Don Quichotte

  • Je suis devenu « tétraplégique incomplet » suite à un plongeon trop à pic dans une piscine pas assez remplie. (...) Je sors tout juste de l'hôpital où j'étais en réanimation ces dernières semaines. On me conduit aujourd'hui dans un grand centre de rééducation qui regroupe toute la crème du handicap bien lourd : paraplégiques, tétraplégiques, traumatisés crâniens, amputés, grands brûlés... Bref, je sens qu'on va bien s'amuser...

  • Virgil ne sentait plus ses jambes. Elles taient restes trop longtemps croises l'une sous l'autre, tels la faucille et le marteau des drapeaux rouges de son enfance.Il n'osait pas bouger. Le chien, un btard gris aux crocs jaunes, rdait toujours. Prudemment, il tendit la main et chercha la porte de mulots. La chaleur de leurs poils gris le rconforta. L'un des petits lui tta le bout du doigt. Il en compta six, plus la mre. Le pre tait absent - comme lui.Avant, en Moldavie, il adorait les chiens et dtestait les mulots. Mais depuis son arrive en France, beaucoup de choses s'taient inverses.Ici, il construisait des maisons et habitait dehors. Se cassait le dos pour nourrir ses enfants sans pouvoir les serrer contre lui et se privait de mdicaments pour offrir des parfums une femme dont il avait oubli jusqu' l'odeur.Il ferma les yeux un instant et imagina la grande marmite de bordj cuire feu doux dans la cuisine du petit village de Corjeuti. Derrire les vitres embues, la tonnelle ombrageait un minuscule bout de jardin. La vision lui emplit le coeur, mais pas le ventre.Cela faisait deux mois maintenant qu'il vivait tapi dans un trou. Une tombe d'un mtre quatre-vingt-dix sur un mtre de large et un mtre de profondeur, creuse la main au beau milieu de la fort, et recouverte d'un toit de branches et de feuilles.Le jour, il y enfouissait ses affaires. La nuit tombe, il s'y enterrait vivant. Personne ne viendrait le chercher l, touff dans les broussailles, entre un tronc d'arbre couch par la dernire tempte et un entrelacs de branches mortes.

  • Ariane

    Myriam Leroy

    " Quand j'ai eu douze ans, mes parents m'ont inscrite dans une école de riches. J'y suis restée deux années. C'est là que j'ai rencontré Ariane. Il ne me reste rien d'elle, ou presque. Trois lettres froissées, aucune image. Aucun résultat ne s'affiche lorsqu'on tape son nom sur Google. Ariane a vécu vingt ans et elle n'apparaît nulle part. Quand j'ai voulu en parler, l'autre jour, rien ne m'est venu. J'avais souhaité sa mort et je l'avais accueillie avec soulagement. Elle ne m'avait pas bouleversée, pas torturée, elle ne revient pas me hanter. C'est fini. C'est tout. "
    Elles sont collégiennes et s'aiment d'amour dur. L'une vient d'un milieu modeste et collectionne les complexes. L'autre est d'une beauté vénéneuse et mène une existence légère entre sa piscine et son terrain de tennis. L'autre, c'est Ariane, jeune fille incandescente avec qui la narratrice noue une relation furieuse, exclusive, nourrie par les sévices qu'elles infligent aux autres. Mais leur histoire est toxique et porte en elle un poison à effet lent, mais sûr.
    Premier roman sur une amitié féroce, faite de codes secrets et de signes de reconnaissance, à la vie à la mort. Myriam Leroy est journaliste, presse et radio, et écrit pour le théâtre. Elle habite Bruxelles.

