Littérature générale

  • Avec la publication de Diam's autobiographie, en 2012, et sa première apparition à la télévision après une longue absence, Mélanie Georgiades, dont la conversion à l'islam avait fait grand bruit, a acté sa renaissance. Depuis, elle s'est consacrée à sa vie de femme et de jeune maman, laquelle lui a réservé de grandes joies mais aussi des épreuves. Car la route vers le bonheur est parfois longue, et semée d'embûches. Mélanie le sait bien. Elle revient ainsi sur les jours d'après la sortie de son premier livre, et les réactions, violentes ou bienveillantes des médias, de l'opinion publique mais aussi de son public et de son entourage. Elle renoue notamment avec des proches que sa conversion avait éloignés d'elle ; elle se rapproche de sa mère, et surtout retrouve son père, le grand absent de sa jeunesse. Pendant ce temps, Mélanie suit toujours son chemin spirituel, apprend la tolérance et s'applique, du mieux qu'elle peut, à « se lever tous les matins en essayant d'être meilleure que la veille » et, dit-elle, dans un éclat de rire : « C'est un programme complet pour une journée ». Cependant celle qui vit sa foi comme un témoignage de paix et de sérénité veut aussi rétablir des vérités à propos du terrorisme qu'on attribue à l'islam et qui - selon ses mots - n'est le fait que d'égarés en perdition et d'ignorants. Elle veut raconter comment la foi l'a au contraire adoucie, apaisée, soignée et guérie de ses blessures. Et veut tendre une main à ceux qui ont peur de l'Islam, une main chaleureuse et pacifique. Loin du bruit et de la colère, Mélanie prône le respect, l'ouverture et l'apaisement dans une France désormais multiculturelle aux couleurs et croyances variées.

  • " Je suis venu au Liban, voir ce qu'il en était de ces hordes de crevards qui prenaient d'assaut nos frontières, pour nous voler nos emplois et cramer nos allocs. J'ai décollé mon cul de mon divan, éteint ma télé après 59 mois passés à regarder le peuple syrien se faire écraser dans un silence vertigineux. J'ai vu la lumière au milieu de cette misère... "
    Un jour d'été 2015, Bernie Bonvoisin décide de se rendre au Liban et d'aller à la rencontre des jeunes Syriennes et Syriens réfugiés au pays du Cèdre. Dans les camps et les squats de fortunes où les exilés forcés survivent dans un dénuement extrême, le long de la frontière, il veut recueillir les mots d'une enfance volée par la guerre et le terrorisme, dont l'innocence anéantit tous les discours politiques. Là, il rencontre une génération sacrifiée à la maturité spectaculaire, le futur de la Syrie.
    Bernie Bonvoisin, fondateur du groupe Trust, est connu pour ses engagements politiques. Il est aussi cinéaste et romancier.

  • « Il est temps de dire nous. Ce nous qui rassure par ses audaces, ce nous qui crée de la confiance en risquant son bonheur. Dire nous pour partir à la recherche d'un horizon des possibles en faisant chemin tous ensemble, dans le souci des plus fragiles et des moins protégés, des moins habiles et des plus exploités. Dire nous pour inventer un nouvel imaginaire qui nous élève et nous relève, en nous extirpant du marécage où macèrent nos divisions, nos rancoeurs, nos ressentiments. Dire nous pour cesser de dire eux contre nous, nous contre eux, notre nous contre le leur, dans une guerre sans fin dont nous serons tous les victimes, nous comme eux. Dire nous pour réussir à échapper aux fatalités du présent par la subversion de l'ordinaire et du quotidien, en l'enchantant par la beauté et la bonté, contre la laideur et la méchanceté. Dire nous avec cette certitude que la politique, comme bien commun, est d'abord une poésie, une poétique où l'espérance retrouve l'énergie qui lui manquait, comme un souffle libérateur. Dire nous, donc, pour inventer tous ensemble le oui qui nous manque, celui d'un peuple réuni dans sa diversité et sa pluralité autour de l'urgence de l'essentiel : la dignité de l'Homme, le souci du Monde, la survie de la Terre. » Journaliste, Edwy Plenel est cofondateur et président de Mediapart, journal en ligne indépendant et participatif. Il a notamment publié chez Don Quichotte Le Droit de savoir (2013) et Dire non (2014).

