Editions Matériologiques

  • L'homéopathie trône dans les vitrines des pharmacies et côtoie dans nos foyers les vrais médicaments, des publicités en vantent les bienfaits, des politiciens, des sportifs, des célébrités la défendent avec ardeur. Des médecins la célèbrent. Présente depuis plus de deux cents ans, utilisée par des millions de gens, elle semble aller de soi. Mais la connaissez-vous vraiment ? Comment a-t-elle été inventée ? Sur quels principes théoriques repose-t-elle ? Comment les célèbres granules sont-ils fabriqués ? Comment mesure-t-on leur efficacité ? Que dit la science de ses effets revendiqués ? Comment les homéopathes répondent-ils aux critiques ? Comment les médias traitent-ils le sujet ? Que disent les autorités de santé de cette pratique aux relents idéologiques des plus détestables qui pourtant se veut une panacée parée de toutes les vertus ? Ne pas savoir répondre à ces questions, c'est ne rien savoir sur l'homéopathie. Thomas C. Durand explore dans ce livre les arcanes nébuleux d'une industrie prospère et d'un mode de pensée inquiétant.
    Thomas C. Durand est docteur en biologie. Après un passage dans le monde de la recherche, il co-fonde l'Association pour la science et la transmission de l'esprit critique, dédiée à faire connaître les défaillances du raisonnement humain qui rendent nécessaire l'acquisition d'une méthode d'exploration du monde : la science. Il est l'auteur de la chaîne YouTube La Tronche en Biais, suivie par plus de 130 000 abonnés.
    Préface de Edzard Ernst.


  • [Table des matières]


    Avertissements de l'éditeur, par Marc Silberstein (page 3)
    Avant-propos de Mario Bunge (page 11)
    Chapitre 1 : Enfance (page 13)
    ? Contexte familial
    ? Mariechen en Argentine
    ? Répercussion du nazisme en Argentine
    ? Les ancêtres de mes parents
    ? La descendance de Carl August et Genara
    ? Mariechen et les Bunge
    ? La cabane
    ? Faire les courses
    ? Développement d'El Ombú
    ? Nos jardiniers
    ? Nos voisins
    ? La progéniture du vieux Bottini
    ? Des voisins très intéressants
    ? Sports et jeux
    ? Jardinage
    ? Vacances
    ? Les Patagoniens
    ? Cuisine
    ? Josef
    ? Étudier à la maison
    ? Première école
    ? Les écoles de la ville
    ? Première rencontre avec la religion
    Chapitre 2 : Adolescence (page 43)
    ? École secondaire
    ? À deux doigts de l'expulsion
    ? Nos professeurs
    ? D'autres étranges professeurs
    ? Camarades de classe
    ? Les filles
    ? Les plus intéressants des amis de ma mère
    ? Les habitués d'El Ombú
    ? Les repas du dimanche
    ? La guerre « civile » espagnole
    ? La réaction des amis
    ? L'école secondaire
    ? Lacs patagons
    ? Politique
    ? Les intellectuels communistes locaux
    ? Intermède éthique : l'intellectuel engagé
    ? École secondaire : changement de vitesse
    ? Rencontre avec le matérialisme dialectique
    ? La physique par la chimie
    ? Nouveaux amis
    ? En combinant les vocations
    ? Débarrassé de Freud et prêt à commencer l'université
    Chapitre 3 : Université (page 75)
    ? Débuts à l'université
    ? Mes professeurs de mathématiques
    ? L'enseignement de la physique
    ? Cours de physique théorique
    ? L'étude de la mécanique quantique
    ? D'autres professeurs intéressants
    ? Ernesto Sabato
    ? Mes compagnons étudiants les plus proches
    ? Autres camarades de classe
    ? Étudiants d'autres disciplines
    ? Intégration dans la société de La Plata
    ? Universidad Obrera Argentina
    ? Mariage
    ? Mes premiers enfants
    ? L'Universidad Obrera au square du Congrès
    ? Ce qu'enseignait l'Universidad Obrera Argentina
    ? Impact public de l'Universidad Obrera Argentina
    ? La mort de mon père
    ? Ma mère en prison
    Chapitre 4 : Apprentissage scientifique (page 107)
    ? De l'étudiant au scientifique en herbe
    ? Guido Beck
    ? Travailler sous la direction de Beck
    ? Ma thèse de doctorat
    ? Emprisonné
    ? Soutenance de thèse
    ? Emplois parallèles
    ? Des étudiants intéressants
    ? Les étudiants argentins de Beck
    ? La Société de physique d'Argentine
    ? Quatre fraudes
    ? La brillante carrière de José Antonio Balseiro
    ? Les cas Papp et Klein
    ? La pire fraude
    ? Inutilité de mon doctorat
    ? La Dutch Touch
    ? La mécanique bohmienne et ses critiques
    ? L'objection de Pauli
    ? Le culte de Bohm
    ? Distractions à São Paulo
    ? Émigrants potentiels
    ? Les migrations de Bohm
    ? De retour au pays
    ? Séminaires privés
    ? L'establishment atomique
    ? Qu'est-ce qui fait marcher les scientifiques ?
    ? La chute de Perón
    Chapitre 5 : Apprentissage philosophique (page 147)
    ? Mon premier livre de cours de philosophie
    ? Autres livres qui nourrirent mon amour de la philosophie
    ? Science ou philosophie ?
    ? Interlude : amateurs et professionnels
    ? Premier article et séminaire philosophique
    ? Premiers problèmes philosophiques
    ? La revue Minerva
    ? Ce que publiait Minerva
    ? L'accueil de Minerva
    ? Comment Minerva influença ma vie
    ? Intermède politique
    ? Centré sur la physique avec des incursions occasionnelles
    en philosophie
    ? Autres rencontres philosophiques occasionnelles
    ? Qu'est-ce qu'un électron ?
    ? Le Cercle de Buenos Aires
    ? Découverte de la logique moderne
    ? Comment j'arrivai (presque) à joindre les deux bouts
    ? Rencontres avec le grand Houssay
    ? Une année productive
    ? Bolivie et Chili
    ? Chili
    ? 1955
    ? Andrés Kálnay
    ? Vlady, Fatone et García
    ? Enseigner la mécanique quantique
    Chapitre 6 : Premiers emplois (page 181)
    ? Accepté par les philosophes
    ? Quine
    ? La faculté de philosophie et des lettres
    ? Premiers pas dans les couloirs de la faculté de philosophie
    ? Premier cours de philosophie des sciences
    ? 1958
    ? Interlude américain
    ? Administration universitaire
    ? Premier voyage en Europe
    ? Congrès à Venise
    ? Nouvelles relations
    ? Popper
    ? Marta
    ? Jeunes mariés
    ? Le congrès de philosophie de Buenos Aires
    ? Aux États-Unis
    ? Premier congrès international de philosophie des sciences
    ? Penn
    ? Mes cours et mes conférences occasionnelles
    ? Goodman
    ? Autres collègues
    ? La psychologie mathématique
    ? Des étudiants intéressants
    ? Le mensonge de Goodman et l'appât de Hook
    ? Vérité approximative
    ? L'Europe avec Marta
    ? France et Italie
    ? Retour au pays
    ? Naissance de Scientific Research
    ? Porter la bonne parole sur l'autre rive
    ? Projets de recherche
    ? Le coup d'État silencieux contre le président Frondizi
    ? Quitter le pays pour de bon
    Chapitre 7 : Professeur itinérant (page 227)
    ? Le Texas
    ? Mes collègues
    ? Des expériences texanes mémorables
    ? Marta découvre Corfou
    ? Miltiadis
    ? La vie quotidienne dans l'île enchantée
    ? Explorer Corfou
    ? De retour aux États-Unis
    ? Truesdell et la mécanique néoclassique
    ? L'assassinat du président Kennedy
    ? Nouveau voyage à Corfou
    ? Première visite en Israël
    ? Le Delaware
    ? Un congrès sur la relativité
    ? Le débat Carnap-Popper
    ? Le match Kuhn-Popper
    ? Vers la Forêt Noire
    ? Les amis de Fribourg
    ? Les deux Berlin
    ? Le Portugal
    ? Jusqu'aux cieux, et retour
    ? Retour aux cieux
    ? À la recherche d'un emploi
    ? L'appel du Canada
    ? Première visite en Espagne
    ? Piaget et Kuhn à Genève
    Chapitre 8 : Le Canada et le réalisme scientifique (page 261)
    ? Montréal
    ? Raymond Klibansky
    ? Walter Hitschfeld, scientiste et administrateur
    ? Storrs McCall : érudit et fermier
    ? William Shea : historien des sciences catholique
    ? Trois psychologues : Hebb, Milner et Bindra
    ? Autres collègues appréciables
    ? Claudio Cuello et le statut de la pharmacologie
    ? Bernardo Dubrovsky et les deux psychiatries
    ? Des collègues moins intéressants
    ? Intégration
    ? Hiver canadien
    ? Premiers cours et conférences
    ? Le Centre des fondements avorte
    ? Premier événement heureux
    ? Réception de Foundations of Physics
    ? Le traité de méthodologie scientifique
    ? Réception de Scientific Research
    ? La réaction de Popper
    ? La tentative d'extorsion de Lakatos
    ? Second événement heureux
    ? Le congrès Laval
    ? À Corfou, Liège et Amsterdam
    ? Retour d'Europe
    ? L'été à Cuernavaca
    ? Salzbourg
    ? Le Congrès de Vienne
    ? Réactions à ma défense du réalisme scientifique
    ? La place des objets mathématiques selon le réalisme
    ? La Bibliothèque de philosophie exacte
    ? Les deux faces de la révolte étudiante des années 1960
    ? Tournée en Allemagne
    ? La réalité est là, mais le concept de réalité demeure évasif
    Chapitre 9 : Philosophie exacte (page 301)
    ? De l'intuition à la rigueur
    ? L'exactification
    ? Incompréhensions à propos de la philosophie exacte
    ? L'analyse philosophique révèle la complexité cachée
    ? De Parménide à Hegel
    ? Clarté sans trivialité
    ? Philosophie linguistique et phénoménologie
    ? L'exactitude n'est pas suffisante pour philosopher
    ? Ce que la philosophie exacte peut apporter
    ? Premières rencontres avec la philosophie exacte
    ? Sémantique
    ? L'analyse des prédicats
    ? Existences et someness, vérités factuelles et formelles
    ? Inepties au nom de la logique
    ? Vérité partielle
    ? Mes livres
    ? L'Unité des fondements et de philosophie des sciences
    ? La Société pour la philosophie exacte
    ? Métaphysique scientifique
    ? La Corse
    ? Le congrès de Bucarest
    ? L'essentiel de ma métaphysique scientifique
    ? Le plan du Treatise a été conçu en Espagne
    ? Le Danemark
    ? Zürich
    ? Deux catastrophes
    ? Retour à Montréal
    ? Autre congrès en Israël
    ? Mexico appelle
    ? Séminaire et association
    ? De Mexico à Boston
    ? Retour au Canada
    Chapitre 10 : Matérialisme systémique (page 351)
    ? Matérialisme spontané
    ? Matérialisme philosophique
    ? Matérialisme systémique (ou systématérialisme)
    ? Des boules de billard aux champs et aux quantons
    ? Éléments constitutifs
    ? Systémisme
    ? Le trilemme individualisme-holisme-systémisme
    ? Projections du quadruplet
    ? Les valeurs aussi se présentent en groupes
    ? Émergence et niveaux
    ? Niveaux d'intégration
    ? Réduction et réductionnisme
    ? Espace et temps dans le matérialisme
    ? Les objets idéaux à la lumière du systématérialisme
    ? Modernité du systémisme
    ? Mon principal ouvrage systématérialiste
    ? Matérialisme systémique versus matérialisme dialectique
    ? 2004, court passage en France, berceau des Lumières
    ? La métaphysique de la mécanique quantique
    ? Après le quatrième volume du Treatise
    ? Échanges avec des philosophes espagnols
    ? Escale sur la côte Ouest
    ? Épistémologie
    ? Réalité égale matérialité
    ? Retour en Espagne : environnement et carnivorisme
    ? Mélanges
    ? Tolède-Madrid : meeting dans la jeune démocratie espagnole
    ? Cuba : oui, mais...
    ? Congrès de philosophie à Montréal
    ? Vacances
    ? Encore le systématérialisme
    ? Résumé de mes contributions à l'ontologie
    ? Démystifier la pseudoscience
    ? La science à elle seule n'immunise pas contre les pseudo-sciences
    ? Pourquoi démystifier les pseudo-sciences ?
    ? Conclusion
    Chapitre 11 : Biophilosophie (page 399)
    ? Curiosité précoce pour les choses vivantes
    ? Première petite idée de biophilosophie
    ? Mon premier ami biologiste
    ? Ernst Mayr et G.G. Simpson
    ? Stephen Jay Gould
    ? Premiers travaux sur la biologie
    ? Les bioespèces
    ? Essentialisme, le pour et le contre
    ? Information et vie
    ? Des lois biologiques ?
    ? La cybernétique explique la téléologie
    ? Mes principaux écrits en biologie
    ? Fondements de la biophilosophie
    ? Crever des baudruches biophilosophiques
    ? La fête pour mon 75e anniversaire
    ? Des biologistes visitant mon unité
    ? Des étudiants canadiens intéressés par ma philosophie
    ? La biologie explique-t-elle la nature humaine ?
    ? La nature humaine n'a vraiment rien de naturel
    ? Nouvelle science de la nature humaine ?
    ? Intérêt soutenu pour la biophilosophie
    ? Conclusion
    Chapitre 12 : Monisme psychoneural (page 433)
    ? Engouement précoce pour la psychologie
    ? Philosophie de l'esprit
    ? Principales réponses au problème corps-esprit
    ? Monisme matérialiste
    ? Dualisme psychoneural
    ? Comment étudier le mental
    ? Approche systématique du problème corps-esprit
    ? Répercussions
    ? Interlude politique : la tentative de diviser le Canada
    ? Fin de l'interlude politique
    ? Le congrès de Brighton
    ? Autres colloques
    ? Un livre avorté avec Rodolfo Llinás
    ? Chomsky
    ? Colloques de psychologie
    ? Un matérialiste en pays dualiste
    ? Encore l'Espagne
    ? Relations avec les catholiques
    ? Réception de ma philosophie de l'esprit dans mon pays natal
    ? Au pays de Calvin
    ? Congrès de Moscou
    ? Ma longue et stérile querelle avec la psychanalyse
    ? Les chaires d'où j'ai prêché mon évangile psychologique
    ? Rencontres avec des dualistes professionnels
    ? La place de la psychologie
    ? Mes contributions à la philosophie de l'esprit
    ? Conclusion
    Chapitre 13 : Philosophie sociale (page 475)
    ? La Grande Dépression
    ? L'URSS
    ? Conséquences politiques de la Grande Dépression
    ? De Juan B. Justo à Augusto Bunge et à Raúl Prebisch
    ? Gino Germani et la sociologie sérieuse
    ? Premières publications en sciences sociales
    ? La théorie des jeux
    ? La théorie du développement
    ? Séminaire PNUD à Mexico
    ? Bento Spinoza et Marcel Roche
    ? Répercussions de ma thèse sur le développement intégral
    ? Du Pérou au Chili via la Bolivie
    ? Opposition au développement intégral
    ? Insatisfaction envers les sciences économiques orthodoxes
    ? Sciences économiques et philosophie
    ? Un match avec les économistes orthodoxes
    ? Prix du prince des Asturies
    ? Un meeting pour la démocratie
    ? Jo Lu
    ? Nouveaux amis dans la communauté des sciences sociales
    ? Conclusion
    Chapitre 14 : Idées bizarres,
    lieux étranges, événements extraordinaires (page 505)
    ? Défaite de la raison dans les sciences et les études sociales
    ? De Merton à Kuhn
    ? L'éléphant légendaire disparaît
    ? Participation aux guerres de la science
    ? Contacts avec les chercheurs en sciences sociales européens
    ? La Hongrie et la philosophie des mathématiques
    ? Interlude tchèque
    ? De passage en Turquie
    ? «Tegekkür ederim »
    ? Des conférences dans des contrées lointaines
    ? Conférence en porteñol
    ? Interlude portugais
    ? Des éclaircies dans une période sombre
    ? En écrivant sur les mécanismes sociaux
    ? Interaction avec les sociologues canadiens
    ? Prêcher en des lieux exotiques
    ? La grande tempête de glace
    ? Le paradis des marsupiaux et des philosophes des mondes possibles
    ? Conférences australiennes
    ? L'inondation
    ? Pékin
    ? Conférences à Pékin
    ? Conclusion
    Chapitre 15 : Philosophie pratique (page 543)
    ? Axiologie
    ? Systèmes de valeurs
    ? Valeurs analéthiques
    ? Évaluation d'items aléthiques
    ? La technophilosophie
    ? Éthique et praxéologie
    ? Philosophie morale
    ? Philosophie médicale
    ? Philosophie politique
    ? Philosophie du droit et criminologie
    ? L'évaluation des disciplines
    ? Jouir de la vie
    ? Conclusion
    En guise d'épilogue (page 581)
    Postface : Ma vie avec Mario, par Marta Bunge (page 587)
    ? La religion
    ? Un poème inédit : « Le secret du bonheur »
    ? Entre philosophie et mathématiques
    ? La théorie des catégories
    ? La politique
    ? La famille
    ? Les arts
    ? Les voyages
    ? Conclusion
    Index des noms (page 609)
    Bibliographie complète de Mario Bunge (page 621)






