Candide & Cyrano

  • Une édition de référence des Contes de Hans Christian Andersen, spécialement conçue pour la lecture sur les supports numériques.
    « Il s'élança dans l'eau et nagea à la rencontre des cygnes. Ceux-ci l'aperçurent et se précipitèrent vers lui les plumes soulevées. « Tuez-moi », dit le pauvre animal ; et, penchant la tête vers la surface de l'eau, il attendait la mort.
    Mais que vit-il dans l'eau transparente ? Il vit sa propre image au-dessous de lui : ce n'était plus un oiseau mal fait, d'un gris-noir, vilain et dégoûtant, il était lui-même un cygne !
    Il n'y a pas de mal à être né dans une basse-cour lorsqu'on sort d'un oeuf de cygne. »
    (Extrait du Vilain petit canard.)

  • Une édition de référence de Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne, spécialement conçue pour la lecture sur les supports numériques.
    « L'année 1866 fut marquée par un événement bizarre, un phénomène inexpliqué et inexplicable que personne n'a sans doute oublié. Sans parler des rumeurs qui agitaient les populations des ports et surexcitaient l'esprit public à l'intérieur des continents, les gens de mer furent particulièrement émus. Les négociants, armateurs, capitaines de navires, skippers et masters de l'Europe et de l'Amérique, officiers des marines militaires de tous pays, et, après eux, les gouvernements des divers États des deux continents, se préoccupèrent de ce fait au plus haut point.
    En effet, depuis quelque temps, plusieurs navires s'étaient rencontrés sur mer avec « une chose énorme », un objet long, fusiforme, parfois phosphorescent, infiniment plus vaste et plus rapide qu'une baleine. » (Extrait de l'incipit.)

  • Une édition de référence d'Arsène Lupin, gentleman-cambrioleur de Maurice Leblanc, spécialement conçue pour la lecture sur les supports numériques.
    « Arsène Lupin parmi nous ! l'insaisissable cambrioleur dont on racontait les prouesses dans tous les journaux depuis des mois ! l'énigmatique personnage avec qui le vieux Ganimard, notre meilleur policier, avait engagé ce duel à mort dont les péripéties se déroulaient de façon si pittoresque ! Arsène Lupin, le fantaisiste gentleman qui n'opère que dans les châteaux et les salons, et qui, une nuit, où il avait pénétré chez le baron Schormann, en était parti les mains vides et avait laissé sa carte, ornée de cette formule : « Arsène Lupin, gentleman-cambrioleur, reviendra quand les meubles seront authentiques. » Arsène Lupin, l'homme aux mille déguisements : tour à tour chauffeur, ténor, bookmaker, fils de famille, adolescent, vieillard, commis-voyageur marseillais, médecin russe, torero espagnol ! » (Extrait du chapitre 1)

  • Une édition de référence d'À l'ombre des jeunes filles en fleur de Marcel Proust, spécialement conçue pour la lecture sur les supports numériques.
    « Ma mère, quand il fut question d'avoir pour la première fois M. de Norpois à dîner, ayant exprimé le regret que le professeur Cottard fût en voyage et qu'elle-même eût entièrement cessé de fréquenter Swann, car l'un et l'autre eussent sans doute intéressé l'ancien ambassadeur, mon père répondit qu'un convive éminent, un savant illustre, comme Cottard, ne pouvait jamais mal faire dans un dîner, mais que Swann, avec son ostentation, avec sa manière de crier sur les toits ses moindres relations, était un vulgaire esbroufeur que le marquis de Norpois eût sans doute trouvé, selon son expression, "puant". » (Incipit.)

  • Une édition de référence du Voyage au centre de la terre de Jules Verne, spécialement conçue pour la lecture sur les supports numériques.
    « Alors une invincible épouvante s'empara de mon cerveau et ne le quitta plus. J'avais le sentiment d'une catastrophe prochaine, et telle que la plus audacieuse imagination n'aurait pu la concevoir. Une idée, d'abord vague, incertaine, se changeait en certitude dans mon esprit. Je la repoussai, mais elle revint avec obstination. Je n'osais la formuler. Cependant quelques observations involontaires déterminèrent ma conviction. À la lueur douteuse de la torche, je remarquai des mouvements désordonnés dans les couches granitiques ; un phénomène allait évidemment se produire, dans lequel l'électricité jouait un rôle ; puis cette chaleur excessive, cette eau bouillonnante !... Je voulus observer la boussole. Elle était affolée ! » (Extrait du chapitre XLII.)

