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  • Comment avons-nous vécu les expériences de cette année incertaine, inquiétante, qui a déstabilisé nos repères, dérouté nos chemins, appauvri nos quelques certitudes, ruiné des existences et qui nous confronte désormais à des décisions difficiles ? Comment penser un après alors que la crise est encore là pour un longtemps et qu'elle a éprouvé notre démocratie dans ses valeurs essentielles ? Dans cet ouvrage, l'auteur reprend ses analyses qui constituent un retour sur les temps forts de cette première année de pandémie, sur les modalités de gouvernance, le processus décisionnel avec ses conséquences à tous les niveaux de la vie sociale. Du fait de sa position d'observateur engagé au plus près du terrain, il a contribué à nombre de réflexions portant notamment sur les choix en réanimation, la vie en ehpad (et là où les vulnérabilités humaines et sociales sont les plus fortes), les arbitrages institutionnels et les initiatives de proximité. Emmanuel Hirsch explore les divers aspects des réalités de la pandémie, scrute le processus décisionnel souvent défaillant, permet de comprendre ce qu'a été l'intelligence pratique des « invisibles » de notre République, héros pour quelques semaines et oubliés depuis. Son livre interroge la gouvernance solitaire et entre experts d'une circonstance imprévisible qui aurait d'emblée justifié une concertation publique. En cette situation exceptionnelle, la vie démocratique a été confinée alors que lutter contre un phénomène de cette ampleur n'est possible qu'en mobilisant l'ensemble des composantes de la société. Au-delà d'un constat rigoureux, le propos est critique et engagé, car l'un des objectifs de ce livre est de donner à penser comment vivre le long terme d'une crise globale révélée par le choc d'une pandémie.

  • « Il est des récits ou des témoignages qui ne se commentent pas ; l'humain nous y révèle le plus précieux de ce qu'est le sens d'une vie.

    Dès les premières lignes, nous voilà confidents de l'intimité d'un lieu où se murmure et se partage un essentiel, parfois autrement que par les mots, de vie à vie. Alain Toledano, le bâtisseur de La maison de l'après-cancer, est un médecin cancérologue. Il connaît les fragilités humaines, les douleurs de l'âme, ces parcours de vie déroutés, ces désordres et ces renoncements, ces lentes dérives, l'incapacité d'encore penser et d'avoir à dire. S'il est parmi ceux qui développent aujourd'hui les technologies les plus innovantes dans les traitements du cancer, son intelligence de l'humain l'a porté à innover, à créer un lieu d'humanité.

    Ici, on résiste ensemble, les uns avec les autres, les uns pour les autres, avec la maisonnée, ces soignants qui eux aussi ont compris l'importance de ces moments de sollicitude, d'engagements et de partages vrais. » Emmanuel Hirsch

  • Les auteurs témoignent d'une pratique clinique avec des travailleurs sociaux et tentent d'en tirer les leçons : il s'en dégage à quel point le management est en train de tuer dans l'oeuf ce qui fait la spécificité du travail social.

    Que dit-on à un patient alcoolique qui vient s'écrouler parce qu'il va perdre sa femme ? À une caissière de supermarché qui ne peut plus suivre la cadence ou ne parvient pas à retourner travailler sans « la boule au ventre » ? Aux parents qui viennent consulter avec un adolescent, le casque sur les oreilles, et qui décrivent une addiction aux écrans et des résultats scolaires en chute libre... ? À un éducateur qui doit faire face à un enfant autiste en crise ? Que dit-on à ces jeunes sujets qui se décrivent harcelés sur Facebook ou abandonnés par un copain et incapables de vivre ? ... Dans le séminaire « Pour une clinique du quotidien », un participant tiré au sort est invité à décrire son service et sa mission, à énoncer sa fonction et à parler d'une situation avec laquelle il/elle rencontre une difficulté, est traversé(e) par une question ou un doute. Le postulat de base est qu'il n'y a pas de « bonne réponse » mais qu'il y a néanmoins quelque chose à en dire, que ce quelque chose rend compte d'une rencontre unique entre un intervenant social et un patient et que, de cette rencontre seule, un soulagement, peut-être, surgirait.

