CNRS Editions

  • L'histoire des religions est une discipline au croisement de plusieurs champs, distincte de la théologie et de l'histoire religieuse. Elle appartient en propre à l'univers de la pensée occidentale. Et à ce titre, elle est profondément influencée par le christianisme.

    Ce sont justement les origines et l'histoire chrétiennes de la notion de religion que démontre dans un premier temps cet ouvrage. Les impasses et les contradictions majeures auxquelles sont confrontées les approches traditionnelles de l'histoire des religions sont alors mises au jour.

    Daniel Dubuisson poursuit son parcours critique en introduisant dans un second temps le récent courant anglo-saxon largement méconnu en France des critical studies of religion. Citons parmi les auteurs étudiés : T. Asad, T. Fitzgerald, R. King, D. Chidester,

    D. Wiebe, R. T. McCutcheon. Leurs concepts et leurs méthodes, ici présentés, contribuent à déconstruire les arguments pseudoscientifiques circulaires expliquant la religion par la religion (M. Eliade, R. Otto).

    L'homo religiosus est ici démythifié, lui qui se définissait par son instinct religieux inné et son appartenance à la culture occidentale. Parallèlement, la fonction normative du christianisme à l'égard des autres formes de croyance est dénoncée. La question du pouvoir est ici centrale, l'arme religieuse participant à la " violence épistémique " propre au colonialisme.

    Daniel Dubuisson ouvre avec cet essai de stimulantes nouvelles perspectives.

  • L'oeuvre de Diderot se présente comme un tout paradoxalement inachevé, ouvert et changeant. C'est à cet univers d'une pensée gambadant de préoccupations métaphysiques au commentaire de l'actualité politique, entre romans, dialogues, articles, réfutations, correspondances, que nous introduit Colas Duflo. Le Diderot en mouvement, philosophe autant qu'écrivain, penseur par fictions autant que par concepts, promoteur de la diffusion publique des vérités et expert en jeux avec la censure, revit ici en pleine lumière. Rétive à tout système, sa pensée offre une cohérence subtile. Matérialisme, moi multiple, critique de l'illusion de la liberté : tels sont quelques-uns des points forts qui traversent toute l'oeuvre. Comme le lecteur actif auquel s'adresse Diderot, Colas Duflo relie tous les éléments éclatés, de la philosophie à l'anthropologie, de la philosophie politique à la méditation sur la civilisation, et révèle une oeuvre d'une rare et saisissante présence, d'une exubérante liberté.

  • Ali, gendre et cousin du prophète Muhammad, est au centre de trois événements historiques majeurs indissociables des débuts de l'islam : le problème de la succession de Muhammad, les conflits et guerres civiles entre Musulmans, et enfin l'élaboration du Coran et du Hadith. C'est à lui que Mohammad Ali Amir-Moezzi consacre une étude, au fait des recherches les plus récentes, et ouverte à ses multiples aspects mystiques.

    À partir d'une analyse historique et philologique des sources anciennes ou récentes, cet ouvrage montre que le shi'isme est la religion du Maître comme le christianisme est celle du Christ, et Ali le premier Maître ainsi que l'Imam par excellence des Shi'ites. Le shi'isme peut donc être défini, dans ses aspects religieux les plus spécifiques, comme la foi absolue en Ali. Homme divin, lieu de la manifestation la plus parfaite des attributs de Dieu, en même temps refuge, modèle et horizon spirituels.

    Par-delà les prises de position et les polémiques séculaires, Mohammad Ali Amir-Moezzi nous restitue les multiples facettes de ce personnage de l'islam des origines, le seul des Compagnons du Prophète demeuré jusqu'à nos jours l'objet d'une fervente dévotion pour des centaines de millions de fidèles en terre d'islam, notamment en Orient.

  • Quand un grand spécialiste de l'islam dénonce les dérives du monde arabo-musulman actuel.
    « Si le bel islam prêche le droit à l'indifférence et à la non-agression mutuelle, il faut croire que l'Homme, lui, est versatile, colérique et impétueux », constate Malek Chebel. A travers cinq études percutantes, il nous montre à quel point la faute et la transgression sont omniprésentes dans le monde musulman contemporain. Cet Inconscient de l'islam remonte aux racines de la religion et se nourrit de l'histoire des califes, pour mettre en évidence et éclairer la folie actuelle d'une partie de la communauté.
    Guerre sainte détournée, exacerbation de la figure du kamikaze, violence symbolique de la relation mère-fils, censure des livres, immolation au nom d'une purification sacrée : cette immersion dans le monde complexe des interdits et de leur transgression interroge les liens entre religion, politique et liberté dans la doctrine musulmane.
    Plaidoyer autorisé pour la mise à nu d'un inconscient longtemps nié et redouté, cet essai audacieux révèle les contradictions d'un islam aux prises avec le monde contemporain.

