Sciences & Techniques

  • Connaissez-vous l'acomoclitisme ? la xylophilie ? la lilubérine ? les tengas ? le joydick ? Saviez-vous que les fonctionnaires et les professions libérales sont obligés de prendre des pseudonymes pour parler de sexualité ? Que la zoophilie a été légalisée sous la révolution française avant d'être à nouveau interdite en 2004 ? Que le rose a longtemps été la couleur des garçons, des vrais ? Que de nombreux films pornographiques sont doublés pour les bruitages par des professionnels du son ? Savez-vous d'où vient le mot " tabou " ?
    Sources de nombreux jeux de mots, insultes, rêves et fantasmes, l'acte sexuel et les organes qu'ils sollicitent sont soumis à la double injonction d'être à la fois intimes, et facteurs de reconnaissance sociale - pas de bonheur possible sans sexe. C'est un tel enjeu de pouvoir que nombreux sont ceux à penser qu'il devrait être contrôlé socialement, politiquement et religieusement : les débats autour de la réouverture des maisons closes et de la légalisation de la prostitution en France n'en sont que des exemples. Des grèves de sexe pour résoudre des conflits armés en passant par les droits des homosexuels, aujourd'hui le sexe est avant tout politique.
    De A comme Abstinence à Z comme Zahia, en passant par Soeur Emmanuelle, Giscard d'Estaing, Obus, Jean-Paul II, Poil, Edgar Faure, Air Sex, Point P, Jimi Hendrix ou Rocco Siffredi... ce dictionnaire résolument rock, historique, et politique du sexe souhaite donner des clefs pour en comprendre les enjeux, en retraçant à travers le monde et les époques différentes visions de la sexualité et des sexes.

  • La filière laitière est à un moment clef de son histoire. Après 50 ans d'encadrement par la PAC, les quotas laitiers ont disparu. Le pouvoir politique se désengage au profit d'un encadrement économique par le marché et " l'autorégulation ". Au détriment des éleveurs et des consommateurs.
    Les publicités préconisant la consommation de " trois produits laitiers par jour " nous le rappellent sans cesse : " Le lait, c'est la vie ". En réalité, le lait, c'est avant tout un vaste marché et des firmes qui en profitent. Avec la fin des quotas laitiers d'avril 2015, les industriels et leurs lobbyistes ont promis un avenir radieux aux éleveurs, qu'ils ont appelés à se regrouper en grandes fermes, pour investir et produire plus.
    La grande distribution et les multinationales du lait ont ainsi imposé leur modèle, l'exploitation intensive, sans se soucier des nuisances environnementales ni de voir disparaître 5 000 fermes françaises chaque année.
    Les géants français du lait (Lactalis, Bongrain, Danone, Bel ou Senoble), imités par les mastodontes de la coopération (Sodiaal, Agrial, Laïta), collectionnent les marques et impriment leurs méthodes sur la profession. L'une d'elles s'appelle " l'entente ". C'est le jeu secret des cartels constitués par les industriels pour se partager les marchés, décider des hausses de prix aux distributeurs, ou maintenir au plus bas le prix d'achat aux éleveurs, de plus en plus exsangues. Leur objectif : faire fi des petits producteurs et des consommateurs, comme des pouvoirs publics.
    En 2015, le prix du lait s'est finalement effondré sous l'effet de la surproduction et de " la volatilité " des cours mondiaux, entraînant grèves et blocages des travailleurs de l'agriculture. Les lobbyistes du lait, politiques, syndicalistes et industriels, rasent les murs. Le temps qu'une nouvelle vague d'éleveurs endettés mette la clef sous la porte, et que le lait reparte à la hausse.
    Le moment est peut-être venu de laisser les éleveurs et la société civile réinventer un modèle de développement plus équitable.

  • De réchauffement climatique en scandale sanitaire et d'OGM en catastrophe nucléaire, la science et la technique sont devenues des questions pleinement politiques, tandis que la " technoscience " vient interroger les concepts moraux les mieux ancrés. Pourtant, ce qui devrait susciter un intérêt soutenu ne génère souvent que la résignation de " n'y rien comprendre " - ce qui laisse le champ libre aux lobbies de la technologie et aux bluffs scientifiques les plus éhontés. Qu'y puis-je, direz-vous, si la science m'a toujours été présentée comme rébarbative et " chiantifique ", et si la parole des experts, même de mauvaise foi, couvre la mienne quand je tente de m'exprimer à ce sujet ? Et puis, cela me concerne-t-il vraiment ? Un seul remède : se plonger dans ce dictionnaire, qui vise moins à " faire passer " de l'information qu'à donner les outils nécessaires pour dégonfler les prétentions excessives de la technoscience. De " abeille " à " zz " en passant par " sérendipité " et " post-humanisme ", c'est tout le domaine de la science et de la technologie qui se révèle non seulement comme digne d'être exploré mais aussi comme susceptible d'être squatté efficacement : les théories les plus décoiffantes, les idées les moins convenues et les personnages les plus inattendus font de ce domaine un incomparable tremplin pour l'imagination, et incitent à pénétrer sans crainte dans ce que tant d'autres aimeraient continuer à considérer comme une chasse gardée.
    Nicolas Witkowski s'intéresse à la science, à ce qu'il y a autour, et à la façon de le raconter. Physicien et journaliste, éditeur et écrivain, il a pris l'étrange habitude de sortir à peu près tous les dix ans un ouvrage encyclopédique : Science infuse fait suite au Dictionnaire culturel des sciences (Le Regard, Le Seuil, 2001) et à L'État des sciences et des techniques (La Découverte, 1991).

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