  • " L'antispécisme milite pour l'intégration de tous les êtres vivants sensibles dans une même famille de considération morale. Vu sous un autre angle, cela signifie que l'antispécisme revendique l'appartenance de l'espèce humaine à une communauté beaucoup plus large qu'elle-même, celle des animaux. Il s'agit de notre communauté d'origine, dont nous ne sommes jamais sortis, malgré nos tentatives désespérées pour le faire croire et l'obstination à renier nos origines. Nous ne sommes que les jeunes visiteurs d'un zoo égaré au milieu de nulle part. "
    Antispéciste explore la génétique, la cosmologie, l'éthologie, le droit et la philosophie pour expliquer pourquoi nous sommes tenus aujourd'hui d'accorder certains droits élémentaires aux animaux non humains sensibles. Mais cette extension de notre sphère de considération morale s'inscrit dans une réflexion beaucoup plus large. En invitant à repenser le vivant et la place de l'homme dans l'univers, Antispéciste décrypte les raisons de l'échec de l'écologie politique traditionnelle et propose un nouveau projet nommé l'écologie essentielle, qui doit aboutir à une réforme constitutionnelle pour prendre en compte la valeur intrinsèque de tous les êtres vivants.
    Antispéciste pose également des questions inédites : qui sont les animalosceptiques ? Pourquoi l'antispécisme est-il un combat social ? Pourquoi Superman est-il un superhéros antispéciste ? Pourquoi le vrai but de l'écologie est-il en réalité de faire sortir l'homme de la nature ? Qu'est-ce que la réduction de l'empreinte négative ? Pourquoi les éleveurs ont-ils intérêt à rejoindre les antispécistes ?
    Antispéciste est un appel au soulèvement des consciences. Un appel à la révolte individuelle. Un appel à un nouvel humanisme.
    Aymeric Caron est journaliste et écrivain. Il est l'auteur d'Envoyé Spécial (2003), No Steak (2013) et Incorrect (2014). Il invite à une nouvelle réflexion sur la nature et les droits des animaux.

  • « Les moukhabarâts d'Assad nous ont fait remonter à la surface. C'était la première fois que je voyais la lumière depuis 37 jours, depuis mon arrivée à la prison d'Al-Khatib. On nous a rassemblés dans une cour cernée de barbelés. Un officier a entamé un discours : "Dans un geste généreux, monsieur le président vous a amnistiés. Vous devez maintenant vous éloigner des mauvaises actions, être d'honnêtes citoyens, renoncer aux manifestations et au complot occidental." Je me cachais les yeux, complètement ébloui. Je découvrais des taches blanches sur ma peau. Un bus nous a emmenés non loin du "carré sécuritaire", dans un quartier que je connaissais bien pour y avoir fait des chantiers avec mon oncle. Chacun est parti dans une direction. "N'oublie pas ceux qui sont restés !" m'a crié un vieil homme de l'autre côté de la rue. » Majd a 23 ans lorsqu'il participe aux premières manifestations contre la dictature de Bachar al-Assad. Mais les aspirations démocratiques du peuple syrien se heurtent vite à la violence inouïe du régime. À sa sortie de détention, à l'automne 2011, il s'engage dans les aides médicales puis crée des centres pour les enfants de sa Ghouta natale qui, délivrée par les forces révolutionnaires, subit un terrible siège : bombardements, malnutrition, situation médicale dramatique, commerce de guerre, attaque chimique... Pourtant, la société civile, militants, médecins, enseignants, citoyens journalistes, continue à assurer de son mieux la permanence de la vie. Majd Al Dik, 27 ans, est aujourd'hui réfugié politique en France. Traductrice de l'arabe vers le français, Nathalie Bontemps a vécu huit ans en Syrie.