  • Foisonnante, inventive, en prise constante avec la vie de la Cité, la religion romaine diffère radicalement de nos religions modernes. Elle n'exigeait en effet aucune croyance conforme à une doctrine, ne connaissait ni pratique méditative, ni lectures de textes sacrés, ni prières contemplatives et intériorisées. Les " fidèles " des dieux romains n'étaient pas des croyants pris dans leur vie religieuse personnelle, mais des citoyens conçus dans leur être collectif et leurs aspirations communautaires.

    Dans la Rome antique, tout acte collectif possédait un aspect " sacré ", et tout acte religieux un aspect civique. C'est cet univers rituel singulier que revisite ici le grand spécialiste de l'Antiquité John Scheid, prenant appui sur les avancées les plus récentes de l'archéologie. Temples des dieux, bâtiments communautaires, règles de consécration, calendriers liturgiques, actes divinatoires, pouvoir des auspices, rites de purification, rôles sacerdotaux tenus par les consuls, gouverneurs, centurions, présidents de collèges d'artisans, pères de famille...

    John Scheid souligne l'extraordinaire vitalité des rites romains, met en exergue leur puissance d'incantation et leur ambition de réunir à chaque instant les hommes et les dieux. Il décrypte aussi le rôle social des sacrifices et offrandes d'animaux, de végétaux cuisinés, de vin, d'encens...

  • Les guerres de religion qui ont ensanglanté le royaume de France, nous lèguent de la religion une image de violence et de fanatisme, faisant écho à notre situation contemporaine.

    Les guerres de religion qui ont ensanglanté le royaume de France, nous lèguent de la religion une image de violence et de fanatisme, faisant écho à notre situation contemporaine. Pourtant dès 1598, grâce à son édit de Nantes, la France a expérimenté un mode de coexistence original entre ses confessions religieuses. C'est la révocation de l'édit de Nantes en 1685 qui a mis fin à ce face-à-face, gommant pour longtemps des esprits la singulière réussite de ces temps d'exception.

    Vingt millions de catholiques et un million de protestants, à la suite de Luther, de Calvin ou du concile de Trente, partageant une culture largement commune, ont évolué ensemble sur notre territoire et fait l'expérience d'une cohabitation inédite. Leur confrontation s'est accompagnée de multiples emprunts et échanges qu'explore ce livre au travers de quelques grandes figures engagées, de Théodore de Bèze à François de Sales, de Catherine Lévesque à Marie de l'Incarnation.

    Un moment charnière de près d'un siècle généreusement mis en valeur par Bernard Cottret, mais aussi un temps exemplaire de confrontation pacifique entre tenants de religions différentes, précédant les Lumières.

  • La notion de " formes de vie " a émergé il y a une dizaine d'années et circule dans des domaines variés, de la biologie à la philosophie en passant par la sociologie, la science politique et l'anthropologie.

    La notion de " formes de vie " a émergé il y a une dizaine d'années et circule dans des domaines variés, de la biologie à la philosophie en passant par la sociologie, la science politique et l'anthropologie.

    Mais qu'entendre par " formes de vie " ? Un ensemble de pratiques, d'usages de nature variée, qui donnent à la vie commune des caractères propres, pour ainsi dire diffus, explicitement ou implicitement présents dans les croyances, la langue, les institutions, les modes d'action, les valeurs. Une forme de vie est toujours, en ce sens, particulière, c'est pourquoi il existe des formes de vie, plus qu'une forme de vie.

    De l'étude de ses divers sens chez des auteurs aussi différents qu'Adorno et Wittgenstein à sa portée critique et politique et à ses incidences éthiques, cet ouvrage déploie toutes les dimensions de cette nouvelle approche. En particulier, la porosité entre les sphères privée, sociale, économique et politique, et la nouvelle articulation du social et du biologique.