  • " Si ce soir-là Charlotte n'était pas sortie dîner entre filles, si ce jour-là Karim n'était pas allé à la mosquée, jamais elle n'aurait déchiré sa robe, jamais il ne serait parti en Syrie. Ils promèneraient leur fille dans les allées du parc. Il lui achèterait des livres qu'elle laisserait traîner sur la table de nuit. Chaque jour elle serait plus belle. Chaque jour ils seraient plus amoureux. Ils boiraient du Sancerre au bonheur de leurs 30 ans, danseraient sur Christine and the Queens. La vie ne tient parfois qu'à un bas filé... " Le miracle n'arrivera pas : cette nuit-là, Karim perd tout. Son désir de vengeance va le mener jusqu'aux ruines d'Alep, au coeur de la machine à embrigader de Daech. Là où se cachent les monstres, mais aussi les centaines d'égarés qui ont fait le mauvais choix pour de mauvaises raisons. Là où il faudra lutter pour ne pas ressembler aux bourreaux. Un voyage réaliste au pays mal connu de l'embrigadement et de toutes les violences. Pascal Manoukian, ancien reporter de guerre, a dirigé l'agence Capa. En 2013, il publie un récit, Le Diable au creux de la main, dûment salué par la critique. Son premier roman, Les Échoués (2015), a reçu un bel accueil auprès des lecteurs, des libraires et des médias.

  • " La jeune et brève histoire de Mediapart fait partie de ces nombreuses volontés citoyennes résistant à la régression qui donne la main aux plus forts et aux plus riches, c'est-à-dire aux États qui surveillent et aux financiers qui spéculent. Si novatrice soit-elle, ce n'est sans doute qu'une contribution parmi d'autres. Mais j'ai voulu en tirer quelques enseignements utiles à celles et ceux qui cherchent les voies d'une refondation démocratique de l'écosystème médiatique en inventant des réponses nouvelles à la crise d'indépendance et de qualité de l'information.
    Je me propose d'expliquer ce chemin de résistance, en m'attachant à toutes les dimensions du mot "valeur' qu'entraîne ce choix exigeant : valeur de la démocratie, valeur d'un métier, valeur du participatif, valeur d'un public, valeur d'une entreprise, etc. C'est en défendant la valeur de l'information que nous apporterons, face au choc de la révolution numérique, des solutions durables qui soient au service de l'intérêt général.
    Mon seul souci est que nous soyons à la hauteur du défi que doivent affronter nos démocraties, qui, à force de se laisser dépérir, prennent le risque de se renier. Car la défaite du journalisme annonce toujours le recul de la liberté. "
    Journaliste, Edwy Plenel est cofondateur et président
    de Mediapart, journal en ligne indépendant et participatif fondé le 16 mars 2008. Il a notamment publié chez Don Quichotte
    Le Droit de savoir (2013), Dire non (2014) et Dire nous (2016).

  • "Pendant des années, j'ai couru sans savoir où j'allais, jusqu'au jour où, perdue et épuisée, je me suis effondrée. Parfois, toucher le fond donne beaucoup d'ardeur à vivre, à aimer et, surtout, à devenir un cultivateur du bonheur. Me revoilà, donc, mais cette foisavec un livre dans lequel je me confie et rétablis mes vérités, moi qui écoute depuis trois ans sans rien dire.
    Ce livre, je le dédie à toutes celles et tous ceux qui m'ont aimée et soutenue." Pour la première fois depuis la sortie de son dernier disque, SOS, l'étoile du rap français rompt le silence.
    Dans une autobiographiesincère et émouvante, Diam's nous entraîne dans l'aventure hors du commun qui l'a vue enchaîner les tubes, les salles combles et les récompenses. Mais, derrière les paillettes, la jeune femme raconte aussi les larmes. Elle confie les souffrances d'une enfant qui a grandi sans père, la dépression qui l'a conduite en clinique psychiatrique, la quête éperdue pour trouver le sens de la vie et, enfin, sa découverte de l'Islam, et sa renaissance. Elle nous emmène sur les routes qu'elle a arpentées, depuis son enfance à Chypre jusqu'au scandale de sa photo volée à la sortie d'une mosquée, et son engagement humanitaire en Afrique.
    Ce livre, Diam's l'a conçu comme un voyage "au fond de son coeur", et s'y découvre avec la générosité qu'on lui connaît.

