Calmann-Lévy (réédition numérique FeniXX)

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Le procès de l'industrie pharmaceutique française se trouve dès à présent instruit. A sa charge, la prolifération de préparations d'une efficacité souvent contestée et l'incitation permanente à la surconsommation de médicaments. A sa décharge, une technique de plus en plus compétitive, des succès fréquents à l'exportation et des résultats financiers souvent brillants. Cependant, avant de condamner et de juger, il faut d'abord connaître. C'est à ce souci d'information que répond en premier lieu l'ouvrage de Jacqueline Sigvard, qui constitue aujourd'hui le premier dossier synthétique et complet sur ce secteur controversé. Mais l'Industrie du médicament n'est pas seulement un livre descriptif. Il analyse avec clarté les problèmes et les stratégies des principaux groupes pharmaceutiques qui dominent le marché français. Recherche scientifique, politiques des prix et modes de commercialisation, formules de financement, chacune de ces questions capitales fait l'objet d'un examen sérieux et documenté. En guise de conclusion, l'auteur, qui a directement suivi l'évolution de la profession, esquisse quelques-unes des grandes tendances d'avenir de cette branche : concentration, internationalisation du capital, division internationale des marchés. Il rappelle enfin courageusement la vocation éminemment sociale de l'industrie pharmaceutique que ne doivent pas faire oublier les contraintes techniques, économiques et financières qui pèsent en permanence sur elle.

  • À chaque bataille électorale, les partisans d'une gauche modérée réaffirment un programme politique exaltant à la fois les mérites de l'équité sociale et les vertus d'un certain réalisme. Face aux révolutionnaires, convaincus de l'antagonisme de ces deux aspirations, les réformateurs ont un argument-choc : l'Eden social existe, nous l'avons rencontré, et l'utopie politique se transforme alors en un modèle positif. Mais la Suède dont rêvent certains est-elle plus "réaliste" que la Chine des Maoïstes ou l'Ancien Régime des monarchistes ? La réussite économique de la Suède ne peut cependant être confondue avec le "miracle" allemand ou japonais. Sans détenir le ruban bleu du taux annuel de croissance, l'économie suédoise s'illustre par une remarquable continuité, que n'altère depuis vingt ans aucun des dérapages familiers au conjoncturiste. A s'en tenir aux seuls indicateurs globaux, l'expansion sans inflation n'est pas ici seulement un voeu pieux de ministre des Finances, et les effets du développement portent leurs fruits sociaux comme en témoignent le niveau élevé et la progression rapide des revenus individuels. Ce succès est-il dû à un ensemble de faits relevant du passé industriel suédois ou est-il la conséquence d'une action délibérée ? Pionniers en matière de politique budgétaire et fiscale, les dirigeants suédois ont progressivement expérimenté la plupart des ressources de l'arsenal traditionnel de la politique économique. Ils en découvrent aujourd'hui les limites dans le domaine des revenus, où le contrôle de l'inflation par la demande précipite l'inflation par les coûts et vice-versa ; dans celui de l'investissement, où les charges sociales arrivent à concurrencer la capacité de financement des investissements productifs. Toutes questions qui sont autant d'anticipations sur la politique économique de demain. Mais la véritable leçon de l'économie suédoise est ailleurs. Son secret ne s'épuise pas dans des recettes ou des techniques toujours provisoires. On le trouve dans la définition et la répartition des pouvoirs et des responsabilités. Comme le dégage l'analyse du professeur Parent, producteurs, consommateurs et travailleurs voient leur rôle reconnu et leur domaine délimité. Le jeu économique et social se trouve ainsi codifié sans être dirigé ni abandonné. Mais la loi du développement implique une continuelle adaptation, seule capable de préserver un équilibre fragile. Socialisme civilisé ou capitalisme assagi ? Le défi scandinave est en définitive celui de l'arbitrage et des négociations.

