Denoël

  • La jongleuse Nouv.

    Ses proches l'avaient prévenue. Ophélie devra jongler entre sa carrière, sa vie d'épouse et de mère. Mais personne ne lui avait dit qu'il faudrait jongler avec les fragments de son existence morcelée.

    Perfectionniste et investie, Ophélie renvoie une image parfaite : mère épanouie, médecin accompli, épouse dévouée. Pourtant, face au miroir, elle ne se reconnaît plus. Où est-elle ? Qui est-elle ?
    Au fil des mois, Ophélie s'enlise. Il n'y a que dans le reflet de l'eau qu'elle semble s'apaiser, se reconnaître, au risque de s'y perdre.

    A travers le parcours d'Ophélie, mère tragique tiraillée entre souffrances intimes et désir d'excellence, se dessine le portrait saisissant d'une femme des temps modernes.

  • LA VERSION INÉDITE DU SUCCÈS MONDIAL D'IRÈNE NÉMIROVSKY.
    Écrit dans le feu de l'Histoire, Suite française dépeint presque en direct l'exode de juin 1940, qui brassa dans un désordre tragique de nombreuses familles françaises. De son village de Saône-et-Loire où elle est réfugiée, Irène Némirovsky traque les innombrables petites lâchetés et les fragiles élans de solidarité d'une population en déroute. Au fil de l'écriture et de l'avancée allemande, son roman se fait le miroir inquiétant du quotidien d'un pays sous le joug, jusqu'à ce que la réalité dépasse tragiquement la fiction lors de son arrestation en juillet 1942.
    Ainsi la grande Histoire précipite-t-elle le destin de la romancière et, avec lui, celui de Suite française. Son manuscrit inachevé, ses notes et nombreux écrits sont confiés à ses enfants dans une précieuse valise. Des années plus tard, sa fille, Denise Epstein, en exhume le roman Suite française. Il existait cependant deux versions de la fameuse suite romanesque : une version brute, originelle, la toute première (Denoël, 2004), et puis une seconde remaniée, plus ramassée, plus aboutie, celle que l'auteure envisageait de publier.
    Enrichie d'une présentation remarquable retraçant la genèse du roman, cette version inédite de Suite française, plus acide et mordante, révèle une romancière implacable et passionnée, habile à capter les travers et faiblesses de chacun, témoin, malgré elle, du pire de notre humanité.

    « UN ROMAN HALLUCINÉ. ON EN SORT SECOUÉ, RÉVOLTÉ, ÉMERVEILLÉ. »
    PASCAL BRUCKNER, LE NOUVEL OBSERVATEUR

  • «- Bardamu, qu'il me fait alors gravement et un peu triste, nos pères nous valaient bien, n'en dis pas de mal !... - T'as raison, Arthur, pour ça t'as raison ! Haineux et dociles, violés, volés, étripés et couillons toujours, ils nous valaient bien ! Tu peux le dire ! Nous ne changeons pas ! Ni de chaussettes, ni de maîtres, ni d'opinions, ou bien si tard, que ça n'en vaut plus la peine. On est nés fidèles, on en crève nous autres ! Soldats gratuits, héros pour tout le monde et singes parlants, mots qui souffrent, on est nous les mignons du Roi Misère. C'est lui qui nous possède ! Quand on est pas sage, il serre... On a ses doigts autour du cou, toujours, ça gêne pour parler, faut faire bien attention si on tient à pouvoir manger... Pour des riens, il vous étrangle... C'est pas une vie... - Il y a l'amour, Bardamu ! - Arthur, l'amour c'est l'infini mis à la portée des caniches et j'ai ma dignité moi ! que je lui réponds.»

