Au vent des îles

  • Le voyage du Solide, peu connu, est pourtant l'une des circumnavigations réussies de la fin du XVIIIe siècle. Expédié par des armateurs privé, il poursuivait un but lucratif : le trafic des fourrures entre la côte nord-ouest de l'Amérique et la Chine.
    Rédigé par un capitaine de la marine marchande, le journal publié ici donne un point de vue un peu différent du discours officiel, mais en même temps très représentatif de son époque (préoccupations scientifiques et commerciales, idéologies, sciences et techniques, observations naturalistes et ethnographiques, échos des textes contemporains ?). L'escale des Marquises est ici déclinée à plusieurs voix : celle du capitaine, du second et du médecin de bord.

  • En contrepoint des lieux communs de la fantasmagorie occidentale sur les «Bons sauvages» et les «vahine aguicheuses» , un nouveau mythe naquit à la fin du XXe siècle, évoquant la situation privilégiée des femmes présentées comme socialement dominantes au point que certains qualifièrent la société tahitienne de matriarcat. La popularité de cette proposition adoptée par lopinion publique ne peut que laisser pantois ceux qui connaissent la réalité des violences familiales et conjugales subies par les enfants et les femmes de ces îles qui ne sont pas épargnées par ce phénomène comme certains voudraient le faire croire. Cet ouvrage révèle une étude mesurant précisément cette violence longtemps cachée par le déni et la honte, explore les multiples causes locales, sociales et «culturelles» de ce phénomène et aborde les raisons de son universalité. Les Tahitiennes dominent-elles ou sont-elles dominées ? Ce livre démontre les paradoxes dune situation qui ne peut pas être réduite à ces alternatives simplistes. La coexistence des violences et du «mythe du matriarcat» est replacée dans la dynamique des relations entre mouvement de renouveau culturel et situation coloniale, entre stratégies politiques des partis autonomistes et indépendantistes, entre intérêts divergents des femmes et des hommes imbriqués dans les bouleversements sociaux qui ont affecté la société tahitienne.

  • Bilan critique du chemin parcouru en archéologie depuis la fin des années 1950 en Polynésie française, cet ouvrage examine les grands thèmes de la préhistoire polynésienne et se propose d'analyser les modèles élaborés pour rendre compte de l'évolution des sociétés, depuis leur implantation dans les îles jusqu'à leur rencontre avec l'Occident. L'auteur y cerne les objectifs à atteindre pour écrire la préhistoire de ces îles, souligne la nécessité d'une approche pluridisciplinaire et plaide en faveur d'une démarche ethnoarchéologique. Enfin, il s'attache à dégager les perspectives et orientations de la recherche pour les années à venir.

  • Voyageur, humaniste, scientifique, autant de qualificatifs qui sappliquent à cet homme hors du commun qui aura marqué le XIXè siècle en Polynésie et aux États-Unis. Après avoir, adolescent, participé comme volontaire à certaines campagnes militaires napoléoniennes, il fit ensuite du commerce au Chili avant de se passionner pour la Polynésie orientale dont il devint lun des ethnographes les plus reconnus. Consul des Etats-Unis puis de France à Tahiti où il séjourna quelque vingt années, il fut lartisan de linstauration du protectorat français sur le royaume de la reine Pomare IV. Ses démêlés lopposant au consul dAngleterre, George Pritchard, ont failli à ce sujet provoquer la guerre entre la France et lAngleterre en 1844.
    Produit de cinq années de travail qui ont conduit son auteur à rechercher des documents dans toute lEurope occidentale, en Océanie et en Amérique, cette biographie extrêmement bien documentée est une tranche dhistoire à savourer comme un roman.

  • Cet ouvrage très complet et écrit de manière fluide évoque tout dabord les problématiques du sujet, lidentité de chercheuse polynésienne de lauteur, ses enquêtes, ses grilles de lecture et laire géographique sur laquelle porte son travail. Puis Simone Grand évoque les soignants rencontrés et leurs méthodes, le regard des médecins occidentaux sur la médecine traditionnelle ainsi que le regard de quelques patients. À cela sajoute une sorte dethno-histoire sur les mots polynésiens, le lien entre la maladie et la société traditionnelle dici, ce que par les mots et les maux, la maladie révèle sur la société ancienne, la religion, le magique, la mort. Elle présente enfin, toujours à partir des mots, les types de traitements traditionnels, en remontant parfois dans le passé surtout quand il sagit dexpliquer les côtés magiques de la maladie ou du traitement. Elle étend son étude aux soins traditionnels dans le reste de la Polynésie (Cook, Hawaii...) et enfin à la transmission et à la rémunération, ou non, des soins avant et aujourdhui. La deuxième partie de louvrage évoque des cas judiciaires et des cas traités en ethnopsychiatrie.