  • Dieu est, selon un article de foi universellement reconnu en islam, le souverain de l'univers, parce qu'il est son créateur et il gouverne le monde terrestre par l'intermédiaire de ses prophètes dont le meilleur est Muhammad (Mahomet). C'est dans la théologie de Mullâ Sadrâ (m. 1640), le plus grand représentant du vaste courant philosophique et mystique contemporain de la dynastie des rois safavides, que Christian Jambet explore la souveraineté de Dieu. Il confronte cette théologie aux penseurs musulmans antérieurs, aux sources grecques et à leurs interprétations. Il examine les transformations par lesquelles une théologie intégrale de la souveraineté divine a conduit de nos jours à l'autorité du théologien juriste. L'autorité des prophètes et des imâms, fondée sur une compréhension spirituelle du Coran et des traditions islamiques, s'exerce au nom de Dieu selon une stricte hiérarchie : un niveau supérieur, celui de l'épanouissement de la vie spirituelle et un niveau inférieur, celui de l'activité judiciaire. À l'opposé de tout modèle de domination extérieure, la religion devient un exercice spirituel d'appropriation des sens cachés du Coran et un modèle de liberté intérieure. En un temps où les théologies islamiques les plus sommaires sèment la terreur, il est bon de connaître que les plus grands penseurs de l'islam, dont Mullâ Sadrâ, ont pensé les fondements de la foi islamique, les transformant en une quête impérieuse de la vie bienheureuse.

  • Cette " science de la vie mentale ", ce livre la restitue dans ses transformations, ses débats, ses redéfinitions en reconstruisant le point de vue de James et des acteurs de l'époque à rebours de l'histoire jugée.

    William James (1842-1910) appartient à la génération de penseurs qui ont contribué à donner à la pensée nord-américaine sa tonalité propre. Philosophe canonique, il est aussi considéré comme l'un des fondateurs de la psychologie. Les Principes de psychologie, publiés en 1890, marquent une date dans l'histoire d'une discipline, alors en voie de constitution, qui mobilisait les résultats de la physiologie nerveuse et cérébrale et tentait de rompre avec la philosophie.

    Cette " science de la vie mentale ", ce livre la restitue dans ses transformations, ses débats, ses redéfinitions en reconstruisant le point de vue de James et des acteurs de l'époque à rebours de l'histoire jugée.

    En s'appuyant sur les archives, la correspondance, les notes de lecture inédites de William James conservées à l'université Harvard et données en partie dans l'ample dossier critique, Thibaud Trochu nous introduit dans l'atelier de travail de James. Il réactive aussi ses tensions, ses interrogations sur les zones frontières de l'expérience humaine comme le somnambulisme, la télépathie, les états hypnotiques provoqués. Il restitue des cas de controverses précis, comme ceux de Georges Albert Smith ou de Miss Piper dont discutait James avec ses interlocuteurs européens et états-uniens.

    Aux origines composites de la psychologie, une dizaine d'années avant la Science des rêves de Freud.

  • Temps de la nature et nature du temps

    Dans l'histoire de la philosophie, la question du temps a été abordée selon deux tendances opposées : le temps de la nature avec Aristote et le temps de la conscience avec Augustin. Ces deux formes irréductibles l'une à l'autre ont vu leur relation se complexifier, notamment avec la théorie de la relativité au début du XXe siècle, puis la mécanique quantique, qui ont bousculé notre perception et compréhension du temps.

    Cet ouvrage, écrit par des scientifiques et des philosophes, se concentre plus particulièrement sur le concept de " temps naturel ", examiné à la lumière de ses utilisations en sciences, qui semblent remettre en cause son unité. Physique, biologie, sciences cognitives, paléontologie, philosophie sont ici convoquées, chacune de ces disciplines disposant d'instruments spécifiques de mesure et de définition d'échelles de temps.

    Que nous apprennent-elles sur la " nature du temps ", sur ses propriétés comme la continuité ou l'irréversibilité ? Quel statut doit-on donner aux différences entre les échelles utilisées pour observer les phénomènes ? Telles sont quelques-unes des questions abordées dans ce livre, nouvelle incursion dans les mystères du temps.

  • Depuis une vingtaine d'années, le monde arabe connaît une vague de conversions au protestantisme, en particulier sous l'influence des évangéliques américains.

    Depuis une vingtaine d'années, le monde arabe connaît une vague de conversions au protestantisme, en particulier sous l'influence des évangéliques américains. Des dizaines de milliers de musulmans et de chrétiens orientaux, du Maghreb au Machrek, se convertissent.