  • Alors que le Conseil national de la résistance espérait, à la Libération, que la France se dote d'une presse indépendante des " puissances financières ", celles-ci contrôlent désormais presque tous les médias. Et la normalisation économique se double fréquemment d'une normalisation éditoriale, quand il ne s'agit pas d'une censure pure et simple.
    De Canal+ à France Télévisions, en passant par M6 ; de Libération au Monde, en passant par Le Parisien, Laurent Mauduit mène l'enquête sur la reprise en main dont toute la presse, ou presque, a fait l'objet ces dernières années.
    Pour comprendre la gravité de cette mise sous tutelle, il nous invite aussi à nous replonger dans les combats démocratiques en faveur d'une presse libre et indépendante qui, de 1789 à nos jours, ont secoué la France. Une plongée dans le passé, celui de la presse asservie du Second empire ou celui de la presse corrompue de l'entre-deux-guerres, qui permet de prendre la mesure de la régression que nous vivons actuellement.
    Établissant une description méticuleuse du naufrage des médias français, l'enquête est aussi un plaidoyer en faveur d'une refondation de la presse, dans le cadre d'une révolution démocratique. Tant il est vrai qu'il n'y a pas de démocratie véritable sans citoyens éclairés...
    Écrivain et journaliste, Laurent Mauduit est cofondateur de Mediapart. Auparavant, il a été chef du service économique de Libération et directeur adjoint de la rédaction du Monde.

  • « Tu le prends, et tu t'en vas ! » lâche le diplomate américain. Ce 22 mars 2013, l'homme des missions délicates de la Cour prend livraison du fugitif. Les Américains sont pressés. Surtout, ne pas montrer qu'ils coopèrent avec la Cour. Surtout, ne pas être là lorsque Bosco Ntaganda comprendra que le deal n'est pas exactement à la hauteur de la promesse... Le Belge a tout juste le temps de passer les menottes aux poignets de Terminator (charmant sobriquet du milicien), de s'engouffrer dans un véhicule blindé et de foncer vers l'aéroport de Kigali. Les Rwandais n'ont pas fourni d'escorte à l'envoyé de la Cour et rejettent officiellement tout lien avec l'affaire. Sur le tarmac, un Jet les attend pour un aller simple à destination de La Haye à 113 000 euros. Une reddition à grands frais après sept ans de cavale.À 8 000 kilomètres de la mine d'or de Kilo-Moto dans l'est congolais, Bosco Ntaganda partage désormais l'ordinaire d'une poignée de politiciens, d'un ex-enfant soldat et du président déchu Laurent Gbagbo. Comme lui, les chefs d'État kenyans, libyens et soudanais ont été ciblés par la CPI mais ont connu d'autres fortunes. Au terme d'une âpre bataille, Uhuru Kenyatta a été auréolé d'un non-lieu, Mouammar Kadhafi a choisi de mourir à Syrte plutôt que moisir à Scheveningen, et Omar el-Bachir continue de mener à la trique sa guerre au Darfour sous l'oeil des satellites-espions de la star hollywoodienne George Clooney. Le héros de Nespresso y traque en live des preuves de crimes contre l'humanité.Bâtie dans le sillage du tribunal de Nuremberg chargé de juger les chefs nazis après la Seconde Guerre mondiale, érigée sur les fondations des tribunaux pour l'ex-Yougoslavie et le Rwanda établis dans les années 1990 par les Nations unies, la Cour pénale internationale est née d'un traité signé à Rome en 1998, entre la fin de la guerre froide et les attentats du 11-Septembre. À des milliers de kilomètres des sites de crimes, elle est le théâtre de guerres conduites au quotidien code pénal à la main. Menaçant chefs d'État et seigneurs de guerre, elle se dresse en nouvel acteur des relations internationales, souvent embarrassant, parfois salutaire, suscitant l'émergence d'une véritable diplomatie judiciaire. Si elle fut la promesse d'un futur libéré de l'impunité, se rêvant en Thémis au chevet d'après-guerres et suspendant son glaive sur le crâne des bourreaux, la voici transformée en arme diplomatique à l'usage des puissants, apposant leur label sur le bien et le mal.