    "Si ce lvre peut vous faire entrer dans ma vie comme vous entreriez chez moi alors... Soyez les bienvenus. Mélanie"

  • Avec la publication de Diam's autobiographie, en 2012, et sa première apparition à la télévision après une longue absence, Mélanie Georgiades, dont la conversion à l'islam avait fait grand bruit, a acté sa renaissance. Depuis, elle s'est consacrée à sa vie de femme et de jeune maman, laquelle lui a réservé de grandes joies mais aussi des épreuves. Car la route vers le bonheur est parfois longue, et semée d'embûches. Mélanie le sait bien. Elle revient ainsi sur les jours d'après la sortie de son premier livre, et les réactions, violentes ou bienveillantes des médias, de l'opinion publique mais aussi de son public et de son entourage. Elle renoue notamment avec des proches que sa conversion avait éloignés d'elle ; elle se rapproche de sa mère, et surtout retrouve son père, le grand absent de sa jeunesse. Pendant ce temps, Mélanie suit toujours son chemin spirituel, apprend la tolérance et s'applique, du mieux qu'elle peut, à « se lever tous les matins en essayant d'être meilleure que la veille » et, dit-elle, dans un éclat de rire : « C'est un programme complet pour une journée ». Cependant celle qui vit sa foi comme un témoignage de paix et de sérénité veut aussi rétablir des vérités à propos du terrorisme qu'on attribue à l'islam et qui - selon ses mots - n'est le fait que d'égarés en perdition et d'ignorants. Elle veut raconter comment la foi l'a au contraire adoucie, apaisée, soignée et guérie de ses blessures. Et veut tendre une main à ceux qui ont peur de l'Islam, une main chaleureuse et pacifique. Loin du bruit et de la colère, Mélanie prône le respect, l'ouverture et l'apaisement dans une France désormais multiculturelle aux couleurs et croyances variées.

  • " Je suis venu au Liban, voir ce qu'il en était de ces hordes de crevards qui prenaient d'assaut nos frontières, pour nous voler nos emplois et cramer nos allocs. J'ai décollé mon cul de mon divan, éteint ma télé après 59 mois passés à regarder le peuple syrien se faire écraser dans un silence vertigineux. J'ai vu la lumière au milieu de cette misère... "
    Un jour d'été 2015, Bernie Bonvoisin décide de se rendre au Liban et d'aller à la rencontre des jeunes Syriennes et Syriens réfugiés au pays du Cèdre. Dans les camps et les squats de fortunes où les exilés forcés survivent dans un dénuement extrême, le long de la frontière, il veut recueillir les mots d'une enfance volée par la guerre et le terrorisme, dont l'innocence anéantit tous les discours politiques. Là, il rencontre une génération sacrifiée à la maturité spectaculaire, le futur de la Syrie.
    Bernie Bonvoisin, fondateur du groupe Trust, est connu pour ses engagements politiques. Il est aussi cinéaste et romancier.

  • Simon, neuf ans, vit avec son père Paul et sa mère Carole dans un vaste appartement parisien. Mais le couple n'en est plus un depuis longtemps. Paul est écrivain, Carole, femme d'affaires accomplie, passe sa vie en Australie.
    Le jour où Paul est hospitalisé pour dépression, Simon est recueilli par Lola, grand-mère fantasque prête à tout pour le protéger. Dans les couloirs de l'hôpital, il rencontre Lily, fillette étrange qui semble bien résolue à lui offrir son aide.
    Simon va tâcher de mettre des mots sur la maladie de son père, jusqu'à toucher du doigt une vérité indicible.

  • Un virus mortel et incurable a mis l'espèce humaine face au danger de l'extinction. Baobab, arbre premier, arbre éternel, arbre symbole de grande sagesse, prend la parole et réveille la mémoire de l'humanité. Sous son ombre fraîche, hommes, femmes, enfants pris dans la tourmente, combattants farouches pour la survie, vont confier leur lutte contre les ravages d'Ebola : le docteur en combinaison d'astronaute qui, jour après jour, soigne les malades sous une tente ; l'infirmière sage-femme dont les gestes et l'attention ramènent un peu d'humanité ; les creuseurs de tombes qui, face à l'hécatombe, enterrent les corps dans le sol rouge ; les villageois renonçant à leurs coutumes ancestrales afin de repousser Ebola...
    Écrivaine ivoirienne, Véronique Tadjo a dirigé jusqu'en 2015 le Département de français de l'Université du Witwatersrand à Johannesburg. Ses livres sont traduits en plusieurs langues, du Royaume aveugle (1991) à L'Ombre d'Imana : Voyages jusqu'au bout du Rwanda (2001) et Reine Pokou, concerto pour un sacrifice (2005).pour lequel elle a reçu en 2005 le Grand Prix de Littérature d'Afrique noire.