    Bien que tabou, le phénomène est tangible : une Église protestante algérienne subsiste depuis vingt ans sans incident notable. Fait exceptionnel, l'État algérien a même reconnu officiellement, en 2011, l'existence de cette communauté chrétienne composée d'autochtones convertis. Si les situations diffèrent selon les pays, les appartenances de genre, le statut social et les ressources culturelles, le mouvement prend une importance croissante qui témoigne des mutations profondes de la région.

    Dans cette étude unique, sur la longue durée, Fatiha Kaouès nous propose une histoire et un état des lieux sociologique du phénomène. S'intéressant aux cas particuliers de l'Algérie, du Liban et de l'Égypte, elle revient d'abord sur cette " aventure " que constitue, depuis le

    XIXe siècle jusqu'à nos jours, l'installation des missions évangéliques. Elle décrypte ensuite les moyens contemporains de l'" offensive évangélique ", en les illustrant par des parcours particuliers, puis tente de saisir les raisons principales des conversions, mais aussi les enjeux politiques importants qu'elles revêtent, ainsi que leur impact, en retour, aux États-Unis.

  • ong ou court, opaque ou diaphane, masculin ou féminin, porté serré ou flottant au vent, le voile est un objet vestimentaire malléable et familier dont, en terres chrétiennes, toutes les femmes (et occasionnellement quelques hommes) durent longtemps se parer.

    Long ou court, opaque ou diaphane, masculin ou féminin, porté serré ou flottant au vent, le voile est un objet vestimentaire malléable et familier dont, en terres chrétiennes, toutes les femmes (et occasionnellement quelques hommes) durent longtemps se parer. Pour obéir aux injonctions des Pères de l'Église et dire leur soumission à l'ordre patriarcal, mais aussi pour séduire, se distinguer, devenir adulte, se marier, entrer en religion, pleurer les morts, jouer les élégantes, travailler...

    Parce que les voiles occultent et suggèrent la présence de la chair et du cheveu, ils suscitent aussi fantasmes et peurs. Parce qu'ils mettent en cadre nos visages, ils attisent les talents des plus grands artistes et la suspicion des moralistes. Parce qu'ils sont un patrimoine français, enfoui et à peine disparu, ils méritent d'être proprement envisagés.

  • Sous l'impulsion de travaux novateurs, la recherche sur le Coran connaît depuis deux décennies un profond bouleversement.L'élargissement notable des sources (manuscrites, épigraphiques ou archéologiques), l'apport de méthodes d'analyse renouvelées, particulièrement de la réflexion herméneutique, dégagent des problématiques fécondes et ouvrent des perspectives originales.Les chercheurs français et étrangers réunis dans cet ouvrage réinterrogent l'histoire du Coran en s'appuyant sur des sources inédites : manuscrits omeyyades, sources chiites, ou graffitis du désert.Ils examinent les conditions de son émergence dans un contexte qui est celui de l'Antiquité tardive. En questionnant les relations entre le Coran et les traditions scripturaires antérieures, ils parviennent à éclairer le travail de réécriture et de réappropriation de textes bibliques et talmudiques. Les outils de la linguistique leur permettent enfin d'analyser les formes littéraires et la langue du Coran. La relation complexe entre oralité et écriture apparaît ici en pleine lumière, de même que les spécificités de ce texte en matière d'argumentation, de polémique ou de composition

  • S'interroger sur la place du désir et de la beauté en islam est loin d'être anecdotique tant ces notions y sont taboues et centrales à la fois. Taboues en ce qu'un certain nombre de théologiens fondamentalistes y voient une forme de dévoilement diabolique. Centrales en ce qu'elles sont essentiellement humaines, voire même profondément spirituelles. Par essence, l'islam embrasse de nombreux aspects de la vie et codifie le lien au corps. Et alors que dans une vision dogmatique de l'islam, le désir est une réalité refoulée et donc proscrite, pour Malek Chebel il en est, au contraire, une part essentielle, anticipation du Paradis, et condition du bonheur ici-bas. À travers l'étude de la calligraphie, du tatouage, de l'amour des pierres précieuses, de l'art des jardins, l'auteur nous révèle l'importance du beau en islam, reflet d'une existence de plaisir tout autant que d'une attitude spirituelle. Il est urgent, pour lui, d'initier une nouvelle théologie en terre d'islam, celle de la Raison face à l'idéologie assassine, celle de la Lumière face à l'obscurantisme, celle de la paix face à la monstruosité du crime, celle du désir face à l'interdit. Un véritable traité du bonheur en terre d'islam.