  • L'histoire n'est pas banale. Flavières, pourtant, preuves à l'appui, ne pourra que confirmer plus tard toutes les craintes de son ami Gévigne au sujet de sa jeune épouse Madeleine. Ses absences, ses mystères, cette étrange mélancolie lui faisant regarder l'eau durant des heures¿ Pas d'amants, pas de simulation, aucune maladie. Peut-être une arrière-grand-mère morte noyée à 25 ans et qui souffrait des mêmes maux¿ Flavières ne quitte plus Madeleine des yeux. Son ami le lui a demandé. Il s'inquiète trop. Très vite, ils seront deux à ne plus fermer l'oeil. Madeleine ne peut pas mourir. Elle ne le doit pas. Flavières ne le supporterait pas...

  • "Je ne dis plus grand-chose, mon verre est vide et ma vie se fait la malle."
    Suzanne et ses amis travaillent parce qu'il le faut et boivent pour chasser l'ennui. Vagabonds immobiles, ils rêvent d'amours durables ou au moins d'un peu de tendresse. Tandis que les jours passent comme un disque rayé et emportent leur jeunesse, ils laissent se jouer la mélodie du hasard.
    Portrait de groupe d'une jeunesse en déshérence, La Vie consommée est un premier roman brut et incandescent.

  • Par désir de paraître, déni du passé, pour cause d'inertie, de lâcheté, quelquefois par désespoir ou générosité, des gens ordinaires empruntent ces Passages d'enfer générés par l'ordre social.

  • "Je me rappelle son nom : Pétrelle. Un homme de haute taille, soixante-quinze ans, moustache grise, forte pomme d'Adam, teint maïs de fumeur, cancer du poumon. Ma soeur avait noué la cravate assez bas, pour cacher le vilain trou de la trachéotomie. Le mort portait une perruque, la famille savait-elle ?
    J'avais quinze ans. C'était la première fois que j'assistais à la toilette d'un mort.
    - C'est dégueulasse."
    Le jeune Gabriel Spautz a côtoyé la mort dès son plus jeune âge. À quatre ans, il rencontrait son premier macchabée. À six, il connaissait tous les cimetières de son petit pays. À quinze, c'était un habitué des convois funéraires. Robbe Spautz en est sûr : son fils lui succédera à la tête de l'agence LUMIÈRE-DE-L'EST.
    Pourtant, Gabriel n'a pas la vocation. Au Centre de formation aux métiers du funéraire, ses certitudes vacillent. S'accrocher, par fidélité aux siens ? Quitter le métier, et trahir sa famille ?

  • Heureuse, elle plaçait leur amour au-dessus de tout jusqu'au jour où elle découvre que son mari mène une double vie. Elle, écrivain, reporter de guerre, se retrouve submergée par la douleur de la trahison. Dévastée, elle choisit pourtant de ne pas confronter son mari à la vérité. Dans un huis clos étouffant, elle observe le traître, supporte son regard, son corps devenu étranger. Peu à peu, elle perd pied, flirte avec la folie jusqu'à ce que naisse l'idée d'une vengeance implacable.
    Juste après l'amour dessine l'itinéraire d'une femme trompée. Un roman coup de poing qui dénonce une autre forme de violence, celle qui détruit les êtres à force de mensonge et de trahison.

  • Elle le rencontre, et c'est un émerveillement. Tristan est un artiste génial qui transforme le rêve en réalité. À ses côtés, la vie devient une grande aire de jeux où l'on récite des poèmes en narguant les passants. Il ne ressemble à personne, mais cette différence a un prix. Le monde est trop étriqué pour lui qui ne supporte aucune règle. Ses jours et ses nuits sont ponctués d'angoisses et de terreur. Seul l'amour semble pouvoir le sauver. Alors elle l'aime éperdument, un amour qui se donne corps et âme, capable de tout absorber, les humeurs de plus en plus sombres, de plus en plus violentes.
    Jusqu'à quel point ? Au point de s'isoler pour ne plus entendre les insultes, au point de mentir à ses proches, au point de s'habituer à la peur ? Est-ce cela, aimer quelqu'un ?
    Un premier roman d'une rare justesse sur l'emprise amoureuse.