     

  • Pierre Bruno compte pour la psychanalyse. Il n'a cessé d'explorer cette aventure singulière qui devrait être toujours « autre » pour perdurer. Des analystes d'horizons différents débattent de ses contributions relatives à la place que le discours analytique doit faire à la politique (la Cité).

    En effet, le Discours analytique progresse grâce au travail des psychanalystes qui s'en laissent enseigner. D'où l'intérêt de se lire entre psychanalystes, ou avec d'autres qui s'y intéressent, et d'initier des controverses comme il n'en existe plus dans cette discipline, parfois sclérosée par les pentes institutionnelles et l'entre soi.

    A partir de cinq ouvrages de Pierre Bruno organisés autour de l'élucidation des problèmes cruciaux de la psychanalyse - fin de l'analyse, passe, père réel,... -, les auteurs extraient une méthode qui s'appuie sur les ressources théoriques de Freud et Lacan et sur la clinique. Se vérifie alors, au-delà des divergences institutionnelles, que la psychanalyse s'adresse à tout un chacun et présente un enjeu politique pour notre temps.

  •  « Qu'y a-t-il de vif, de libre, d'intransigeant dans la transmission de la psychanalyse ? Voici, de la part de Charles Melman, une suite de séminaires qui s'empare sans ambages de cette question. Face au déclinisme pompeux qui met du pathétique à la place de la recherche, ces paroles d'enseignement ont presque un caractère allègre et ne jouent pas la profondeur facile d'un choix de thèmes étiquetés importants et graves. La gravité est perceptible après coup, au détour d'un éclair de pertinence clinique, un peu comme dans la psychopathologie de la vie quotidienne de Freud. Le comique abyssal de l'inconscient éclaire d'un jour nouveau et exact nos symptômes les plus désespérants, et propose ici, à la place de la commémoration névrotique, un lieu possible d'invention. » Christiane Lacôte-Destribats

  • Si Charles Melman a jugé bon de travailler la clinique de la névrose obsessionnelle durant deux ans de séminaire, c'est qu'il la considère à la fois comme une clinique du passé et une clinique actuelle.

    Dans ses formes bénignes, on l'aperçoit à peine si l'on n'est pas un praticien averti. Par contre les formes graves sont très handicapantes, surtout socialement. Il y a dans cette pathologie de l'immuable, de la répétition, la culpabilité d'un meurtre que le patient aurait commis sans s'en apercevoir, sans parler de son impossibilité à réaliser ses voeux et son impuissance.

    L'étude très fine que fait Charles Melman dans le domaine de la linguistique et de la grammaire éclaire et élargit le travail de Freud à partir des carnets de l''Homme aux rats. Dans le texte allemand, il repère l'insistance de certaines lettres, propre à cette pathologie et met en évidence le travail de l'inconscient.

    Mise en vente le 27 août 2015.

    La névrose obsessionnelle
    Tome 1 : Le signifiant, la Lettre
    Tome 2 : Etudes des carnets de l'Homme aux rats de Freud (

  • Cet ouvrage a été le premier à montrer en quoi la psychanalyse contribue à éclairer « le malaise dans la civilisation » d'aujourd'hui. Il a généré nombres de colloques, rencontres, formations, et reste une référence pour les psychanalystes, les psychiatres mais aussi les travailleurs sociaux. Augmenté d'une partie parue dans Les désarrois nouveaux du sujet (érès, 2001), cette version constitue un document de travail de première valeur, qui a ouvert un champ entier pour la psychanalyse : analysant les conséquences de la mutation que nous vivons - passage du primat de la religion à celui de la science - il fournit au lecteur des repères pour comprendre les enjeux de notre monde actuel. Jean-Pierre Lebrun, psychanalyste à Namur (Belgique) est un infatigable travailleur. Clinicien et théoricien inventif, non doctrinaire, il approfondit depuis des années les conséquences de la modification du lien social sur la subjectivité de tout un chacun. Il anime sur ce thème la collection Humus chez érès et a publié également La perversion ordinaire, vivre ensemble sans autrui (Denoël, 2007).

  • Le réel est dépourvu de sens, ce qui ne veut pas dire qu'il est sans représentation. Très tôt, Lacan l'énoncera dans son oeuvre. Et c'est par le biais du symptôme que l'analysant donne au psychanalyste les moyens d'appréhender ce qui se passe pour lui dans le réel. Cet ouvrage met au travail cette notion, que Lacan reprend et élabore tout au long de son enseignement, comme une recherche en lien avec la clinique.