  • En septembre 1985, le ministre de la Dfense et le patron de la DGSE furent contraints de dmissionner sous l'effet de rvlations de presse qui firent tomber le chteau de cartes du mensonge officiel.Jeune journaliste au Monde - j'allais avoir, cet t-l, trente-trois ans -, je fus l'origine de ces informations qui, soudain, firent surgir le journalisme d'enqute, ses rvlations et ses tensions, la Une du quotidien alors de rfrence, bible des lites politiques, tatiques et conomiques du pays. Si j'ai crit plusieurs livres, mlant rflexion et tmoignage, sur les ralits, et notamment les affaires, que j'ai eu traiter durant prs de quarante ans de journalisme, je n'ai jamais rien dit de cette histoire emblmatique.J'ai mme longtemps choisi de me taire face toutes les btises, approximations ou rumeurs, qui s'en sont empares. Le journalisme conformiste, que j'aime appeler de gouvernement, n'est pas le dernier nier les vrits qui drangent. Et son commanditaire silencieux, l'tat profond, dont les servitudes n'ont pas d'tiquette partisane, n'aime gure perdre face au dsordre incarn par le journalisme sans fils la patte, libre et indocile. Mais j'ai prfr laisser dire, respectant un dlai de viduit qui tait aussi une forme de respect pour les acteurs oprationnels d'une mission dont le pouvoir prsidentiel d'alors, celui de Franois Mitterrand, tait seul coupable et comptable.C'est ce silence que j'ai dcid de rompre. D'abord parce que l'affaire Greenpeace est une leon de choses journalistique, salutairement dmystificatrice sur ce qu'est une enqute, son artisanat, son travail collectif, ses intuitions, ses ttonnements, ses risques. Ensuite parce que ce scandale d'tat claire d'une lumire aveuglante la ralit faiblement dmocratique du prsidentialisme franais, ses abus de pouvoir potentiels et les risques qu'ils font courir notre pays. Enfin, tout simplement, parce que l'acteur de cette histoire que je fus, en raison de l'effet politique des rvlations du Monde, n'a plus envie que d'autres la malmnent ou la dforment.

  • 12 juillet 2012. Philippe Varin, président du directoire de PSA, premier constructeur automobile français, annonçait la fermeture du site d'Aulnay. Ainsi donc, après leur avoir promis que le site resterait ouvert et que la priorité était de préserver leurs emplois, les ouvriers d'Aulnay sont priés d'aller voir ailleurs. Une entreprise qui ferme, c'est presque une banalité par les temps qui courent : dans le cas de PSA-Aulnay, ce sont 3 000 emplois supprimés, 3 000 vies bousculées, et quelques images au journal de 20 heures, vite chassées par une nouvelle actualité.Un emploi industriel, c'est comme un arbre après la tempête, vite déraciné mais plus difficile à faire repousser. Certains ouvriers d'Aulnay seront reclassés dans le groupe, d'autres devront partir à la recherche d'un (improbable) nouveau CDI. Ghislaine Tormos, elle, a décidé de se battre avec courage. Avant ce jour de juillet, Gigi n'avait encore jamais fait grève. Depuis, elle est devenue l'un des symboles de la lutte des ouvriers de PSA.La crise grandissant, les voitures se vendent moins, les profits de PSA ne sont plus ce qu'ils étaient, et supprimer des emplois devient la seule réponse à la crise. « On me dit que je coûte trop cher, mais pour moi depuis des années, c'est la vie qui est trop chère. » Gigi n'accepte pas que son travail, sa seule richesse, soit devenu le mal-aimé de notre économie, que l'on parle de son coût comme d'une charge pesante et jamais de sa valeur fondamentale. Elle n'accepte pas davantage que les socialistes n'aient pas tenu les promesses faites aux ouvriers d'Aulnay lors de la campagne présidentielle. Elle ne se résout pas à cette fatalité de laisser sans broncher fermer nos usines les unes après les autres.Derrière le témoignage de cette quinquagénaire parlant juste, il y a la parole de tous ces ouvriers, hommes et femmes, liés chaque jour par une chaîne de travail, dans l'effort, la contrainte, parfois la douleur. Autrefois certains d'appartenir à une organisation humaine qu'ils pensaient solide, ils se sentent aujourd'hui trahis.Face aux implacables logiques économiques et financières, le point de vue de la petite ouvrière d'Aulnay ne pèse pas bien lourd, or il mérite qu'on l'écoute.

