Langue française

  • Un célèbre mythe polynésien voit l'île de Tahiti naître sous les traits d'un poisson. En des temps très reculés, au nord de Tahiti, dans l'île de Ra'iatea - qui se nommait encore Havai'i -, une énorme anguille avala une jeune fille. Possédé, l'animal se mit à ébranler la terre, dont un morceau se détacha, prenant le large, devenant le poisson Tahiti. Les paroles finales du mythe sont très dépréciatives : Tahiti, île subalterne, n'aurait autrefois eu ni dieux, ni chefs sacrés (ari'i), contrairement à sa glorieuse terre-mère Ra'iatea-Havai'i. Qu'en était-il en réalité ? C'est à cette question que tente de répondre l'auteur, dans ce riche ouvrage qui interroge notamment le rayonnement régional du grand marae - temple - « international » de Taputapuatea de Ra'iatea, classé au patrimoine mondial de l'Unesco en 2017

    Bruno Saura est professeur de civilisation polynésienne à l'Université de la Polynésie française où il dirige l'équipe de recherche EASTCO - Equipe d'Accueil Sociétés traditionnelles et contemporaines en Océanie -. Anthropologue et politologue de formation, il a beaucoup travaillé sur la société tahitienne contemporaine (questions politiques, religieuses, identitaires, ethniques). Il se spécialise aujourd'hui dans l'étude du passé polynésien (traditions orales et mythes).

  • Une réflexion personnelle d'une puissance hors du commun sur les questions raciales, culturelles et identitaires.

    En tant qu'Aborigène, Stan Grant a dû faire face toute sa vie à l'héritage raciste de son pays, l'Australie. Confronté dès l'enfance à l'adversité, il a réussi à y échapper grâce aux études et à la découverte des écrits de James Baldwin, devenant l'un des journalistes les plus reconnus d'Australie.

    Dans cet essai, Stan Grant réagit au racisme qu'il observe autour de lui, toujours aussi présent. Il décrit avec une passion et une sincérité déchirantes la colère, la honte et les épreuves inhérentes à son identité. D'une écriture directe, stupéfiante, il nous rappelle qu'il ne faut jamais rien tenir pour acquis dans notre combat pour en venir à bout.

    Stan Grant est rédacteur en chef international de la chaîne Sky News Australie, et rédacteur en chef chargé des questions aborigènes au sein de la rédaction australienne du quotidien The Guardian. Il a travaillé comme présentateur pour l'antenne de la chaîne américaine CNN à Hong Kong, avant d'être envoyé comme correspondant permanent à Pékin, d'où il a couvert entre autres les conflits en Afghanistan, au Pakistan et en Irak. D'origine aborigène, il appartient au peuple Wiradjuri.

  • Cet ouvrage raconte, pour la première fois sous une forme synthétique, l'histoire de Tahiti et des îles de la Société depuis l'arrivée des hommes jusqu'à nos jours. Résumer plus de mille ans d'histoire du peuple tahitien en un simple volume était un défi qu'un groupe d'enseignants-chercheurs et de chargés de cours de l'Université de la Polynésie française a décidé de relever. Chacun d'eux étant un spécialiste reconnu dans sa discipline, cette synthèse actualise les connaissances sur le passé, lointain comme proche, en fonction des recherches les plus récentes. Ce livre n'est cependant pas destiné aux seuls étudiants ; il s'adresse, en fait, à un large public, tous ceux que la Polynésie intéresse et concerne. Ce regard rétrospectif les aidera à mieux comprendre la société actuelle dans toute sa complexité. Ouvrage publié en partenariat avec l'Université de la Polynésie française et la Maison des sciences de l'Homme du Pacifique.

