CNRS Editions

  • "Il est temps d'en finir avec le mythe de cicatrices coloniales responsables de tous les maux, des conflits et du mal développement... Les frontières d'Afrique sont devenues des frontières africaines."

  • De Paris à Téhéran, d'Alger à Santiago ou de Bagdad à Port-au-Prince : tout au long de l'année 2019, ces villes ont été le théâtre de manifestations populaires qui ont toutes replacé le social au centre du jeu international, laissant la politique dans l'impuissance. En 2020, la circulation d'un virus mortifère, transmis par des millions d'interactions sociales, défiait tous les gouvernements de la planète. Alors que le social semblait naguère régi par le politique, les deux instances semblent avoir aujourd'hui échangé leurs attributs. Les relations internationales sont devenues inter-sociales.

    L'arène internationale ne se limite plus à une simple juxtaposition d'États mais est sous l'emprise d'un tissu social qui conditionne de plus en plus l'action des dirigeants. C'est l'analyse de cette conquête sociale de l'international qui est au centre de ce livre. Car les conflits actuels ne sont plus dominés par le choc des armées, mais alimentés par des phénomènes de souffrance sociale comme la pauvreté, l'insécurité alimentaire, les rivalités communautaires. Et derrière ces mouvements populaires, les entrepreneurs d'opinion, médias, réseaux sociaux, lanceurs d'alertes, acteurs privés en tous genres remodèlent les relations internationales à leur gré...

    Les relations inter-sociales conduisent à une nouvelle lecture du monde et de ses enjeux, elles inspirent l'urgence de nouvelles politiques étrangères et de nouvelles diplomaties.

  • Depuis l'élection de Trump, le monde a changé. L'arrivée à la tête des États-Unis de ce magnat de l'immobilier a bouleversé les équilibres mondiaux et entériné le recul des relations internationales, à tel point qu'il pourrait être irréversible. L'abandon du leadership qu'avaient exercé tous ses prédécesseurs sans aucune exception a créé les conditions propices à des situations extraordinairement préoccupantes et menaçantes pour l'ordre mondial : fin du multilatéralisme, durcissement des frontières, compétition commerciale exacerbée, réarmement généralisé, fragilisation des grands traités mondiaux, ébranlement de la démocratie et de ses institutions, etc.

    L'ensemble de l'architecture du système international repose sur la mise en œuvre d'une diplomatie américaine engagée et soutenue. Un monde qui en serait exempt deviendrait instable. La présidence Trump, dit-on souvent, est atypique. Sur de nombreux plans, à l'évidence, elle constitue un tournant dans l'histoire. Mais qu'en est-il des effets de cette politique à l'échelle internationale ?

    Charles-Philippe David est professeur titulaire de science politique à l'université du Québec à Montréal (UQAM) et président de l'Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand. Il a écrit, avec Olivier Schmitt, La guerre et la paix. Approches et enjeux de la sécurité et de la stratégie (4e éd., 2020) et dirigé l'ouvrage La politique étrangère des États-Unis : Fondements, acteurs, formulation (3e éd., 2015).

  • La Mongolie contemporaine ; chronique politique, économique et stratégique d'un pays nomade Nouv.

    La Mongolie est principalement connue en Europe pour les conquêtes du plus illustre de ses empereurs, Gengis khan, ou pour la survivance d'un nomadisme pastoral. Ces deux éléments expliquent l'attrait d'un nombre grandissant de touristes en quête d'exotisme et d'authenticité, et suscitent une production littéraire variée, notamment de nombreux récits de voyage. Ce pays, qui a connu des bouleversements importants au cours des dernières décennies, reste pourtant méconnu en France, et ailleurs dans le monde. Une étude consacrée aux évolutions politiques, économiques et stratégiques s'imposait.

    La Mongolie se distingue par quatre caractéristiques majeures : la centralité du secteur minier, l'héritage du socialisme, l'enclavement géographique, et le nomadisme pastoral. Ces éléments ont été au cœur des mutations de ce pays après sa révolution démocratique de l'hiver 1989-1990. Après avoir été le second pays au monde à adopter un mode de développement socialiste, la Mongolie a embrassé la démocratie et le capitalisme lors d'un processus de transition non-violent, exposant le pays à des défis économiques, sociaux et identitaires importants.