  • Un homme jeune, très jeune, commet un jour sans le vouloir un acte irréparable, et dès cet instant la vie sera pour lui une longue cavale qui le mènera de verdun à paris, de paris à marseille, de marseille en corse ? , de corse en italie, d'italie au monténégro, du monténégro en turquie, de turquie en grèce, et enfin de grèce à marseille, dans l'immédiat après-mai 68, oú il découvrira en tant qu'aide-infirmier cet autre monde qu'est l'hôpital psychiatrique.

    Telle est donc la trame picaresque du premier roman de rené frégni qui sait de quoi il parle, longtemps familier de la route de compagnon de l'aventure, et qui surtout exprime admirablement la solitude, la détresse, l'humour et l'inébranlable volonté de survivre d'un être désormais en marge.

  • Au collège de Clerval, près de Tours, Éric Capadis, jeune professeur d'histoire-géographie, vient de se suicider en se jetant par la fenêtre de sa classe.
    Lorsque Pierre Hoffman, son remplaçant, prend contact avec ses nouveaux élèves, il décèle chez eux des comportements étranges. Soudés, anormalement disciplinés, ces adolescents forment un bloc impénétrable. Surtout, ils dégagent une hostilité diffuse, une violence sourde dont le narrateur sent qu'elle peut devenir extrême. Quelques blagues d'enfants attardés : c'est ce que pense d'abord Hoffman lorsqu'il reçoit par la poste un curieux objet en peluche, lorsqu'il retrouve balafrée au cutter une jeune élève qui l'avait simplement «mis en garde», ou lorsqu'il récupère une cassette vidéo à l'énigmatique contenu.
    Mais le collège tout entier semble conspirer pour banaliser la situation. Lucide et paralysé, Hoffman prend lentement la mesure de l'ascendant des enfants dans cette déliquescence scolaire, de leur savoir-faire manipulateur. Et tandis que tout s'accélère, il assiste impuissant au déroulement du plan qu'ils ont conçu. Comme une issue logique à leur destinée autiste. Comme une impeccable mise en scène pour leur adieu au monde.

  • Il y a un peu moins d'un siècle paraît pour la première fois L'Ennemie, petit bijou d'une jeune romancière encore inconnue du public. Dans ce roman, publié sous le nom de Pierre Nerey, Irène Némirovsky dissèque sous couvert de la fiction toutes les ambivalences de sa relation avec sa mère. Ici, Irène devient Gabri, une jeune fille de dix-sept ans en révolte, avec toute la violence confuse de l'adolescence, contre une mère indifférente, vieille coquette sur le déclin aux prises avec son dernier amour.
    Ce conte cruel du Paris des années folles suit le terrible apprentissage par Gabri d'une féminité déchirée entre désirs naissants et solitude irréductible, où le visage de l'être détesté devient d'autant plus haïssable pour la jeune fille que ces traits se confondent peu à peu avec les siens. Telle une nouvelle Électre, Irène Némirovsky n'épargne pas cette mère qui ressemble furieusement à la sienne et dont elle dresse le portrait-charge sous les traits d'une coquette aussi vaine que cruelle.
    Toute une société déboussolée renaît ainsi sous la plume acide d'une auteure emblématique de l'entre-deux-guerres.

  • "Il est des crimes qui vous habitent ; des crimes qui font plus mal que les autres et vous ne savez pas toujours pourquoi. Vous êtes cueilli par surprise, au moment où vous vous y attendiez le moins, par un détail qui vous laissera le coeur en pièces. Ils se figent en vous comme une écharde dans la chair et tout autour la plaie ne cesse plus de s'infecter. Un jour, les tissus se reconstruisent enfin - ce mort-là fait désormais partie de vous.
    Pour Monika, l'adjointe de la Crime, c'est une petite fille disparue il y a longtemps. Pour JeanJean, qui préfère depuis lors se concentrer sur la téléphonie, c'est une grand-mère dans un pavillon misérable.
    Pour Yohan, tout le monde le sait, c'est Clara."
    C'est la première fois que la PJ française ouvre ses portes à une romancière, embarquée un an auprès des brigades criminelles. Avec empathie et humour noir, Pauline Guéna restitue l'alternance d'adrénaline, de férocité et d'accablement qui fait le rythme des enquêtes.
    18.3 est un voyage au coeur de la part sombre des hommes.