  • La "découverte" de Tahiti (1767-69), les récits des voyageurs inventèrent une société où les jeunes femmes auraient eu pour règle de pratiquer "l´amour libre" et même de le faire "en public". Le discours fut un point de vue masculin centré sur l´Europe, dissertant sur les variétés humaines et les couleurs de peau, mais aussi sur la supposée nature universelle des femmes. La vie publique, chez les aristocrates et chez les imprimeurs de Paris et de Londres, fut une course au sensationnel, à coup de rumeurs et de publications fantaisistes. Surtout la réécriture du journal de bord en un récit officiel "offert au roi" a tout brouillé. En retournant aux journaux de bord, on entrevoit la face demeurée cachée de ce que furent les premiers contacts entre les Tahitiens et les Européens. Les "femmes" qui vinrent au devant des visiteurs étaient de très jeunes filles; loin de sourire, elles tremblaient de peur, puis jouaient en pleurant un rôle imposé par les adultes. L´"amour" n´avait rien à faire dans ces scènes. Et les danses présentées n´avaient rien d´érotique. Les récits européens n´ont pas seulement exagéré, ils ont tout déformé. Depuis deux siècles, la vision européenne de la Polynésie "traditionnelle" repose sur une immense méprise.

    Ce livre restitue ce qui s´est réellement passé sur les rivages de Tahiti. Il reprend aussi tout le dossier des interprétations concernant les postures et la "nudité" dans la danse polynésienne, ainsi que le malentendu occidental sur la place de la "sexualité" dans la culture. Mais comment a-t-on pu se tromper à ce point ?

  • Il ne s´agit pas véritablement d´un roman, ni d´un ouvrage historique savant mais de ce qu´on pourrait appeler un récit historique. Dans cet ouvrage l´auteur reconstitue, en la narrant à la première personne, l´histoire véridique d´une femme du XVI° siècle, dona Isabel Barreto, l´épouse d´Alvaro de Mendana, le fameux « découvreur » espagnol des Iles Marquises, auteur du premier contact connu entre des Polynésiens et des Européens. Elle utilise un procédé narratif maintes fois employé dans les romans espagnols du siècle d´or : un manuscrit retrouvé par hasard dans un couvent péruvien ne serait autre que les mémoires de cette femme au destin exceptionnel.

    Dangers, vie quotidienne à bord de ces bateaux, fortune de mer, peur, inconfort, rencontre des « Indiens », parfois extrême violence, Annie Baert nous fait partager toutes les péripéties de ces voyages étonnants. Elle dépeint aussi la volonté farouche qu´il a fallu pour faire naître ces expéditions, l´argent dépensé, les embuches entre marins concurrents, les règlements de compte, les haines tenaces. Elle dit encore l´histoire vertigineuse de mers immenses, effrayantes, dont les routes, du Pérou à Manille, furent parcourues et cartographiées au prix de tant de vies perdues aussi bien chez les Espagnols que chez les « Indiens ».

    La rédactrice réelle de ce texte totalement imaginé s´appuie sur la maîtrise la plus pointilleuse des faits historiques, étayée par des recherches extrêmement approfondies, scientifiques, documentaires et bibliographiques, elle nous fait partager ses connaissances de manière très plaisante dans un style inspiré de celui des relations anciennes. On ressent sans aucune lourdeur la présence d´une solide ossature scientifique au récit et Annie Baert nous embarque dans ces voyages au long cours avec le savoir-faire d´un pilote de haute mer.

  • Les lagons polynésiens sont porteurs denjeux économiques, environnementaux et sociaux complexes notamment du fait des interactions entre des acteurs différents qui nont pas forcément les mêmes intérêts. Le rahui est un système de jachère traditionnel de la société polynésienne qui connait aujourdhui une certaine résurgence et sapparente à ce que la prix Nobel déconomie Elinor Ostrom a appelé les communs (Common Pool). Un des objets de ce livre est dinterroger le rapport entre cette tradition du rahui et de nouvelles formes de gestion des espaces lagunaires au travers de la notion de commun. Louvrage est structuré en six chapitres. Les deux premiers portent sur le rahui dans le Tahiti ancien et son retour dans le Tahiti moderne. Les trois suivants portent sur des études de cas et les enseignements quon peut en tirer du point de vue de la gestion des communs. Le chapitre final est consacré à lopérationnalité pratique de la notion de commun en Polynésie et soulève la question du financement de lenvironnement.