  • Zygmunt Bauman est une figure majeure de la sociologie européenne. Son oeuvre est dominée par l'inquiétude provoquée par la succession des crises politiques, économiques, morales qui affectent nos sociétés contemporaines. Du Coût humain de la mondialisation à L'éthique a-t-elle une chance dans un monde de consommateurs ?, ses travaux portent un diagnostic corrosif sur notre époque sans se laisser enfermer dans des cadres théoriques trop univoques.
    Diversifiant les angles d'interprétation, engagé dans un constant dialogue avec une multitude d'auteurs, de Camus à Levinas, de Gramsci à Arendt, Bauman parvient à embrasser la complexité des phénomènes sociaux en couvrant des champs de réflexion a priori hétérogènes ? de l'interrogation sur le statut de l'Holocauste dans l'histoire de la modernité industrielle à l'avènement du consumérisme dans nos sociétés devenues « liquides ». C'est cette exigence critique singulière que nous rend présent Pierre-Antoine Chardel dans cet essai, le premier en français consacré à ce penseur hors norme.

  • Depuis l'an 2000, l'Apocalypse constitue une thématique plus que jamais dans l'air du temps. Catastrophisme ? Angoisse civilisationnelle ? Chimère ? Espérance ? Comment comprendre cette étonnante propension humaine à penser et à préparer la fin du monde ? À travers le renouvellement périodique des figurations d'une fin dernière du monde, cet ouvrage met aussi en lumière un paradoxe : l'eschatologie est créatrice, non d'une fin - toujours ajournée -, mais de renouveaux aux horizons multiples, souvent susceptibles de muer en moteur d'actions dans le présent. Dans cette approche interdisciplinaire aux thématiques variées, une place spéciale est réservée à des religions - zoroastrisme et samaritanisme - jusque-là insuffisamment considérées par les sciences humaines et généralement tenues à l'écart des travaux comparatifs sur l'eschatologie.

  • Sujet brûlant entre tous, l'enseignement des religions à l'école suscite d'intenses polémiques qui, trop souvent, viennent semer la confusion jusque dans les rangs du personnel éducatif. Aussi est-ce d'abord aux enseignants que l'équipe réunie par Jean-Pierre Chantin et Philippe Martin entend proposer des clés pour comprendre et faire comprendre le fait religieux.

    Sujet brûlant entre tous, l'enseignement des religions à l'école suscite d'intenses polémiques qui, trop souvent, viennent semer la confusion jusque dans les rangs du personnel éducatif. Aussi est-ce d'abord aux enseignants que l'équipe réunie par Jean-Pierre Chantin et Philippe Martin entend proposer des clés pour comprendre et faire comprendre le fait religieux. À cette fin, les auteurs ont pris pour point de départ la vingtaine de sujets qui, dans les programmes scolaires de la 6e à la Terminale, abordent directement cette question. Historiens, théologiens, anthropologues et politistes offrent ainsi un panorama complet qui correspond aux grandes interrogations de nos sociétés. Définition de la religion, naissance et diffusion des trois grands monothéismes, origines des textes sacrés, temps des croisades, Réforme protestante, laïcité à la française... Autant de mises en contexte qui éclairent utilement notre connaissance du fait religieux sur le temps long. Dans un souci constant de pédagogie, cette étude peut aussi se lire comme un plaidoyer pour une société plus apaisée.

  • L'article, le graphique, la fiche, le poster, le cahier de laboratoire sont quelques-uns des nombreux outils du travail scientifique étudiésdans cet ouvrage qui offre une histoire matérielle de la culture savante entre le XVIe et le XXIe siècle. Il rend manifeste, de la médecine à l'archéologie, de la géographie à la chirurgie, ce que l'on ne voit pas ou plus dans les résultats : la masse imposante de l'outillage à disposition, sa grande diversité, son accroissement constant. S'y ajoutent les ressources des savants eux-mêmes, celles de leurs sens éduqués ou amplifiés par de multiples instruments. Les configurations fascinantes que ces outils et leur emploi créent entre écrit, image, parole, regard et geste révèlent le caractère composite, multimédia et multisensoriel, de l'ordre raisonné du savoir.
    Explorer la science dans sa matérialité éclaire d'un jour nouveau des pans entiers de l'histoire intellectuelle. Les outils de travail ne sont pas de simples à-côtés des idées. Ils participent étroitement à la connaissance, entre objectivité scientifique et éléments empruntés à l'expérience des sens.
    Un essai d'anthropologie des savoirs qui porte un regard original sur l'ordinaire de la science.