  • Quelles sont les caractéristiques économiques des pays "nouveaux riches" du Moyen-Orient arabe ? De la réponse à cette question dépend aujourd'hui toute anticipation sur l'affectation des dollars pétroliers, avec ses conséquences sur le fonctionnement de l'économie mondiale. À première vue, et en se fondant sur la carte politique actuelle, il semble peu probable que cette "manne" profite effectivement au développement de cette partie du monde. Les limites de la croissance économique sont en effet rapidement atteintes dans des pays désertiques et de faible population, comme l'Arabie Saoudite, le Koweït et les Émirats du golfe Persique. Mais la perspective se modifie dès que l'on abandonne un découpage politique tout à fait arbitraire et que l'on s'interroge sur les diverses évolutions politico-économiques possibles. C'est à cet exercice que nous convie Michel Chatelus. A la lumière de la méthode prospective des scénarii, il envisage diverses hypothèses en retenant non seulement les forces politiques internes à l'oeuvre dans ces pays, mais encore et peut-être surtout le comportement des centres de décision qui dominent l'environnement mondial (États-Unis, U.R.S.S. et firmes multinationales). Les maîtres du pétrole sont-ils également les seuls maîtres de leur propre destin ? L'analyse de Michel Chatelus permet aujourd'hui d'en douter.

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  • Depuis la crise pétrolière, nombre de pratiques et d'idées dominantes, en matière de relations économiques internationales, ont été ébranlées : certains pays en développement ne sont plus seulement des vendeurs de matières premières et de produits énergétiques, mais ils se mettent également à concurrencer les pays industriels sur les marchés des produits manufacturés ; les pays industriels à monnaie forte, comme l'Allemagne et le Japon, continuent d'accroître leurs exportations, en dépit de la réévaluation constante de leur devise ; les prix mondiaux, enfin, grimpent souvent plus vite que les prix nationaux. Ces faits récents sont-ils cependant suffisants, pour remettre en cause la marche vers le libre-échange qui a caractérisé l'économie mondiale des vingt dernières années ? C'est à cette question capitale que se propose de répondre Christian Mégrelis, en se fondant à la fois sur une expérience personnelle concrète, et sur une réflexion historique approfondie. Son diagnostic est clair et sans équivoque. Nous sommes aujourd'hui condamnés à une interdépendance mondiale accrue, et le retour au protectionnisme, qui pourrait tenter certains esprits, est désormais impossible. Mais laisser-passer n'est pas synonyme de laisser-faire et les leçons, parfois fructueuses, d'une politique économique nationale et volontaire, méritent d'être méditées. C'est pourquoi la solution réside dans des formules nouvelles de coopération internationale, associant étroitement les anciens et les nouveaux pays industriels dans un redéploiement des structures mondiales de production, qui s'accompagnerait d'une redistribution des responsabilités des uns et des autres. Précis et réaliste, l'ouvrage de C. Mégrelis dépasse le terrain de la seule spéculation intellectuelle, pour esquisser des formules inédites, susceptibles de fournir des ouvertures à la crise actuelle. Danger : protectionnisme ne représente pas seulement une mise en garde, c'est aussi, et surtout, un exercice de prospective appliquée, qui concerne directement les témoins et les acteurs internationaux des deux prochaines décennies.

  • Depuis plus de dix ans, on a usé et abusé du terme crise pour désigner, sans précaution, les manifestations mal définies, et souvent contradictoires, des dérèglements économiques actuels. C'est le contrepied de cette démarche qu'ont choisi d'adopter Michel Aglietta et Anton Brender, lorsqu'au terme d'une analyse historique rigoureuse et approfondie, ils se trouvent conduits à préciser les caractéristiques propres de la crise de la société salariale. Après avoir identifié le rôle et la hiérarchie des principaux acteurs sociaux [...] et dégagé la dynamique des pratiques de normalisation [...], ils diagnostiquent une crise de développement. [...] Cette mutation inéluctable de la société salariale engendre-t-elle, nécessairement, des contradictions irréductibles entraînant, à plus ou moins longue échéance, la régression sociale ? Tel n'est pas l'avis des auteurs qui démontrent, au contraire, que, si l'évolution du progrès technique constitue une tendance lourde à laquelle il serait vain de s'opposer, elle laisse cependant une marge de manoeuvre aux responsables politiques dans l'aménagement des conditions concrètes d'assimilation sociale de cette nouvelle culture technique. C'est pourquoi, l'horizon leur apparaît aussi riche de promesses d'émancipations individuelles que de menaces sociales. Appliquant leur grille d'analyse aux particularités de notre pays, Aglietta et Brender dégagent, en conclusion, les grandes lignes d'une France en projet, qui impliquent un renouvellement du système d'éducation et de formation et passent par un infléchissement volontaire des relations industrielles dans la direction d'une valorisation du travail. Sans contenir de programme politique au sens étroit du terme, cet ouvrage rassemble un ensemble cohérent de réflexions en forme de propositions pour maîtriser, selon le voeu des auteurs, l'avenir de la société salariale.