  • Une édition de référence de L'Aiguille creuse de Maurice Leblanc, spécialement conçue pour la lecture sur les supports numériques.
    « L'Aiguille creuse ! association déconcertante de deux mots, incompréhensible question que posait ce morceau de papier dont la provenance même était inconnue ! Était-ce une expression insignifiante, le rébus d'un écolier qui barbouille d'encre un coin de feuille ? Ou bien était-ce deux mots magiques par lesquels toute la grande aventure de l'aventurier Lupin prendrait son véritable sens ? On ne savait rien. » (Extrait du chapitre 4)

  • Une édition de référence des Fleurs du Mal de Charles Baudelaire, spécialement conçue pour la lecture sur les supports numériques.
    « Ô Mort, vieux capitaine, il est temps ! levons l'ancre !
    Ce pays nous ennuie, Ô Mort ! Appareillons !
    Si le ciel et la mer sont noirs comme de l'encre,
    Nos coeurs que tu connais sont remplis de rayons !
    Verse-nous ton poison pour qu'il nous réconforte !
    Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau,
    Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe ?
    Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau ! »
    (Extrait de Voyage.)

  • Une édition de référence de L'île au trésor de Stevenson, spécialement conçue pour la lecture sur les supports numériques.
    « On me demande de raconter tout ce qui se rapporte à mes aventures dans l'île au Trésor, - tout, depuis le commencement jusqu'à la fin, - en ne réservant que la vraie position géographique de l'île, et cela par la raison qu'il s'y trouve encore des richesses enfouies. Je prends donc la plume, en l'an de grâce 1782, et je me reporte au temps où mon père tenait sur la route de Bristol, à deux ou trois cents pas de la côte, l'auberge de l'Amiral-Benbow. » (Extrait de l'incipit.)

  • Une édition de référence de Madame Bovary de Gustave Flaubert, spécialement conçue pour la lecture sur les supports numériques.
    « Emma ressemblait à toutes les maîtresses ; et le charme de la nouveauté, peu à peu tombant comme un vêtement, laissait voir à nu l'éternelle monotonie de la passion, qui a toujours les mêmes formes et le même langage. Il ne distinguait pas, cet homme si plein de pratique, la dissemblance des sentiments sous la parité des expressions. Parce que des lèvres libertines ou vénales lui avaient murmuré des phrases pareilles, il ne croyait que faiblement à la candeur de celles-là ; on en devait rabattre, pensait-il, les discours exagérés cachant les affections médiocres ; comme si la plénitude de l'âme ne débordait pas quelquefois par les métaphores les plus vides, puisque personne, jamais, ne peut donner l'exacte mesure de ses besoins, ni de ses conceptions, ni de ses douleurs, et que la parole humaine est comme un chaudron fêlé où nous battons des mélodies à faire danser les ours, quand on voudrait attendrir les étoiles. » (Extrait du chapitre XII.)

  • Une édition de référence des Trois Mousquetaires d'Alexandre Dumas, spécialement conçue pour la lecture sur les supports numériques.
    « - Et maintenant, messieurs, dit d'Artagnan sans se donner la peine d'expliquer sa conduite à Porthos, tous pour un, un pour tous, c'est notre devise, n'est-ce pas ?
    - Cependant... dit Porthos.
    - Étends la main et jure ! s'écrièrent à la fois Athos et Aramis.
    Vaincu par l'exemple, maugréant tout bas, Porthos étendit la main, et les quatre amis répétèrent d'une seule voix la formule dictée par d'Artagnan :
    « Tous pour un, un pour tous. »
    (Extrait du chapitre 9.)