  • « Il est temps de dire nous. Ce nous qui rassure par ses audaces, ce nous qui crée de la confiance en risquant son bonheur. Dire nous pour partir à la recherche d'un horizon des possibles en faisant chemin tous ensemble, dans le souci des plus fragiles et des moins protégés, des moins habiles et des plus exploités. Dire nous pour inventer un nouvel imaginaire qui nous élève et nous relève, en nous extirpant du marécage où macèrent nos divisions, nos rancoeurs, nos ressentiments. Dire nous pour cesser de dire eux contre nous, nous contre eux, notre nous contre le leur, dans une guerre sans fin dont nous serons tous les victimes, nous comme eux. Dire nous pour réussir à échapper aux fatalités du présent par la subversion de l'ordinaire et du quotidien, en l'enchantant par la beauté et la bonté, contre la laideur et la méchanceté. Dire nous avec cette certitude que la politique, comme bien commun, est d'abord une poésie, une poétique où l'espérance retrouve l'énergie qui lui manquait, comme un souffle libérateur. Dire nous, donc, pour inventer tous ensemble le oui qui nous manque, celui d'un peuple réuni dans sa diversité et sa pluralité autour de l'urgence de l'essentiel : la dignité de l'Homme, le souci du Monde, la survie de la Terre. » Journaliste, Edwy Plenel est cofondateur et président de Mediapart, journal en ligne indépendant et participatif. Il a notamment publié chez Don Quichotte Le Droit de savoir (2013) et Dire non (2014).

  • " Je suis à un tournant. Comme souvent. J'ai cinquante-six ans et j'attends la sortie d'un film dans lequel je me suis investi comme jamais. J'y joue le rôle de ma vie, le rôle que j'ai tenu toute ma vie, le rôle du "grand frère', le rôle de l'aîné qui défriche le chemin, l'aîné qui veille et surveille. Je suis Arezki, parisien d'origine algérienne, et parisien dans le sang. Je suis propriétaire d'un bar à Pigalle, j'ai la gueule de l'emploi, une tête de Parigot bien cassée, un mec des banlieues métissées qui vient gonfler le coeur de la ville. Je suis un vrai Parisien, une figure des quartiers populaires. Je suis l'un des Derniers Parisiens. "
    Révélé par Un prophète de Jacques Audiard et Rengaine de Rachid Djaïdani, Slimane Dazi est le fils aîné d'une famille de neuf enfants originaire d'Algérie. Il a beau être présenté comme un acteur français, né à Nanterre en 1960, il doit encore quémander la nationalité française pour obtenir une liberté de mouvements que lui refuse son passeport algérien.
    Indigène de la nation est le récit d'une vie entre deux rives, l'empreinte d'une identité " désintégrée ", celle de la première génération des enfants d'immigrés, nés en France avant la fin de la guerre d'Algérie. Môme des premières cités, Slimane Dazi raconte une existence menée tambour battant, dans la France des banlieues à l'abandon, des petits boulots et des grandes galères, des camelots et des noceurs. Et son éveil au cinéma à quarante ans, quand celui-ci, dit-il, commence enfin à mettre en lumière des gueules comme la sienne. Des " gueules de métèques ".

  • " Au sortir de cette chose difforme et noire, qu'on appelle le bagne, l'évêque lui avait fait mal à l'âme comme une clarté trop vive lui eût fait mal aux yeux en sortant des ténèbres. La vie future, la vie possible qui s'offrait désormais à lui toute pure et toute rayonnante le remplissait de frémissements et d'anxiété. "
    Victor Hugo, Les Misérables
    Face au bien qu'incarnent le prince Mychkine ou Aliocha Karamazov, face à l'innocence que porte le beau matelot Billy Budd ou encore face à l'incrédulité de Jean Valjean devant le don insensé de l'évêque de Digne, nul ne reste indifférent : ni les personnages qui gravitent autour d'eux, ni le lecteur qui se trouve, à son tour, sommé de répondre à une expérience existentielle radicale.
    Telle est la puissance du bien que le nouvel ouvrage de Michel Terestchenko explore dans des exercices de lecture généreux, où se découvre la profonde humanité de l'homme.
    Michel Terestchenko est philosophe et écrivain.