  • Moins connus que les crises financières qui attirent les feux de l'actualité, les problèmes posés par les dérèglements du commerce mondial n'en sont pas moins dommageables. Derrière la rhétorique des négociations internationales et l'apparence, souvent trompeuse, des statistiques du commerce extérieur, une réalité s'impose : 50 % des transactions mondiales échappent aujourd'hui au libre échange. C'est sur ce constat brutal, que débute le livre courageux et documenté de François David. Il recense ainsi la liste impressionnante des produits qui se négocient en dehors des règles du marché et des zones, où les transactions s'effectuent hors marché. Mais son propos n'est pas, seulement, de décrire les différents aspects de cette évolution. Il émet également un diagnostic, convaincant par sa simplicité. Si les efforts, menés sans relâche par les organismes internationaux (G.A.T.T., C.N.U.C.E.D., O.N.U., etc.), ont presque toujours échoué, c'est parce qu'ils ont laissé de côté trois grands absents : la monnaie, l'énergie et les services. Or, c'est à travers eux que s'introduisent, le plus souvent, les formes les plus subtiles et les plus efficaces du protectionnisme contemporain. Il n'est, pour s'en assurer, que d'observer les pratiques monétaires de certains pays, et la plupart des politiques énergétiques actuelles. Faut-il encore, dans ces conditions, tenter d'instaurer, si ce n'est de restaurer, le libre échange de plus en plus mythique et inaccessible ? Telle n'est pas la solution préconisée par l'auteur qui pense, au contraire, de manière réaliste, qu'en période de tensions internationales, c'est le commerce qui dépend des investissements productifs, et non l'inverse. C'est pourquoi, les remèdes aux désajustements mondiaux doivent être recherchés au niveau de l'organisation productive des différents secteurs.

  • Pour quelles raisons le miracle japonais semble-t-il aujourd'hui se perpétuer, tandis que l'économie soviétique reste toujours en deçà de ses promesses ? Pour Anton Brender, cette différence de performances n'illustre pas, comme on le répète trop souvent, la supériorité de l'économie de marché sur l'économie planifiée, mais révèle plutôt le rôle déterminant, quoique méconnu, joué par les intermédiaires dans le fonctionnement de tout système économique. Car marchés et plans sont des abstractions qui ne se réalisent qu'à travers des réseaux concrets de communication et décisions entre les divers agents économiques. Or, le fait que les marchands japonais excellent, là où les fonctionnaires soviétiques échouent, ne signifie pas que les objectifs poursuivis par la société nippone soient mieux définis que ceux de l'U.R.S.S., mais montre seulement que l'économie japonaise est plus efficace que l'économie russe. Est-ce à dire que le projet socialiste se trouve pour autant remis en cause ? Tout au contraire, puisqu'il se définit lui-même comme une coordination consciente et volontaire des aspirations sociales. Mais son succès dépend de son aptitude à se doter d'un véritable appareil cybernétique, seul capable de transformer ces objectifs ambitieux en réalités palpables. À l'heure des choix de société et du socialisme en question, l'ouvrage de Brender offre donc une perspective nouvelle pour la réflexion et l'action. S'appuyant sur une analyse - rigoureuse et approfondie - des exemples japonais et soviétique, il fait apparaître, en conclusion, comment pourraient être utilisées, en France, dès maintenant, certaines institutions comme la Banque Centrale et le système bancaire, pour promouvoir cette régulation cybernétique, essentielle à l'avènement d'un socialisme à visage humain.