    À quoi ressemble donc la Mongolie d'aujourd'hui ? Quelle est l'articulation entre les dynamiques économiques et politiques de ce pays asiatique richement doté en matières premières ? Quels sont les grands enjeux géopolitiques auxquels font face les autorités ? Quelle nouvelle stratégie de sécurité ont-elles élaborée face à leurs deux voisins géants, la Chine et la Russie ? Dressant le portrait de cette " nouvelle " Mongolie, Antoine Maire nous introduit à son parcours original et complexe, loin des clichés parfois véhiculés sur ce pays.

  • Aujourd'hui, les initiatives internationales de la Chine se multiplient et se diversifient : la Chine investit dans les infrastructures de transport ou de télécommunication à l'étranger, maintient ses revendications territoriales et maritimes, ouvre de nouvelles bases militaires, crée de nouvelles institutions multilatérales, renforce son réseau de médias en langues étrangères...

    Aujourd'hui, les initiatives internationales de la Chine se multiplient et se diversifient : la Chine investit dans les infrastructures de transport ou de télécommunication à l'étranger, maintient ses revendications territoriales et maritimes, ouvre de nouvelles bases militaires, crée de nouvelles institutions multilatérales, renforce son réseau de médias en langues étrangères...

    Xi Jinping a définitivement tourné la page de l'approche " profil bas " de la politique étrangère mise en place par Deng Xiaoping au lendemain de la révolution culturelle, dont l'objectif premier était de sortir le pays de la pauvreté. Si le développement économique demeure une priorité de la diplomatie chinoise – face aux écarts de développement persistant au sein du territoire national et au ralentissement de la croissance –, d'autres enjeux préoccupent également Pékin aujourd'hui : l'approvisionnement en énergie et matières premières, la protection des ressortissants chinois à l'étranger ou encore la lutte contre le terrorisme.

    Huit des meilleurs spécialistes francophones de la Chine se sont réunis pour analyser chacun de ces enjeux et la manière dont la Chine y répond actuellement. Les nouvelles initiatives internationales de la Chine constituent-elles uniquement une réponse à ces enjeux, ou sont-elles également motivées par d'autres objectifs ? Cet ouvrage pose en définitive une question essentielle : quelles sont les ambitions de la politique étrangère chinoise ? Sa lecture permet de mieux comprendre la façon dont la Chine perçoit le monde, et surtout, le rôle qu'elle souhaite y jouer.

  • Comment fait-on la guerre au XXIe siècle ? Principalement par drones, en éliminant l'ennemi avant qu'il ne nuise. Au Yémen, en Afghanistan, en Palestine ou au Pakistan, ces opérations dites d'" assassinats ciblés " surviennent à l'abri des regards. Pratiques d'abord largement décriées en Europe et outre-Atlantique, elles se sont banalisées à partir des années 2000 dans le contexte de la guerre contre le terrorisme. Elles questionnent pourtant la conception traditionnelle d'une violence légitime en démocratie. Quels sont les arguments mobilisés par les gouvernements, notamment en Israël et aux États-Unis, pour faire accepter ce
    droit de tuer ?

    Combinant enquête de terrain et recherches, Amélie Férey examine minutieusement les processus de légalisation et de légitimation dans les démocraties de cette guerre qui ne dit pas son nom. L'auteure discute les arguments avancés par ceux qui utilisent ces assassinats : sont-ils si différents des assassinats politiques ? Appartiennent-ils vraiment au registre de la guerre préventive ? Ont-ils un rôle dissuasif ? Respectent-ils le cadre légal international ?

    Amélie Férey livre ici une analyse décisive pour comprendre les enjeux de ces pratiques qui font désormais partie intégrante du paysage stratégique contemporain.

  • Nécessaire, le " savoir " appliqué à la crise et à la violence peut s'avérer dépourvu de toute capacité explicative et devenir parfaitement frustrant.

    Nécessaire, le " savoir " appliqué à la crise et à la violence peut s'avérer dépourvu de toute capacité explicative et devenir parfaitement frustrant. L'exigence scientifique comme l'urgence citoyenne imposent certes le savoir comme un devoir ; toute société est obligée de comprendre ce qu'elle produit, y compris l'irrationnel ou l'horreur. Mais comment nier qu'étudier l'horreur, c'est déjà reconnaître,
    a posteriori, notre impuissance ? L'analyse critique est-elle d'une grande utilité quand elle ne dispose pas de moyens d'action ?

