Editions Boréal

  • Louise Durand est grand reporter pour un quotidien montréalais. Elle a la sensibilité à fleur de peau d'une femme qui a été témoin de trop de tragédies et la combativité de celle qui doit, pour survivre dans son milieu où la concurrence est féroce, donner plus de coups qu'elle n'en reçoit.

    Au cours d'une mission à Kaboul, Louise fait la connaissance de Soraya, jeune Afghane mariée de force à un époux violent qu'elle a fui. Elle habite dans un refuge tenu par Farida, qui se bat pour toutes les victimes de crimes d'honneur. Touchée par le courage des deux femmes, par la détresse de Soraya, Louise promet d'aider celle-ci. Elle lui promet de la soutenir si elle accepte de venir à Montréal, à titre de réfugiée.

    C'est à cause de cette promesse que Soraya, pour la première fois de sa vie, quitte son pays, sa culture, pour faire la longue route qui la mènera vers un autre monde, où elle pourra enfin aimer et vivre librement.

    « La Promesse » propose une fine réflexion sur la fragilité des idéaux, sur la difficulté de venir en aide aux êtres dont le destin nous émeut, sur l'amitié au féminin.

  • Kerim Neto est revenu dans sa ville natale, cette cité au bord de l'Atlantique prise entre les morsures du soleil et les sermons virulents de prêcheurs, apôtres et prophètes improvisés. Il est revenu parce qu'il s'est lancé à la recherche de celle qui fut son modèle, éternelle amante et égérie. Mina a disparu.

    Kerim refait leurs parcours d'autrefois, espérant découvrir Mina au détour d'une rue. Il interroge les anciens amis avec qui tous deux faisaient du théâtre et narguaient l'armée de dictateurs fantoches. Ils sont aujourd'hui imams ou indics de police.

    Et quelle Mina retrouvera-t-il ? Se cachera-t-elle derrière un voile ? Chantera-t-elle le Christ ressuscité ? Portera-t-elle les marques de la torture ?

    Ce n'est pas l'Afrique lointaine, exotique, que le lecteur retrouvera ici, mais celle où, comme en Occident, le pouvoir est désormais entre les mains de forces obscures. L'Afrique des esclaves d'hier qui se prête encore aujourd'hui aux commerces les plus sauvages sous prétexte de mondialisation. Et où les religions rivalisent d'imagination et de manipulation afin de convertir la population à la parole d'Allah ou à celle des Évangiles, sous l'oeil fatigué des antiques orishas.

    Mina parmi les ombres est un hymne à la pérennité du désir, au pouvoir immortel de la beauté et au courage des femmes.

  • « La Détresse et l'Enchantement » est le dernier livre de Gabrielle Roy et peut-être, au dire de plusieurs, son chef-oeuvre. Publié en 1984 à titre posthume, il n'a cessé depuis de conquérir des milliers de lecteurs.

    Dans les dernières années de sa vie, la romancière entreprend de relater l'ensemble de son existence : les lieux, les événements, les êtres qui ont façonné sa personnalité de femme et d'artiste.

    OEuvre de mémoire et de (re)création, « La Détresse et l'Enchantement » est un des ouvrages les plus originaux et les plus attachants de la littérature québécoise et canadienne moderne.

    Cette édition révisée et corrigée offre le texte définitif de « La Détresse et l'Enchantement », suivi d'une chronologie.

  • Millie voulait qu'on la voie. Elle voulait être le soleil qui brûle la rétine. Personne ne pouvait la regarder en face.

    Elle n'était qu'un bébé quand Pa l'a trouvée dans la forêt au creux d'un orme et l'a emmenée dans sa maison au village des Saints-Damnés. Tout de suite, il en est devenu fou amoureux tandis que Ma, sa jeune femme, l'a prise en aversion. Millie a néanmoins grandi pour devenir une adolescente d'une envoûtante beauté. Ce qui n'est pas sans troubler Pa. Est-ce pour cela qu'un jour Millie décide de disparaître ?