  • Edmund Husserl (1859-1938) a fondé une discipline nouvelle, la phénoménologie, où il développe une analyse descriptive des actes de la conscience intentionnelle (perception, imagination, souvenir, conscience d'autrui, etc.).
    Avec le premier livre des Idées directrices pour une phénoménologie pure et une philosophie phénoménologique (1913), Husserl définit la phénoménologie transcendantale comme " science des phénomènes ". Il expose la méthodologie de la pratique phénoménologique et conçoit un ambitieux programme de recherche : la description des actes de conscience doit permettre de révéler les structures essentielles de la subjectivité transcendantale. Ce faisant, Husserl ne crée pas seulement une nouvelle discipline philosophique. Il ouvre aussi la voie à une ambitieuse " refondation " des sciences empiriques et réaffirme la nécessité d'un certain rationalisme, tout à la fois théorique et éthique.
    Cet ouvrage explicite et interroge ce projet d'une " science des phénomènes ", en examinant un à un chacun des paragraphes des Idées directrices. Commentaire de cette oeuvre majeure, il constitue aussi une introduction à l'oeuvre d'Edmund Husserl et à la phénoménologie elle-même.

  • Mahomet caricaturé, tombes profanées, Marseillaise sifflée. De quoi la transgression est-elle le nom ?
    Comment définir cette notion qui envahit l'actualité, mobilise la réflexion des philosophes, des sociologues, des juristes, bouscule nos systèmes de représentations et interroge en profondeur les conditions du vivre-ensemble ? Voici le premier ouvrage de fond sur un sujet trop souvent réduit aux lieux communs, la somme de référence sur un concept d'une extraordinaire richesse pour les sciences humaines.
    La transgression s'apparente-elle à la désobéissance ? Que nous dit-elle sur la faute, le désir, le péché, l'ordre et la règle ? Sur la notion d'interdit et sur celle de déviance ? Sur la puissance des tabous et la force du refoulé ? Des pamphlets de l'Ancien Régime aux transgressions de l'art contemporain, de la sexualité à la profanation, de Sade à Freud en passant par Bataille et Caillois, cette réflexion plurielle sur un sujet majeur invite à repenser les limites du tolérable et la force des interdits.

  • Quel rapport Hegel entretient-il avec la métaphysique ? Cette question engage un jugement quant à la nature des convictions fondamentales sur lesquelles repose sa philosophie : alors qu'elle a longtemps été louée (ou vilipendée) en tant que métaphysique spéculative, des approches récentes s'estiment en mesure de contourner ce problème. Les arguments hégéliens semblent alors pouvoir être reconstruits et évalués indépendamment des convictions métaphysiques professées par leur auteur ; la « conscience de soi métaphysique » de Hegel ferait en quelque sorte écran au potentiel rationnel et normatif de cette pensée. D'autres lectures actuelles résistent à une telle façon de voir : dissocier les analyses hégéliennes de leur arrière-plan métaphysique serait les priver de ce qu'elles ont de plus tranchant, les ramener au niveau de ce que Hegel nommait la pensée d'entendement. À vouloir actualiser sa philosophie, ne la condamne-t-on pas à l'insignifiance ?
    Ce débat, au coeur du commentaire hégélien actuel, s'est développé au mois de juin 2009 à l'Université de Poitiers et à la Sorbonne, lors d'un colloque international qui a réuni au total plus de vingt contributeurs comptant parmi les commentateurs les plus réputés de Hegel. Ce volume contient les textes qui y ont été présentés. Il constitue une pièce majeure de la discussion contemporaine autour de cette philosophie et montre combien Hegel est plus que jamais présent.