  • New York, 2011. Un groupe de sorciers, dirigeant un trust financier et immobilier qui entend s´approprier les sous-sols de la planète, développe l´idéologie d´un âge d´or à venir pour l´usage exclusif d´une élite. Ce projet impitoyable suppose la mise en servage de l´humanité ordinaire. L´humanité en question, imbue de technologie et de consommation effrénée, est loin de se douter de la menace qui la guette. Et quelles armes aurait-elle, de toute façon, pour résister ?
    Seuls des êtres très particuliers, dont l´existence remonte à la nuit des temps, seraient en mesure de s´opposer au sombre dessein de la Fondation 18 : les magiciens. Persécutés par les sorciers des siècles durant, alors même que leur réunion est nécessaire pour déployer un pouvoir égal à celui de leurs adversaires, ils ne sont plus qu´une poignée de par le monde. Cinq exactement. Une famille : les Dolce.
    Cette lignée, traquée en permanence, tente depuis des années de se fondre dans le paysage et vit dans une bicoque décrépite de Brooklyn. Le grand-père est à la retraite, le père et la mère exercent des professions passe-partout et les adolescents vont à l´école. Ainsi les Dolce vivoteraient-ils encore, inconscients des enjeux planétaires qu´engage leur existence, si la cadette, Léamédia, n´avait fait un caprice le jour de ses onze ans et utilisé ses pouvoirs magiques à mauvais escient. Au terme d´un rituel initiatique accompli par son aïeul, la voici capable de convoquer le flux magique des quatre autres membres de la famille et d´agir à distance sur la matière. Son premier tour, malheureusement, provoque dans New York un gigantesque happening, immédiatement relayé sur les télévisions et les réseaux sociaux. La famille, repérée par ses ennemis, doit décamper aussitôt, reprendre la route, l´errance, sans autre but que de se faire oublier et de survivre en se terrant.

  • Pour Aung San Suu Kyi et Stéphane Hessel, la démocratie, patrimoine universel, ne s´arrête pas aux frontières du monde occidental.
    La Birmanie, dictature militaire depuis le coup d'Etat de 1962, est-elle mûre pour la démocratie ? Pour certains analystes convaincus que les notions de démocratie et de droits de l´homme ne s´appliquent pas facilement à l´Asie, l´évolution de la Birmanie vers la démocratie n´a rien d´évident. Ce n´est pas l´avis d´Aung San Suu Kyi ni celui de Stéphane Hessel, pour qui les principes contenus dans la Déclaration des droits de l´homme ont valeur universelle.
    Loin d´un apprentissage de la démocratie, c´est d´un soutien résolu du monde extérieur dont ont besoin celles et ceux qui n´ont attendu personne pour appeler à une autre Birmanie. Aux yeux de Stéphane Hessel, la Dame de Rangoon joue « un rôle extrêmement important (...) à un moment où, dans le monde entier, la question des résistances au despotisme prend une place privilégiée ». Le respect quasi unanime manifesté à l´endroit d´Aung San Suu Kyi n´a pourtant pas empêché différents observateurs de lui prêter leurs propres vues.
    Journalistes, universitaires et autres consultants, convaincus qu´une levée des sanctions visant le régime militaire ne pouvait que favoriser son ouverture, ont ainsi affirmé à tort qu´Aung San Suu Kyi, favorable au maintien des mesures existantes, partageait leurs conceptions. Aung San Suu Kyi, surnommée la Dame de Rangoon, est une femme politique birmane, connue dans le monde entier. Elle incarne, depuis plus de trente années, la résistance non-violente à la dictature de son pays.
    Elle a reçu en 1991 le prix Nobel de la paix.