  • « Je me demande ce qui se cache dans les secrets de l'âme de ces anciens combattants serbes. Ont-ils été témoins des crimes de guerre ? Acteurs du nettoyage ethnique ? Je m'interroge sur cette façon de nier et de travestir le passé. Pourtant, de longues enquêtes approfondies ont révélé des atrocités et des massacres à grande échelle. Après plus de vingt ans, je perçois au mieux le silence, au pire le mensonge. Je m'apprête à partir quand Sredan lâche : "Une nouvelle guerre est possible. Les Balkans sont un baril de poudre, et les Musulmans d'ici se sentent plus turcs que les Turcs." Je songe à cette phrase lourde de menaces et imagine que le vétéran et quelques-uns de ses camarades ressassent chaque jour ces histoires de guerre au fond du bureau poisseux de leur association. L'avenir ne s'annonce pas radieux. » Hervé Ghesquière était à Sarajevo, en 1992, quand la Yougoslavie a explosé, marquant le début d'un des conflits les plus meurtriers de cette fin de siècle, en plein coeur de l'Europe. Vingt ans après, il est retourné sur ses traces, pour un périple de neuf mille kilomètres dans une Bosnie marquée au fer rouge de la guerre. Le nationalisme et la corruption n'ont cessé depuis de ronger un pays en proie au sectarisme et au populisme, qui mènent inévitablement au précipice. Un récit éclairant, à l'heure où l'Europe semble sombrer dans le repli identitaire. Hervé Ghesquière est grand reporter à France 2. Il a couvert de nombreux conflits : ex-Yougoslavie, Cambodge, Rwanda, Irlande du Nord, Irak et Afghanistan. Il travaille aujourd'hui pour l'émission « Envoyé spécial ». En 2012, il a publié 547 Jours, un récit relatant son expérience d'otage des talibans.

  • Tout le monde connaît les frasques de la rock star pourrie gâtée, ses coups de gueule plus ou moins justifiés. Il vire une fan en plein concert parce qu'elle a eu l'audace de se faire remarquer : « Je suis venu ici pour ouvrir une put*** de montagne, et vous essayez de me dicter mon art. Ne m'interrompez pas ! Je suis Kanye West, put*** ! » Après l'ouragan Katrina, il déclare sans filtre : « George Bush n'en a rien à faire des Noirs », puis clashe Barack Obama : « On ne change pas le monde en restant à la Maison Blanche. » En août 2015, l'époux fantasque et mégalo de la grande prêtresse de téléréalité Kim Kardashian confirme son intérêt pour la chose publique au terme d'un discours de 12 minutes aux MTV Awards (« certains vont se demander si j'ai fumé avant de venir, la réponse est oui ») et annonce sa candidature à l'élection présidentielle... L'auteur retrace l'enfance atypique de ce gamin de la classe moyenne, fils d'une professeur de littérature et d'un ex-Black Panther, ses débuts dans la musique, le deal fondateur avec Jay Z, dont il relance la carrière. Producteur le plus important de sa génération, il réalise en 2004 son premier album, The College Drop Out. Conçu juste après un terrible accident de voiture qui manque lui coûter la vie - et marque le début de sa crise mystique du « Black Jesus » - il révolutionne le rap game. Suivront Late Registration, 808's and Heartbreak, et Yeezus. Au sommet de sa gloire, l'artiste tyrannique et torturé a rendu obsolète le look et l'imagerie gangsta - il tente d'intégrer le monde de la haute couture - et ne cesse d'ailleurs de remettre en cause certaines normes, prenant position pour les droits des homosexuels dans un univers où cela n'est pas évident : « On se bat durement pour qu'un Blanc ne nous lance pas à la figure le mot "nègre". Mais nous faisons pareil avec les gays. » À travers une série de chapitres ultra-documentés, nourris d'anecdotes, de faits historiques, d'analyses sociologiques et d'interviews inédites en France, Kanye West reconstitue les pieces of a man de celui qui a profondément influencé et remodelé la culture pop du 21e siècle.

  • De A comme Air Force One à Z comme Zip Code, ce dictionnaire rock, historique et politique donne les clefs indispensables à la compréhension de l'Amérique actuelle.
    Qui sait que Google abandonne 30 % de ses projets ? Que la sitcom Friends a fait bondir les inscriptions à l'université de Columbia ? Pourquoi l'Amérique ne se sent-elle pas prête à élire un mormon président après avoir installé un Noir à la Maison- Blanche ? Qui sont les nouveaux héros de la droite américaine ? Pourquoi Manhattan la riche n'arrive-t-elle pas à se débarrasser de ses souris et de ses bedbugs (puces de lit) ? Comment Warren Buffet a-t-il pu faire fortune sans mettre les pieds à New York ? Pourquoi le chien ou le chat de la Maison-Blanche font-ils toujours partie de la vie politique ? Le Cupcake va-t-il survivre au macaron ? Comment Las Vegas peut-elle être au bord de la faillite ? Les participants à Occupy Wall Street dorment-ils vraiment à l'hôtel Marriott ? Que reste-t-il de la Nouvelle-Orléans aujourd'hui ?
    L'Amérique, qui nous envoie l'iPhone et nos séries cultes, qui nous en met plein la vue en élisant un président noir ou en permettant à Mark Zuckerberg de devenir, à l'âge de vingt-trois ans, le plus jeune milliardaire de la planète, est aussi depuis quelques années le pays qui annonce les drames dont nous subirons longtemps les conséquences, du 11-Septembre à la crise des subprimes. Pourtant, nous connaissons mal l'Amérique. Ce DicoRock rassemble les grandes références de la vie américaine (Google, Tarantino, la pizza), les idées reçues (les New-Yorkais ne parlent jamais de « la grosse pomme » pas plus qu'on ne dit « Frisco » à San Francisco ; Carter, malgré son Nobel, passe pour un des pires présidents), les expressions intraduisibles (cougar, cover up, dating, freegans) et cependant essentielles pour se plonger dans l'Amérique d'aujourd'hui.