  • Une édition de référence de Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand, spécialement conçue pour la lecture sur les supports numériques.
    DE GUICHE.
    Personne ne va donc lui répondre ?...
    LE VICOMTE
    Personne ?
    Attendez ! Je vais lui lancer un de ces traits !...
    Il s'avance vers Cyrano qui l'observe, et se campant devant lui d'un air fat.
    Vous... vous avez un nez... heu... un nez... très grand.
    CYRANO, gravement
    Très.
    LE VICOMTE, riant
    Ha !
    CYRANO, imperturbable
    C'est tout ?...
    LE VICOMTE
    Mais...
    CYRANO
    Ah ! non ! c'est un peu court, jeune homme !
    On pouvait dire... Oh ! Dieu !... bien des choses en somme...
    En variant le ton, - par exemple, tenez :
    /> Agressif : « Moi, Monsieur, si j'avais un tel nez,
    Il faudrait sur-le-champ que je me l'amputasse ! »
    Amical : « Mais il doit tremper dans votre tasse :
    Pour boire, faites-vous fabriquer un hanap ! »
    Descriptif : « C'est un roc !... c'est un pic !... c'est un cap !
    Que dis-je, c'est un cap ?... C'est une péninsule ! »
    (Extrait acte I, scène 4)

  • Une édition de référence du Dernier Jour d'un condamné de Victor Hugo, spécialement conçue pour la lecture sur les supports numériques.
    « Tout à coup l'un des valets m'a enlevé ma veste, et l'autre a pris mes deux mains qui pendaient, les a ramenées derrière mon dos, et j'ai senti les noeuds d'une corde se rouler lentement autour de mes poignets rapprochés. En même temps, l'autre détachait ma cravate. Ma chemise de batiste, seul lambeau qui me restât du moi d'autrefois, l'a fait en quelque sorte hésiter un moment ; puis il s'est mis à en couper le col.
    À cette précaution horrible, au saisissement de l'acier qui touchait mon cou, mes coudes ont tressailli, et j'ai laissé échapper un rugissement étouffé. La main de l'exécuteur a tremblé.
    - Monsieur, m'a-t-il dit, pardon ! Est-ce que je vous ai fait mal ?
    Ces bourreaux sont des hommes très doux. »
    (Extrait du chapitre XLVIII)

  • Une édition de référence des Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos, spécialement conçue pour la lecture sur les supports numériques.
    « J'espère qu'on me comptera pour quelque chose l'aventure de la petite Volanges, dont vous paraissez faire si peu de cas : comme si ce n'était rien, que d'enlever, en une soirée, une jeune fille à son Amant aimé, d'en user ensuite tant qu'on le veut et absolument comme de son bien, et sans plus d'embarras ; d'en obtenir ce qu'on n'ose pas même exiger de toutes les filles dont c'est le métier ; et cela, sans la déranger en rien de son tendre amour... En sorte qu'après ma fantaisie passée, je la remettrai entre les bras de son Amant, pour ainsi dire, sans qu'elle se soit aperçue de rien. » (Extrait de la lettre 115.)

  • Une édition de référence du Père Goriot de Honoré de Balzac, spécialement conçue pour la lecture sur les supports numériques.
    « [...] Vous êtes tout pour moi. Si je sens le bonheur d'être riche, c'est pour mieux vous plaire. Je suis, à ma honte, plus amante que je ne suis fille. Pourquoi ? je ne sais. Toute ma vie est en vous. Mon père m'a donné un coeur, mais vous l'avez fait battre. Le monde entier peut me blâmer, que m'importe ! si vous, qui n'avez pas le droit de m'en vouloir, m'acquittez des crimes auxquels me condamne un sentiment irrésistible ? Me croyez-vous une fille dénaturée ? oh, non, il est impossible de ne pas aimer un père aussi bon que l'est le nôtre. [...] » (Extrait de la partie IV.)

