèges de quelques-uns, les auteurs se sont attachés à décrypter les grandes tendances de la société française, en les replaçant dès que possible dans une perspective européenne et internationale. De manière radicalement nouvelle, ils cherchent à comprendre les liens entre inégalités et justice : un terrain peu couvert par la sociologie qui aborde souvent la question du « lien social », sans même que la question de la justice ne soit soulevée. Alors, quelles conclusions tirer de cette enquête présentée en une vingtaine de chapitres ? Principalement que les Français ont le sentiment d´appartenir à une société très inégalitaire, même s´il faut introduire des nuances bien sûr. Ce sont les inégalités de revenu et plus largement les inégalités économiques et matérielles qui apparaissent les plus fortes, alors que la France est, à l´échelle internationale, une société assez égalitaire. De manière plus surprenante, on constate que les inégalités jugées les plus présentes, ne sont pas forcément celles que les Français jugent les moins acceptables. Les inégalités de revenu, par exemple, sont fortement ressenties, mais finalement tolérées par les Français. On est bien loin du mythe insurrectionnel fréquemment véhiculé par les médias. Inversement, les inégalités jugées moins fréquentes (accès aux soins, discriminations ethniques, inégalités hommes/femmes) sont considérées comme insupportables. Libres, inégaux, mais fraternels, telle est, au total, la vision que les Français ont de leur société et d´eux-mêmes.

  • Lorsque les aventuriers de l'Arche de Zoé veulent agir pour le bonheur des autres, c'est l'aide humanitaire dans son ensemble qui est mise en accusation. Au-delà du déchaînement médiatique, se joue là pour l'anthropologie la figure bien connue de la rencontre avec l'autre qu'il s'agit d'« aider ». Dans ce contexte troublé, ce livre vient à point nommé pour exposer ce que peut être, aujourd'hui, une anthropologie de l'aide humanitaire et du développement, entre engagement et distance critique. Un premier chapitre en pose le cadre théorique, grâce à une démarche à la fois historique et prospective. Les chapitres suivants rassemblent des anthropologues de nationalités multiples qui se penchent chacun sur un domaine d'intervention et de recherche particulier : les réfugiés, le monde rural, l'environnement, l'assainissement urbain, la santé, l'alimentation, ou le genre. Études de cas sur divers continents, revues de la littérature internationale et analyses approfondies offrent au lecteur des clés pour comprendre les pratiques et les enjeux de la recherche anthropologique, tout en l'invitant à découvrir comment, sur le terrain, se déploient l'aide humanitaire et les interventions de développement. Plaçant au centre de ses préoccupations les hommes et les femmes en action qui font, au quotidien, leurs sociétés, leurs cultures et leur développement, cette anthropologie de l'aide humanitaire et du développement relève le défi de mettre ces mondes : souvent divergents et conflictuels : en relations, afin de leur donner un sens et une forme sur lesquels il est possible d'agir. 

  • Faire équipe

    Pascal Duret

    Rompant avec les slogans et les clichés idéalisant une solidarité donnée pour immédiate au sein des équipes sportives, cet ouvrage dresse le constat que la cohésion ne va pas de soi. L´autorité absolue ne suffit plus à l´entraîneur, il doit savoir négocier. Et concilier des intérêts différents : écouter ses joueurs tout en conservant son autorité et même puiser son autorité de sa capacité d´écoute. La coopération peut s´accompagner au sein de l´équipe de rivalités et de concurrences. Quand vaut-il mieux les neutraliser ou au contraire les rendre profitables pour le collectif ? Si l´abnégation du joueur au service du collectif est régulièrement exigée, comment en retour faire du collectif une ressource pour les individus ? Comment devenir un « bon co-équipier » tout en affirmant son individualité ? Rendant compte au plus près de l´expérience des joueurs, l´ouvrage montre comment il est possible de se montrer solidaire tout en tirant son épingle du jeu. Des exemples variés tirés de huit disciplines sportives permettent de comprendre ce subtil travail d´ajustement entre l´entraîneur et les joueurs, et entre les joueurs eux-mêmes. Cet ouvrage offre aux lecteurs curieux tous les outils nécessaires pour apprendre à créer de la cohésion et à « faire équipe » quel que soit le domaine. Pascal DURET, sociologue du sport et de la compétition, professeur STAPS à l'Université de La Réunion, a assuré la direction de cet ouvrage qui réunit, outre ses contributions, celles de Muriel AUGUSTINI, Éric BOUTROY, Christian BROMBERGER, Sébastien BUISINE, Fabrice BURLOT, Vincent CHARLOT, Adolphe MAILLOT, Jacques SAURY.