  • Ces dernières années, les débats à propos des notions de sexe et de genre entre biologie et sciences humaines et sociales connaissent une intensité accrue, tant pour des raisons scientifiques que pour l'effet que ces positions ont sur les usages sociétaux de ces notions. Beaucoup de biologistes rejettent la mise en cause par une partie des sciences humaines et sociales de ce que la biologie tient pour fondamental, telles la binarité des sexes ou les différences entre les sexes. Les spécialistes en sciences humaines et sociales, quant à eux, voient souvent la biologie comme une source académique et institutionnelle d'arguments naturalistes qui visent à s'opposer au genre. Ils dénoncent des biais d'interprétation des biologistes comme résultant, justement, de parti-pris liés au dispositif de genre. Pourtant, les échanges scientifiques à l'interface entre biologie et sciences humaines et sociales sont sans aucun doute nécessaires pour évacuer ces antagonismes.
    L'objectif de cet ouvrage, basé sur l'École thématique interdisciplinaire d'échanges et de formation en biologie du CNRS (dite «?École de Berder?») de 2015, est de mettre en oeuvre un dialogue entre des deux domaines, en tentant de passer outre des malentendus et des impensés qui n'ont que trop duré.
    Ce livre s'ouvre sur une présentation des définitions considérées comme consensuelles par les deux domaines, puis des contributions analysent l'idée selon laquelle certaines études sur les différences des sexes, en neurosciences ou en éthologie, publiée dans la presse de vulgarisation ou spécialisée, présentent des biais d'interprétation attribuables à des biais de genre. Des exemples d'études fortement interdisciplinaires illustrent cependant la possibilité de mêler sciences de la vie et sciences humaines au lieu de les opposer, en ce qui concerne le plaisir sexuel animal, la détermination du sexe ou la place des transidentités et de l'intersexuation dans les rapports entre sexe et genre.
    Mêlant études de cas, questionnements sociologiques, anthropologiques et épistémologiques, pour aboutir à la délinéation des si labiles notions de sexe et de genre, ce livre se veut un jalon pédagogique dans l'abord de ce champ de réflexion crucial.