    Dans ce premier roman aux allures de conte, Marie-Laurence Trépanier fait battre un mystérieux sabbat au milieu d'une forêt qui n'existe peut-être pas, évoque deux jumeaux maléfiques comme deux astres qui se tournent autour avant de s'abîmer l'un dans l'autre.

    Elle nous parle du regard que les hommes portent sur les femmes, de celui que les femmes portent les unes sur les autres, elle nous parle de violence, de mort et de rédemption.

  • Gabrielle Roy, à partir du souvenir d'un été passé dans une région sauvage du Manitoba, au nord de Winnipeg, un pays situé plus loin que le « fin fond du bout du monde », a imaginé le recommencement de toutes choses : de l'éducation, de la société, de la civilisation même. Ce pays de grande nature et d'eau chantante, elle l'a peuplé de personnages doux et simples, épris à la fois de solitude et de fraternité à l'égard de leurs semblables. Ce roman, le deuxième de Gabrielle Roy, a été publié pour la première fois à Montréal, en 1950, puis à Paris et à New York en 1951.

  • Dans le quartier montréalais de Saint-Henri, un peuple d'ouvriers et de petits employés canadiens-français est désespérement en quête de bonheur. Florentine croit avoir trouvé le sien dans l'amour ; Rose-Anna le cherche dans le bien-être de sa famille ; Azarius fuit dans le rêve ; Emmanuel s'enrole ; Jean entreprend son ascension sociale. Chacun, à sa manière, invente sa propre voie de salut et chacun, à sa manière, échoue. Mais leur sort est en même temps celui de million d'autres, non seulement à Montréal mais partout ailleurs, dans un monde en proie à la guerre. Cette nouvelle édition de Bonheur d'occasion présente le texte définitif de l'oeuvre conforme à celui de l'"Édition du centenaire" des OEuvres complètes de Gabrielle Roy

  • Il y a des vies qui sont si étonnantes qu'on n'aurait pu les inventer. C'est le cas de celle de Julian Gruda, alias Jules Kryda, alias Roger Binet. Comment, à quatorze ans, un garçon peut-il déjà avoir emprunté autant d'identités ? Avoir vécu avec autant de familles différentes sans se faire démasquer ? Avoir servi d'agent secret de la Résistance ? Comment peut-il avoir grandi à l'orphelinat même s'il a deux mères, au moins ? Et surtout, où a-t-il appris à parler la langue des chiens, ce qui fait tant l'admiration de ses camarades ?

    En nous racontant sous forme romanesque l'histoire véridique de son père, Joanna Gruda dépeint une enfance hors du commun, qui commence à Varsovie à l'orée de la guerre et qui s'achève dans Paris libéré. À travers les yeux de Julek, ce sont les heures les plus sombres du siècle dernier qu'on voit défiler, mais rendues avec une vérité et une vivacité hors du commun. C'est la guerre - inhumaine, trop humaine -, comme si nous y étions.

    La nécessité, pour les Juifs d'Europe, de fuir et de se cacher, les délices de l'école buissonnière, l'occupation allemande, les amourettes heureuses ou malheureuses, les bombardements qui ont accompagné l'offensive alliée, la joie de retrouver les êtres aimés qu'on croyait perdus, l'abîme dans les yeux de ceux qui sont revenus des camps, tout cela est raconté sans la moindre sentimentalité, rendant plus palpable encore le tragique qui imprègne ces années sombres.

    Mais ce récit captivant est d'abord l'histoire d'un enfant qui garde sa capacité d'étonnement devant les tours et les détours du destin. Animé d'un espoir inextinguible, il nous donne une extraordinaire leçon de survie.

  • Je ne suis pas de son monde, un maestro de la poésie et sa ritournelle, un prof de littérature et son étudiante, un homme coincé devant un petit pétard blond, deux univers défigurés par la présence de l'autre, non, je ne suis pas de son univers et il passe son temps à me le rap-peler aussi. Oui, je viens d'un univers très différent du tien, me répond-il tout le temps comme pour me signifier que je suis une extraterrestre dans sa vie et qu'être ensemble pour vrai relève de la fiction. Quand il me dit ça, j'aurais envie de m'arracher un oeil et de l'avaler, qu'il me laisse donc me raconter une belle histoire, la belle histoire de deux mondes qui s'effondrent ensemble. Plus nos plaies seront profondes, plus on s'infiltrera l'un dans l'autre. Émilie-Kiki a vingt-six ans et aime Tchéky K., cinquante-six ans, son professeur de littérature, marié «jusqu'aux oreilles». S'engage alors un rapport de force qui oppose jeunesse et savoir, une lutte à finir entre deux clowns tristes dont la piste prend souvent l'allure de chambres d'hôtel minables et où tous les coups sont permis.