    Ce livre s'intéresse à trois notions : la crise, la violence et la dé-civilisation. Elles constituent les trois angles morts de l'histoire du monde, tant la connaissance scientifique que l'on peut en avoir ne permet ni de les comprendre pleinement, ni de les combattre efficacement. Elles ont pourtant une dimension universelle et une histoire longue. Il importe de continuer à se pencher sur ces trois notions, car la crise ne conduit pas nécessairement au chaos, à la violence et à la destruction, et la dé-civilisation ne relève d'aucune fatalité. Une crise peut aussi présenter une chance inédite pour une société de développer une conscience critique sur son passé et se projeter dans un avenir radicalement différent de son présent.

    En étudiant ces questions politiques, historiques et éthiques, fondamentales, Hamit Bozarslan revient sur l'histoire du monde, et s'interroge sur son avenir.

  • Et si notre faculté à prendre des décisions relevait plus du hasard que d'un processus rationnel ? On a longtemps admis que, chez l'homme, la prise de décision résultait d'un processus cognitif et psychologique : l'esprit décide, le corps obéit. Or, le schéma est inverse : le mécanisme décisionnel est produit par la matière cérébrale. C'est un phénomène aléatoire qui résulte de processus de compétitions au sein d'un réseau dont l'architecture a peu évolué depuis les premiers vertébrés. L'extraordinaire développement du cortex, qui a rendu possible le développement de grandes capacités d'abstraction, n'a pas modifié la structure initiale du réseau de la décision : le processus conserve sa nature aléatoire, ce qui limite la capacité de l'homo sapiens à raisonner de façon rationnelle. Il en résulte que lorsqu'un individu pèse le pour et le contre, il ne fait ni plus ni moins que de s'en remettre au hasard de dés virtuels. Apprendre consiste dès lors à piper ces dés en sa faveur... Mais ce qui, selon des critères purement économiques, n'est qu'une rationalité limitée, est peut-être le prix à payer pour conserver la grande capacité d'adaptation, principale spécificité de l'espèce humaine. Un livre pour mieux comprendre comment fonctionne notre cerveau et comment s'opèrent nos choix.

  • L'Asie du Sud-Est, espace géopolitique majeur, est une région à dominante maritime : l'espace marin y dépasse en superficie celui des terres émergées et sa situation exceptionnelle entre deux océans, Pacifique et Indien, lui confère un rôle central dans la circulation maritime mondiale.

    L'Asie du Sud-Est, espace géopolitique majeur, est une région à dominante maritime : l'espace marin y dépasse en superficie celui des terres émergées et sa situation exceptionnelle entre deux océans, Pacifique et Indien, lui confère un rôle central dans la circulation maritime mondiale. Loin d'être homogène et uniforme, cette étendue maritime se structure en sous-ensembles régionaux et l'ambition de ce livre est de prendre en compte cette diversité : il ne se focalise ainsi pas uniquement sur la mer de Chine méridionale mais traite également de la mer de Sulu-Sulawesi, de Timor et d'Arafura, du Golfe du Tonkin, du détroit de Malacca ou encore du Triangle de Corail.

    Mers et détroits ont toujours joué un rôle central et unificateur dans l'intégration spatiale de cette région. Mais l'intervention des puissances coloniales, et surtout la volonté des États après leur indépendance de protéger leur territoire national ont contribué à l'émergence de différends frontaliers territoriaux et maritimes. Si la mer cristallise ces tensions, elle n'en demeure pas moins au coeur d'enjeux politiques, économiques, sociétaux et environnementaux et de nombreuses initiatives de coopération ont été entreprises : exploration et exploitation pétrolières et gazières, pêche, recherche marine, sécurité maritime, protection de l'environnement, opérations de sauvetage et lutte contre la criminalité...

    Les riches études réunies dans cet ouvrage mettent en évidence le caractère transnational des questions maritimes en Asie du Sud-Est, et croisent pour la première fois la dimension sécuritaire et le poids des coopérations régionales.