  • Dans ce dictionnaire hors normes, conçu dans une perspective humaniste et scientifique, ontologie, épistémologie, méthodologie sont les domaines privilégiés par Mario Bunge. Si des entrées proposent un jubilatoire tir aux pigeons conceptuel(s) - loin de l'austérité érigée en canon du savoir -, d'autres exposent certaines des idées les plus constantes et fructueuses que l'auteur a développées durant des décennies, au point qu'il n'est pas exagéré de voir cet ouvrage comme un pan majeur de l'édifice bungéen, à savoir le matérialisme émergentiste qu'il a systématisé dans les huit volumes de son Treatise on Basic Philosophy (1974-1989). Ce dictionnaire, souvent insolent et subversif, n'est donc pas un banal exercice standardisé de compilation de définitions usuelles et consensuelles? mais un exercice de référence plutôt que de déférence. La pléthorique philosophie que Bunge désigne par le terme d'«?industrie de la philosophie?» est ici bousculée avec un allant qui nous fait sortir de la torpeur du conformisme de ce magasin de porcelaine, où les concepts déposés sur des étagères sont délicatement époussetés depuis des lustres par des coupeurs de cheveux philosophiques en quatre. Alors quand un éléphant - dont on sait qu'il est doué d'une intelligence et d'une mémoire peu communes - pénètre ce cocon, les bris de mots sont à redouter si l'on est à la recherche d'un énième manuel de bachotage, au contraire à espérer si l'on demande à la philosophie d'autres fruits que ceux de la ratiocination stérile ou du psittacisme de concours. Dès lors, lectrices, lecteurs, ce dictionnaire roboratif est pour vous. Comment mieux résumer en si peu de place la perspective de Bunge ici, sinon en reprenant une partie de sa définition de la passion?: «?Le complément de la raison. Ce qui alimente la raison ou ce qui la fait vaciller. Il n'y a pas de grande entreprise sans la passion et rien de bien ne se fait avec la passion seule.?»

  • Ce Manuel d'épistémologie pour l'ingénieur.e vient combler une lacune?: les étudiants en école d'ingénieurs, tout comme les ingénieurs en exercice, ne disposent d'aucun manuel dédié qui leur permettrait d'aborder cette discipline dont ils ont pourtant de plus en plus besoin.
    La nature du métier d'ingénieur a en effet beaucoup changé durant ces dernières décennies, mais aussi sa place dans la société?: l'ingénieur travaille ainsi de plus en plus en relation avec des acteurs venus de domaines multiples, scientifiques ou non. Mais il peut aussi être critiqué dans ses actions, sur la base de critères (politiques, sociaux, éthiques, écologiques, etc.) qui ne sont pas les siens. Dans ce contexte, une réflexion sur son activité tant scientifique que technique, et surtout intégrée à la société, est nécessaire.

    Organisé en neuf chapitres, cet ouvrage propose donc de fournir aux ingénieurs, actuels ou futurs, les repères conceptuels et les réflexions fondamentales en matière d'épistémologie, ainsi que les connaissances en histoire des sciences et des techniques afin de mieux comprendre leur évolution. Il apporte un éclairage à de nombreuses questions qu'un ingénieur peut se poser face à cette discipline?: qu'est-ce que l'épistémologie?? à quoi sert-elle?? Quels en sont les grands courants?? Quels sont les rapports qu'entretient l'épistémologie avec la science mais aussi avec la technique?? Existe-t-il une épistémologie spécifique à l'ingénierie?? Quelles sont enfin les implications éthiques et sociétales de l'activité de l'ingénieur??

    Ce manuel, que les auteurs - tous deux enseignants en école d'ingénieurs - ont voulu court et accessible, vise donc à accompagner les ingénieurs dans leur pratique et leur réflexion aussi bien pendant leurs études que durant leur carrière professionnelle.

  • La référence aux représentations mentales joue un rôle central dans notre vision du monde. Non seulement leur existence semble indéniable, mais elles permettent d'expliquer un grand nombre de phénomènes?: la conscience, la perception, les opérations cognitives, le langage, les réalités symboliques, les conduites individuelles et collectives. Aussi sont-elles étudiées par les psychologues, les sociologues, les anthropologues, les linguistes, les neuroscientifiques, etc. Cette puissance explicative paraît résulter du fait que le caractère représentionnel des représentations incarnées, corporelles, observables, dériverait d'une capacité représentationnelle primordiale de l'esprit.
    Il est pourtant notoirement difficile de concevoir comment les représentations mentales pourraient jouer ce rôle, et cela pour plusieurs raisons.
    1° Leur caractère mental rend plus mystérieuse encore la relation représentationnelle, puisque, celle-ci devant relier des esprits d'un côté, et des corps de l'autre, cette relation serait ontologiquement hétérogène.
    2° Si la relation de représentation s'explique par des représentations mentales, le caractère représentationnel d'une représentation mentale devrait également s'expliquer par une autre représentation mentale, et ainsi de suite, si bien qu'on voit mal comment une relation quelconque pourrait être instaurée.
    3° Les représentations mentales ne sont directement accessibles que par introspection?: admettre dans les explications scientifiques des faits directement connus par une seule personne, ne serait-ce pas ouvrir la voie à toutes les dérives??
    4° Tous les scientifiques ne s'accordent pas sur la nature ou le format des représentations mentales?: sont-elles des images?? Des propositions?? Des intentionnalités sui generis??...
    Le constat nous met devant une alternative?: soit nous parvenons à concevoir les représentations mentales, soit nous devons apprendre à nous en passer. Ce sont chacune de ces deux voies qu'explore cet ouvrage.
    Parution spéciale pour l'agrégation de philosophie 2020.





  • Table des matières
    Marc Silberstein
    Introduction. Vous avez dit « science(s) » ? (page 3)
    Jean Audouze
    La science, ses progrès et ses piétinements (page 11)
    Arnaud Banos
    Ma progressive découverte de la science (page 17)
    Adrien Barton
    L'ontologie est-elle une science ? (page 21)
    édouard Brézin
    Qu'est-ce que la science pour moi (page 27)
    Gérald Bronner
    Désincarcérer la rationalité (page 33)
    Mario Bunge
    Sciences et philosophie, un dialogue (page 39)
    Fabrice Cahen
    L'« instinct scientifique » de Martin Eden (page 43)
    Gilles Campagnolo
    La science est un opéra total - un opéra du réel (page 51)
    Denis Caroti
    Comment ai-je (enfin) compris ce qu'était la science... (page 57)
    Pascal Charbonnat
    La science, outil d'incorporation au monde (page 63)
    Stéphane Colombi
    La science pour moi, sa mise en oeuvre et son expression (page 67)
    Antoine Danchin
    Produit de l'écriture, la science fait l'humanité de l'homme (page 71)
    Christophe Darmangeat
    Le cardeur scientifique (page 77)
    Pierre Deleporte
    Rencontres avec la philosophie des sciences (page 81)
    Pascal Engel
    Réalisme scientifique sans complexes (page 87)
    Michael Esfeld
    La science comme libération (page 93)
    Charles Galperin
    La science comme vocation (page 97)
    Nicolas Gauvrit
    L'esprit critique formalisé (page 101)
    Jean Gayon
    Qu'est-ce qu'un scientifique ? De la splendeur du vrai au métier (page 107)
    Jean Génermont
    Où se niche la science ? Regard d'un biologiste (page 113)
    Yves Gingras
    Qu'est-ce qu'une science ? (page 119)
    Gabriel Gohau
    Les deux sciences... de la Terre (page 125)
    Philippe Grandcolas
    La science et notre relation avec le monde :
    l'équilibre entre sclérose et incertitude (page 129)
    Jean Iliopoulos
    Science, connaissances, sagesse (page 133)
    Laurent Jodoin
    Comment définir la science ? (page 139)
    Gérard Lambert
    Méthode, utopie et culture (page 145)
    Maël Lemoine
    Jouer le jeu de la science (page 151)
    Françoise Longy
    La pluralité des sciences et l'idéal de la science (page 157)
    Pascal Ludwig
    Un marché libre des idées (page 163)
    François Maurice
    Une triade scientifique ? (page 169)
    Michel Morange
    Une quête humaine toujours inassouvie (page 175)
    Maël Montévil & Matteo Mossio
    Une brève discussion sur la science, autour d'un verre (page 179)
    Françoise Parot
    Le chemin vers le doute (page 185)
    Michel Paty
    La science comme pensée et comme expérience objective du monde (page 191)
    Alain Pavé
    Point de vue d'un modélisateur (page 199)
    David Piotrowski & Yves-Marie Visetti
    Comment et à quoi pensent les disciplines linguistiques ? (page 205)
    Dominique Raynaud
    Inférer l'inconnu à partir du connu (page 215)
    René Rezsohazy
    Faire acte de création (page 221)
    Armand de Ricqlès
    La science : une méthode offrant des réponses
    adéquates aux questions posées par la réalité (page 227)
    Dominique Rojat
    Rêves de science (page 233)
    Angélique Stéphanou
    La science, quête et conquêtes (page 239)
    Hervé This
    Mehr Licht ! (page 243)
    Véronique Thomas-Vaslin
    Questionnements et connaissance de la complexité (page 251)
    Claudine Tiercelin
    La science, la métaphysique et l'esprit scientifique (page 257)
    Franck Varenne
    Une recherche de représentations recroisant ses sources (page 263)
    Denis Vernant
    De la science aux sciences (page 267)
    Pierre Wagner
    Sur ce que nous voudrons que la science soit (page 273)
    Bernard Walliser
    Les deux piliers de la science (page 279)





