Editions du Rocher

  • Crazy Horse : l'homme étrange des Oglalas Nouv.

    Cette biographie du chef sioux Crazy Horse est l'exemple même de la fusion entre l'art de la biographie et l'oeuvre littéraire. Né au sein des Oglalas, une des sept bandes des Sioux tetons-lakotas Crazy Horse, comme pour rappeler ses cheveux aux boucles un peu claires, portait tout jeune le nom de Curly. Perçu aux yeux des siens comme énigmatique, solitaire, le jeune chef exerçait auprès du « peuple profond » des Lakotas un prestige mystérieux. Il consacra sa vie à combattre un envahisseur dont la supériorité militaire et les épidémies qu'il apportait ont attiré sur les Indiens les pires malheurs et calamités. Sandoz, outre qu'elle s'attache à décrire « son homme étrange » dans l'émotion comme dans l'affliction, rapporte dans le souffle de sa passion, les événements historiques et personnels qui ont accablé la vie de « son héros ». Après une courte existence où se sont croisées joies simples, déconvenues, trahisons, défaites mais aussi victoires comme à Little Big Horn face au général Custer en juin 1876, Crazy Horse sera contraint, surtout par les siens, de se rendre. Le 5 septembre 1877, après avoir présenté sa reddition, il sera lâchement assassiné à Fort Robinson par un soldat... grâce à l'aide d'un de ses « frères Lakotas ».
    Mari Sandoz (1896-1966) est née dans le Nebraska et a grandi sur les lieux où vécut Crazy Horse. Ses écrits sont imprégnés d'une enfance où elle côtoya toute petite les Indiens. Cela explique en partie une certaine manière d'écrire qui fait sa spécificité. Sandoz a de nombreux livres à son actif dont Automne cheyenne publié dans la présente collection.

  • « La trilogie des Sioux de Hyde représente une référence dans l'histoire des Indiens d'Amérique du Nord. Son travail était révolutionnaire et innovant, à la fois dans la méthode et dans les détails à tel point que ses livres ont servi de modèles aux historiens qui lui ont succédé. »Raymond J. DeMallie
    L'avènement de cette trilogie sur les Sioux, rédigée de 1937 à 1961, demeure une étape unique quant à l'utilisation de sources écrites allant du XVe au XIXe siècle auxquelles s'ajoutent des témoignages directs par ceux ayant vécu les dernières décennies de la fin d'un monde. Des premières migrations dès 1650 aux années 1890, l'ouvrage reconstitue méticuleusement l'histoire des Sioux tetons-lakotas : fratricide guerres intertribales, affrontements contre l'armée américaine, conflits avec les marchands de la Frontière et les agents de réserve. Quant aux chefs, Hyde démontre que la dynamique de cette histoire a pour beaucoup procédé du succès ou de l'échec de ces derniers à comprendre la futilité de résister aux Américains. En ce sens il établit les différences entre le duo Sitting Bull-Crazy Horse et le duo Red Cloud-Spotted Tail, celui-ci ayant eu la patience, la diplomatie d'effectuer l'inévitable transition du passage des siècles de liberté à l'enferment dans les réserves.
    George E. Hyde (1882-1968) est l'auteur de nombreux ouvrages sur les Indiens des Plaines dont Les Premiers peuples des Plaines traduit dans la présente collection.

  • Wisconsin 1873. À la mort de ses parents victimes de la grande crise financière, Jenny Doussmann part dans les Grandes Plaines rejoindre son frère, Otto, vétéran de la guerre de Sécession devenu chasseur de bisons. Ceux-ci commencent à se faire rares, sans compter les rivalités entre chasseurs et la plupart des tribus indiennes entrées en guerre. Le premier hiver de ces deux émigrants allemands, seuls dans l'immensité, tourne au cauchemar. Ils seront sauvés par une vieille connaissance, Two Shields, un Cheyenne du Sud qui s'engage à veiller sur eux. Devenus membres de sa tribu, Jenny et Otto devront combattre à la fois d'autres chasseurs et des tribus ennemies des Cheyennes. Dans ce roman sauvage et lyrique, les Grandes Plaines sont le réceptacle d'un monde à l'agonie et font corps avec l'Indien et le bison décimés. Ce tableau de l'Ouest américain, avec ses descriptions crépusculaires, mais réalistes, n'épargne personne, animaux et humains : Indiens comme Blancs.
    Un regard lucide et sans concession, vif et dur, sur la période la plus tumultueuse et tragique de l'histoire de l'Ouest américain.Dan O'BrienAvec admiration et respect, je ne cesserai de m'exclamer « wow ! » en lisant ce livre. « L'Agonie des Grandes Plaines » est un roman formidable, prenant, excitant, fascinant, magnifiquement écrit.Elmore Leonard
    Robert F. Jones (1934-2002), romancier, éditorialiste au Men's Journal et journaliste pour Sports Illustrated and Fields & Stream, a écrit plusieurs ouvrages, documents comme romans, dont Jake et Upland Passage qui ont reçu des prix.