  • Le Capital est-il un livre de science économique ? Pour renouveler cette question, Gérard Maarek entreprend de soumettre le texte de Karl Marx à l'épreuve logique de la formalisation mathématique. Cette lecture du Capital, au moyen des concepts de l'économie mathématique contemporaine, fournit le point de départ d'une confrontation inédite, entre la théorie économique de Marx, et la pensée néo-classique aujourd'hui dominante. Cette investigation conduit à réinterpréter l'apport de Marx à la science économique, de façon radicalement différente de celle à laquelle nous sommes accoutumés. Marx se présente, en effet, comme un théoricien de l'équilibre, dont les Schémas de la reproduction, simples et élargis, constituent la première problématique complète. Il apparaît également comme l'initiateur de l'analyse des conflits, c'est-à-dire l'ancêtre lointain de la théorie économique des jeux, à travers sa formulation de l'exploitation sociale. Une telle présentation, qui met systématiquement l'accent sur les éléments de continuité de la pensée de Marx, par rapport à la science économique contemporaine, irritera sans doute tous ceux qui cherchent, au contraire, dans la critique de l'économie politique, les éléments de rupture. Elle fournit, en tout cas, un témoignage original de l'actualité du Capital.

  • Depuis la décision historique du Président Nixon, en 1971, de détacher le dollar de toute référence à l'or, il n'y a plus de système monétaire international. Les déficits des balances de paiement s'accumulent et l'endettement mondial prend des proportions inquiétantes, en dépit d'un flottement, devenu presque général, des changes. Les monnaies se déprécient les unes après les autres. Désormais, la vraie dimension de l'inflation est internationale. Pour expliquer cet enchaînement, Bernard Schmitt propose une analyse précise et complète, qui s'attache à rechercher les causes profondes du phénomène. Il démontre que l'or, et les différentes monnaies de crédit, qu'elles soient nationales ou internationales, successivement ou conjointement utilisées pour financer les soldes extérieurs, ne possèdent en réalité aucun pouvoir d'achat sur le marché international. Tout au contraire, le recours à elles dans les transactions internationales entraîne de faux paiements qui sont à l'origine de l'inflation mondiale. Il en résulte que la solution des troubles actuels ne peut, en aucun cas, être trouvée dans le retour à l'or, ou dans une quelconque redéfinition des monnaies-clé (étalon-dollar, étalon-mark, etc.). Mais le livre du Pr Schmitt ne se contente pas de condamner sans appel les subterfuges et les faux remèdes. Il propose en conclusion le mécanisme de création d'une véritable monnaie internationale, sur une base à la fois plus large et beaucoup plus simple que les actuels droits de tirages spéciaux (D.T.S.). Seule cette monnaie internationale serait susceptible de garantir la valeur et, par conséquent, le pouvoir d'achat international des différentes monnaies nationales. C'est pourquoi elle fournit en définitive, aux yeux de l'auteur, le meilleur gage pour le maintien des souverainetés nationales.