  • Table des matières
    Prologue (page 5)
    Les super-héros expliqués à ma mère
    Introduction (page 13)
    Chapitre 1 (page 19)
    Spéciale origine
    Chapitre 2 (page 41)
    Serial Hero
    Chapitre 3 (page 69)
    Les corps et le décor
    Chapitre 4 (page 93)
    Une société contre l'État
    Chapitre 5 (page 117)
    Psychanalyse des super-héros
    Chapitre 6 (page 133)
    À la recherche de la super-héroïne
    Conclusion (page 163)
    Saturnales continuelles
    Épilogue 1 (page 175)
    Dialogue avec ma fille (ma super-girl à moi)
    Épilogue 2 (page 179)
    The End ?
    Annexe (page 183)
    Les super-héros mis en schémas
    Index (page 187)

  • Comment nous est venue la notion de l'univers infini?? Quelle place ce concept et le combat qu'il déclencha tiennent-ils dans la formation de notre modernité, dans l'avènement du mouvement des Lumières, entendu comme la dissolution des obscurantismes religieux?? Ces questions conduisent à Giordano Bruno, le philosophe voyageur qui refusa d'abjurer et défendit, jusqu'au bûcher, à Rome en 1600, l'idée d'un ciel peuplé d'innombrables soleils entourés de planètes, brisant dans une même démarche pugnace les sphères de Ptolémée, les carcans dogmatiques des religions et la morgue des pédanteries régnantes. Ce citoyen du monde mit en question tout ce qui paraissait acquis et combattit les superstitions, les affabulations chrétiennes, les bigots, les pouvoirs de droit divin et leurs sbires en s'attirant les foudres inquisitoriales de trois cultes.
    Cet essai rend hommage à celui qui, avant Galilée, fut l'un des premiers «?cosmologues?» modernes. Il retrace sa vie errante et mouvementée à travers l'Europe pour la défense de ses pensées complexes et considérables. Il rend évidente l'influence de celles-ci durant le XVIIe?siècle, dans les recherches de Kepler, Galilée, Newton, mais aussi dans les débats philosophiques avec Descartes, Pascal, Spinoza et les libertins érudits qui annoncent les Lumières. Son oeuvre ne concerne pas seulement la matière, le ciel et ses infinis, elle interroge l'existence humaine, l'expression poétique, la religion, la philosophie, le langage, l'esprit de tolérance...
    Écrit comme un roman et un grand reportage, ce panorama permet de saisir l'origine des idées de notre système du monde et de notre place en son sein, que de nouveaux obscurantistes veulent mettre en pièces. Cette fresque aux élans philosophiques, empreinte d'un humanisme intense, écrite avec l'encre fastueuse de cette époque au verbe coruscant, est marquée du sceau de l'admiration de Jean Rocchi pour le Nolain et de la tristesse que son sort funeste lui inspire. Une leçon pour les temps présents...

  • Aldo Haesler tente ici de donner une nouvelle explication de la genèse et de la dynamique particulière de la modernité. Son avènement ne serait pas tant dû à la science nouvelle, à la philosophie moderne ni même à l'économie capitaliste, mais tiendrait essentiellement à une nouvelle manière de concevoir les relations humaines.
    De jeu à somme nulle (un gagnant et un perdant), la relation est devenue jeu à somme positive (toutes les parties gagnent) ; de réseau d'endettement, elle est devenue une source d'effervescence et d'émulation réciproques. Là est le socle commun des explications classiques de la modernité, de Marx et Weber jusqu'aux plus récentes. Ces jeux qui structurent tous nos rapports à autrui, au monde et à nous-mêmes, le font au moyen de médias de communication qui, dans les sociétés non modernes, sont de l'ordre du pouvoir, de la croyance, mais aussi de la beauté et de la justice, alors qu'avec le développement de la modernité, c'est l'argent qui s'est progressivement substitué à ces médias traditionnels. D'instrument de règlement partiel des dettes, l'argent est devenu médium généralisé, à la fois le maître-étalon d'un nombre de plus en plus grand de relations, et en même temps leur principe dynamique. En tant qu'étalon de toute mesure, l'argent tendra à libérer toutes les relations de leurs entraves traditionnelles ; mais, en même temps, il rendra invisibles ceux qui, dans un jeu à somme positive, devront en assumer les coûts. Car, dans un monde aux ressources limitées, le gain multiple se solde nécessairement par un tiers invisibilisé qui doit en endosser les conséquences. En tant que principe dynamique, l'argent s'émancipe peu à peu de son substrat matériel, ce qui rend sa circulation de plus en plus rapide et invasive. Il atteint aujourd'hui, sous sa forme électronique, son stade de perfection phénoménale. S'effaçant de nos seuils de conscience, il échappe à notre emprise réflexive. Sa libre prolifération fera des relations « effervescentes » le standard de toute relation et de la dette, un signe d'exclusion.
    Telle est la situation de la modernité dure qui concourt à faire de la modernité capitaliste contemporaine le régime socio-culturel le plus stable que l'humanité ait connu depuis ses origines. Mais la stabilité n'est pas, dans ce contexte, une vertu. Serait-ce le véritable défi de ceux qui souhaitent en sortir ?

  • Encyclopédiste, philosophe, romancier et auteur de théâtre, critique d'art, libertin ou encore révolutionnaire, Denis Diderot a été évoqué sous de multiples facettes. Mais existe-t-il un Diderot « médecin »??
    Que Diderot ait écrit sur la médecine n'est un secret pour aucun lecteur attentif de son oeuvre. Depuis la traduction du Dictionnaire universel de médecine de Robert James, dans les années 1746 à 1748, jusqu'à la parution du Rêve de D'Alembert, en 1769, la pensée du philosophe s'enrichit au contact de l'univers scientifique et médical de son temps, sur lequel il porte une attention soutenue, éveillant en lui une curiosité toujours insatisfaite.
    Si Diderot n'a jamais songé à devenir médecin, son oeuvre, à travers des figures imaginaires et réelles, à l'exemple du médecin Théophile de Bordeu, donne progressivement vie à un véritable « cabinet médical » au sein duquel Diderot confronte autant qu'il expérimente les effets des observations et des expériences médicales et physiologiques de son époque.
    En empruntant à la médecine des concepts, en reprenant les conjectures issues des nombreuses observations et expériences rapportées dans les journaux de médecine, Diderot esquisse une anthropologie matérialiste?: les sources de la santé physique comme morale de l'Homme se logent au sein même de la matière, matière sensible, matière vivante. C'est ainsi que son « cabinet médical » participe à l'élaboration d'une philosophie matérialiste.

  • Peut-on voir le vivant microscopique autrement qu'à travers le prisme de la lutte perpétuelle contre un monde principalement hostile qu'il faut vaincre pour assurer sa survie?? Telle est la question que la science soulève à la lumière des nouvelles connaissances.
    Les recherches les plus récentes montrent en effet que les virus, bactéries, archées, protozoaires, micro-algues ou champignons sont essentiels pour comprendre comment s'est construit le vivant et prendre la mesure de sa complexité, comment il s'est propagé sur Terre, comment il fonctionne, de l'organisme à l'écosystème. Ces recherches révèlent également le potentiel que les micro-organismes représentent en termes d'utilisations bio-inspirées pour le futur de l'humanité et de la biosphère.
    Cette partie de la biodiversité, si loin de nous mais si présente, est une solution et non un problème. C'est ce nouveau regard que le livre invite à porter sur ce qu'il convient d'appeler la microbiodiversité...
    Ouvrage dirigé par Laurent Palka, enseignant-chercheur au Muséum national d'histoire naturelle, et préfacé par Bruno David, président du Muséum national d'histoire naturelle.
    Avec les contributions de?: Sina Adl, Frédéric Barrière, Nathalie Becker, Lucie Bittner, Bernard Bodo, Alyssa Carré-Mlouka, Samuel Chaffron, Claire Cherbuy, Unai Escribano-Vazquez, Damien Eveillard, Thomas Flinois, Patrick Forterre, Morgan Gaïa, Muriel Gugger, Lionel Guidi, Philippe Langella, Enrique Lara, Jacques Livage, Josselin Lupette, Éric Maréchal, Lionel Ranjard, Bruno de Reviers, Marc-André Selosse, Muriel Thomas.

  • Les arbres évolutifs, ou phylogénies, racontent une histoire, l'histoire des êtres vivants, de leur morphologie et de leurs gènes, mais aussi, l'histoire des langues, des textes, des faits culturels ou même des idées. Ces arbres sont avant tout des hypothèses sur les liens de parentés qui exigent réflexions à la fois sur les faits et sur les méthodes. Ce livre définit les concepts fondamentaux de la reconstruction phylogénétique. Il explique la nature et la diversité des approches pratiquées depuis leurs balbutiements au XIXe siècle jusqu'à nos jours. Il insiste, de manière pédagogique et aussi objectivement que possible, sur leurs performances et leurs limites, en fonction de la nature des données étudiées.
    Cet ouvrage constitue une version largement augmentée de La Reconstruction phylogénétique. Concepts et méthodes publié en 1993 dans la collection « Biologique théorique » des éditions Masson. Il tient donc compte des méthodes et débats qui ont marqué l'évolution rapide de la discipline ces vingt-cinq dernières années.
    Il s'adresse aux étudiants des 1er, 2e et 3e cycles et aux chercheurs non spécialistes de phylogénie mais désireux de connaître l'état actuel de la question.