  • Le livre présente les résultats et l´analyse par une équipe confirmée de la première grande enquête qualitative menée sur l´intégration à la société française des immigrés d´Afrique subsaharienne.
    L´approche qui a été retenue est intergénérationnelle : elle permet de confronter au sein des mêmes familles le ressenti et les points de vue de deux générations différentes, et d´apporter des témoignages d´une grande pertinence. Les âges et les itinéraires des personnes rencontrées, les différents profils, motifs de départ et la variété des situations sont pris en compte. Comment les enquêtés sont-ils venus en France de leur pays de naissance ? Comment recréer un chez soi ? Les jeunes vivent-ils les mêmes difficultés que leurs parents ou grands-parents ?
    Cet ouvrage apporte un regard neuf, objectif et riche en enseignements sur une immigration complexe et finalement très mal connue, et fait ressortir l´originalité et la complexité de la dynamique migratoire africaine vers l´Europe.

  • Au-delà d'un discours sur les nécessités du partenariat entre l'hôpital et les parents de l'enfant hospitalisé, ce livre permet de comprendre les difficultés persistantes dans l'accueil des parents à l'hôpital, les obstacles qu'ils rencontrent, l'ambivalence des professionnels à leur égard et les défis que ces derniers ont à relever pour accompagner les parents dans cette difficile expérience.  Il retrace tout d'abord l'histoire de l'ouverture des portes de l'hôpital aux parents. Ensuite, il décrit, à partir d'une belle enquête de terrain dans deux services hospitaliers contrastés - un service spécialisé dans les pathologies du foie et un service de pédiatrie générale - les conditions d'accueil des parents dans les services, le rôle que ces mères et pères jouent auprès de leur enfant hospitalisé. Il donne les deux points de vue, celui des parents et celui des équipes de soignants, qui doivent coordonner leurs rôles auprès des enfants malades.  À partir de l'étude poussée d'une situation particulière, cet ouvrage a le mérite de mettre en évidence bien des aspects des évolutions qui « travaillent » le corps social français, tiraillé entre désir de coopération et exigence démocratique d'un côté, logique d'autorité et choix de gouvernance de l'autre. 

  • Porter un nouveau regard sur la vie des immigrés en France : telle est lambition de ce livre qui décrit le vieillissement de ceux qui sont un jour partis de leur pays et sont désormais installés de longue date en France. Limmigration est un processus évolutif, dont les tenants et les aboutissants ne sapprécient vraiment que dans la durée, avec le recul du temps. Et cest bien le temps qui garantit la profondeur dun enracinement qui se réalise par la constitution dune famille, lacquisition dun logement, une carrière professionnelle, des réseaux sociaux, lobtention dune retraite. À partir dune grande enquête sur le passage à la retraite des immigrés et sur leur parcours de vie, cet ouvrage aborde lessentiel de ces thèmes et bien dautres encore (tels la santé, les solidarités entre générations, lappartenance religieuse, lenvoi dargent au pays...). Cette enquête, la première du genre en Europe, a été réalisée en France par la Caisse nationale dassurance vieillesse. La richesse de lappareil statistique soutient en permanence les analyses qui convergent vers une conclusion majeure : les immigrés manifestent un profond attachement à la France. Ils aspirent généralement à y vieillir, quitte à faire des va-et-vient avec leur pays dorigine. Ce double ancrage fait deux des agents potentiels de communication entre les générations et les peuples. Claudine ATTIAS-DONFUT est sociologue, directrice de recherche à la Cnav. Cet ouvrage est le fruit dune collaboration avec des spécialistes venus de différentes disciplines : Philippe DAVEAU (historien), Rémi GALLOU (socio-démographe), Alain ROZENKIER (sociologue) et François-Charles WOLFF (professeur de sciences économiques).