    Tamatoa BAMBRIDGE est directeur de recherche au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS). Anthropologue au Centre de Recherches Insulaires et Observatoire de lEnvironnement (CRIOBE) à Moorea, ses travaux portent sur le pluralisme juridique en matière foncière, les savoirs traditionnels relatifs à la biodiversité et la gouvernance contemporaine des aires marines en Océanie.

    François GAULME, Docteur dEtat ès Lettres, ethno-historien de formation, est chercheur associé au Centre Afrique de lInstitut français des relations internationales (IFRI). Ancien rédacteur-en-chef de Marchés tropicaux et méditerranéens puis dAfrique contemporaine, il a servi également à lAgence française de développement (AFD) et au ministère des Affaires étrangères et du développement international (Direction générale du Développement).

    Christian MONTET est professeur émérite de Sciences Economiques à lUniversité de la Polynésie française, membre de léquipe de recherche GDI. Ses thèmes de recherche favoris sont léconomie de la concurrence, la microéconomie appliquée et léconomie internationale. Il en est résulté de nombreuses publications dans des revues spécialisées au niveau national et international, dont The Economic Journal, European Economic Review, European Journal of Law and Economics, Revue Economique, Economie et Statistique, des chapitres dans des ouvrages collectifs et plusieurs ouvrages.

    Thierry PAULAIS est économiste. Ses domaines dintervention portent entre autres sur léconomie du développement, le financement des infrastructures et des collectivités locales, le développement urbain et les politiques de lhabitat, la rentabilité économique des investissements et tout ce qui concerne le montage et la conduite de projets. Il est directeur de lAgence française de développement en Polynésie française depuis 2015

  • Les questions des identités, de la parenté, du foncier, du pluralisme juridique et culturel et de la construction de l´État sont ici examinées de manière concomitante. Cette approche permet aux spécialistes des questions foncières dans le Pacifique d´appréhender les enjeux fonciers et de réfléchir à des solutions en matière de gestion du foncier, tenant compte de la complexité des situations contemporaines postcoloniales. Ce livre est la première grande synthèse des questions foncières en Polynésie française, analysées sous l´angle de la catégorie des acteurs locaux. Il permet de comprendre en quoi les solutions juridiques institutionnelles à venir sont vouées à l´échec si les représentations, les discours et les pratiques des familles élargies ne sont pas pris en compte dans le Pacifique Sud.

    En raison de la méthodologie utilisée (l´observation participante, la recherche d´archives et les indicateurs spécifiques à l´anthropologie du droit) et des thèmes abordés, ce travail monographique constitue un cas d´école. Il permet de restituer de manière dynamique la complexité des rapports entre identité, société et foncier dans le Pacifique. Il confronte ses résultats de recherche avec ceux des travaux anglophones dans le Pacifique (en Papouasie-Nouvelle-Guinée, aux Salomon, en Nouvelle-Zélande, à Fidji, Tonga, Samoa).

  • Polynésie, Mélanésie... mais aussi Australie, Micronésie : on ignore souvent que le découpage actuel de l´Océanie résulte d´une théorie raciste des «couleurs de peau», élaborée en France au début du XIXe siècle et préparée par des siècles d´interrogations européennes sur la présence des «Nègres du Pacifique». C´est aussi l´histoire d´un regard européen-masculin qui admira bien plus les femmes polynésiennes que les femmes des «îles noires» (Mélanésie).

    En rassemblant les divers traités français (ainsi que le traité anglais de J.R. Forster de 1778) qui ont prétendu donner une classification des peuples du Pacifique, en retraçant l´origine des appellations savantes, ce livre propose une histoire générale - et une déconstruction - des visions européennes, raciales et sexistes, sur la nature physique et morale de ces peuples, entre les XVIe et XXe siècles. Cet examen permet aussi de s´interroger sur l´histoire générale du racisme européen, en suivant le bouleversement qui s´est produit à la charnière des XVIIIe et XIXe siècles, quand le naturalisme a laissé la place à la «zoologie» et l´humanisme au racisme moderne.

  • Cet ouvrage tente de combler un certain vide existant dans les études anthropologiques et historiques relatives au passé récent de la Polynésie française, et plus précisément, à la mémoire de ce passé.

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