Editions Rue d'Ulm

  • Malgré leur extrême diversité, ce livre fait le pari d'analyser sur presque deux siècles le sort réservé, en France, aux personnes ayant besoin d'une aide « vitale ». Tandis que les hôpitaux concentraient leurs efforts sur les malades qu'il était possible de guérir, des populations auparavant prises en charge à vie dans des établissements charitables se sont trouvées progressivement reléguées dans des établissements pour « incurables ».
    Enfants, adultes, vieillards dans un état d'invalidité variable y ont ainsi été accueillis en fonction de leur âge, des caractéristiques et des causes de leurs difficultés quotidiennes. Et les savoirs sur lesquels reposait cette répartition se sont périmés dans l'indifférence générale.
    En suivant le fil rouge du maintien à domicile, Ch. Capuano montre à quel point la logique financière a prévalu depuis deux siècles sur les logiques sanitaire et sociale.
    Mais que serait-il arrivé si les politiques de l'hygiène urbaine ou de la médecine avaient toujours cherché à diminuer les dépenses publiques au détriment des effets ?
    Souhaitons que les évènements dramatiques de 2020-2021, avec une pandémie dont les conséquences mortelles auront touché d'abord les grands infirmes et les vieillards, viennent remettre en cause l'obsession des coûts dans les politiques du handicap et de la dépendance. Ce petit livre a vocation à devenir un guide pour réfléchir et agir sur de nouvelles bases dans ce vaste domaine - l'un des grands chantiers des décennies à venir.

  • La massification scolaire, la désindustrialisation, les transformations du paysage politique et culturel ont provoqué une crise de reproduction de longue durée des classes populaires, dont les « jeunes des cités » constituent le point focal. Sans les exclure ni se réduire à leur cas, les enquêtes rassemblées dans ce livre analysent les inadaptations et les tentatives d'ajustement, les engagements et les désengagements, les espoirs et les déboires, les quêtes de compensation et les conversions, mais aussi les formes de reproduction au sein des nouvelles générations de jeunes des classes populaires. La menace du chômage, la précarité et le chantage à la docilité qu'elle permet, l'emprise des valeurs consuméristes, ont d'autant plus détérioré leurs capacités de mobilisation que beaucoup se vivent comme « de passage ». Faut-il en conclure qu'à la culture de rébellion de la « génération ouvriérisée » des années 1970 s'opposerait aujourd'hui « l'individualisme négatif » d'une « génération désouvriérisée » ?
    La postface de Florence Weber revient sur le tabou du déclassement qui enferme depuis quinze ans les perdants de la mondialisation dans la colère, le retrait et la honte. La croissance des inégalités territoriales s'est aggravée en France depuis la crise économique de 2008, tandis que la course au diplôme sans création d'emplois qualifiés, notamment dans le secteur de la culture, minait la confiance dans l'école, jusque chez les jeunes des classes moyennes sans patrimoine.

  • Comment l'histoire se transmet-elle en famille ? Que retient-on du passé ? Comment des frères et soeurs peuvent-ils avoir des visions si différentes de leur histoire familiale ? De quelle manière le passé est-il mobilisé dans les conflits familiaux ? Quelle influence a-t-il sur les opinions politiques ?
    À travers six enquêtes menées en France métropolitaine, en Nouvelle-Calédonie et en Allemagne, cet ouvrage analyse les heurs et malheurs des histoires de famille. De l'observation de fêtes et de repas familiaux à la conduite d'entretiens individuels, les auteurs relatent au plus près les pratiques des acteurs et montrent que, si ces processus se jouent apparemment dans l'intimité, il faut en dévoiler les conditions matérielles, symboliques, politiques et sociales. On comprend ainsi comment les histoires familiales se produisent, se racontent et se transmettent dans la parenté contemporaine, et composent l'histoire de nos sociétés.

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