  • C'est un lieu commun que les relais médiatiques et les commentateurs pressés manient encore avec gourmandise : la guerre dite d'Algérie aurait été une « guerre sans nom ». Dès l'origine, ce conflit a mobilisé des termes très divers visant à masquer la guerre derrière une prétendue « affaire intérieure » : dire ou écrire « événements », « pacification », « maintien de l'ordre », « opérations de police », ce n'est pas la même chose que de dire ou écrire « révolution », « guerre d'indépendance », « guerre de libération ». Pour chacune de ces options verbales, quels locuteurs, quand, où, pourquoi ? Quelle valeur d'usage ? Les textes rassemblés ici émanent d'universitaires, d'intellectuels, d'artistes : Étienne Balibar, Mathieu Belezi, Slimane Benaïssa, Messaoud Benyoucef, Catherine Brun, Jean Daniel, Daho Djerbal, Fatima Gallaire, Jeanyves Guérin, Jacques Guilhaumou, Pierre Guyotat, Julien Hage, Daniel Lançon, Francine Mazière, Gilbert Meynier, Edgar Morin, Bernard Noël, Nathalie Quintane, Régine Robin, Todd Shepard, Pierre Vermeren. Ils s'attachent à penser la charge souvent brutale, toujours vive, de termes dévoyés, de silences subis, d'abus de langage. Ils manifestent la diversité et la concurrence de désignations irréductibles et irréconciliables. Ils dénoncent les unanimismes de façade. Ils récusent les réductions et les simplifications consensuelles. Ils lient cette histoire et notre présent.

  • Confucianisme, bouddhisme, taoïsme, islam, évangélisme, catholicisme, Falun Gong... Les religions investissent une Chine que l'on aurait pu croire sécularisée par des décennies de communisme. Cette vie religieuse foisonnante, loin d'être reléguée au folklore, aux marges ou aux lieux communs des anciens sages, est restée un fait social total.
    Suivant cette thèse, Vincent Goossaert et David A. Palmer présentent une étude des transformations de ces religions prises dans l'histoire du siècle. En convoquant une analyse de l'idéologie d'État, des pratiques des temples et des églises, des relations internationales et des valeurs morales, ils nous invitent à comprendre les sources et les termes de la tension politique que constitue aujourd'hui la question religieuse en Chine.
    Une perspective nouvelle sur la façon de penser l'articulation de la pratique religieuse avec la modernité de cette superpuissance et les problèmes qu'elle lui impose.
    La première étude exhaustive sur le fait religieux dans la Chine moderne et contemporaine.

  • Nous avons découvert un " autre " que nous n'imaginions pas : le jihadiste. Nous sommes stupéfiés de voir surgir des " barbares " d'un nouveau type, vivant et pensant dans un tout autre monde culturel que le nôtre, et fermement décidés à le soumettre ou à le détruire. Mais comment expliquer la séduction que ces fanatiques exercent ? Pourquoi font-ils des prosélytes ? Nous avons découvert un " autre " que nous n'imaginions pas : le jihadiste. Nous sommes stupéfiés de voir surgir des " barbares " d'un nouveau type, vivant et pensant dans un tout autre monde culturel que le nôtre, et fermement décidés à le soumettre ou à le détruire. Mais comment expliquer la séduction que ces fanatiques exercent ? Pourquoi font-ils des prosélytes ? Notre culture laïcisée nous fait sous-estimer la force des croyances religieuses qui animent les jihadistes. L'islamisme radical représente la dernière des idéologies légitimant l'usage de la violence absolue contre les ennemis que ses adeptes désignent : mécréants ou infidèles. L'utopisme révolutionnaire s'est réfugié dans l'islamisme jihadiste, qui nous a déclaré la guerre. " Nous ", c'est-à-dire non seulement les Occidentaux vivant dans des sociétés démocratiques, mais tous les humains décidés à défendre leurs libertés. Pierre-André Taguieff appelle à reconnaître ce fondamentalisme islamique guerrier comme le nouvel ennemi. Il retrace l'histoire de la doctrine du jihad jusqu'à ses réinterprétations, au XXe siècle, par les principaux théoriciens de l'islamisme. Il analyse enfin les usages du terme " islamophobie ", instrumentalisé par certains pour mobiliser les musulmans et les pousser à l'auto-ségrégation, voire à l'engagement jihadiste. L'islamisme jihadiste incarne une paradoxale révolution réactionnaire porteuse d'un projet impérialiste. Contre cet ennemi imprévu, le combat intellectuel et plus largement culturel est l'affaire de tous, musulmans anti-jihadistes compris. L'analyse exigeante et lucide d'un grand intellectuel sur ce mélange inédit d'obscurantisme, de fanatisme et de propagande guerrière qui nous menace.

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