  • Voir une tache rouge, éprouver une douleur soudaine à l'épaule, sentir l'odeur du café, entendre le son d'une trompette?: voilà des exemples typiques de ce qu'on appelle des « expériences conscientes ». Ces expériences conscientes intéressent les philosophes de l'esprit depuis longtemps, notamment car elles semblent poser un problème fondamental à la conception matérialiste du monde. Il semble en effet extrêmement difficile de comprendre comment une expérience consciente - un vécu subjectif, qualitatif, éprouvé en première personne - peut provenir du fonctionnement du cerveau - un système certes complexe, mais purement matériel. Les expériences conscientes semblent tout simplement distinctes des processus purement matériels, et mettent donc en péril le matérialisme. Face à cette difficulté, de nombreux philosophes matérialistes optent pour une stratégie épistémique?: ils affirment qu'il n'existe rien d'autre que de la matière et que, si le matérialisme concernant l'esprit nous semble faux, nos intuitions antimatérialistes peuvent être elles-mêmes entièrement expliquées dans un cadre purement matérialiste.
    Cet ouvrage poursuit un triple projet. Premièrement, il entreprend d'exposer le problème de l'expérience consciente pour le matérialisme, tel qu'il se pose dans la philosophie contemporaine depuis une quarantaine d'années. Deuxièmement, il présente et critique diverses tentatives philosophiques récentes pour défendre le matérialisme en poursuivant la stratégie épistémique. Troisièmement, il avance une théorie originale visant à l'explication de nos intuitions antimatérialistes dans un cadre matérialiste, poursuivant ainsi la stratégie épistémique de défense du matérialisme.
    La conclusion de cet ouvrage est radicale?: la manière la plus satisfaisante de défendre le matérialisme, et d'expliquer nos intuitions antimatérialistes dans un cadre matérialiste, conduit à l'illusionnisme concernant la conscience. Dans cette conception, les expériences conscientes, en un certain sens, n'existent pas, mais semblent simplement exister. Nous n'avons jamais d'expériences visuelles de taches rouges, ou d'expériences de douleur soudaine à l'épaule, même s'il nous semble parfois les avoir. La conscience n'est qu'une illusion introspective. Cette illusion de conscience, ainsi que le fait crucial que cette dernière soit si difficile à nous représenter comme telle (de sorte qu'à proprement parler l'idée que la conscience soit illusoire nous frappe inévitablement comme incohérente et « absurde »), sont expliqués dans un cadre purement matérialiste.


  • [Table des matières]


    Introduction (page 3) Le bayésianisme :
    éléments de définition et mutations récentes
    Isabelle Drouet
    1] Caractérisation du bayésianisme
    1.1] Croyances considérées de manière synchronique
    1.2] Dynamique des croyances
    1.3] Raisonnement scientifique
    2] Les arguments bayésiens classiques
    2.1] Justifications du bayésianisme
    2.2] Réponses à l'objection du subjectivisme
    3] Les arguments bayésiens aujourd'hui
    3.1] Variantes et extensions des arguments classiques
    3.2] Nouvelles justifications du bayésianisme
    4] Conclusion
    Remerciements
    Partie 1
    Le bayésianisme comme interprétation des probabilités et comme théorie normative
    du raisonnement
    Chapitre 1 (page 29) Bayésianisme objectif
    et principe de précaution
    Barbara Osimani & Federica Russo
    1] Le bayésianisme et le problème de l'arbitraire
    2] Bayésianisme objectif et probabilités équivoques
    3] Décision et liens causaux incertains dans
    le contexte pharmaceutique : le cas Contergan
    4] Principe de précaution et causalité
    5] Critiques du principe de précaution et prise en compte de l'inconnu
    6] Décisions pharmaceutiques et bayésianisme objectif
    7] Conclusion
    Chapitre 2 (page 53), La nature des probabilités dans
    les systèmes de raisonnement médical bayésiens
    Adrien Barton
    1] Le « bayésianisme naïf » en médecine
    1.1] La méthode bayésienne médicale générale
    1.2] L'algorithme bayésien naïf
    1.3] Le statut des probabilités dans les algorithmes bayésiens
    1.3.1] Probabilités épistémiques et propensionsionnistes
    1.3.2] La nature des probabilités dans le raisonnement
    bayésien médical
    2] Les systèmes experts médicaux
    2.1] L'appareil formel des systèmes experts et les probabilités
    2.2] Les performances des systèmes experts
    2.3] Problèmes et abandon des projets
    3] Les réseaux bayésiens médicaux
    3.1] Les réseaux bayésiens et leurs relations avec les systèmes experts
    3.2] L'obtention des valeurs numériques
    3.3] Remise en question de l'hypothèse 1
    3.4] Remise en question de l'hypothèse 2
    3.5] Obtention des valeurs numériques : conclusion
    4] Les ontologies appliquées biomédicales
    4.1] Ontologies appliquées et réseaux bayésiens
    4.2] Approche dispositionnelle des probabilités
    médicales dans les ontologies appliquées
    5] Conclusion
    Chapitre 3 (page 87) Les probabilités en théorie des jeux
    Mikaël COZIC & Bernard WALLISER
    1] Introduction
    1.1] La théorie des jeux et les probabilités
    1.2] Les interprétations des probabilités
    1.3] Les probabilités en théorie de la décision individuelle
    1.4] Plan du chapitre
    2] Probabilités sur les états de la nature
    2.1] Jeu sous forme extensive
    2.2] Les probabilités et leur révision
    2.3] L'hypothèse de l'a priori commun
    3] Probabilités sur les types des joueurs
    3.1] Formes de méconnaissance
    3.2] Construction des types
    3.3] Jeu bayésien
    4] Probabilités sur les actions des joueurs
    4.1] Méconnaissance des actions passées
    4.2] Probabilités sur les actions passées
    4.3] Méconnaissance des actions futures
    4.4] Justifications des stratégies mixtes
    5] Probabilités en théorie des jeux épistémique
    5.1] Principes
    5.2] Équilibres associés
    6] Probabilités en théorie des jeux évolutionniste
    6.1] Processus d'apprentissage
    6.2] Processus d'apprentissage « agentiel »
    6.3] Processus évolutionnaire « populationnel »
    7] Conclusions
    Chapitre 4 (page 113), épistémologie sociale et épistémologie bayésienne. La vie sociale des bayésiens
    Denis BONNAY & Mikaël COZIC
    0] Introduction
    0.1] Épistémologie bayésienne et épistémologie sociale
    0.2] Agrégation, délibération et révision
    1] Théories de l'agrégation probabiliste
    1.1] Préliminaires
    1.2] Moyennes et axiomes
    1.3] Indépendance probabiliste, conditionnalisation
    et moyenne géométrique
    1.4] Discussion
    1.4.1] La question de l'allocation des poids
    1.4.2] Indépendance et localité
    1.4.3] Agrégation probabiliste et agrégation des jugements
    2] Théories de la révision sociale
    2.1] Le modèle DLW
    2.2] Conditionnalisation et probabilités d'ordre supérieur
    2.3] Discussion des modèles de révision sociale
    3] Agréger et réviser : quand et pour quoi faire
    3.1] Variété de l'agrégation
    3.2] Agréger ou réviser ?
    3.2.1] La contrainte par horizon de consensus
    3.2.2] Agrégation consultative, révision et déférence
    4] Conclusion
    Partie 2
    L'approche bayésienne en statistiques
    Chapitre 5 (page 167) Bayésianisme versus fréquentisme
    en inférence statistique
    Jan Sprenger
    1] L'inférence bayésienne
    2] Le fréquentisme : principes et tests de signification
    3] Le fréquentisme : les valeurs-p
    3.1] L'erreur de la négligence du taux de base
    3.2] Valeur-p et mesures de soutien bayésiennes
    3.3] La plupart des résultats publiés sont-ils faux ?
    3.4] Les intervalles de confiance
    4] Principes de vraisemblance et de règle d'arrêt
    5] Discussion : la recherche de l'objectivité
    6] Conclusion
    Chapitre 6 (page 193) Pourquoi les méthodes bayésiennes sont-elles si peu utilisées dans les publications expérimentales ? Les pratiques actuelles réexaminées à partir des conceptions des fondateurs de l'inférence statistique
    Bruno LECOUTRE
    1] Trois définitions des tests statistiques
    1.1] Le test de signification de Fisher
    1.2] Le test d'hypothèses de Neyman-Pearson
    1.3] Le test de signification bayésien de Jeffreys
    2] Les utilisateurs face à la norme
    2.1] La réglementation statistique pour les essais cliniques
    2.2] Les normes de publication en psychologie
    2.3] Un cercle vicieux
    2.4] On n'échappe pas au fréquentisme
    2.5] L'interprétation bayésienne naïve des procédures fréquentistes
    2.6] En conclusion de la section
    3] Prendre des décisions ou apprendre des données et de l'expérience ?
    3.1] Neyman-Pearson :
    des décisions vues comme un comportement inductif
    3.2] Fisher : apprendre à partir des données expérimentales
    3.3] Jeffreys : une méthodologie générale
    pour apprendre des données et de l'expérience
    3.4] En conclusion de la section
    4] Le rôle des probabilités bayésiennes
    4.1] Jeffreys : bayésien déclaré
    4.2] Fisher : l'approche fiduciaire
    4.3] Neyman : priorité au fréquentisme
    4.4] En conclusion de la section
    5] Jeffreys et le rôle de l'inférence statistique
    dans la recherche expérimentale
    5.1] Estimation et tests de signification
    5.2] La réponse de Jeffreys aux questions
    posées par l'analyse des données expérimentales
    5.3] Fisher et Jeffreys réconciliés ?
    5.4] La conception de Student
    5.5] Le test bayésien de Jaynes
    5.6] En conclusion de la section
    6] Conclusion générale
    Chapitre 7 (page 221) Des spécificités de l'approche bayésienne et de ses justifications en statistique inférentielle
    Christian P. Robert
    1] Un peu d'histoire sur le développement du raisonnement
    bayésien, des origines à la quasi-extinction post-kolmogorienne,
    et au renouvellement modélisateur
    1.1] Des probabilités inverses comme définition de la statistique
    1.2] Des notions d'a priori et d'a posteriori,
    et sur l'illusion des paramètres aléatoires
    1.3] Une justification par le principe de vraisemblance
    2] Sur la construction des lois a priori,
    sur leur calibration et des réponses aux critiques afférentes
    2.1] Des lois conjuguées comme
    éléments de base de la modélisation a priori
    2.2] Sur les lois de Jeffreys et de
    l'impossibilité de trouver la loi la moins informative
    2.3] Sur l'utilisation de lois en dimension infinie
    et de l'apparition de restaurants ethniques
    3] De la mise en oeuvre des principes bayésiens
    3.1] De la loi a posteriori comme pivot de l'inférence
    3.2] De l'évaluation des procédures par des
    fonctions de coût et de la dualité avec les lois a priori
    3.3] De la spécificité des tests en inférence bayésienne, de l'opposition aux p-values, et de deux versions du paradoxe de Lindley
    4] Conclusion
    Partie 3
    Le bayésianisme à l'oeuvre
    dans les sciences empiriques
    Chapitre 8 (page 245) Le choix bayésien pour évaluer
    les risques alimentaires microbiologiques
    Isabelle Albert
    1] Le choix bayésien
    1.1] De l'utilité des réseaux bayésiens
    1.2] De l'utilité de l'inférence bayésienne
    1.2.1] Pour prendre en compte des données de santé humaine
    1.2.2] Pour faire de la statistique sur des modèles complexes
    1.2.3] Pour faire de la statistique sur de petits échantillons
    1.2.4] En présence de données manquantes ou censurées
    1.2.5] En présence de données hétérogènes
    1.3] De l'utilité de la synthèse d'évidences bayésienne
    1.3.1] Pour tenir compte au mieux de l'incertitude liée aux données
    1.3.2] Vers une validation du modèle et des données
    1.4] De l'utilité des lois a priori
    1.4.1] Pour prendre en compte l'expertise
    1.4.2] Vers une approche « suprabayésienne »
    2] Conclusion
    Chapitre 9 (page 263) Méthodes bayésiennes
    dans l'étude du climat
    Anouk Barberousse
    1] Principaux domaines recourant aux
    méthodes bayésiennes dans l'étude du climat
    1.1] Quelques caractéristiques de l'étude du climat
    1.2] Détection et attribution du changement climatique
    1.3] Estimation de la sensibilité du climat
    à l'augmentation du CO2 dans l'atmosphère
    1.4] Projections probabilistes de l'évolution du
    climat à l'échelle régionale et évaluation des incertitudes
    1.4.1] Le choix des climatologues britanniques
    1.4.2] L'étude de la sensibilité des prédictions
    2] Arguments en faveur de l'approche
    bayésienne dans l'étude du climat
    2.1] Arguments spécialisés en faveur de l'utilisation
    des méthodes bayésiennes dans l'étude du climat
    2.1.1] Intégration d'informations multiples
    2.1.2] Une meilleure prise en compte des incertitudes
    2.1.3] L'argument de la transparence
    2.2] Les méthodes bayésiennes dans les rapports du Giec
    2.3] L'argument pragmatique
    3] Conclusion
    Chapitre 10 (page 291) Inférence bayésienne en phylogénie
    et en génétique évolutive
    Nicolas Lartillot
    Introduction] La génétique évolutive et ses défis
    1] L'inférence probabiliste et ses déclinaisons
    1.1] L'inférence probabiliste
    1.2] Maximum de vraisemblance et inférence bayésienne
    2] Quel cadre interprétatif pour les probabilités bayésiennes ?
    3] Un outil flexible pour modéliser les phénomènes
    3.1] Monte Carlo
    3.2] Intégrer l'incertitude
    4] Un exemple : modèle de réconciliation gènes-espèces
    5] Vers une modélisation intégrative
    6] Conclusion
    Chapitre 11 (page 317) Incertitude de mesure et probabilités :
    la confrontation des approches fréquentiste et bayésienne en métrologie
    Fabien Grégis & Nadine de Courtenay
    1] Erreurs de mesure et incertitude de mesure
    1.1] Le GUM et la mission d'uniformisation du calcul des incertitudes
    1.2] Variabilité des données issues de
    l'expérience et hypothèse des erreurs de mesure
    1.3] Deux composantes de l'erreur de mesure
    1.4] De l'identification des erreurs
    de mesure au calcul de l'incertitude de mesure
    1.5] Équation du mesurande et fonction de mesure
    2] Traitement statistique des données expérimentales :
    approche fréquentiste, approche bayésienne
    2.1] Approche fréquentiste
    2.1.1] Traitement fréquentiste des erreurs aléatoires
    2.1.2] Estimateurs statistiques
    2.1.3] Niveau de confiance et intervalle de confiance
    2.1.4] Prise en compte des erreurs
    systématiques et formulation du résultat final
    2.2] Approche bayésienne
    2.2.1] De l'approche fréquentiste à l'approche hybride du GUM
    2.2.2] Traitement bayésien des
    erreurs systématiques : méthodes de « type B »
    2.2.3] Extension de l'approche du GUM :
    traitement bayésien des erreurs aléatoires
    2.2.4] Formulation du résultat final
    3] Discussion
    3.1] L'approche bayésienne,
    une solution épistémique au problème des erreurs systématiques
    3.1.1] Signification des intervalles d'incertitude
    3.1.2] Un « tournant épistémique » en métrologie
    3.2] Extension du modèle classique :
    priorité du social sur l'épistémique
    3.2.1] Une approche fréquentiste élargie
    3.2.2] Dimension sociale de l'approche fréquentiste élargie
    3.2.3] Du tournant épistémique au
    tournant social : le problème de la dépendance épistémique
    3.2.4] Quels enseignements tirer de l'approche fréquentiste élargie ?
    4] Conclusion
    Partie 4
    Portée du bayésianisme
    Chapitre 12 (page 392) Le cerveau est-il une machine bayésienne ?
    Peggy Seriès
    1] Bayes et la psychophysique sensorielle
    1.1] L'intégration sensorielle comme « preuve » du calcul bayésien
    1.2] Quelles sont les distributions de
    probabilités a priori du système perceptif ?
    1.2.1] Mesure chez le sujet individuel
    1.2.2] Distributions a priori et statistiques naturelles
    1.3] Prise de décision et psychiatrie computationnelle
    1.3.1] Psychiatrie computationnelle
    1.3.2] Le succès de modèles bayésiens
    2] Substrat neuronal du calcul bayésien
    3] Le cerveau est-il bayésien ? Critiques et questions ouvertes
    4] Conclusion
    Chapitre 13 (page 417) Le cerveau bayésien :
    une approche évolutionniste de la cognition
    Jean Daunizeau
    1] La boucle perception-action
    1.1] La TBD pour les nuls
    1.2] L'interprétation bayésienne de la perception
    1.3] L'interprétation bayésienne du contrôle moteur
    2] Le principe de l'énergie libre
    2.1] Redondance et codage prédictif
    2.2] Homéostasie et cerveau bayésien
    3] Les fonctions cognitives supérieures
    3.1] L'interprétation bayésienne de l'attention
    3.2] Motivation, décision et apprentissage
    3.3] Langage et cognition sociale
    4] Discussion
    Chapitre 14 (page 467) Les modèles bayésiens du diagnostic médical sont-ils normatifs ou descriptifs ?
    Maël Lemoine
    Introduction] Une question sensible
    1] Modèles bayésiens en médecine, diagnostic,
    inférence diagnostique
    2] Statut normatif, descriptif et prescriptif
    des modèles bayésiens de l'inférence diagnostique
    3] Le statut prescriptif des modèles bayésiens
    de l'inférence diagnostique
    4] Le statut descriptif des modèles bayésiens
    de l'inférence diagnostique
    5] Le statut normatif des modèles bayésiens
    6] Conclusion