  • « Le destin l'a mise à la place exacte où le rêve et la réalité se confondent. Sa beauté, son talent sont incontestables, mais elle possède autre chose d'inconnu qui attire les idolâtres d'un âge privé des dieux. »BB, c'est un mythe. À travers elle, Et Dieu créa la femme. Elle fut au coeur de tant de passions, de haines, de controverses, de désirs, de tensions, d'enjeux et de fantasmes. « Elle tenterait même un saint », écrivait Simone de Beauvoir. À une époque où c'est inhabituel, elle porte des chemises d'homme ou des vêtements sexy qui laissent voir sa chair. Change d'amant comme de chemise. Et devient l'objet d'un fétichisme inédit. Son style est ce mélange irréfutable de plastique et de tempérament, de simplicité érigée en art. En combinant les rôles d'ingénue et de femme fatale, Brigitte, symbole sexuel ultime des années pop, incarne l'éternel féminin dans toutes ses facettes. Elle est la déesse, fondamentale, primordiale. Immortelle.Pareil phénomène n'échappe pas aux artistes. Elvis, Dylan, les Beatles, Nougaro, Gainsbourg, Elton John, AC/DC ou Jay Z la célèbrent. Les peintres aussi, de Picasso à Warhol. Et les écrivains, Françoise Sagan, Simone de Beauvoir, Marguerite Duras, Marguerite Yourcenar, Edgar Morin, Barjavel, et Cocteau, qui dira : « Le destin l'a mise à la place exacte où le rêve et la réalité se confondent. Sa beauté, son talent sont incontestables, mais elle possède autre chose d'inconnu qui attire les idolâtres d'un âge privé des dieux. »Par elle, le Deuxième Sexe nié, caché, soumis, va rétablir son pouvoir initial, irréfutable, celui de la Vie triomphant, croira-t-on tout au long des années 60 et 70, des forces noires de l'humanité, et en tout cas du patriarcat.Les politiques ne l'impressionnent guère, et elle ne se gênera jamais pour les interpeller, avec un aplomb, une conscience de sa propre place dans la société et dans son histoire tout à fait admirables.À 80 ans, elle reste le « cas » Bardot, objet d'admiration, de scandale, d'études psychosociologiques, étrangère au pays de la gloire (elle la déteste et a refusé tous les ponts d'or d'Hollywood), la plus grande star de France, son personnage le plus célèbre dans le monde depuis Napoléon.

  • Trente ans avant les événements de Ferguson, Spike Lee créait la polémique avec Do The Right Thing, brûlot sur les tensions raciales et de frustration urbaine à Brooklyn.Jamais avant Spike Lee un cinéaste n'avait filmé le ghetto du point de vue d'un accro au crack se vantant d'avoir « fumé la télé Sony de sa mère » ou d'un sneaker addict entrant dans une rage folle lorsqu'un cycliste caucasien (on ne disait pas encore hipster à l'époque) a roulé sur sa paire de Jordan immaculée. En inventant la « street culture », creuset d'une nouvelle mythologie urbaine au fil des décennies, l'auteur de Do The Right Thing est aussi devenu le père-fondateur du film « hip hop » en intégrant le rap à son espace narratif. Ce gamin de Brooklyn, trop petit et trop frêle pour s'illustrer sur les terrains de basket, aura ainsi esthétisé dans sa représentation cinématographique la pratique du basket de rue, à travers la figure de Michaël Jordan et de ses défis quotidiens aux lois de la gravité... Celui qui dit « emmerder John Wayne » et a menacé Wim Wenders avec une batte de baseball au festival de Cannes a influencé, dans le monde entier, la mode, le langage, les codes, l'esthétique, l'attitude, voire le folklore, de plusieurs générations.Ce livre n'est pas une biographie exhaustive mais bien une ballade gonzo et « rap'n'roll » nourrie d'une approche journalistique dans la lignée des écrits de Nick Cohn, Nick Kent ou encore Jeff Wang. À travers la vie et l'oeuvre de Spike Lee, c'est une certaine histoire de l'Amérique que nous sommes amenés à raconter, d'une Amérique noire pas encore totalement remise de l'épidémie de crack des 90's, ni des drames nationaux provoqués par les attentats du 11 septembre 2001 et les dévastations de l'ouragan Katrina en août 2005, sans compter les bavures policières de 2014.