  • À l'instar de la rencontre en 1930 entre Black Elk, homme-médecine lakota, et John G. Neihardt, de laquelle résultat le célèbre Élan Noir parle (Black Elk Speaks), la rencontre dans les années 1970 entre Thomas E. Mails et Frank Fools Crow, chef cérémoniel lakota, procède du même « hasard » de Grand Rendez-Vous spirituel. Né en décembre 1890, année et mois du massacre de Wounded Knee, dans la réserve des Sioux oglalas de Pine Ridge, ce neveu de Nicholas Black Elk est le dernier descendant d'une grande lignée de Saints-Hommes. Outre son parcours personnel, il nous relate un monde et un mode de vie entrelacés à des valeurs morales et spirituelles consubstantielles de l'identité lakota. Au début de sa vie, Fools Crow dut vivre caché, presque exilé sur sa propre terre, pour échapper à l'école des Blancs. Longtemps il pratiqua des rites secrets interdits par le Bureau des Affaires indiennes, particulièrement la danse du Soleil. Toute sa vie au service des siens, Fools Crow a conduit aussi d'autres cérémonies des plus importantes dont celle du Yuwipi, de la Pipe Sacrée, du Hunka, de la quête de la Vision. Tenant à la fois du passé comme du présent, les propos de l'homme-médecine, à leur façon, répondent aux questions que se pose aujourd'hui un vaste public quant au devenir des Indiens d'Amérique du Nord, en l'occurrence sur l'héritage spirituel les Sioux lakotas. En cela la préface de Didier Dupont répond en partie, aujourd'hui, à certains aspects de ce questionnement.
    Reconnu comme un des principaux interlocuteurs de personnalités indiennes d'Amérique du Nord à l'instar de John G. Neihardt, Richard Erdoes, Harvey Arden, Thomas E. Mails (1920-2001) pasteur luthérien, a notamment publié Mystics Warriors of the Plains, Buffalo Soldiers, People Called Apache, The Hopi Survival Kit, Secret Native American Pathways, The Cherokee People.

  • Ces dialogues avec le grand écrivain kiowa N. Scott Momaday sont des conversations à bâtons rompus, jubilatoires et emportées, riches et joyeuses, sérieuses, jamais graves et par lesquelles nous côtoyons avec une étrange facilité la littérature, l'esthétique, la spiritualité, le langage liés à l'univers des Indiens d'Amérique du Nord. Nous y accédons par ces échanges avec un géant de la littérature, autant indienne qu'américaine, dont la voix profonde résonne à notre entendement et nous met en contact direct avec son oeuvre.Par sa nature, le livre donne à apprécier la chance d'avoir l'opportunité d'entrer dans l'art de la Conversation, la puissance évocatrice que cela peut revêtir. Momaday révèle ici à quel point, et comment, il a été profondément influencé par ses racines kiowas. Dans son travail incessant de création, tant comme écrivain que comme peintre, Momaday, comme l'écrit Woodard, étonne par la « diversité et l'ampleur de son expression artistique ». Voix ancestrale nous emmène aux sources de sa création, au coeur de son univers. De ces échanges viennent à nous les voix calfeutrées dans les livres, dans les replis de l'esprit et les ressacs de l'Histoire. En exprimant la quintessence de son monde mythologique, en nous faisant part de certains aspects de son histoire personnelle liée à celle des Indiens d'Amérique du Nord, Momaday replace l'individu au centre du processus de création artistique, de son identité propre, dans son environnement originel et de son émotion unique.
    N. Scott Momaday, écrivain kiowa, est connu dans le monde entier pour ses écrits, ses activités de conférencier international et de peintre. Outre son roman, House made of Dawn, Prix Pulitzer 1969, traduit en 1993 dans la présente collection aux éditions du Rocher sous le titre La Maison de l'Aube qui a fait connaître en France cet écrivain, la présente collection a également publié aux éditions du Rocher quatre autres livres de Momaday.