  • Si l'astronomie se pratique depuis la plus Haute Antiquité, l'astronome contemporain ne ressemble en rien à l'astronome de Babylone, ni à celui de la Chine médiévale, bien qu'ils partagent une même fascination pour le cosmos. Jadis mage ou prêtre, observant le ciel à l'œil nu, puis à la lunette, afin d'y lire les intentions des dieux ou d'établir les calendriers, l'astronome devient géographe et utilise les étoiles pour dessiner les cartes de navigation. Il prend ensuite goût aux voyages maritimes et se fait astronome aventurier : dans l'adversité des longues expéditions scientifiques affrétées par les États, il cherche à déterminer précisément la rotondité de la Terre ou observer des événements rares (éclipses, transits de planètes...). Enfin, laissant les pendules aux horlogers et les cartes aux géographes, l'astronomie se singularise et s'affirme en tant que science rationnelle. Parce qu'elle est une science d'observation, elle dépend de manière cruciale des technologies. Aussi, l'astronome perfectionne ses outils. De succès en succès, l'astronomie entre dans le cadre des recherches fondamentales et se fait astrophysique. Au XXe¿siècle, la discipline connaît une accélération telle que l'astronome des années 1960 a plus de points communs avec son homologue du XVIIIe¿siècle qu'avec celui d'aujourd'hui. Son œil a délaissé le télescope pour se river sur un écran d'ordinateur. Longtemps solitaire, il a dû apprendre à composer en équipe. S'il existe de très nombreuses histoires de l'astronomie, aucune d'entre elles ne s'intéresse à cette discipline en tant que pratique en proposant une vision incarnée du métier d'astronome. L'ouvrage de Laurent Vigroux vient utilement combler ce vide.

  • Il est un système d'équilibre des forces, une homéostasie de la Terre : Gaïa. Elle établit un ordre dans les éboulis du Grand Nord, dont les roches datent de l'Ordovicien. C'est une découverte majeure que Jean Malaurie va faire en jeune naturaliste lors de deux expéditions glaciologiques françaises sur l'inlandsis du Groenland (1948-1949), puis en solitaire (1950-1951) à Thulé, dans le nord-ouest du Groenland. Les éboulis ordoviciens de plus de 400 millions d'années ont une « personnalité géomorphologique ». Ainsi, pour appréhender l'évolution de la Terre, les changements de climats, il convient d'en étudier les différentes étapes : ce sera l'objet de sa thèse d'État en géographie physique. Aux côtés des Inuit, Jean Malaurie, jeune apprenti méditant, est à l'écoute de leur « pensée sauvage ». Il découvre la place centrale que tiennent la pierre et son « esprit intime » dans leurs réflexions mythiques, écho de ses propres recherches géocryologiques. Débute alors un long questionnement sur la dialectique de l'environnement et du chamanisme dont cet ouvrage présente la genèse. Ce premier tome d'une série de quatre volumes consacrés à ses travaux scientifiques rassemble les recherches fondamentales de Jean Malaurie en géomorphologie, géocryologie et cryopédologie. En géophilosophe - selon la formule de Gilles Deleuze -, l'auteur revient sur ses propres découvertes scientifiques. On découvre les prémisses d'une pensée bachelardienne, à la recherche des énergies vitales de la pierre, au fondement de la vie sur Terre. Formé par l'esprit de raison géographique, le chercheur s'attache aux forces obscures de l'inconscient, l'irrationnel, inspiré par le socle rocheux et son énergie.

  • La liberté d'action des sociétés se conforte lorsqu'elles se situent avec lucidité et confiance dans leur histoire et dans leur géographie.

    La liberté d'action des sociétés se conforte lorsqu'elles se situent avec lucidité et confiance dans leur histoire et dans leur géographie. Les femmes et les hommes qui sont la Métropole Européenne de Lille, qui vivent, circulent et travaillent dans les quatre-vingt dix communes qui la composent, s'inscrivent dans une histoire déjà longue, faite de progrès et de transitions, de rebonds et de projets.

    Elles et ils résident et agissent dans un lieu privilégié, actif carrefour de l'Europe du Nord-Ouest, qui démultiplie les atouts de l'appartenance à l'Union européenne, premier marché et plus vaste espace démocratique du monde. Elles et ils ont su, dans tous les domaines de la vie collective – économiques et technologiques, éducatifs et culturels, associatifs et sportifs – respirer l'air du grand large et assumer leur ancrage européen, comme en témoigna le succès durable et populaire de l'année 2004 où Lille se vécut pleinement " capitale européenne de la culture ". Ce fut le point de départ d'un nouvel élan qui confirma la place de la métropole sur la carte de l'Europe.