  • Depuis la fin des années 1970 se manifeste à Tahiti une défense des racines sexprimant au moyen de lappellation «maohi» qui qualifie ce qui est autochtone, originaire des îles polynésiennes. Ces nouvelles préoccupations culturelles et identitaires ont par exemple entraîné la réapparition massive du tatouage dont la pratique avait disparu au XIXe siècle. Cet ouvrage tente de livrer lessentiel du discours identitaire ma'ohi, qui accorde une grande place à la terre et à la langue dans la définition de lidentité, de lappartenance. Il restitue les principaux écrits des précurseurs de ce mouvement, notamment Henri Hiro et Duro Raapoto. Il aborde ainsi les domaines du théâtre, de la danse, de la marche sur le feu, de la poésie en langue autochtone. Le terme «maohi» et la signification que ses partisans lui donnent sont appréhendés de façon critique à laide des données de la linguistique et de lanthropologie. Loin de «lidéologie maohi » tournée vers la différence, vers les racines, est aussi retracée lapparition en Polynésie française dun discours identitaire contemporain valorisant la pluriethnicité et la pluriculture, prônant une identité dite «polynésienne» potentiellement ouverte à tous. Il est enfin procédé à un état des lieux des combats identitaires actuels, plus dune génération après le début du renouveau ma'ohi. Sont étudiés les arts et les lettres, le lien entre religion et culture traditionnelle, ainsi que les questions de droit (reconnaissance des langues polynésiennes, revendications foncières et coutumières liées à lautochtonie).

  • En quelques générations, la communauté chinoise de Tahiti a acquis une position incontournable dans le monde du commerce et joue aussi un rôle important dans les dynamiques culturelles, identitaires et politiques qui animent la Polynésie française contemporaine. Par une approche essentiellement historique mais aussi sociologique, cet ouvrage s'efforce de rendre compte des événements du passé et d'analyser l'intégration de cette communauté au sein de sa société d'accueil.

  • L'impact sur le système alimentaire du changement rapide qu'a connu la société tahitienne au cours des deux derniers siècles est mis en évidence à travers un triple processus d'évolution : christianisation, colonisation et monétarisation. Les mutations historiques du mangeur tahitien sont ainsi traitées sous différents aspects : les modes de production et le choix même des aliments, les prestations et échanges, les types d'alimentation quotidienne comme festive...
    L'étude des pratiques et représentations alimentaires et du rapport au corps conduit à un questionnement sur les facteurs constitutifs de l'identité mä'ohi contemporaine et sur les conséquences tant sanitaires (obésité, diabète...) que sociales et économiques (la stratification sociale, la perte du sens lié aux aliments...) des modes actuels d'alimentation, problématiques communes à l'ensemble des territoires insulaires du Pacifique. L'alimentation est ainsi posée comme un facteur structurant de l'organisation sociale, basé sur la transmission et en interaction avec l'évolution du milieu tant écologique qu'économique, social et culturel.
    Au-delà de sa dimension biologique, l'alimentation revêt dans cette étude une dimension sociale et culturelle essentielle. Aspect symbolique central dans la société polynésienne pré-européenne, pivot de normes et interdits liés au statut social ou au genre, support d'un culte ancien de l'abondance, elle constitue un véritable « fait social total ».

  • L'auteur démontre dans cet ouvrage que la vie politique est une chose récente en Polynésie et qu'elle repose sur une culture religieuse beaucoup plus ancienne. Y a-t-il intrusion des Églises dans la vie politique tahitienne ? Vous le découvrirez en lisant Politique et religion à Tahiti.

  • Depuis 1981, l'Association Salomon, présidée à Nouméa par Alain Conan, multiplie les expéditions vers Vanikoro. Sur le récif de cette île perdue de la République des Îles Salomon, se sont abimées, en 1788, les deux frégates de Lapérouse, La Boussole et L'Astrolabe. Après avoir précisé, en 1999, le lieu où les naufragés établirent à terre leur camp de survie, les archéologues terrestres et sous-marins de l'Association Salomon décident, en novembre 2003, de retrouver les restes des 199 marins partis le 10 mars 1788 sous les ordres du plus grand de nos navigateurs d'exploration français. Cest à un voyage dans le temps et dans lHistoire que nous convie ici lauteur, médecin légiste à Tahiti, et
    associé à l'expédition dans l'objectif d'identifier les restes de ces marins du siècle des Lumières. Ce carnet de bord déroule, jour après jour, les préparatifs techniques, le voyage vers lun des sites les plus inaccessibles de la planète, la recherche du lieu de fouilles terrestres, les discussions enflammées et les travaux de déblaiement de la dernière épave localisée jusquaux premières procédures d'identification des ossements. Car cest finalement, le 22 novembre 2003, à midi, que surgit, du monde du silence, le tout premier témoin du drame survenu 215 ans plus tôt, sous la forme d'un squelette miraculeusement préservé, en contradiction avec tous les constats réalisés jusqu'alors en archéologie sous-marine.

  • Cette biographie est celle d'un homme simple et attachant, pétri de la vie des îles, soucieux du bien public, qui sut inventer une façon typiquement polynésienne de faire de la politique.

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