  • Si Ti-Luc Blouin est si pressé de se rendre sur la côte ouest, c'est qu'il est à la recherche de son père, un écrivain américain mythique qui vit reclus dans l'île de Mere, au large de Vancouver. Mais il trouvera là bien plus que ce qu'il avait escompté. Hier encore le royaume de la forêt vierge, l'île est aujourd'hui le théâtre de vifs affrontements entre la multinationale qui détient les droits d'exploitation de la forêt et tout ce que l'Amérique compte d'écologistes et de militants.

  • Ce livre de maturité fait apparaître avec plus d'éclat que jamais les qualités d'émotion, d'évocation et d'écriture qui singularisent si fortement l'oeuvre de la grande romancière. En s'inspirant du temps où elle enseignait au Manitoba, Gabrielle Roy trace ici le portrait d'élèves qui pour elle portent à la fois le visage de l'enfance et celui de l'humanité tout entière. Par Nil et Demetrioff, elle découvre le pouvoir de l'art et la beauté ; par André, le courage et le don de soi ; par Médéric, enfin, elle éprouve les frémissements de la sensualité et la puissance irrésistible de l'amour.

    Publié pour la première fois en 1977 et traduit en anglais peu après, Ces enfants de ma vie a valu à Gabrielle Roy son troisième Prix du Gouverneur général du Canada.

  • Les seins de Faïna ont poussé l'espace d'un été, celui de ses seize ans. Et, avec les seins, sont apparus les admirateurs. Faïna pensait que sa mère, Oliko, et que sa grand-mère, Noutsa, lui confieraient alors le plus important des secrets de la famille: comment elles se sont mariées toutes les deux à seize ans. Et, surtout, qu'est-ce qui se passe après le mariage, quand les deux époux restent seuls ensemble. Mais personne ne lui a raconté quoi que ce soit. Les mots, c'est quoi ? Du vent !

    «Il faut bien se marier au moins une fois dans sa vie, petite.» Voilà ce que grand-mère Noutsa se contente de répéter à Faïna. Mais qui ? Son premier fiancé aux noirs sourcils, ou le fils du vigneron au regard de feu?

    Cette histoire se déroule dans un pays qui n'existe pas. L'Union soviétique a coulé comme le Titanic, mais le monde entier continue de nager vers cette épave pour regarder à travers ses hublots. Dans Faïna, de jeunes filles rêvent désespérément de se marier, des innocents se font tirer à bout portant, des femmes se déshabillent et écartent les jambes sur la table de la cuisine, une main qui sort de la terre saisit un homme par la cheville et son âme s'échappe, un cadavre repose sur un piano à queue, Brejnev se traîne jusqu'à la tribune en essayant de retenir ses pets. Voyez ! Voyez ! Voilà la vie derrière le hublot...

  • Après avoir vécu dix ans à Montréal, Éva revient s'installer dans sa ville natale, Maldoror, en Abitibi, plus précisément dans le chalet de son père, au bord du lac Kaganoma.

    Ce qu'elle vient y chercher ? Le silence, la paix. Mais il s'avère que ce silence, cette paix, sont des denrées rares et que, comme toujours quand il y a des denrées rares, il se trouve un petit malin pour se les approprier et les revendre, avec profit, aux Américains.

    C'est ainsi qu'Éva s'engage dans un mouvement de protestation lancé par des riverains du Kaganoma, qui se mobilisent pour protéger leur trésor. Cette folle aventure l'amènera à former un improbable quatuor avec trois hommes : Dan Dubois, acteur célèbre devenu documentariste dénonçant l'exploitation de la forêt boréale, Lionel Viger, « le Lion de l'Abitibi », promoteur extravagant et roi nègre local, et son propre père, Stan Sauvé, polygraphe et rédacteur en chef du «Colon», l'hebdo de Maldoror.