  • «?En France je n'ai pas entendu parler d'un seul zoologiste, à l'exception de M. Gaudry (encore ne le fait-il que partiellement) qui défende mes idées. » C'est ce qu'affirme Charles Darwin en 1870.
    Ce zoologiste-là est un paléontologue, aide-naturaliste au laboratoire de paléontologie du Muséum d'histoire naturelle. C'est à partir de sa lecture en 1863 de L'Origine des espèces et de la théorie de la descendance avec modification, qu'Albert Gaudry (1827-1908) oriente sa recherche en direction de la reconstitution des filiations. Il se justifie ainsi : avant l'élucidation des causes de la modification, la paléontologie a d'abord à reconstituer la descendance au travers de l'étude des modifications. Gaudry est le premier dans l'histoire à dessiner des arbres évolutifs reliant espèces éteintes et espèces actuelles en suivant le modèle darwinien.
    La science française en général et celle du Muséum en particulier ne sont alors pas darwiniennes et pourtant dans un contexte plutôt hostile, nommé en 1872 professeur de paléontologie au Muséum, Gaudry enseigne l'évolution et conçoit l'actuelle galerie de paléontologie du Muséum, la première à illustrer les transformations des êtres vivants. Si le Muséum, à l'inverse de la Sorbonne, du Collège de France, de l'Institut Pasteur, n'est pas passé à côté de Darwin il le doit entièrement au seul Albert Gaudry. Très isolé à ses débuts, celui-ci terminera sa carrière couvert d'honneurs et président de l'Académie des sciences. Sans doute en raison de son spiritualisme et de sa relative défiance vis-à-vis de l'omnipotence de la sélection naturelle, il restera dans les marges de l'histoire des sciences.
    Cependant, paradoxalement, il a mieux compris la notion de filiation que la plupart de ses contemporains et même, aussi étonnant que cela puisse paraître, des néodarwiniens du XXe siècle.