  • Concurrence pure et parfaite, information complète des agents, transparence des prix et des coûts, autant d'expressions courantes du langage économique, qui rappellent que la connaissance et le contrôle des phénomènes économiques renvoient à la notion de perfection. Or, c'est l'inflation, le chômage et l'incertitude que l'on observe le plus souvent dans le monde réel. Le constat de ce décalage peut conduire, logiquement, à deux positions épistémologiques différentes. La première, à la fois radicale et sceptique, conclut sans procès à l'inadaptation congénitale du raisonnement économique à rendre compte de la réalité. Elle tire un trait rapide sur deux siècles de recherche scientifique, et n'offre aucune solution alternative. Telle n'est pas celle du Pr Henri Guitton, qui adopte la seconde. Fort d'une expérience de quarante années d'enseignement et de recherches, il montre avec minutie que les ajustements, les déséquilibres et autres dysfonctionnements de la vie économique sont, au contraire, susceptibles d'une étude rigoureuse qui, sans renier les principes fondateurs de l'économique, en enrichissent au contraire l'objet et les méthodes. C'est donc à une révision en profondeur des principaux concepts, que nous convie l'auteur qui, dans un langage clair et précis, n'épargne ni l'analyse du marché, ni celle de l'équilibre dans ses multiples facettes. Méfiant à l'endroit des doctrines naïvement simplificatrices, il ne verse pas, pour autant, dans un éclectisme généralisé. Par-delà ces critiques, son ouvrage offre en conclusion le panorama d'un savoir économique renouvelé, où le désordre et l'entropie prennent la place occupée jadis par l'ordre, et le circuit celle qui revenait au marché. À travers ces propositions positives, s'ébauche une réflexion plus générale d'Henri Guitton, qui jette les bases d'une philosophie des insuccès, en entreprenant l'éloge original de l'imperfection créatrice.

  • La crise mondiale qui frappe la majorité des économies, depuis les années 1970, ne concerne pas seulement la production et les échanges, mais traduit également une inadaptation des représentations traditionnelles. La contribution principale de J.-M. Oury à cette critique, prend pour point de départ un diagnostic sans complaisance des infirmités essentielles des théories économiques dominantes qui se révèlent, selon lui, incapables d'expliquer comment les activités d'un commerçant, d'un voyageur ou d'un courtier, deviennent source de richesse dans nos systèmes sociaux complexes. Cette enquête le conduit à placer la notion de vigilance au coeur de l'analyse des processus économiques. Il en résulte une révision de nos repères familiers. Ainsi, l'économie politique de la vigilance substitue-t-elle le concept de décision à celui de bien, en développant un cadre d'analyse dynamique rigoureusement relativiste, dont les deux idées maîtresses sont celles de plus-value locale et de crise locale. L'auteur montre, par cette approche, que la logique qui guide la conduite d'un fabricant, a peu de chance de coïncider avec celle du vendeur du même produit. Si, cependant, l'entreprise survit à leur affrontement, ce n'est pas par l'opération miraculeuse d'une logique englobante qui les concilierait, mais plutôt par le travail efficace de leur vigilance réciproque. L'économie politique de la vigilance, ne constitue pas une théorie au sens strict du terme, mais elle fournit les éléments d'une problématique originale, qui ne manquera pas de stimuler l'imagination de tout lecteur attentif aux réalités économiques contemporaines.

  • Au moment où l'équilibre économique international se trouve remis en question, et où l'on invoque un nouvel ordre économique mondial, les outils d'analyse traditionnelle de la théorie économique apparaissent à la fois pauvres et inadaptés. Entre les modèles abstraits d'échanges extérieurs qui remontent à J. Stuart Mill, et les études ponctuelles sur le fondement des firmes multinationales, la distance ne cesse de se creuser dangereusement. C'est en réaction contre une telle situation, que s'inscrit l'ouvrage de W. Andreff. Partant des secteurs de production de l'économie mondiale, il propose une nouvelle grille d'interprétation, où les comportements des unités de production multinationale se trouvent expliqués dans un schéma d'ensemble des relations commerciales et financières entre les différents secteurs. Cette démarche conduit l'auteur à distinguer trois principaux secteurs de production, qui correspondent respectivement à des taux de profit différents. Il observe ensuite une stabilité significative de la hiérarchie de ces taux de profit au cours des années 1950-1970. Ainsi, la croissance de l'économie mondiale au cours des vingt dernières années s'est-elle accompagnée d'une structure caractéristique des taux de profit, observable tant en France qu'aux États-Unis. L'auteur propose d'y voir une règle fondamentale de régulation du capitalisme au cours de cette période. Mais la recherche de W. Andreff ne se borne pas à ces considérations intéressantes, mais rétrospectives. Elle met en évidence, depuis 1973, différents signes annonciateurs de la fin de cette hiérarchie des taux de profit. Perturbation passagère, simple ajustement ou, au contraire, mutation profonde et irréversible ? C'est à cette question que s'attache à répondre, dans sa conclusion, le livre toujours stimulant de W. Andreff.