  • Une édition de référence de Roméo et Juliette de William Shakespeare, spécialement conçue pour la lecture sur les supports numériques.
    « L'amour est une fumée de soupirs ; dégagé, c'est une flamme qui étincelle aux yeux des amants ; comprimé, c'est une mer qu'alimentent leurs larmes. Qu'est-ce encore ? La folle la plus raisonnable, une suffocante amertume, une vivifiante douceur ! » (Extrait de l'Acte I, scène 1)

  • Une édition de référence du Portrait de Dorian Gray d'Oscar Wilde, spécialement conçue pour la lecture sur les supports numériques.
    « J'établis une grande différence entre les gens. Je choisis mes amis pour leur bonne mine, mes simples camarades pour leur caractère, et mes ennemis pour leur intelligence ; un homme ne saurait trop attacher d'importance au choix de ses ennemis ; je n'en ai point un seul qui soit un sot ; ce sont tous hommes d'une certaine puissance intellectuelle et, par conséquent, ils m'apprécient. Est-ce très vain de ma part d'agir ainsi ! Je crois que c'est plutôt... vain. » (Extrait du chapitre 1.)

  • Une édition de référence d'Eugénie Grandet de Honoré de Balzac, spécialement conçue pour la lecture sur les supports numériques.
    « En toute situation, les femmes ont plus de causes de douleur que n'en a l'homme, et souffrent plus que lui. L'homme a sa force, et l'exercice de sa puissance : il agit, il va, il s'occupe, il pense, il embrasse l'avenir et y trouve des consolations. Ainsi faisait Charles. Mais la femme demeure, elle reste face à face avec le chagrin dont rien ne la distrait, elle descend jusqu'au fond de l'abîme qu'il a ouvert, le mesure et souvent le comble de ses voeux et de ses larmes. Ainsi faisait Eugénie. »
    (Extrait du chapitre Le cousin de Paris).

  • Une édition de référence des Thérèse Raquin d'Émile Zola, spécialement conçue pour la lecture sur les supports numériques.
    « - Je ne sais plus pourquoi j'ai consenti à épouser Camille. Je n'ai pas protesté, par une sorte d'insouciance dédaigneuse. Cet enfant me faisait pitié. Lorsque je jouais avec lui, je sentais mes doigts s'enfoncer dans ses membres comme dans de l'argile. Je l'ai pris, parce que ma tante me l'offrait et que je comptais ne jamais me gêner pour lui... Et j'ai retrouvé dans mon mari le petit garçon souffrant avec lequel j'avais déjà couché à six ans. Il était aussi frêle, aussi plaintif, et il avait toujours cette odeur fade d'enfant malade qui me répugnait tant jadis... Je te dis tout cela pour que tu ne sois pas jaloux... Une sorte de dégoût me montait à la gorge ; je me rappelais les drogues que j'avais bues, et je m'écartais, et je passais des nuits terribles... Mais toi, toi... » (Extrait du chapitre VII.)

  • Une édition de référence de La Chartreuse de Parme de Stendhal, spécialement conçue pour la lecture sur les supports numériques.
    « Les courtisans, qui n'ont rien à regarder dans leur âme, sont attentifs à tout : ils avaient remarqué que c'était surtout dans ces jours où Clélia ne pouvait prendre sur elle de s'élancer hors de ses chères rêveries et de feindre de l'intérêt pour quelque chose que la duchesse aimait à s'arrêter auprès d'elle et cherchait à la faire parler. Clélia avait des cheveux blond cendré, se détachant, par un effet très doux, sur des joues d'un coloris fin, mais en général un peu trop pâle. La forme seule du front eût pu annoncer à un observateur attentif que cet air si noble, cette démarche tellement au-dessus des grâces vulgaires, tenaient à une profonde incurie pour tout ce qui est vulgaire. C'était l'absence et non pas l'impossibilité de l'intérêt pour quelque chose. »
    (Extrait du Livre 2.)