    Pour les sciences, voire pour « la Science », cette notion de réel, tout aussi importante, se révèle indispensable à son élaboration.

    Des psychanalystes et des scientifiques de renom montrent en quoi le réel compte dans leur discipline et dans leurs recherches. En toute intelligence, les différences étant évidemment marquées, les exposés des deux approches viennent alimenter un débat d'une brûlante actualité. Ce dialogue vigoureux ouvre des perspectives passionnantes pour un travail encore en chantier.

  • Le rêve, matériel décisif dans le travail analytique, constitue en quelque sorte un dialogue permanent avec l'inconscient. L'avancée de sa connaissance et les progrès de son déchiffrage continuent de représenter un enjeu important pour les rêveurs qui s'y consacrent et pour tous ceux qui s'intéressent aux modalités de la pensée du sommeil.

    Gisèle Chaboudez propose un abord renouvelé du déchiffrage des rêves, à la lumière des apports freudiens, de leurs remaniements et de leurs prolongements lacaniens, ainsi que de sa longue expérience clinique personnelle. Le rêve est exploré dans les processus littéraux qui le construisent, dans cette écriture en images dont le sens n'apparaît pas spontanément, dans la logique qui l'anime en séquences successives, comme en plusieurs actes d'un théâtre dont on ne perçoit pas aussitôt l'enchaînement. Il comporte encore des zones à éclairer pour saisir plus loin en quoi consiste cet inconscient qui écrit, qui secrète au sein du langage ses assemblages de mots en images, qui se manifeste comme un langage se servant des images pour faire apparaître son écrit.

  • Les débats pédagogiques et éducatifs qui traversent aujourd'hui la sphère scolaire dans la perspective de la mondialisation placent la pensée de Paulo Freire dans une étonnante actualité. La lutte contre l'illettrisme notamment trouve ici des cadres d'analyse fort pertinents. Cet ouvrage est le dernier de Paulo Freire avant sa disparition brutale. Il s'inscrit dans la philosophie éducative et politique, orientée par une vision optimiste de l'être humain, qu'il a développée à travers sa pratique d'éducateur et ses nombreux écrits dont Pédagogie des opprimés (Maspéro, 1974).

  • Lacan disait à ses élèves : « Moi, je suis freudien, si vous voulez être lacaniens, à vous de le montrer. » C'est précisément ce que ce séminaire tente de faire : comment être lacanien avec Freud, tout contre Freud.

    Lacan est certainement un élève de Freud puisque l'oeuvre de celui-ci a intégralement inspiré la sienne. Il avait pour Freud la plus grande admiration du fait de son courage intellectuel, de la solitude, malgré le nombre de ses disciples, qu'il a assumée au sein d'une capitale, d'un milieu, d'une culture qui lui étaient fondamentalement hostiles.

    Il reste que ce que Lacan a introduit et que Freud a manqué, c'est le rôle du langage en tant qu'il est constitutif de notre vie psychique et bien sûr corporelle, et de cette instance incroyable qui s'appelle l'inconscient et qui, à notre insu - insu de mauvais gré -, dirige nos pensées, nos désirs et notre existence.

  • Considéré comme le meilleur spécialiste de la névrose obsessionnelle, Charles Melman n'a cessé, depuis 1954, d'approfondir et de se remettre au travail, ce dont témoigne ce séminaire clinique et pédagogique.

    Dans ce nouveau volume, il amplifie et complète les thèmes abordés dans le tome 1 en étudiant la névrose obsessionnelle à partir des carnets où Freud consigne au jour le jour les séances de l'Homme aux rats.

    Ce journal permet une analyse plus fine des grands traits de la névrose obsessionnelle à partir du texte même de son discours où se révèlent son besoin incessant de vérification, son impossibilité à se déterminer chaque fois qu'il doit faire un choix, la manière dont il répète toujours les mêmes attitudes... mais aussi sa culpabilité constante et son sentiment d'être un criminel.

    Tout au long de ce texte, Charles Melman nous mène, pour notre plus grand intérêt, dans le dédale de cette pathologie qui conserve malgré tout sa part de mystère.