  • Que vous aimiez lire dans votre bain ou par-dessus l'épaule de votre voisin, laisser votre roman dans un wagon de métro ou l'offrir à votre meilleure amie, partager vos lectures en famille ou seulement à deux, que vous collectionniez les marque-pages, les éditions rares ou les "poches" d'occasion, alors ce livre est fait pour vous... Juliette prend le métro tous les jours à la même heure. La ligne 6, le métro aérien. Ce qu'elle aime par-dessus tout, c'est observer, autour d'elle, ceux qui lisent. La vieille dame, le collectionneur d'éditions rares, l'étudiante en mathématiques, la jeune fille qui pleure à la page 247. Elle les regarde avec curiosité et tendresse, comme si leurs lectures, leurs passions, la diversité de leurs existences pouvaient donner de la couleur à la sienne, si monotone, si prévisible. Jusqu'au jour où Juliette décide de descendre deux stations avant son arrêt habituel, et de se rendre à son travail en coupant par une rue inconnue ; un pas de côté qui va changer toute sa vie.

  • Avec l'inspecteur Ali, Driss Chraïbi a créé le Candide du monde méditerranéen. À travers lui, l'auteur porte un regard ironique sur la société arabe et s'offre toutes les libertés. Des bas-fonds de Casablanca à l'hôtel somptueux de la Mamounia, en passant par les hautes sphères politico-financières de la coopération internationale, Ali déroute tous ceux qu'il côtoie par ses interrogatoires et ses facéties au troisième degré.

  • "Gabrielle distinguait ses amis en deux catégories : ceux des livres, qu'elle voyait à la bibliothèque ou au lycée, et ceux des plantes, qu'elle rencontrait chez les pépiniéristes ou dans les foires aux plantes de la région. Martin les confondait tous - vieilles dames amoureuses de Marcel Proust ou des fougères arborescentes, créateurs de jardins feng shui ou poètes du dimanche, fleuristes aux mains calleuses, botanistes pensifs..."

    Gabrielle a deux passions : la lecture et son jardin. Lorsqu'elle meurt accidentellement, le monde de Martin, son compagnon, s'effondre. Inconsolable, il s'efforce de maintenir vivant le souvenir de la femme qu'il aimait. Lui qui n'ouvrait jamais un livre et pour qui le jardin était le domaine réservé de Gabrielle, se met à lire ses romans et à entretenir ses fleurs. C'est ainsi qu'il découvre un secret que, par amour, Gabrielle lui avait caché. Ce secret bouleversera sa vie, mais lui permettra de surmonter son deuil d'une manière inattendue.

  • Victor et Picot sont deux copains à la ramasse. Le premier passe ses journées vautré sur un canapé à écouter Bach ; le second enchaîne les petits boulots. Ils se retrouvent vigiles de nuit à Lagny-sur-Marne, chargés de veiller sur un parc de camping-cars avec deux chiens récupérés en hâte à la SPA. Mais les deux bras cassés s'endorment dans l'un des véhicules et celui-ci est volé. Ils se réveillent près de la frontière allemande et décident alors de s'installer dans un camping isolé d'une vallée alsacienne où ils font la rencontre d'une jeune fille et de son père, qui avec quelques amis du coin se préparent à l'effondrement de la société. Les deux compères se sentent très à l'aise dans leur nouvelle famille, mais voilà que le "progrès" pointe le bout de son nez dans la vallée : une décharge industrielle et un Center Parc de deux cents hectares menacent de s'implanter sur la lande. Et si la catastrophe attendue était déjà là ? Pour la petite bande que va bientôt diriger un "général" très spécial, il est l'heure d'entrer en résistance au coeur de la montagne... Olivier Maulin excelle dans l'art de dénoncer les travers du monde moderne avec une verve et une gouaille irrésistibles. Un roman aussi désopilant qu'intelligent, salutaire par les temps qui courent.