  • Comprendre les valeurs d´une société est capital pour tous ceux qui veulent contribuer à la faire évoluer. Or, si on étudie depuis longtemps les données économiques et sociales, peu de travaux d´envergure sont consacrés à analyser les systèmes de valeurs. C´est l´objectif poursuivi par cet ouvrage qui s´appuie sur des enquêtes ciblées, menées depuis 1981 et régulièrement mises à jour. Il montre que l´individualisation - entendue comme affirmation de l´autonomie de l´individu et de ses choix - est bien la caractéristique majeure.  De fait, cette individualisation constitue une clef de compréhension de nombreux autres phénomènes contemporains (la famille, le travail, l´économie, la politique ou la religion). Faut-il y voir un danger pour notre avenir collectif ? Pas forcément ! Car l´individualisation n´est pas l´individualisme et ne prône pas le culte du « chacun pour soi ». Elle pourrait même favoriser la cohésion sociale.  Écrit par une équipe de sociologues et de politistes, autour de Pierre Bréchon et Olivier Galland.

  • L'habitat, l'entreprise, le quartier, la ville ou le village sont autant d'environnements porteurs de significations. Ce ne sont ni des espaces neutres et exempts de valeurs, ni de simples décors au sein desquels l'individu évolue.Notre vision du monde et de l'homme s'exprime en effet dans la manière dont nous façonnons nos espaces de vie, et ces espaces de vie nous signifient en retour qui nous sommes, ce que nous devons faire et ne pas faire. Au-delà de ses effets directs sur l'individu (bruit, densité, etc.), l'environnement est vecteur de sens et d'identité. D'où l'intérêt de prendre en considération les manières de voir, sentir et ressentir, penser et imaginer, explorer et pratiquer son environnement : la psychologie environnementale fournit ici des instruments d'analyse, donne des clés pour comprendre les perceptions, les attitudes et les comportements des individus dans leur contexte de vie, et, partant de là, peut proposer des modalités d'intervention pour améliorer notre qualité de vie au quotidien. Exemplaire d'une telle démarche, cet ouvrage répond aux besoins des étudiants en psychologie environnementale, géographie humaine, écologie, architecture, urbanisme et sociologie urbaine, et, de manière générale, de tous ceux qui sont amenés à intervenir sur l'habitat, le milieu urbain ou l'environnement. Il offre un témoignage particulièrement convaincant de la capacité des sciences humaines et sociales à nourrir la réflexion et à guider l'action. Gabriel MOSER est professeur de Psychologie environnementale à l'université René Descartes - Paris V. Il y dirige le Laboratoire de psychologie environnementale (CNRS). Karine WEISS est maître de conférences à l'université de Bourgogne, Dijon, et chercheur associé au Laboratoire de psychologie environnementale.