    Ce livre-atlas veut offrir au lecteur curieux une preuve par les cartes de la réalité, de l'ampleur et de la profondeur des présences et des ouvertures européennes et internationales des acteurs de la Métropole Européenne de Lille, ainsi que de celles et ceux attirés par ce qu'elle offre : attraction et diffusion sont les clés de l'influence. En 2020, le " design ", art de la création et de l'imagination, lui conférera plus de visibilité sur la carte du monde. C'est l'enjeu des cinquante prochaines années.

  • Sillonnée par nombre d'aventuriers, de Marco Polo à Nicolas Bouvier, l'Eurasie a toujours fasciné. Elle reste néanmoins difficile à cerner et à définir, tant géographes, historiens ou politologues se sont peu référés à cet espace. Vaste continent courant de l'Extrême-Orient à l'Europe, sur lequel se sont juxtaposés des empires, il est surtout connu pour ses Routes de la soie et sa Route des épices qui le reliaient d'une extrémité à l'autre.

    Sillonnée par nombre d'aventuriers, de Marco Polo à Nicolas Bouvier, l'Eurasie a toujours fasciné. Elle reste néanmoins difficile à cerner et à définir, tant géographes, historiens ou politologues se sont peu référés à cet espace. Vaste continent courant de l'Extrême-Orient à l'Europe, sur lequel se sont juxtaposés des empires, il est surtout connu pour ses Routes de la soie et sa Route des épices qui le reliaient d'une extrémité à l'autre. Mais celles-ci n'ont jamais unifié cet espace, et n'ont permis sur le continent que des échanges limités de biens, d'idées et de techniques. Puis la généralisation de l'État-nation au XXe siècle a accentué sa fragmentation et les zones de conflits se sont multipliées aux marges des anciens empires devenus grandes puissances.

    Il a fallu attendre l'idéologie eurasiste, puis, au XXIe siècle, le projet russe d'Union économique eurasiatique d'une part, et chinois des " nouvelles Routes de la soie " d'autre part, pour que se modifie notre façon de considérer ce continent. Car ces nouveaux corridors, continentaux ou maritimes, aménagés ou en projet, font l'Eurasie et sont susceptibles de donner à l'avenir plus de cohésion à cet espace qui couvre 1/3 de la superficie de notre planète et compte plus de 60 % de la population mondiale.

    Un ouvrage ambitieux et original qui s'attache à ce qui a été trop longtemps un impensé de l'histoire et de la géographie.

  • Cet ouvrage réunit les deux thèmes de prédilection de Maurice Clavelin. Le premier interroge l'un des tournants les plus importants de l'histoire des sciences : le « moment Galilée ». L'auteur montre que ce n'est pas une simple critique des idées traditionnelles ou une meilleure attention portée aux données de l'observation qui caractérise la science de ce génie. Rallié aux théories de Copernic, Galilée crée une vraie science mathématisée du mouvement, véritable révolution conceptuelle qui ouvre une ère nouvelle à la spéculation sur la Nature, et signe ainsi l'acte de naissance de la science moderne. Le second aborde sous un angle inédit le rapport entre science et philosophie. Il montre qu'au début du XXe siècle, et après une longue stagnation, la théorie empiriste de la connaissance reprend forme et rigueur sous l'influence combinée de la logique symbolique et de l'interprétation logiciste des mathématiques. Le rôle de Russell, suivi par Wittgenstein, le cercle de Vienne et Quine, est ici décisif. Un livre qui enrichit l'oeuvre d'un grand historien et philosophe des sciences.

  • En dépit des nombreux tournants stratégiques qui ont marqué les relations internationales depuis la fin de la guerre froide, les États-Unis demeurent la puissance de référence, sans laquelle l'ordre mondial ne saurait être envisagé. Après les guerres néoconservatrices des années 2000 (Afghanistan, Irak), les inflexions opérées par Barack Obama ont eu pour objectif aussi bien de sortir l'Amérique de plusieurs enlisements militaires que de restaurer son image dans le monde. Dans le même temps, la contrainte budgétaire, la montée en puissance de l'Asie, les défis chinois, russes ou issus d'autres puissances encore ont dû être pris en compte. L'une des questions essentielles qui se pose désormais pour l'avenir du système international est de savoir si les orientations politiques des années Obama survivront à leur initiateur. L'Amérique a-t-elle définitivement changé, à la fois dans la sociologie de son débat interne, et dans son approche du monde ? Ou allons-nous assister à la fin, qui pourrait être brutale, d'une parenthèse Obama ? Cet ouvrage revient sur les facteurs tant internes qu'externes qui déterminent les rapports de l'Amérique au reste du monde, et propose une réflexion stimulante sur les changements et continuités de la politique étrangère américaine

  • La Grèce constitue une énigme pour l'Occident. À chaque fois qu'on a pensé que le peuple grec était définitivement sur la voix de la modernisation, la situation s'est dégradée, comme depuis 2010.