  • Théories, expériences, modélisations et controverses sont constitutives du développement des sciences de la nature, telles que la physique, la chimie, la biologie, ou la géologie. Cet ouvrage de philosophie défend le point de vue selon lequel l'étude de l'histoire des sciences est nécessaire pour les comprendre et pour reconnaître que les théories scientifiques sont à la fois toujours plus puissantes, mais aussi presque toutes éphémères. L'auteur soutient que des connaissances scientifiques nombreuses et de grande portée résultent de tels allers-retours, ce qui justifie pleinement la thèse du progrès scientifique.
    Une partie du livre est consacrée aux relations existantes entre les sciences de la nature et les mathématiques - celles-ci sont d'une autre essence que les premières?: leurs objets sont immatériels et intemporels. Pour cette raison, l'étroite association entre la physique et les mathématiques, mais aussi désormais entre la biologie et les mathématiques ne peut pas annihiler la distinction de nature entre elles. Le monde des mathématiques et celui des sciences naturelles demeurent à jamais distincts.
    Une idée centrale ici défendue est la suivante?: s'il y a bien progrès des connaissances scientifiques, il y a aussi et surtout accroissement de ce que les humains ignorent au sujet de la nature, de l'Univers et de la vie. Chaque découverte apporte plus de questions nouvelles que de réponses. En revanche l'intensité de notre dialogue avec la nature s'accroît spectaculairement grâce à l'activité scientifique.
    L'auteur présente enfin des arguments pour soutenir que les sciences et les techniques sont deux réalités et deux genres d'activités fondamentalement distinctes?; Albert Einstein n'est pas plus responsable de la bombe à hydrogène, que Galilée de l'artillerie, ou Darwin de l'eugénisme.

  • Un ouvrage d'épistémologie historique.
    Épistémologie française, cela peut signifier deux choses. C'est d'une part une entité géographique (l'ensemble des épistémologues de langue et de culture française), d'autre part le nom d'une forme de pensée spécifique, qui affirme la solidarité de problèmes (allant de la théorie des fondements de la connaissance à la philosophie des sciences) que d'autres traditions tendent à dissocier.
    Les études rassemblées ici ont un double objectif. Le premier est d'identifier les écoles de pensée et les institutions. L'attitude adoptée par des penseurs français tels que Pierre Duhem, Henri Poincaré, Louis Rougier relativement au positivisme est étudiée, mais aussi l'influence d'auteurs tels que ce même Duhem et Emile Meyerson sur la philosophie américaine des sciences (Quine, Kuhn). Sont aussi examinés les auteurs qui ont établi un dialogue entre épistémologie et histoire des sciences, et les institutions qui ont favorisé ce dialogue. Le second objectif a trait aux grandes figures de la philosophie des sciences en France. On examine d'abord les auteurs qui ont présenté des vues générales sur la science, avant et après l'apparition du mot « ?épistémologie » : Auguste Comte, Antoine-Augustin Cournot, Claude Bernard, Gaston Bachelard. Puis sont considérées les contributions à la philosophie des sciences spéciales? : logique et mathématiques (Jacques Herbrand, Jean Nicod, Jean Cavaillès), sciences physiques et chimiques (Henri Poincaré, Emile Meyerson, Alexandre Kojève, Jean-Louis Destouches), biologie et médecine (Félix Ravaisson, Georges Canguilhem), enfin le droit (Charles Eisenman).
    Découvrez un panorama historique de l'épistémologie française à travers un ouvrage qui se penche sur les écoles de pensée, les institutions et les grandes figures de celle-ci.
    EXTRAIT
    L'idée duhémienne, selon laquelle une expérience négative ne conduit pas à rejeter une théorie, fréquemment reprise et exploitée chez les postpoppériens, est développée dans l'épistémologie de Quine sous la forme d'une position discutée, le holisme épistémologique. On en trouve une formulation explicite dans Methods of Logic : « Des énoncés proches de l'expérience et apparemment vérifiés par les expériences appropriées peuvent à l'occasion être abandonnés, fût-ce en plaidant l'hallucination. » Cela rejoint certaines remarques de Duhem.
    À PROPOS DES AUTEURS
    Sous la direction de Michel Bitbol, physicien et philosophe, et de Jean Gayon, historien et philosophe de la biologie, de nombreux auteurs ont contribué à L'épistémologie française : Annie Bitbol-Hespériès, Jean-François Braunstein, Anastasios Brenner, Laurent Clauzade, Jacques Dubucs, Paul Egré, Gad Freudenthal, Gilles-Gaston Granger, Gerhard Heinzmann, Gérard Jorland, Jacques Lambert, Sandra Laugier, David Lévy, Jean-Claude Pariente, Emmanuel Picavet, Léna Soler, Antonia Soulez.


  • [Table des matières]


    Préface (page 5)
    Michel BUSSI
    « Modéliser, c'est apprendre »
    Préambule (page 9)
    Modéliser c'est apprendre :
    autoportrait d'un géographe
    Introduction (page 15)
    Itinéraire d'un enfant gâté
    Chapitre 1 (page 25)
    Explorer sans relâche les systèmes géographiques
    1] Voir toujours plus loin
    2] Et si le vrai luxe c'était le calcul ?
    3] L'irréductible complexité des systèmes géographiques
    Chapitre 2 (page 47)
    Y a-t-il un pilote dans l'avion ?
    1] Partager l'espace, à ses risques et périls
    2] Des métriques lentes pour maîtriser l'étalement urbain
    3] Cette complexité nous dépasse, feignons d'en être les organisateurs
    Chapitre 3 (page 59)
    À l'assaut de la fourmilière urbaine !
    1] Faisons les marcher : de Mage à SIMTRAP
    2] Des trajectoires individuelles à la ville en mouvement
    Conclusion (page 73)
    Libérer les pratiques de modélisation
    en géographie et SHS
    Principe 1. Modéliser c'est apprendre
    Principe 2. Le modélisateur n'est pas omnicompétent
    Principe 3. Les modèles de simulation doivent s'enraciner
    dans les données
    Principe 4. Le comportement de chaque modèle doit être
    connu de manière précise
    Principe 5. Le modélisateur doit cesser de proposer des
    solutions uniques et optimales à des problèmes complexes
    Principe 6. Le modélisateur n'est pas le « gardien de la vérité prouvée », ses modèles doivent être accessibles dans leur intégralité afin d'être reproduits
    Principe 7. Les modèles ne sont plus des enfants uniques
    Principe 8. Les modèles ont vocation à être couplés
    Principe 9. Les mathématiques ne sont pas le langage universel
    des modèles
    Iconographie (page 85)







  • Table des matières
    Les trente ans de la Société française de systématique,
    par Patrick Martin, Sophie Nadot et Christophe Daugeron ......... 7
    Discours d'introduction aux Journées de la Société
    française de systématique, par Daniel Goujet ........................... 11
    La phylogénie des téléostéens : un chantier des méthodes
    en systématique, par Donald Davesne et Guillaume Lecointre ......13
    L'origine des oiseaux, hier et aujourd'hui :
    petit retour historique sur un changement de paradigme,
    par Armand de Ricqlès .................................................................. 33
    L'arbre du vivant : classification phylogénétique
    des Annélides, par Patrick Martin ............................................. 49
    Un aperçu de la phylogénie des oiseaux,
    par Alice Cibois et Jérôme Fuchs ................................................ 69
    La phylogénie des proboscidiens (Mammalia) ;
    une question de méthode, par Pascal Tassy .............................. 81
    Phylogénie et classification : concepts, méthodologie
    générale et postulats requis, par Pierre Deleporte ............... 99
    « Arbori-culture » : une typologie des « arbres » dans la
    culture phylogénétique, par Guillaume Lecointre .................. 113
    Les deux biogéographies : biogéographie historique vs
    histoire géographique, par René Zaragüeta i Bagils ............... 133
    Les paléoanthropologues sont-ils en meilleure position
    que les autres pour se permettre d'ignorer les règles de
    la systématique ? Un bref historique, par Valéry Zeitoun ......... 155
    Conception et réalisation d'une exposition permanente
    consacrée à l'arbre du vivant, par Pierre Pénicaud .................. 173






  • OEuvre inachevée, les Éléments de physiologie peuvent être considérés comme le testament philosophique de Diderot. Le philosophe y construit une philosophie matérialiste du vivant et de l'homme dont la force et la richesse n'ont cessé de frapper les lecteurs.
    Moment essentiel du matérialisme des Lumières, les Éléments de physiologie sont aussi un texte complexe. La présente édition critique offre les outils nécessaires à sa compréhension et à son étude. Le texte, soigneusement établi, est complété d'un riche apparat critique. De précieuses notes de sources permettent de mieux voir comment Diderot construit sa propre réflexion à partir des textes des savants de son temps. L'introduction fait le point sur la genèse du texte et sa place dans l'oeuvre du philosophe, tout en éclairant les principales questions philosophiques et scientifiques soulevées par Diderot.
    Avec cette édition, un nouveau regard sur une oeuvre majeure des Lumières est ainsi proposé au lecteur.
    Texte établi, présenté et annoté par Motoichi Terada