    La névrose obsessionnelle
    Tome 1 : Le signifiant, la Lettre
    Tome 2 : Etudes des carnets de l'Homme aux rats de Freud

  • Peut-on se passer de la notion de sublimation en psychanalyse ? En clarifiant les apports freudiens et lacaniens, l'auteur contribue à étoffer cette notion et en révèle toute l'actualité pour les psychanalystes. 

    Dans son retour à Freud, Lacan a fourni à la sublimation les bases structurales d'une approche qui l'inscrit dans le cadre de « l'avènement exigé d'une érotique pour la psychanalyse », résolvant ainsi certaines contradictions qui pouvaient être engendrées à partir de Freud.

    En se demandant pourquoi cet apport lacanien reste méconnu, Erik Porge s'attache à montrer comment Lacan a pris appui sur la sublimation pour redéfinir la pulsion à partir de repères structuraux nouveaux (la Chose, la satisfaction de la répétition de la mêmeté de la différence, l'incommensurabilité de l'objet cause du désir...).

    La sublimation est au carrefour de points fondamentaux de la théorie analytique. Elle révèle le caractère propre de la pulsion sexuelle. Dans le prolongement des perspectives ouvertes par Lacan, l'auteur en propose une écriture borroméenne qui associe amour, désir et jouissance.

  • Comment aborder le « symptôme » non pas simplement pour le faire disparaître ou le camoufler, mais pour y trouver la matière à développer toute la richesse et la complexité de l'humain ? Voilà le « SINTHOME » et toute la fécondité du dernier Lacan.

    Le « sinthome » n'est pas le symptôme de telle maladie spécifique, c'est le déploiement de la pensée clinique.  Chaque figure de pensée clinique ne vaut en effet que par les erreurs, échecs et réparations qui la mettent en mouvement. Toute faute, toute lacune peut ainsi devenir le lieu d'une invention vivifiante. Tel est le vrai sens de la topologie lacanienne. L'explicitation précise et détaillée du séminaire XXIII de Lacan que propose Christian Fierens en donne un éclairage nouveau.

  • « Depuis la première publication de cet ouvrage en 1995, le paysage social s'est alourdi sérieusement et la place des éducateurs, modifiée, empire. Le déferlante du néolibéralisme, pointe la plus avancée du capitalisme qui livre la planète et les humains l'habitant à leur transformation en marchandise, touche de plein fouet un travail social qui s'est longtemps - trop longtemps - cru à l'abri. Les éducateurs, comme d'ailleurs toutes les professions qui ont pour essence la transmission de l'humaine condition - référée peu ou prou - à la fonction dite paternelle - se présentent forcément comme des empêcheurs de commercer en rond. Le travail éducatif n'est pas une marchandise, n'en déplaise aux fonds de pension qui lorgnent sur ce secteur d'activité porteur. Les éducateurs, qui font le pari de l'humain, s'inscrivent fatalement à l'encontre d'une société où le paraître et l'argent roi ont force de loi. Ils rappellent les principes de base de l'humanisation : l'être humain est castré et les humains ne tiennent ensemble qu'au prix de la perte de jouissance de chacun. Les éducateurs ont pour tâche, auprès des parents, des enseignants et des praticiens d'autres professions, de rappeler sans cesse cette évidence et d'en transmettre le sens. Oh ! Pas dans des grands discours, mais en les mettant en oeuvre au quotidien. Pris entre le marteau de politiques sociales de plus en plus répressives et ségrégatives et l'enclume du respect des sujets qu'ils accompagnent, ils se soutiennent d'une position forcément subversive. Cet ouvrage a donné lieu à bien des rencontres, bien des échanges. Il a constitué le fond de formations, de journées de réflexion, de confrontations. Souhaitons qu'il poursuive son chemin. Comme nos enfants, les livres sont fragiles, il faut un certain temps les tenir par la main. Ensuite, qu'ils mènent leur vie ! Bref le travail d'éducateur est un travail permanent de démocratisation. Parole d'éduc... »

  • Entre 1957 et 1963, il existe un Lacan mythologue qui, selon ses propres termes, cherche la même chose que Claude Lévi-Strauss. Dans ce nouveau moment de sa recherche qui le lie par une sorte de gémellité à l'ethnologue, maître de l'analyse des mythes, Lacan revient d'abord sur la théorie freudienne de l'OEdipe dont il renverse la logique.