    La Grèce constitue une énigme pour l'Occident. À chaque fois qu'on a pensé que le peuple grec était définitivement sur la voix de la modernisation, la situation s'est dégradée, comme depuis 2010. Jamais la confiance en l'avenir de la Grèce n'a été aussi basse, jamais on ne s'est autant interrogé sur l'identité grecque.

    C'est pendant de tels moments de crise que se révèle l'ambivalence de la relation entre la Grèce et l'Occident. On passe de l'admiration béate pour le " berceau de la démocratie " au mépris, parfois même à la colère. Ce décalage entre représentation et réalité est la source de la plupart des problèmes grecs, internes et externes. En sept ans, la crise a montré qu'elle ne peut pas être résolue par des simples approches économiques, sans une révision des idées reçues, sans la prise en compte de structures et de comportements enracinés dans l'histoire et la géographie.

    En dévoilant les atouts d'un " néohellénisme " disposant d'importants réseaux diasporiques, maritimes et religieux, ce livre échappe à une historiographie romantique et indique les ressources de la Grèce face à une Europe en train de redéfinir sa relation avec " les Autres ".

  • L' " individualisme " dénomme une notion complexe. Philosophes, sociologues et politistes en ont régulièrement interrogé la signification et la portée. En tant qu'élément caractéristique des sociétés modernes, il est souvent affecté d'une nuance péjorative.

    L' " individualisme " dénomme une notion complexe. Philosophes, sociologues et politistes en ont régulièrement interrogé la signification et la portée. En tant qu'élément caractéristique des sociétés modernes, il est souvent affecté d'une nuance péjorative.

    Quand et comment, à la faveur de quels phénomènes, le mot individualisme, inconnu jusqu'au début du xixe siècle, apparaît-il dans la langue et les discours ? C'est sous la Restauration que surgit le terme. Marie-France Piguet en précise le contexte : il s'inscrit dans des polémiques spécifiquement politiques, du Producteur, le journal des Saint-Simoniens, au Mémorial Catholique, du Globe au Semeur, des livres de théologie aux écrits de philosophie.

    Ce néologisme s'est construit dans un discours particulier, celui des ennemis de l'autonomie de l'individu, qui voyait en elle une menace pour la vie commune. Il dénonce alors la philosophie critique du XVIIIe siècle qui a conduit à la Révolution française. Il donne lieu, ainsi que le développe cet ouvrage, à de nouvelles expressions, comme " liberté individuelle ", " rationalisme individuel " et joue avec d'autres termes comme " égoïsme ".

    La connotation négative que l'on attribue toujours à ce terme ne doit pas masquer le fait que l'individualisme désigne aussi une conquête de la modernité.

  • Il est commun, aujourd'hui, d'associer la démocratie au consensus, et ce d'une double manière : d'une part en admettant qu'elle est le meilleur régime politique possible, d'autre part en considérant que l'accord vaut intrinsèquement mieux que le désaccord, et l'entente que le conflit.

    Il est commun, aujourd'hui, d'associer la démocratie au consensus, et ce d'une double manière : d'une part en admettant qu'elle est le meilleur régime politique possible, d'autre part en considérant que l'accord vaut intrinsèquement mieux que le désaccord, et l'entente que le conflit. La qualité de la démocratie tiendrait à ses débats publics, qui à la fois rendent possible la confrontation des points de vue, tout en y mettant fin par l'obtention de consensus éclairés et légitimés par la règle de la majorité.

    Et si le conflit, au contraire, dans certaines conditions, devait servir de principe à la vie politique ? Il ne suffit pas de vivre en démocratie pour rendre la démocratie vivante. La démocratie n'est pas un régime mais un questionnement. Elle exige des citoyens une interrogation continue sur le bien commun à suivre.