  • Une réflexion relative à la part de réalité dans les modèles scientifiques
    Les rencontres « Physique et interrogations fondamentales » (PIF) sont l'occasion pour des scientifiques de formations très différentes de confronter leurs points de vue sur un thème lié aux grandes questions de la science contemporaine. Elles se situent à un niveau permettant à un public cultivé mais non spécialisé de suivre les exposés. Elles se tiennent tous les deux ans dans le grand amphithéâtre du site François Mitterrand de la Bibliothèque nationale de France qui les coorganise avec la Société française de physique. La onzième édition de PIF a été consacrée à une mise au point sur les modèles et les simulations, omniprésents dans la pratique des sciences et techniques contemporaines comme le démontre l'éventail des contributions ici rassemblées. Alors qu'idéalement la méthode scientifique confronte théories et expériences qui s'adressent directement à l'objet étudié, les modèles complètent souvent une théorie inachevée, voire remplacent une théorie inexistante et décrivent tout ce qui est considéré comme bien connu dans un dispositif expérimental donné, pour ne laisser indéterminé que ce qui se rapporte à la question posée. La question de la part de réalité que ces modèles englobent est donc fondamentale. La simulation, qui est la méthode de choix pour résoudre des modèles trop complexes pour se prêter à un calcul exact, constitue, d'une certaine façon, une modélisation au second degré dont l'adéquation doit elle aussi être soigneusement mise à l'épreuve.
    Découvrez le recueil des contributions scientifiques issues de la onzième édition de PIF, centrée sur le thème des modèles et des simulations scientifiques.
    EXTRAIT
    Il est rare aujourd'hui de visiter un laboratoire ou un bureau d'études sans voir des chercheurs et des ingénieurs s'affairant autour de modèles ou de simulations. À tel point que l'on peut se demander, dans certains cas, ce qu'est devenu le réel. Notamment, on peut se demander ce qu'est devenue la pratique expérimentale réelle et si elle a trouvé des substituts adéquats dans les modèles et les simulations. On se doute que la réponse sera fortement nuancée. Ainsi, on peut se poser la question : n'a-t-on pas excessivement congédié le réel pour lui préférer ce qui passe le plus souvent pour sa représentation ou sa copie, à savoir le modèle ou la simulation ?
    À PROPOS DES AUTEURS
    Sous la direction de Jean-Michel Levy, physicien au Laboratoire de physique nucléaire et des hautes énergies, unité mixte de recherche des universités Paris VI, Paris VII et du CNRS, différents auteurs ont collaboré à Les modèles, possibilités et limites : Pascale Braconnot, Daniel Estévez, Philippe Huneman, Valérie Masson-Delmotte, François Sauvageot, Michel Spiro, Romain Teyssier et Franck Varenne.

  • Pour une restauration du lien entre philosophie et sciences
    La science et la philosophie, autrefois indissociables, se sont progressivement éloignées au cours du XXe siècle. Pourtant, nombreuses sont les questions scientifiques issues de la réflexion philosophique. De plus, la signification profonde des résultats obtenus par l'intermédiaire des théories scientifiques demande souvent un éclairage philosophique pour être clarifiée. Le dialogue entre scientifiques et philosophes doit donc être restauré pour le bénéfice de la connaissance au sens le plus large du terme. C'est l'objectif de cet ouvrage qui présente les riches débats entre physiciens et philosophes qui se sont tenus à l'Institut sous l'égide de l'Académie des sciences morales et politiques et du Collège de physique et de philosophie. Quelles nuances faut-il apporter au réalisme pour lui permettre de survivre? ? Existe-t-il des interactions se propageant plus vite que la lumière? ? La nature est-elle essentiellement indéterministe? ? Tels sont quelques-uns des thèmes abordés, liés aux débats - renouvelés par l'analyse des fondements de la mécanique quantique - relatifs à la notion d'un réel existant « en soi ».
    Prenez connaissance d'une série de débats qui, mêlant questions scientifiques et philosophiques, s'interrogent sur la notion de réel et les théories de la mécanique quantique.
    EXTRAIT
    Donc, ce n'est pas une conjecture : il existe des trous noirs.'t Hooft avait le premier signalé que si on avait un trou noir, ce qu'on appelle l'unitarité, c'est-à-dire la conservation de l'information, est a priori violée. Un état pur va se transformer en ce qu'on appelle un mélange, une matrice densité, ce qui est une perte d'unitarité. Tout cela est un peu technique : il faudrait y revenir dans un exposé en soi. Mais, après que Stephen Hawking a montré que, quantiquement, un trou noir « s'évaporait », les physiciens se sont demandés si ce rayonnement produisait une restitution de l'information compatible avec la mécanique quantique. La théorie des supercordes l'affirme et je crois que c'est un de ses triomphes, même si, pour l'instant, elle n'a aucune vérification expérimentale.
    À PROPOS DES AUTEURS
    Bernard d'Espagnat, après l'X et quelques années passées au CNRS avec séjours à l'étranger, contribua à la création du groupe de physique théorique du CERN (Genève) et y poursuivit des recherches sur les particules dites élémentaires. Professeur à l'Université de Paris-Orsay, il continua dans cette voie en même temps que croissait son intérêt pour les fondements conceptuels de la mécanique quantique. Hervé Zwirn, physicien et épistémologue, est directeur de recherche au CNRS. Ses travaux portent principalement sur les interprétations de la physique quantique et leurs conséquences philosophiques, sur la formalisation axiomatique des modes d'inférence et sur le comportement des systèmes complexes. Il a également proposé une modélisation des préférences en théorie de la décision faisant appel au cadre mathématique de la mécanique quantique. Sous leur direction, plusieurs auteurs ont contribué à la rédaction de cet ouvrage : Alain Aspect, Roger Balian, Michel Bitbol, Édouard Brézin, Olivier Darrigol, Alexis de Saint-Ours, Jean-Pierre Gazeau, Alexei Grinbaum, Franck Laloë, Michel Le Bellac, Catherine Pépin, Jean Petitot, Jean-Michel Raimond, Olivier Rey, Carlo Rovelli, Stéphanie Ruphy, Bertrand Saint-Sernin, Matteo Smerlak et Léna Soler.




  • SOMMAIRE
    Introduction
    Remerciements
    Chapitre 1 - Histoire de l'interprétation de la mécanique quantique
    1] Einstein et de Broglie, les deux pères de la dualité onde-particule
    2] « Un coin du grand voile »
    3] La mécanique des matrices de Heisenberg
    4] L'équation de Schrödinger de la mécanique ondulatoire
    5] Les premières interprétations
    6] L'onde-pilote et la théorie de la double solution de Louis de Broglie
    7] Le « concile » Solvay de 1927 et l'interprétation de Copenhague
    8] Le théorème de von Neumann de 1932
    9] La non-localité et l'expérience EPR de 1935
    10] L'onde pilote retrouvée par Bohm en 1952
    11] Le déterminisme et la réalité objective d'Einstein et de Broglie
    12] Les interprétations actuelles de la mécanique quantique
    13] Le langage et l'interprétation
    Annexe 1 : Interprétation de l'onde-pilote de Broglie-Bohm
    Chapitre 2 - Fentes de Young et dualité champ-particule
    1] Simulation de l'expérience de Jönsson avec des électrons
    2] Convergence de la mécanique quantique vers la mécanique classique
    3] L'expérience des choix retardés de Wheeler
    4] Expériences de deux sources indépendantes et interprétation champ-particule
    5] Une dualité onde-particule en physique classique : les « marcheurs » de Couder
    6] Une expérience cruciale : interférences dépendant de la taille des particules
    7] Conclusion
    Chapitre 3 - Les rayons lumineux de l'optique ondulatoire
    1] Lignes de flux d'énergie et rayons diffractés de Newton
    2] Les rayons lumineux de l'optique ondulatoire et quantique dans le vide
    3] Conclusion
    Chapitre 4 - Particule dans la boîte et trajectoires quantiques
    1] La marche de potentiel
    2] L'effet tunnel
    3] La particule dans la boîte et la critique d'Einstein
    Chapitre 5 - Décohérence et « mesure » du spin dans l'expérience de Stern et Gerlach
    1] Temps de décohérence dans l'expérience de Stern et Gerlach
    2] Impacts et quantification expliqués par les trajectoires
    3] Réduction du paquet d'ondes et filtre de Stern et Gerlach
    4] Conclusion sur la « mesure » du spin
    5] L'ordinateur quantique est-il possible ?
    Chapitre 6 - Expériences EPR, EPR-B et non-localité
    1] L'expérience EPR
    2] L'expérience EPR-B
    3] Simulation et tests de la version séquentielle de l'expérience EPR-B
    4] Interprétation causale de l'expérience EPR-B
    5] Explication physique possible de la non-localité
    6] Conclusion
    Annexe 1 : Représentation réaliste de l'état singulet
    Chapitre 7 - Convergence de la mécanique quantique vers la mécanique classique
    1] Particules discernées et indiscernées en mécanique classique
    2] Convergence vers des particules indiscernées
    3] Convergence vers des particules discernées
    4] Conclusion
    Annexe 1 : Équations statistiques d'Hamilton-Jacobi
    Annexe 2 : Équation de Schrödinger
    Chapitre 8 - Collisions, indiscernabilité d'interaction et théorème spin-statistique
    1] Collision de deux particules classiques indiscernées
    2] Indiscernabilité et discernabilité en mécanique classique
    3] Convergence de l'indiscernabilité quantique quand h tend vers 0
    4] Une interprétation possible du théorème spin-statistique
    5] Conclusion
    Chapitre 9 - L'atome d'hydrogène
    1] De l'atome de Bohr à l'équation de Schrödinger
    2] La critique de Pauli et d'Heisenberg sur les trajectoires de Broglie
    3] Les états circulaires et elliptiques de l'atome d'hydrogène
    4] Le « rêve » de Schrödinger : les états périodiques non dispersifs de Floquet
    5] Interprétation uniquement statistique de la fonction d'onde de Schrödinger dépendante du temps
    6] Les transitions dans les différentes interprétations
    7] Conclusion
    Annexe 1 : La représentation de Foldy-Wouthusen
    Annexe 2 : Les ordres de grandeur dans l'atome d'hydrogène
    Chapitre 10 - Les interprétations de la relativité
    1] La relativité avant Einstein
    2] La relativité restreinte d'Einstein
    3] La relativité de Lorentz-Poincaré
    4] La relativité restreinte sans le postulat sur l'invariance de la vitesse de la lumière
    5] L'éther de la relativité générale d'Einstein
    6] La relativité générale fondée sur un référentiel privilégié
    7] Conclusion
    Conclusion
    Glossaire

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