  • 12 mars 2003, 4 h 15. Des hommes attaquent la prison de Fresnes à l'explosif. 4 h 25. Antonio Ferrara est libre.L'évasion d'Antonio Ferrara ne laisse rien au hasard : ce jour-là, ce détenu particulièrement surveillé (DPS) s'est arrangé pour se retrouver au quartier disciplinaire, endroit stratégique de la prison pour mener à bien l'opération. Dans la nuit, un commando d'une dizaine d'hommes cagoulés, organisés et lourdement armés (fusils d'assaut, kalachnikov, lance-roquettes) arrivent sur place et incendient des voitures pour occuper l'arrivée éventuelle des pompiers et des policiers. Lors de l'attaque, d'autres « gèlent » les miradors au fusil d'assaut AK-47 pour dissuader les gardiens de tenter toute réaction. Un dernier groupe fait sauter deux portes blindées à l'explosif et au lance-roquettes, tandis que Ferrara fait exploser lui-même les grilles de sa cellule avant de s'enfuir...10 juillet 2003, Paris 12e. Antonio Ferrara est localisé dans un bar avec deux hommes, parmi lesquels Malek Bouabbas, l'auteur du livre. C'est l'OCRB et la BRB qui mènent l'opération. Quarante policiers issus de ces deux services sont mobilisés pour cette arrestation.

  • Un sujet toujours présent dans les médias, qui, mettant en jeu les notions de démocratie, dégalité, de justice, de liberté et de tolérance, déclenche les passions politiques et citoyennes.Ce livre, écrit par une journaliste grand reporter, arabe et laïque, est une réflexion nourrie davis de spécialistes religieux et politiques mais aussi de témoignages de musulmanes. Non polémique et instructif, un nouveau débat, franc et serein, sur ce sujet complexe et passionnel.Nahida Nakad, auteur légitime sur le sujet, a été élue en 2012 Femme arabe de lannée par le journal Takreem. Grand Reporter à TF1 depuis 1994, elle couvre les conflits au Moyen-Orient, dans les Balkans et en Afrique. En 2010, elle est nommée directrice du pôle arabophone de France 24 puis directrice des rédactions des trois chaînes, française, anglaise et arabe. Depuis 2013 elle est consultante en relations internationales à Public Diplomacy. Elle a publié À la recherche du Liban perdu, et Un couple dans la guerre, un essai sur la guerre en Irak avec Jean-Pierre About.

  • " J'ai entendu un bruit. Oh, presque rien, un craquement furtif. J'ai cessé alors de taper sur mon clavier. Cette fois, ce n'était plus comme un froissement, non, quelque chose grattait, mais je ne parvenais pas à en situer l'origine. Cela semblait proche et pourtant je ne voyais rien sur le parquet nu du salon. Peut-être était-ce dans les poutres. Le bruit a repris, celui d'un animal qui gratte, d'un animal qui creuse. Une pause. Et ça a recommencé. Là, ce n'était plus un grattement mais le mouvement d'une bête qui détale. Des rats ! "
    Des mois durant, Zineb Dryef a dû affronter sa " musophobie ", une peur répandue chez nombre d'entre nous, et s'est mise en quête de ces rats tapis dans les murs de son appartement.
    Son livre, à la manière d'une investigation littéraire, nous mène des clameurs des ratodromes (où des chiens et parfois même des hommes combattaient à mort les rongeurs) aux coulisses de l'institut Pasteur, mais aussi sur les traces des chasseurs de rats, sous les pavés de la capitale et dans des dîners ultrachic où l'on déguste de la viande de rat.
    Un récit passionnant sur ces bêtes débarquées en Europe dans les années 1700 et qui, de la Grande Peste à Ratatouille, n'en finissent pas de construire leur légende.
    Zineb Dryef, 30 ans, est journaliste. Dans les murs est son premier
    ouvrage.