    Machiavel n'était pas un démocrate. Mais c'est étrangement en actualisant sa pensée, dans le sillage des travaux de Lefort, qu'il est possible d'associer le conflit civil avec l'imaginaire social pour redynamiser la démocratie par la tension conflictuelle entre l'idéologie et l'utopie. Penser la démocratie à partir de ce que donne à penser Machiavel : voilà ce que s'efforce de faire Sébastien Roman, pour proposer dans une perspective républicaine le modèle d'un espace public dissensuel.

  • Les contestations révolutionnaires de 2011 ont, pour un temps, changé les termes du débat dans la "rue arabe" mais aussi le regard que le reste du monde portait sur les sociétés moyen-orientales. L'héritage de la domination ottomane, le colonialisme et le post-colonialisme, l'autoritarisme, l'islamisme, la question palestinienne... semblaient, durant cette courte période, cesser de fournir les clefs d'intelligibilité du monde arabe. Tout convergeait, enfin, pour laisser supposer que le djihadisme des années 1980-2000 cédait place à une communion universelle entre ce monde et l'Occident.
    Pourquoi les promesses de 2011 ont-elles finalement été suivies d'un état de violence et d'effondrement social dans de nombreuses sociétés ? Comment ces révolutions ont-elles fait bouger les lignes de force structurant le monde arabe ? Quelles étaient les différentes structurelles et conjoncturelles entre la Tunisie et l'Egypte d'une part, les autres sociétés arabes de l'autre ? Quelles sont les conditions permettant à une crise révolutionnaire de devenir un moment de vérité aussi bien pour les pouvoirs que pour les sociétés ?
    C'est à ces questions que répond Hamit Bozarslan, dans un essai aussi limpide que nécessaire.

  • Opération Raisins de la colère
    L'histoire secrète d'un succès diplomatique français

    10 avril 1996 : l'armée israélienne lance une vaste opération militaire contre le Hezbollah au Sud-Liban. Pas d'intervention militaire au sol, mais des bombardements aériens et maritimes de grande envergure, atteignant notamment un camp de l'ONU où s'étaient réfugiés de nombreux civils, dont des enfants. Nom de code : " Raisins de la colère ".

    26 avril 1996 : le cessez-le-feu est déclaré grâce à l'effort de médiation de la France et de son ministre des Affaires étrangères, Hervé de Charette. Parti sur place le 15 avril avec une équipe de diplomates expérimentés, il fait pendant 13 jours la navette diplomatique entre Beyrouth, Tel-Aviv, Damas et le Caire. Dans l'histoire politique française, cette méthode, que Henry Kissinger appelait la shuttle diplomacy, n'avait pas de précédent.

    À travers 16 tableaux vivants, chacun conçu pour décrire un moment décisif ou analyser un aspect de la crise, Hervé de Charette fait le récit de ce succès diplomatique français, dans lequel on pourrait puiser quelques enseignements pour le présent et le futur.

    Témoignage historique, galerie de portraits d'hommes opiniâtres, leçon pour les étudiants en relations internationales, modèle pour les diplomates de demain : ce récit est bien plus qu'un énième ouvrage sur le conflit moyen-oriental. Il est la preuve que la France peut tenir un rôle décisif dans le maintien de la paix malgré l'indifférence de la communauté internationale pour peu que des hommes soient prêts à faire preuve de courage et de volonté.

  • En 1900, il semblait inenvisageable que l'État devienne propriétaire d'entreprises, qu'il se transforme en industriel, en marchand ou en banquier. N'était-ce pas risquer d'aboutir un jour au collectivisme ? Un siècle plus tard, c'est l'amorce d'une privatisation de l'État, oxymore que certains jugent scandaleux et inadmissible, qui est à l'ordre du jour – y compris lorsqu'un ministre brandit contre un groupe industriel la menace d'une nationalisation. Selon une approche héritée de la Révolution, l'État ne saurait être que res publica, la chose de tous, échappant radicalement à toute privatisation. Pourtant, certaines structures étatiques ont, ou ont pu avoir, des rapports beaucoup plus complexes et plus nuancés avec la sphère privée : et en particulier l'État français sous l'Ancien régime, moderne, structuré et décentralisé, qui n'hésite pas à déléguer à l'initiative privée une large part de ses missions régaliennes. La figure de l'État exclusif et monopolisateur n'est donc pas une fatalité, et il est d'autres façons de le concevoir. Cette privatisation de l'État constitue du reste une tendance lourde dans la plupart des pays développés, où cette évolution se réalise selon deux modalités : la première (" l'État vers le privé ") correspondant à un transfert graduel de compétences, la seconde, plus novatrice (" l'État comme privé "), tendant à assimiler l'État à une personne privée, sans qu'il soit tenu compte de la singularité irréductible qui résulte de son objet et de sa nature. Pour le juriste, pour l'économiste et le financier, pour le politique, et plus largement, pour le citoyen, l'État et son devenir sont plus que jamais au centre du débat.