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  • Après un examen critique approfondi des théories dominantes, l'auteur développe une analyse originale, testant la validité de son approche sur le cas récent des parités entre le franc et le dollar

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  • Une enquête sur le savoir économique contemporain à la lumière des acquis récents de la philosophie des sciences.

  • Les Essais sur la théorie du chômage constituent un prolongement direct de Réexamen de la théorie du chômage dans deux directions complémentaires : celle de la dynamique de courte et de moyenne période, par la prise en compte de l'incidence de la répartition des revenus sur l'emploi, et celle des relations inter-industrielles, par l'intermédiaire de l'étude des effets réciproques des contraintes d'emploi différentes selon les secteurs d'activités. Ces approfondissements conduisent Edmond Malinvaud à introduire la notion de profitabilité, à examiner la nature de ses liens avec le sous-emploi, et à dégager l'idée d'une distribution des revenus appropriée. Cette analyse débouche sur une esquisse d'enchaînements dynamiques, théoriquement possibles, à partir de l'accumulation du capital. Deux d'entre eux retiennent, plus particulièrement, l'attention de l'auteur : la dépression keynésienne et le sous-emploi classique transitoire. Mais, le principal mérite de cet ouvrage réside peut-être moins dans la rigueur et la profondeur des idées, coutumières sous la plume d'Edmond Malinvaud, que dans une tentative courageuse pour tester un cadre théorique d'analyse à l'épreuve des réalités françaises contemporaines. S'appuyant sur un ensemble d'études économétriques variées, le directeur de l'I.N.S.E.E. montre comment notre pays a, depuis 1965, traversé des périodes de chômage keynésien, de sous-emploi classique et d'inflation continue. Il suggère, en conclusion, plusieurs pistes intéressantes pour expliquer les déséquilibres observés en France et met, en particulier, l'accent sur le rapport entre le coût du travail et le coût d'usage du capital. Ces essais représentent donc un ouvrage indispensable, pour quiconque cherche à comprendre les causes du chômage en France et à évaluer les différentes thérapeutiques qui lui sont appliquées.

  • Un ouvrage important pour ceux qui réfléchissent aux moyens de contrôler les processus économiques.

  • Un endettement international que rien n'arrête, un déficit budgétaire américain record, et un solde négatif sans précédent de la balance des États-Unis, autant de signes inquiétants qui caractérisent, aujourd'hui, une économie mondiale qui vit largement à découvert. Le propos de cet ouvrage consiste à rechercher la trame reliant entre eux ces différents symptômes, afin de dégager les conditions véritables de la crise de la régulation par l'endettement qui s'est progressivement substituée au non-système monétaire international. L'auteur montre avec clarté comment l'économie américaine, centre d'un processus financier international, cesse depuis peu de garantir l'équilibrage du système, en aspirant à son avantage les capitaux internationaux, au lieu d'alimenter les liquidités mondiales. Quelles sont les conséquences de cette forme pernicieuse de dérégulation financière internationale ? Du côté des pays en développement, on assiste à un cycle infernal d'endettement permanent, dont les multiples procédures de consolidation et de refinancement n'aboutissent qu'à reporter les échéances, en frôlant à tout moment une rupture, dont nul ne peut précisément identifier l'apparition. Mais le mécanisme n'épargne pas non plus certains pays industrialisés comme la France, qui est, à son tour, entrée de manière plus discrète dans un régime insidieux d'endettement auto-entretenu, avec la cohorte de ses effets néfastes sur ses relations extérieures. Pour maîtriser cette nouvelle économie mondiale à découvert, Henri Bourguinat préconise la lucidité, qui commence par une appréhension sans complaisance du phénomène. Il suggère ensuite un recours à des méthodes de gestion financières et monétaires, tout à la fois plus rigoureuses et plus imaginatives. Son ouvrage ne pousse pas seulement un cri d'alarme, il contribue également à éviter le pire.

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