  • "Il faut un lieu pour faire une famille. Il faut une terre, même regrettée, même imaginaire ou, à défaut, promise. Chez nous, aucune trace. Tout a été soigneusement oublié. Pas d'adresse, pas de nostalgie, pas d'histoire. Pas d'arbre. Pas de recette de cuisine. Pas de tradition. Aucune tradition. Rien. Des gens de passage."
    L'auteure s'accroche aux branches de son arbre généalogique pour retrouver les femmes de son ascendance et tenter de comprendre s'il existe, en amour, une prédisposition familiale. Et si notre lignée déterminait nos comportements amoureux ? Cherchant à conjurer autant qu'à réparer, elle se plonge dans ses origines, perdues, oubliées, espérant y trouver une clé. À mesure de ses recherches, elle comprend qu'il ne reste rien du passé et que la littérature est sa terre.

  • « Les plus hautes récompenses m'étaient périodiquement décernées, mais, je ne sais comment, on s'arrangeait pour que les bénéfices de cette notoriété retombassent avec éclat sur d'autres dont la médiocrité n'avait pu les obtenir.
    On faisait même en sorte de ne pas m'allouer les sommes accompagnant ces distinctions et, pour justifiées qu'elles fussent, mes réclamations restaient sans écho, car rapidement l'habitude fut prise de ne faire réponse à aucune de mes lettres ». Soixante-seize texte donnent ainsi du monde une vision de colonie pénitentiaire. Le petit homme y est soumis aux tracasseries d'un quotidien qu'il est tout prêt à accepter, voire même à comprendre.
    Sommes-nous juste avant le cataclysme ou juste après ? Ou bien sommes-nous tout simplement dans l'univers banal de toute condition humaine, c'est-à-dire, pour Calaferte, l'aménagement de l'insupportable ?

  • Sa passion ? L'opéra. Son métier ? Tueuse à gages.
    Elle n'a pas de nom. Se tient à distance, de tout et d'abord d'elle-même. Restauratrice le jour, elle se transforme, la nuit, en machine à tuer.
    Quand elle n'obéit pas aux ordres de ses commanditaires, elle court le monde, d'opéra en salle de concerts, pour écouter les oeuvres de son compositeur fétiche, Richard Strauss.
    Son prochain contrat ? Une cheffe d'orchestre à la célébrité naissante...
    Elle s'appelle Hope Andriessen. D'origine rwandaise, elle a assisté au massacre d'une grande partie de sa famille. Depuis, la musique est son foyer et sa seule raison de vivre.
    Après des années d'efforts acharnés, elle vient enfin d'être nommée à la tête d'un grand orchestre ; juste avant Noël, elle dirigera un opéra de Strauss, La Femme sans ombre.
    Deux femmes que tout sépare, sauf leur passion pour la musique.
    Et le fait que la première va devoir tuer la seconde...

  • 3 bis, rue Riquet, Toulouse, un immeuble banal. Enfin pas tout à fait : Cécile, au rez-de-chaussée, traductrice agoraphobe, ne quitte jamais son appartement. Elle surveille les allées et venues de ses voisins par le judas de sa porte et s'invente des vies rocambolesques.Au premier, Lucie aime sortir et boire dans les bars en espérant le grand amour, via Internet.En face, Madeleine, la comtesse Mado des trottoirs, a connu ses heures de gloire dans le quartier. L'âge venu, il ne lui reste plus guère de clients et les fins de mois sont difficiles.Seul homme de l'immeuble, Marc est un quadragénaire arriviste qui a spéculé en achetant le dernier étage. La présence d'une prostituée qui travaille à domicile dérange ses plans, il aimerait bien s'en débarrasser.Mais la comtesse Mado a du répondant, et la crudité de son langage cloue le bec du jeune cadre sans scrupule. Pourtant, la vieillesse est cruelle, et le métier exige d'avoir les idées claires. Alors Mado bat le rappel de ses amies tapineuses et de ses voisines. C'est le combat de la dernière chance, elle le gagnera !