    Avec humour et ironie, sans exclure la tendresse, Louis Hamelin croque ici ses personnages avec l'oeil subtil du moraliste, mais sans jamais les juger, opposant à la dérisoire sauvagerie des hommes l'immense sauvagerie de la nature.

  • «À demi mort, mort-vivant, mort en sursis, mort de peur, en danger de mort, la mort dans l' âme, plus mort que vif, comme on voudra. Je découvre enfin que nous sommes tous éblouis par le soleil noir de la dernière heure. Que c'est le lot des survivants, cette culpabilité de rescapé, doublée du désir fou de se traîner vaille que vaille dans la lumière. Il ne s'agit pas de mériter, de jouer au héros : ce que les autres appellent le bonheur - mot que je ne comprenais et ne comprends toujours pas -, je décide de le nommer contentement de vivre et j'entends bien désormais le chercher et le trouver tout seul. Le coeur n'est-il pas d'abord un muscle ? Et un muscle, ça se tend, se détend, se retend. Ce muscle-là doit bien être assez futé pour tenir ses promesses.»

    Avec «La Liberté des savanes», livre inclassable où règne un équilibre fragile entre ombre et lumière, Robert Lalonde nous oblige à ouvrir les yeux sur le monde, sur la vie, leur misère et leur splendeur.

  • Johnny, tout juste vingt-deux ans, débarque à Montréal. Pas question de rester à Odanak, là où les rues ne sont pas pavées, là où les maisons, jamais achevées, trop petites, renferment des femmes transies de piété et des hommes qui ne rêvent que de chasse. Parce qu'il a le teint mat, l'oeil sombre, la crinière noir corbeau, il se fait passer pour un Italien et commence à accomplir les sales boulots de la petite pègre.

    C'est là qu'il rencontre Valentine à la blondeur qui piège le soleil, Valentine au profil de médaille, aux longues jambes grâce auxquelles elle quittera Ville-Émard à tout jamais. Rien - retours aux sources, renoncements, sacrifices - n'arrêtera la folle chevauchée dans laquelle ils se sont lancés en voulant changer de vie.

    Dans ce premier roman, Catherine Eve Groleau rend avec un étonnant pouvoir d'évocation ces éternels marginaux évoluant dans le clair-obscur de la petite criminalité et de la lointaine banlieue. Ce n'est que grâce à sa plume, qui leur redonne toute la grandeur tragique qu'ils ignoraient eux-mêmes posséder, qu'ils trouvent là où s'apaiser.

  • Comment l'amour fonctionne-t-il dans un monde désenchanté comme le nôtre ? Qu'est-ce qui peut attacher deux êtres l'un à l'autre ? Quelle vérité se cache sous le désir qui les rapproche ? Et quel mensonge ?

    Magalie, quarante ans, est designer de cuisines. Elle vit avec Mathieu, le père de sa fille, un avocat qui la trompe, et qu'elle trompe en retour. À cause d'un lien de famille qui les rapproche tout à coup, elle fait la connaissance de Guillaume, policier de son métier et père célibataire. Au bout de quelques mois remplis de révélations, de malentendus et d'un chassé-croisé d'intrigues, la vie de chacun d'eux aura basculé pour les laisser devant quoi ? Un tas de cendres ? Ou la perspective d'un recommencement, qui sera peut-être la répétition de ce qu'ils ont déjà vécu, espéré, souffert ?

    Roman de l'amour moderne, Un lien familial est en même temps un superbe roman de moeurs, le tableau drôle et impitoyable d'une époque où la décoration d'une cuisine peut acquérir une importance presque égale à celle qu'avaient naguère le salut des âmes et le sort des disparus. Avec ce regard narquois, cet humour si fin et cette prose élégante que ses nombreux lecteurs lui connaissent, Nadine Bismuth nous tend ici un miroir de nous-mêmes et de ce qu'est devenue notre existence dans ce monde dont nous sommes à la fois les témoins et les personnages, privés de repères, mais obstinément attachés à nos rêves.