  • « Il flottait une odeur d'encens et de cire dans la pièce. Derrière soeur Getter, un christ crucifié semblait attentif. - Irena... Ce que vous me demandez là est incroyablement dangereux, car il ne s'agit pas uniquement de ma personne. Si la police découvrait que nous hébergeons des juifs, les conséquences seraient tragiques pour le couvent. - Je comprends ma soeur, mais dans le cas de la petite Ania, qui pourrait savoir qu'elle est juive sinon vous et moi ? Elle... - Bien entendu, interrompit la religieuse, mais en cas de contrôle, on me réclamera son acte de baptême et si demain vous récidiviez avec un enfant plus âgé, cet enfant s'exprimerait sans doute en yiddish. Ce ne serait plus seulement vous et moi qui connaîtrions ses origines, mais l'enfant lui-même ! Comment lui demander de se taire ? De ne pas se trahir ! Vous imaginez... Irena hocha la tête. Que répondre ? » À partir de 1942, au péril de sa vie, Irena Sendlerowa, employée au Comité d'Aide sociale de Varsovie, réussit à faire évader près de deux mille cinq cents enfants du ghetto juif, alors gardé jour et nuit par les soldats nazis. Rusant auprès des autorités, elle les fait passer par les caves ou par les canalisations, dans des boîtes en carton, des valises, des sacs à dos, des taies d'oreiller, sous des ordures et même, une nuit, dans une boîte à outils. Irena Sendlerowa (1910-2008), résistante polonaise, a été déclarée « Juste parmi les nations » en 1965. Écrivain, scénariste et dialoguiste, Gilbert Sinoué est l'auteur de nombreux romans salués par la critique, parmi lesquels Le Livre de Saphir (Prix des Libraires) et L'Enfant de Bruges.

  • L'aventure continue pour la dernière famille de magiciens au monde. Séparés, affaiblis et traqués par leurs ennemis, les Dolce doivent choisir entre sauver l'un des leurs ou protéger leurs secrets.

    Capturés par Guileone, le redoutable maître de la Guilde noire qui persécute leur caste depuis des siècles, les Dolce (Rodolpherus, Melidiane et leurs enfants, Antonius et Leamedia), accompagnés de Virginie, la petite amie humaine d'Antonius, ont pris la fuite en empruntant le vaste réseau de canalisations magiques régies par Melkaridion, le grand-père. Or, les routes souterraines les ont disséminés aux quatre coins de la planète et à des époques différentes. Melidiane redécouvre ainsi le Londres de 1966 pendant que son mari émerge au Japon en 1923. Leamedia atterrit dans le New York de 2013, Antonius et Virginie se retrouvent à Paris, la même année. Les amoureux sont cependant contraints de se séparer, car le jeune magicien n'a pas encore assez de puissance pour les protéger tous deux. Virginie repart donc à New York pour reprendre son métier de journaliste, laissant Antonius à sa formation de magicien.
    Séparés pour la première fois de leur existence et privés de leur magie, pour laquelle leur réunion est nécessaire, les Dolce, munis de cerveaux hors du commun et de capacités corporelles, vont devoir trouver chacun de leur côté la force de résister aux terribles sorciers. Heureusement, Rodolpherus, pour qui les secrets du temps ne sont plus un mystère, organise le futur depuis le passé et établit un plan ingénieux pour sauver sa famille. Cependant la Guilde noire, à travers la Fondation 18, sa structure officielle, est plus déterminée que jamais. Elle a mis la main sur l'un des trois grimoires contenant les secrets des magiciens et a enfin acquis la totalité des sous-sols des grandes villes, où elle prévoit de réduire l'humanité en servage après avoir rendu l'environnement invivable. Seule la toute petite poignée de magiciens l'empêche d'exécuter son plan machiavélique...