  • Que faut-il entendre par « être en bonne santé » et « être malade » ? Peut-on bien se porter en étant malade ? Et qu'est-ce que soigner, finalement ? Pourquoi tant de soignants connaissent-ils de plus en plus le burn-out et l'épuisement désenchanté au sein de professions en crise ? Le risque sanitaire est-il devenu l'enjeu d'une bataille dont le sens échappe de plus en plus à ses combattants ? Peut-on intervenir pour modifier les conduites de santé et de maladie ?Sur ces questions anciennes, la psychologie sociale de la santé apporte l'éclairage de ses investigations empiriques, de ses cadrages théoriques et de ses propositions d'interventions. Elle permet de décrire l'univers de la santé et de la maladie comme un parcours balisé de dangers et de promesses.L' analyse et les références au concret, au fil d'un parcours qui prend la mesure de ces états distincts que sont « être en bonne santé », « rester en bonne santé », « devenir malade », « être malade », « vivre avec la maladie », ouvrent sur la nécessité d'une démarche de santé novatrice, guidée par le souci constant de promouvoir la qualité de la vie, en lien avec le caractère spécifique de chacun de ces états, et de mettre un terme au mal-être et à l'usure actuels des soignants.Cet ouvrage s'adresse aux acteurs de santé (médecins, infirmières, psychologues, chercheurs), aux membres d'associations, aux étudiants. Il concerne tous ceux qui s'intéressent à l'évolution des problématiques de santé publique et à l'application des outils d'analyse de la psychologie sociale dans le champ de la prévention et de la prise en charge thérapetique.Michel Morin est professeur de psychologie sociale à l'université Aix-Marseille I où il dirige un DESS de psychologie sociale de la santé ainsi que le groupe de recherche « Santé et maladie » au Laboratoire de psychologie sociale. Il est également responsable d'une équipe de recherche dans l'Unité INSERM 379 « Épidémiologie, Sciences Sociales et innovation médicale » de Marseille. Être en bonne santé : une affaire sociale ou un état psychosocial ? Rester en bonne santé, éviter la maladie : la bataille du risque. Devenir malade : l'entrée en maladie et ses préludes psychosociaux. Être malade : identité et pratiques sociales. Vivre avec une maladie : ajustements et qualités de vie. Traiter, soigner : incertitudes dans les professions de santé. Prendre en charge, aider, accompagner : l'usure des soignants.

  • Un stigmate, au sens originel, c'est une marque corporelle, gravée selon une pratique très ancienne au couteau ou au fer rouge. Le stigmate identifiait son porteur - criminel, félon - et était à la fois le témoin et le moyen de sa mise au ban. Dans nos sociétés modernes, des stéréotypes, une perception péjorative de la différence, une « mauvaise réputation » sont trop souvent encore accolés à de nombreuses catégories de personnes - étrangers, obèses, SDF, handicapés, gens du voyage, etc. - et fonctionnent comme autant de stigmates et contribuant à leur exclusion. Le fait est connu. Ce qui l'est moins, et qu'il est pourtant essentiel de prendre en compte si l'on veut sortir de la condescendance et du discours idéologique, même bien intentionné, c'est la manière dont les stigmatisés voient le monde environnant, ce qu'ils ressentent, l'opinion qu'ils ont d'eux-mêmes, les stratégies qu'ils mettent en place pour échapper à ce stigmate, ou en jouer face à la société. Première synthèse des recherches de psychologie sociale sur la stigmatisation, le présent ouvrage aborde de front cette problématique.  Au fil d'un parcours toujours respectueux - sous l'angle épistémologique comme sous l'angle éthique - des groupes et individus étudiés, il casse les à-peu-près, démonte les visions faussées et montre que les effets de la stigmatisation sont beaucoup plus subtils, complexes et pernicieux encore qu'il n'y paraît au premier abord.  Jean-Claude Croizet, docteur en psychologie, enseigne la psychologie sociale à l'université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand. Il étudie l'impact de la stigmatisation sur les performances scolaires au laboratoire de psychologie sociale de la cognition (UMR CNRS 6224).  Jacques-Philippe Leyens est professeur de psychologie sociale à l'université catholique de Louvain-La-Neuve (Belgique). Ancien président de la European Association of Experimental Social Psychology, il mène actuellement des recherches sur les conflits entre groupes.

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