  • Baie des Chaleurs, 1835. Gabriel Foucault va mourir dans sa belle demeure anglo-normande. Il dévoile à son fils, Victor, sa jeunesse dans ce village de pêcheurs où la dette envers les maîtres se transmet d'une génération à l'autre. Mais il y a surtout le souvenir de Catherine, la fille de Richard Thomas, le riche marchand dont l'esprit et la loi règnent sur le village. Venue là pour un été, elle a lié son destin au jeune Gabriel, le plus insoumis des garçons de la place.

  • Parce qu'elle était sensible à l'effondrement des êtres, Gabriella sentit le besoin d'aller se recueillir devant la cage des vautours du zoo de Barcelone. Quelques mois plus tôt, son père Giotto s'y était écrasé à bord de l'avion Spica. Les charognards, ces beaux chéris, avaient observé la scène, stoïques et ravis. Le premier, Sasko, avait demandé à son voisin : « Rhamp, tu aimes les anthrax ? » Immobile sur son perchoir de bambou, il répondit : « Cela dépend du coryphée. » Kalino, Dur LaSoie, Eschyle, OEil de Mouche et Karma LeCoran veillaient.

    Quel que soit le médium auquel il s'intéresse, Rober Racine le réinvente pour en tirer quelque chose qui brille avec tout l'éclat de ce qui est radicalement neuf.

    Les Vautours de Barcelone, sans doute son oeuvre littéraire la plus accomplie à ce jour, est une étonnante méditation sur la création, le tragique, la place de l'homme dans le cosmos.

    C'est surtout une célébration de l'art sous toutes ses formes, et un hommage poignant à l'oeuvre du compositeur Claude
    Vivier, dont la musique et le destin hantent le roman.

  • Pour sûr est, entre autres choses, une somme encyclopédique, un labyrinthe, une exploration de la folie des nombres, un précis de typographie, un reliquaire, une défense et illustration de la langue chiac, une réflexion sur les cultures minoritaires et leur obsession linguistique, un jeu de pistes, le roman d'un coin de pays. C'est une entreprise aux dimensions surhumaines que France Daigle mène à son terme avec une éblouissante virtuosité. C'est aussi l'histoire de personnages attachants, Terry et Carmen, que l'on a connus dans les précédents romans de l'auteur, leurs enfants Étienne et Marianne, et toute cette humanité qui gravite autour du bar Le Babar, à Moncton - les Zablonski, Zed, Pomme -, artistes, gens ordinaires, qui, tout en vaquant à leurs activités quotidiennes, s'interrogent sans cesse sur leur place dans le monde, d'un point de vue géographique, historique, politique ou culturel. Devant la savante architecture du roman, suite de fragments agencés selon une implacable structure mathématique, on ne peut s'empêcher de penser à l'Oulipo et à La Vie mode d'emploi. Mais la rigueur de la forme offre ici un contraste saisissant avec le caractère insaisissable et imprévisible du chiac, avec l'infini pouvoir d'émotion rattaché aux mots de l'enfance, aux mots des ancêtres.

  • Montréal. Les années 2010. À la suite de leur rupture, Charlotte et Paul tentent de continuer leur vie. Charlotte espère trouver l'amour et le bonheur auprès de Lecoq, un collègue de travail. Paul essaie de reprendre sa vie conjugale et familiale là où il l'avait laissée. Cependant, la réalité les rattrape.

    Véronique Papineau renoue ici avec le ton incisif de ses nouvelles, et nous retrouvons son regard lucide et parfois amusé sur l'amour et la trahison. Surtout, elle nous donne accès autant au point de vue de Charlotte qu'à celui de Paul, qui n'ont pas toujours la même version de leur histoire...