  • Une édition de référence d'Arsène Lupin contre Herlock Sholmès de Maurice Leblanc, spécialement conçue pour la lecture sur les supports numériques.
    « - Sholmès ? Oh ! j'avoue que celui-ci est de taille. Mais c'est justement ce qui me passionne et ce pour quoi vous me voyez de si joyeuse humeur. D'abord, question d'amour-propre : on juge que ce n'est pas de trop du célèbre Anglais pour avoir raison de moi. Ensuite, pensez au plaisir que doit éprouver un lutteur de ma sorte à l'idée d'un duel avec Herlock Sholmès. Enfin ! je vais être obligé de m'employer à fond ! car, je le connais, le bonhomme, il ne reculera pas d'une semelle. - Il est fort. - Très fort. Comme policier, je ne crois pas qu'il ait jamais existé ou qu'il existe jamais son pareil. Seulement j'ai un avantage sur lui, c'est qu'il attaque et que, moi, je me défends. Mon rôle est plus facile. En outre... Il sourit imperceptiblement et, achevant sa phrase : - En outre je connais sa façon de se battre et il ne connaît pas la mienne. Et je lui réserve quelques bottes secrètes qui le feront réfléchir... Il tapotait la table à petits coups de doigt, et lâchait de menues phrases d'un air ravi. - Arsène Lupin contre Herlock Sholmès... » (Extrait du chapitre 2, 1re partie)

  • Une édition de référence d'Une vie de Guy de Maupassant, spécialement conçue pour la lecture sur les supports numériques.
    « Alors une émotion infinie l'envahit. Elle découvrit brusquement la figure de l'enfant qu'elle n'avait pas encore vue : la fille de son fils. Et comme la frêle créature, frappée par la lumière vive, ouvrait ses yeux bleus en remuant la bouche, Jeanne se mit à l'embrasser furieusement, la soulevant dans ses bras, la criblant de baisers.
    Mais Rosalie, contente et bourrue, l'arrêta. "Voyons, voyons, madame Jeanne, finissez ; vous allez la faire crier."
    Puis elle ajouta, répondant sans doute à sa propre pensée : "La vie, voyez-vous, ça n'est jamais si bon ni si mauvais qu'on croit." (Extrait du chapitre XIV.)

  • Une édition de référence de Michel Strogoff de Jules Verne, spécialement conçue pour la lecture sur les supports numériques.
    « - Sire, une nouvelle dépêche.
    - D'où vient-elle ?
    - De Tomsk.
    - Le fil est coupé au-delà de cette ville ?
    - Il est coupé depuis hier.
    - D'heure en heure, général, fais passer un télégramme à Tomsk, et que l'on me tienne au courant.
    - Oui, Sire, répondit le général Kissoff.
    Ces paroles étaient échangées à deux heures du matin, au moment où la fête, donnée au Palais-Neuf, était dans toute sa magnificence. »
    (Incipit.)

  • Une édition de référence de L'île mystérieuse de Jules Verne, spécialement conçue pour la lecture sur les supports numériques.
    « L'obscurité était complète alors, et ne permettait pas au regard de s'étendre sur un rayon de deux milles. La mer entourait-elle cette terre inconnue, ou cette terre se rattachait-elle, dans l'ouest, à quelque continent du Pacifique ? On ne pouvait encore le reconnaître. Vers l'ouest, une bande nuageuse, nettement dessinée à l'horizon, accroissait les ténèbres, et l'oeil ne savait découvrir si le ciel et l'eau s'y confondaient sur une même ligne circulaire. »
    (Extrait de la Partie I.)

  • Une édition de référence de L'Éducation sentimentale de Gustave Flaubert, spécialement conçue pour la lecture sur les supports numériques.
    - « Adieu, mon ami, mon cher ami ! Je ne vous reverrai jamais ! C'était ma dernière démarche de femme. Mon âme ne vous quittera pas. Que toutes les bénédictions du ciel soient sur vous ! »
    Et elle le baisa au front, comme une mère.
    Mais elle parut chercher quelque chose, et lui demanda des ciseaux. Elle défit son peigne ; tous ses cheveux blancs tombèrent. Elle s'en coupa, brutalement, à la racine, une longue mèche.
    - « Gardez-les ! Adieu ! »
    Quand elle fut sortie, Frédéric ouvrit sa fenêtre, Mme Arnoux, sur le trottoir, fit signe d'avancer à un fiacre qui passait. Elle monta dedans. La voiture disparut.
    Et ce fut tout.
    (Extrait du Chapitre 6 de la Partie III.)

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