  • Hold-up

    Jean-Claude Kella

    Toulon, décembre 1992. Il y a Manu, l´homme sans histoires, qu´un groupe d´individus contraint un jour de participer à un casse d´envergure. Pourquoi lui? Parce qu´il est vigile à la Banque de France. On a pris sa femme et son jeune enfant, on lui a passé une ceinture d´explosifs à la taille, et le voilà plongé dans un monde effrayant, dont il devient sans l´avoir voulu le maillon essentiel: il ouvrira aux truands les portes de la banque. Et puis il y a Marc, le cerveau du hold-up, qui a monté l´opération mais nourrit depuis le début le sentiment qu´elle va mal tourner. Il s´obstine pourtant, sans savoir pourquoi, jusqu´au moment où il ne peut plus reculer. Hold-up est le récit d´une machine infernale. Ou comment des hommes et des femmes se trouvent pris dans un engrenage qui finit par les dépasser. Dans l´espace confiné de la banque, le temps est suspendu, les relations exacerbées: chacun des protagonistes cherche à protéger ses intérêts, tout en nouant avec les autres des liens empreints à la fois de respect et de haine. Mais tous les personnages ont beau s´agiter dans leur bocal, le ressort de la tragédie est bandé et nul ne peut en arrêter le cours. Dans ce témoignage fiction où les regards des deux héros, Manu et Marc, sans cesse se croisent et se répondent, Jean-Claude Kella démonte, avec l´habileté du romancier et la précision de l´ancien braqueur, un casse monumental.

  • Notre école est forcément finie, celle de demain en marche, déjà ébauchée dans le regard de nos enfants. Et sur le fronton de cette nouvelle école on pourra lire : « Attention chantier ! Chef-d'oeuvre en cours de réalisation. »Endosser le rôle de parent d'élève pendant vingt ans, cela forge un point de vue sur l'école. Vingt années à rêver de pouvoir pénétrer cette fameuse salle de classe, lieu de tous les dangers et des lassitudes. Car, à l'extérieur des murs, il faut panser les plaies de nos enfants trop souvent cabossés par l'école sans bien comprendre d'où vient le mal. Là où on aimerait entendre les mots d'épanouissement, de valorisation et d'empathie, on parle de sélection, de stress, d'humiliation ou d'ennui.L'école française, personne n'y est heureux. Si friande de sélection, elle se plaît à faire le tri entre les riches et les pauvres, entre les forts en maths et les autres. Elle fantasme une classe idéale garnie de bons élèves qui habiteraient dans le centre des villes. Et, quand parents et enseignants partagent la même obsession de la note et de la performance, quand cela devient trop crucial de passer un bac S, nos enfants ont mal au ventre. Ce sont pourtant eux qui auront à inventer le siècle prochain, à devenir des adultes créatifs capables de façonner le nouveau monde à nos portes. Trop souvent, ils sortent de l'école sans rien savoir de leurs désirs, incapables de dessiner leurs propres rêves. D'autres ont perdu confiance et préfèrent fuir la compétition, convaincus que cette école qui ne sait que pointer la faute n'est pas faite pour eux.Je veux ici raconter cette conversation entretenue depuis vingt ans avec les enfants à l'heure de la sortie, ces mots échangés avec des enseignants croisés dans les salles vides, ces rencontres avec de jeunes professeurs impuissants qui tentent de survivre dans l'école des ghettos, les confidences de parents d'élèves harassés qui ne savent plus quoi inventer pour donner le goût d'apprendre à leurs enfants. Parent d'élève est un métier qui oblige à bousculer ses certitudes, à bouger le projecteur, à partir à la rencontre de pédagogues rassurants, visionnaires et enthousiastes, des professeurs qui préfèrent les marges ou des pionniers entreprenants convaincus que les maths sont un jeu d'enfants pour autant qu'on trouve les mots.Notre école est forcément finie, celle de demain en marche...

empty