  • S'il y a une approche primordiale sacralisée de la mythologie du Diné, les Navajos, c'est bien celle qui procède des rituels de guérison. Au-delà des symptômes et des soins apportés au corps physique, ces rituels cherchent toujours à replacer la psyché de l'individu en harmonie avec l'ensemble des forces naturelles et surnaturelles qui l'entourent. Le livre expose les processus symboliques de guérison développés par les rites ancestraux qui mettent en application des principes redécouverts par la psychanalyse jungienne. Le principal support physique, comme artistique, de ces processus se traduit par la réalisation de peintures de sable créées uniquement dans un contexte rituel et religieux. Elles représentent les formes symboliques issues du mythe du Diné de la Création. L'auteur, psychanalyste jungien, évalue et compare son savoir à la tradition navajo ; en cela, il s'est souvent entretenu avec plusieurs hommes-médecine. Nous découvrons ainsi la Voie de la Beauté, de la Bénédiction, du Grand Dieu, du Vent, de l'Ennemi, du Projectile, de la Grande Étoile mais aussi le Chant de la Nuit comme celui de la Voie Malfaisante, le Chemin du Pollen, les fumigations sacrées à base d'armoise. Ultimement, nous pouvons aussi considérer ces rituels ancestraux de guérison comme une forme de réflexion sur notre héritage et nos anciennes médecines holistiques.
    Donald F. Sandner (1928-1997) mondialement connu comme analyste jungien, a été président du Carl G. Jung Institute de San Francisco, a enseigné à Stanford et a été résident à l'Institut C. G. Jung de Zurich. Il est notamment l'auteur de The Sacred Heritage : The influence of Shamanism on Analytical Psychology.

  • Les premiers peuples des Plaines dont Hyde nous rapporte l'histoire, du XVe siècle au début du XIXe, portent des noms autant célèbres qu'emblématiques : Sioux, Cheyennes, Comanches, Apaches, Kiowas. Et pourtant, ce livre couvre bien plus que ces seuls mythes. Il nous fait découvrir d'autres tribus dont le rôle dans l'histoire de l'Amérique indienne fut autant déterminant. En cela l'ouvrage - grâce aussi aux informations capitales rapportées par le grand spécialiste Daniel Dubois - demeure un texte irremplaçable dans lequel Hyde nous renvoie souvent à nos ancêtres français, premiers voyageurs d'Amérique du Nord, marchands, aventuriers, cartographes et autres illustres écrivains-voyageurs.Ces pages offrent une image vivante des tribus qui occupaient, du Canada au nord du Mexique, les immenses espaces des Plaines et des Rocheuses. Hyde y décrit avec précision les conflits intertribaux pour la conquête et l'occupation des territoires. Nous découvrons comment et pourquoi, entre tribus, il y aura toujours des rapports de forces laissant de fait très loin l'image idyllique du bon homme sauvage. On reste étonné des divers motifs que s'ingéniaient à trouver les Indiens entre eux pour se faire la guerre. Plus opportunistes que pragmatiques, les amis d'hier deviennent soudainement des ennemis jurés qu'on ira massacrer le lendemain et dont on s'empressera de réduire en esclavage les survivants qu'on pourra en revendre parfois à des tribus voisines, voire aux nouveaux venus : les Européens.
    George E. Hyde (1882-1968) fut longtemps un emblématique doyen des historiens américains spécialiste des Indiens des Plaines. Sa trilogie sur l'histoire des Sioux, ainsi que son travail sur l'histoire des Cheyennes d'après les lettres de George Bent ont été traduits dans la présente collection.
    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Karin BodsonPréface de Daniel Dubois

  • L'homme blanc sait tout fabriquer, mais il ne sait pas distribuer ce qu'il fabrique.Sitting Bull, lakota hunkpapa, 1885
    Toute la philosophie spirituelle de ce recueil demeure dans cette phrase de l'écrivain kiowa, N. Scott Momaday en 1998 : « À l'endroit où les mots et le lieu se rejoignent, on trouve le sacré. »
    Norbert S. Hill, Jr, est inscrit comme membre de la tribu des Iroquois oneidas du Wisconsin. Il a oeuvré dans les administrations universitaires facilitant aux étudiants de diverses tribus d'accéder à l'enseignement supérieur. Hill est titulaire de deux doctorats dans les domaines de l'ingénierie.
    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Danièle Laruelle.