  • La biogéographie est une discipline aussi ancienne que la Science elle-même. Tout en restant ancrée sur ses fondamentaux que sont l'étude de la répartition des flores et des paysages végétaux et celle des facteurs de cette répartition, elle est de plus en plus à l'interface de nombreuses disciplines des sciences de la vie et de la Terre ou des sciences humaines et sociales. D'autant plus qu'elle fait désormais face aux questions posées par la conservation de la nature et la gestion des territoires, des ressources naturelles et de la biodiversité, ainsi qu'aux nouveaux enjeux de la mondialisation, aux dangers de la globalisation. Elle a connu dans les 20 dernières années une évolution fulgurante et une effervescence terminologique, dont cet ouvrage est le témoin.
    Le vocabulaire de la biogéographie reflète non seulement la palette des paysages végétaux de la planète, mais également la diversité des disciplines auxquelles les biogéographes font appel dans leur pratique. En s'appuyant sur le dépouillement d'un vaste corpus documentaire, une équipe pluridisciplinaire de géographes, ethnobiologistes, linguistes ou botanistes, a assuré le contrôle et la rédaction de ce dictionnaire regroupant pour la première fois la majeure partie de la terminologie en usage dans la pratique francophone de la biogéographie végétale, soit plus de 10 000 définitions accompagnées de commentaires.

  • Astres, villes, vivant, robots : quatre objets d'études apparemment profondément différents les uns des autres. Et pourtant, les analogies sont nombreuses. Tous ont un rapport très fort à la simplicité - la Nature, comme les hommes, choisit les procédés les plus simples possibles -, à la symétrie, à la cohérence. Tous sont soumis à l'entropie - le désordre les gagne -, tous ont une complexité qui s'accroît selon une évolution tout à la fois darwinienne - qui conduit, par sélection, à une meilleure adaptation - et en mosaïque - juxtaposition d'entités de même ordre de complexité qui, tout en conservant une autonomie certaine, sont intégrées dans des structures plus vastes, où le tout est supérieur à la partie. L'architecture des astres, des villes, des robots, est donc éminemment semblable à celle des systèmes les plus complexes qu'il nous soit donné d'appréhender : les organismes vivants. Dire que la complexité du vivant mime celle du monde matériel revient à constater que le cerveau, construit sur les mêmes bases que le reste de l'Univers, peut intégrer les lois du monde, et ainsi créer des villes ou de l'intelligence artificielle fondées sur ces mêmes lois. Un dialogue entre quatre disciplines en apparence étrangères les unes aux autres, riche d'enseignements et propre à susciter les questionnements et les débats.

  • Une tradition bien ancrée en histoire des mathématiques présente le passage du XVIIIe au XIXe siècle comme une rupture radicale et globale, en liaison avec les bouleversements sociopolitiques induits par la Révolution française. Fruit du travail d'un groupe composé de nombreux historiens des sciences, cet ouvrage se propose de discuter cette présentation standard liée à la périodisation classique établissant vers 1800 l'entrée dans l'ère de la « modernité » mathématique. Dans cette perspective, les contributions rassemblées ici abordent le développement de diverses sciences mathématiques, pures ou appliquées, entre le milieu du XVIIIe siècle et celui du XIXe, à la fois en France, lieu scientifique essentiel pour la période considérée, et dans d'autres pays, en particulier l'Allemagne et la Grande-Bretagne. Elles considèrent tout aussi bien les contenus des textes scientifiques que leurs contextes institutionnels, sociaux, culturels ou politiques. Centrée sur l'analyse des continuités et des discontinuités sur le temps long de la période 1750-1850, cette étude met en évidence une complexité de dynamiques historiques et de temporalités bien éloignée de la dichotomie supposée entre les deux siècles.

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