  • C'est pas moi, je le jure ! étonne par sa fraîcheur et sa verve, par sa vision du monde de l'enfance, par son imaginaire débridé. À trente-neuf ans, soit l'âge qu'aurait aujourd'hui son petit héros, l'auteur est manifestement resté très près de ses premières années. Marie-Claude Fortin, Voir. On a peine à croire que C'est pas moi, je le jure ! est un premier roman, tant la langue est sûre, agile, l'action bien conduite, les personnages convaincants. Bruno Hébert ne l'a pas écrit à la sortie du cégep. Il a lu, il a vécu. C'est pas moi, je le jure ! n'est pas seulement un remarquable premier roman ; c'est l'un des meilleurs romans de la saison. Gilles Marcotte, L'actualité

  • À travers les dix-huit récits qui composent ce livre, Gabrielle Roy a transformé les souvenirs de sa jeunesse manitobaine en un roman racontant l'apprentissage d'un écrivain. Christine découvre peu à peu la réalité - familière et pourtant inépuisable - de la petite rue de Saint-Boniface où elle est née et où l'humanité montre ses visages les plus variés. Mais surtout, ses propres rêves lui sont révélés, c'est-à-dire à la fois ce qui la rapproche des autres et l'en sépare, ce qui la fait les aimer profondément et l'oblige en même temps à les quitter pour toujours. Quatrième livre de Gabrielle Roy, Rue Deschambault a été publié pour la première fois en 1955. Il a été traduit en anglais et en italien et a valu à la romancière son deuxième Prix du Gouverneur général du Canada.

  • Près de vingt ans après le touchant Un après-midi de septembre, où il évoquait la disparition de sa mère, Gilles Archambault renoue avec le genre autobiographique pour nous tracer une bouleversante chronique de la mort de sa compagne. Ce bref récit, journal du temps qui passe où s'invitent les souvenirs, raconte avec justesse le couple, la solitude, la vie et la mort. De son écriture intimiste, Gilles Archambault dévoile ces instants et ces émotions et révèle l'essence même de la vie, de l'amour, à travers le quotidien le plus attentivement traduit. « Je me sens amputé. J'ai perdu le seul être au monde avec qui je pouvais converser même dans le silence. Voilà pourquoi je sens le besoin de ne pas me taire. »

  • Voilà donc Montréal transformée en phytophage corps callipyge grâce à Dorianne sortie tout droit d'un roman de Marcel Proust : fugitive égérie que le vin fait halluciner, tous les moteurs de la ville - vrombissantes voitures phalliques - se lançant à sa poursuite pour l'écraser définitivement sur l'asphalte chaud de la nuit.

    Un temps, la triade que forment Pierre, Vincent et Pietr la sauvera de la mécanique nocturne mais, dès les premières pages du roman, la chose était déjà entendue : bien que s'agitant dans le labour et le débours de la nuit, les spectres, pareils aux vampires si chers à Pietr, ne sauraient résister à la remontée inéluctable du jour, Montréal redevenant l'infamie de la misère sociale, sa luminosité fourbe s'étalant comme une énorme main sale sur les choses et le monde.

    Dans Ces spectres agités, on est dans l'univers atomisé du Grand Morial où les affinités électives demandent encore à venir vraiment - ce choix nouveau de sa véritable parentèle, et dont le roman de Louis Hamelin pose un jalon essentiel dans notre littérature.

    Extrait de la préface de Victor-Lévy Beaulieu.

    Ces spectres agités est paru à l'origine en 1991.

  • Avec le merveilleux Espèces en voie de disparition, Robert Lalonde nous avait donné un recueil de nouvelles d'une très forte cohérence, agencées pour former un tout qui se distingue aussi bien par la matière que par la manière. Dans Un coeur rouge dans la glace, il poursuit cette exploration des formes narratives, en nous proposant cette fois trois courts romans - ou trois longues nouvelles - réunis dans un seul livre. Trois histoires indépendantes, complètes en elles-mêmes, mais toutes les trois traversées par les mêmes échos.Chacun de ces brefs road novels raconte une errance, une quête, un chemin que parcourent les personnages à la recherche d'un fantôme, d'un être désiré, perdu. Chacun raconte le combat contre le malentendu, contre le temps, contre tout ce qui nous sépare de ceux qu'on aime, de ce qu'on aime, qui brille comme un coeur rouge dans la glace.Trois histoires que réunit l'écriture souveraine de Robert Lalonde.

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