  • Issu des plus récentes études sur les Sioux des Plaines, cet ouvrage est à ce jour l'un des plus abouti sur cette tribu qui, presque à elle seule, synthétise sur son nom la résistance et la funeste destinée des Indiens d'Amérique du Nord.Jeffrey Ostler démontre - avec solides arguments à l'appui, témoignages irréfutables de toutes les parties et documents officiels - comment l'Histoire peut aspirer dans sa spirale, pour mieux le broyer, un peuple entier comme les Sioux lakotas, notamment face au processus de colonisation qu'a, au départ, plus que symbolisé l'expédition de Lewis et Clark de 1804 ordonnée par le président Jefferson. Dans une parfaite et claire chronologie, Ostler rapporte les événements et les engrenages militaire, géopolitique, diplomatique, juridique et économique qui ont réduit à portion congrue les immenses contrées des Indiens des Plaines et tous les éléments ayant inéluctablement concouru au massacre de trois cents Sioux dans le Dakota du Sud, à Wounded Knee, en décembre 1890 quelques jours après le meurtre de Sitting Bull.
    Auteur de plusieurs ouvrages, Jeffrey Ostler est responsable du département d'Histoire de l'Université de l'Oregon.
    Traduction : Florence Moreau et Alexandre Prouvèze
    www.nuagerouge.com

  • « Jamais je n'oublierai cette bataille. »Chef de guerre cheyenne Two Moon
    Un brûlant dimanche de juin 1876, dans la vallée de la Little Big Horn, au coeur de l'Ouest américain : une coalition de Sioux et Cheyennes, réunie par les chefs Sitting Bull et Crazy Horse, anéantit le 7e de cavalerie du général Custer. Immédiatement, la bataille est propulsée au rang de mythe identitaire des États-Unis.Un mythe qui dure : à ce jour, aucune bataille nationale ne déclenche une telle fascination outre-Atlantique. L'historien, pour sa part, se retrouve face à de nombreux mystères : la défaite était-elle due aux erreurs et aux ambitions de George Armstrong Custer ? Comment les Indiens ont-ils vécu leur victoire emblématique ? Comment expliquer ces témoins que l'on a voulu faire taire ou ces cartes truquées ?Du fracas de la guerre de Sécession aux clameurs des Grandes Plaines, l'auteur nous plonge dans une Amérique brutale, brossant le portrait sans fard des icônes Custer, Sitting Bull et Crazy Horse mais aussi d'acteurs moins connus de la période. L'immersion se poursuit avec la bataille elle-même, qui reprend vie à hauteur d'homme, à travers la voix de dizaines de témoins oculaires et d'experts.Fruit de sept ans de recherches et de voyages sur le terrain, cette «autopsie » d'une légende a été considérée dès sa première édition comme la référence sur le sujet.
    Membre des Little Big Horn Associates, titulaire d'une maîtrise d'Histoire, David Cornut ouvre ici l'un des dossiers les plus controversés de l'histoire américaine.

  • Depuis plus d'une vingtaine d'années de séjours prolongés chez les Indiens navajos, l'anthropologue de terrain Marie-Claude Feltes-Strigler a tissé les liens étroits avec de nombreux membres du peuple du Diné et notamment avec celui qui est devenu, dans la seconde moitié du XXe siècle, l'un des plus grands homme-médecine navajo : Sam Begay. Ce dernier a accepté de confier sa vision de ce qu'était le monde « avant le début des temps », les mythes, les valeurs qui régissent la vie quotidienne dans la réserve. L'homme nous rapporte le déroulement de plusieurs cérémonies et rites de guérison qu'il dirige et pratique, donnant ainsi à appréhender cette Connaissance qui se transmet de génération en génération. Sa voix parle de la richesse de sa culture, d'une vie traditionnelle qu'il sent en danger, des maux du monde moderne qui menacent le mode de vie séculaire navajo, tout comme le nôtre.Dans ce voyage au coeur de l'Amérique indienne d'aujourd'hui, dans la Grand Rez de Monument Valley en Arizona, Sam Begay nous fait partager son savoir où se perpétue la mémoire du passé sur laquelle nous pouvons, bien souvent, fonder notre avenir.
    Sam Begay, (1935-2015), né dans la partie de la réserve navajo située en Arizona, est issu d'une famille nombreuse et traditionnelle. Il est devenu un homme-médecine renommé et respecté, qui a joué un rôle décisif dans l'élaboration du droit coutumier navajo. Son statut d'Ancien et d'homme-médecine ont fait de lui un des principaux interlocuteurs de la nation navajo.Marie-Claude Feltes-Strigler, Maître de conférences à l'Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle, est l'auteur d'une thèse de doctorat, « La Nation navajo - tradition et développement », ainsi que de divers ouvrages sur les Navajos, d'une histoire des Indiens des États-Unis et, dans la présente collection, du livre « Les Indiens osages » ainsi que de nombreux articles sur les nations indiennes.