  • Avril 1894. Tandis que les bombes des anarchistes ensanglantent Paris, la réputation d'un jeune pianiste ne cesse de grandir. Fédor, virtuose tourmenté, compose une musique aux pouvoirs extraordinaires. Joie, tristesse, colère : les émotions générées par son instrument se répercutent sur son public et le plongent dans un dangereux état de dépendance. Lorsque Fédor est accusé de préparer un attentat, il est contraint d'accepter le marché que lui soumet le commissaire Chavreuil. Qui lui a tendu ce piège ? Qu'attend-on de lui ? Que cache son incroyable don ? Troublé par la fougueuse Solange que le destin a placée sur son chemin, Fédor va devoir mettre ses talents au service d'une puissance occulte. Il découvrira qu'une sonate peut parfois provoquer... un massacre.

  • Paraphe Louis Calaferte Il faut lire Louis Calaferte. Romancier, poète, homme, essayiste. Violent dans ses colères et ses attendrissements. Indigné par tout avec excès. Amoureux des femmes à la folie, avec nuance, avec tendresse. Cherchant la mesure dans la démesure. Tenant l'art pour un équilibre majeur. Haïssant tout ce qui relève du bourgeois. Esprit libre. Singulier. N'appartenant à aucune école.
    Il faut lire Paraphe. Ce texte est un miroir : tout Calaferte y est, pris comme la lumière dans un éclat de diamant, et nous aussi, dans nos faiblesses, nos rêves et nos colères.
    Publié en 1974 par Denoël, oublié depuis, c'est un texte d'une merveilleuse actualité : être libre, être soi-même est notre force, et cela seul résiste au temps.

    Tout ce que je dis n'a aucune importance, comme tout ce que je ne dis pas.

    Il y a toute une liste de choses que j'ai oubliées de faire avant de mourir. J'espère qu'on ne m'en voudra pas.

    Pour passer le temps.
    L'attente du courrier. / Le grand livre à écrire. / Les heures calmes du soir. / Moi dans le destin de quelqu'un qui n'est pas moi, que je ne voudrais pas être. L'être passagèrement est divertissant si on sait s'y prendre. / Moi après ma mort.
    La somptueuse propriété que je n'habiterai jamais. / Les grandes idées métaphysiques (qui ne débouchent sur rien).
    Ce que je vivrai plus tard, je ne sais quand, probablement jamais. / Quelques rares belles lectures. / Les élans mystiques L'illusion d'être compris. / Croire qu'il y a encore des choses merveilleuses qui peuvent m'arriver. / Quelques rares belles émotions dont celles des quelques rares belles lectures (voir plus haut).
    Le dégoût pour l'inimaginable bêtise cruelle de mes contemporains.
    Tout ce qui arrive de fâcheux aux imbéciles (incendies par imprudence, accidents de chasse, enfants anormaux, victimes d'escroqueries par appât du gain facile, disparitions de familles entières par imprévoyance, etc.).
    Les conversations idiotes entre gens idiots.
    Les remises de décorations, les éloges funèbres, les distributions de prix (littéraires), les discours électoraux.
    Les enthousiasmes idéologiques des foules.
    Et encore quelques petites choses, au gré de l'événement.

    Tous mes textes sont des textes de jeunesse.

    J'approuve parce que c'est commode, mais je n'en pense pas un mot.

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