  • « Les moukhabarâts d'Assad nous ont fait remonter à la surface. C'était la première fois que je voyais la lumière depuis 37 jours, depuis mon arrivée à la prison d'Al-Khatib. On nous a rassemblés dans une cour cernée de barbelés. Un officier a entamé un discours : "Dans un geste généreux, monsieur le président vous a amnistiés. Vous devez maintenant vous éloigner des mauvaises actions, être d'honnêtes citoyens, renoncer aux manifestations et au complot occidental." Je me cachais les yeux, complètement ébloui. Je découvrais des taches blanches sur ma peau. Un bus nous a emmenés non loin du "carré sécuritaire", dans un quartier que je connaissais bien pour y avoir fait des chantiers avec mon oncle. Chacun est parti dans une direction. "N'oublie pas ceux qui sont restés !" m'a crié un vieil homme de l'autre côté de la rue. » Majd a 23 ans lorsqu'il participe aux premières manifestations contre la dictature de Bachar al-Assad. Mais les aspirations démocratiques du peuple syrien se heurtent vite à la violence inouïe du régime. À sa sortie de détention, à l'automne 2011, il s'engage dans les aides médicales puis crée des centres pour les enfants de sa Ghouta natale qui, délivrée par les forces révolutionnaires, subit un terrible siège : bombardements, malnutrition, situation médicale dramatique, commerce de guerre, attaque chimique... Pourtant, la société civile, militants, médecins, enseignants, citoyens journalistes, continue à assurer de son mieux la permanence de la vie. Majd Al Dik, 27 ans, est aujourd'hui réfugié politique en France. Traductrice de l'arabe vers le français, Nathalie Bontemps a vécu huit ans en Syrie.

  • Dire non

    Edwy Plenel

    Défense et illustration de ces refus démocratiques et sociaux où s'invente l'alternative aux résignations dépressives et aux servitudes régressives. Dire non à l'abaissement de la France par ceux qui la défigurent en ne l'aimant pas telle qu'elle est et telle qu'elle vit. Dire non pour élever ce pays en élevant son langage. Dire non pour inventer notre oui.La France ressemble ces temps-ci à un Titanic dont l'équipage dirigeant irait droit vers l'iceberg, le sachant et le voyant mais ne trouvant rien pour l'empêcher. Économique, sociale, démocratique, européenne, culturelle, écologique, etc. : les crises s'accumulent dans une confusion du sens et une perte de repère dont aucune force ne semble capable de dénouer les fils, à l'exception des tenants de la régression la plus obscure vers le plaisir de détester ensemble - les Roms, les Arabes, les Juifs, les étrangers, le monde, les autres, tous les autres.Nous ne sommes pas condamnés à cette fatalité. Urbaine, diverse et mêlée, dynamique et inventive, la France telle qu'elle est et telle qu'elle vit n'est pas conforme à cette image de régression, de division et de repli. Mais, entre cette réalité vécue et la politique supposée la représenter, le gouffre ne cesse de se creuser. Aussi la crise française est-elle d'abord une crise politique, crise de représentation, crise des institutions, fin de régime. Celle d'une République épuisée, à bout de souffle, impuissante et illisible, condamnée à vivre dans l'instant sans que le passage de l'hystérie sarkozyste à l'apathie hollandaise change la donne.Allons-nous subir ou réagir ? Ne nous revient-il pas, dans la diversité de nos attentes et de nos espoirs, de relever la France en réinventant sa République, une République enfin conforme à sa promesse de liberté étendue, d'égalité approfondie et de fraternité retrouvée ? Ne sommes-nous pas requis, sauf à définitivement accepter cette servitude volontaire des peuples qui ne savent plus dire « non » ? Dire non est cet appel au sursaut, un sursaut démocratique et social qui rassemble et conforte afin de trouer l'épais brouillard qui, aujourd'hui, voile l'espérance.

  • Calomnie, manque de professionnalisme, diffamation. en décembre 2012, l'article de Mediapart intitulé « Le compte suisse du ministre du budget » est très mal reçu, mais le journal en ligne maintient sa position. On connaît la suite.
    Comme il le fait dans la pratique de son métier, le directeur de Mediapart défend dans ce livre un journalisme d'investigation qui ose prendre le parti de la démocratie et s'applique à pousser les affaires publiques vers cette transparence qui dérange les dirigeants politiques de tous bords.

  • Montrer ce que d'autres voudraient cacher au monde, accumuler les preuves du présent pour les jugements à venir, saisir l'histoire en marche, c'est là l'engagement de Pascal Manoukian, reporter de guerre.

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