  • Les tranchées de la Grande guerre fourmillaient de soldats français et étrangers. Parmi eux, les Indiens d'Amérique du Nord sont arrivés en nombre.Dès 1914, 4 000 Indiens du Canada débarquent en France et en 1917, 15 000 Indiens des États-Unis les rejoignent, retrouvant ainsi leur dignité de guerriers.Comment ont-ils été recrutés ? Quelles étaient leurs compétences particulières ? À quelles tâches ont-ils été employés ?Sioux, Cheyennes, Comanches, Apaches, Crows, Choctaws, Blackfeet, Navajos, combattirent au coude à coude avec les Doughboys ou les Tommies, les Tirailleurs sénégalais et les Australiens. Eux qui n'avaient pas même la nationalité américaine, ils se sentirent pleinement Américains pour combattre les soldats du Kaiser et mourir, couverts de boue, dans les tranchées.C'est leur histoire, émouvante et superbe que nous raconte, dans un livre tout public et néanmoins extrêmement documenté, Jacques Rouzet, grand spécialiste des tribus « Natives ».
    Jacques Rouzet est diplômé des Hautes études cinématographiques et a travaillé successivement au département de la fiction à TF1, puis à la direction littéraire et artistique d'une maison de production. Son aïeul, ancien combattant de 14/18, aimait évoquer le temps où les dernières charges à cheval croisaient la route des premiers blindés. Depuis, l'auteur reste fasciné par les situations d'anachronisme que réservent l'histoire et les guerres. La «Grande», plus que tout autre, signe à ses yeux la fin du monde d'hier selon la belle expression de Stefan Sweig. Une photo de l'Illustration montrant Pershing sur un quai du Havre, encadré par quatre cavaliers sioux, est à l'origine de sa passion pour ces fils de Sitting Bull et de Geronimo plongés au coeur d'un conflit mondial sans précédent.

  • C'est de la fiction, mais tout est vrai - Ron Querry
    Bernadette Lefthand, jeune Apache jicarilla, vit dans la réserve au nord-est du Nouveau-Mexique, avec son père et sa cadette, Gracie. Bernadette est vue comme une star des pow wow où, dans les réserves, se retrouvent diverses tribus pour les danses et les rodéos. Un jour, Gracie apprend que sa soeur a été retrouvée morte. L'énigme de cette mort se mêle avec la sorcellerie navajo sur fond de vie quotidienne dans les réserves. C'est du choix narratif, oral, de la jeune Gracie, que le livre tire sa puissance tragique. Elle se partage le récit avec Starr, ancien mannequin à New York, en contre-point. L'ingénuité de Gracie s'oppose à la dureté citadine de Starr. Une troisième voix, plus profonde, nous révèle tout ce qu'il nous faut savoir sur les replis sombres du monde navajo. Querry nous entraîne dans les profondeurs de la nature du Mal telle qu'elle apparaît, encore de nos jours, dans les croyances indiennes. La réalité des personnages, leur environnement font, ici, presque oeuvre d'ethnologie.
    Ce roman de Ron Querry s'inscrit dans la lignée d'écrivains indiens que la présente collection a publié dès 1993, notamment la première traduction de La Maison de l'Aube de N. Scott Momaday, prix Pulitzer 1969.Descendant du clan Sixtown de la tribu choctaw, Oklahoneli, Ron Querry est l'auteur plusieurs ouvrages, roman comme document, liés à l'Amérique indienne et aux chevaux.

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