    Ce geste inaugural du troisième Lacan frappe les trois coups de la « révolution du phallus » qui accouche de la théorie du phallus comme signifiant, d'un puissant remaniement de la théorie de l'OEdipe dont le modèle passe de trois à quatre termes, d'une nouvelle conception de la fonction paternelle devenant une métaphore, mais aussi d'une théorie de la sexuation séparant le fils qui l'a (le phallus) de la fille qui l'est, et enfin d'une théorie du fantasme qui apparaît comme une défense contre la volonté de jouissance de la mère.

    Dans ces Mythologiques, le lecteur voit naître sous ses yeux des concepts fondamentaux de la théorie de Lacan d'autant plus intelligibles qu'ils apparaissent sur fond de sources littéraires comme OEdipe, Le diable amoureux ou Hamlet, et bien d'autres qui ont ponctué l'avancée de son oeuvre...

  • La différence freudienne : ce titre s'impose de lui-même. Il marque le franchissement d'une frontière qui ne serait réversible qu'au prix d'une régression obscurantiste - malheureusement toujours menaçante.

    Tout en se tenant à l'abri des risques d'une vulgarisation contaminée par un idéal pédagogique, ce livre, en s'appuyant d'une part sur l'oeuvre de Freud et l'enseignement de Lacan, d'autre part sur la pratique psychanalytique des auteurs, propose des solutions précises et claires à une série de questions fondamentales au coeur de la psychanalyse contemporaine : le désir crée-t-il sa cause ? Le symptôme est-il insurrectionnel ? La jouissance est-elle à éradiquer ou à dévaloriser ? Le savoir psychanalytique peut-il se savoir lui-même? Qu'est-ce que la fonction phallique ? Peut-on et doit-on distinguer sexuation du côté femme et féminisation ?

  • En référant le nom du père au langage, la problématique du père ne succombe pas aux réductions culturalistes de la psychanalyse ainsi qu'à la préconisation d'une normalité du père dans la réalité. Cet ouvrage retrace l'étude exhaustive de la problématique du Nom-du-Père dans l'enseignement de Lacan. La démarche chronologique suit les étapes de son développement chez Lacan avec un aperçu sur les questions théoriques, institutionnelles et personnelles, qui surgissent, plus ou moins résolues. Elle permet notamment de découvrir combien celle-ci est liée aux événements institutionnels qui secouèrent le mouvement analytique depuis 1953 et dont Lacan fut l'acteur principal.

  • Y-a-t- il une pensée politique chez Jacques Lacan ? Comment la psychanalyse, en intension, traite-t-elle ses propres agencements d'école (formation, passe, transmission...) ? Comment, en extension, peut-elle se situer par rapport au champ politique ? Le « politique » relèverait-il simplement de la fascination des idéaux, du miroitement des images ou renverrait-il aux régimes pulsionnels qui soutiennent les idéologies ?

    Dans une séance de son séminaire La logique du fantasme (1966-1967), Lacan déclare abruptement : « L'inconscient, c'est la politique. » Qu'entendre par là ? Tout en critiquant le côté religieusement messianique de sa doctrine, il a pu reconnaître en Marx l'inventeur du symptôme, forger sa notion de « plus-de-jouir » au regard de la plus-value marxiste, recomposer le rapport valeur d'échange/valeur d'usage...

    Au-delà de l'analyse classique de la politique souvent réduite à des rapports de pouvoir, Jean-Louis Sous met l'accent sur l'économie de la jouissance et des pulsions qui sous-tend l'assujettissement du sujet aux dispositifs institutionnels dans lesquels il est inscrit. Son hypothèse est que la politique, selon Jacques Lacan, renverrait plus largement à une économie politique qui concerne le régime de chaque sujet dans sa réponse aux représentations, aux mythes, aux fictions qui ne cessent de le phagocyter.

  • « Une nouvelle génération qui pense en images est née. Cette génération digitale peut vivre le meilleur comme le pire avec sa main, métaphore du moi.

    J'en ai évoqué le meilleur, c'est-à-dire tout ce qui a trait aux modes d'accès au savoir, aux modes d'être, de pensée et de langage, aux modes relationnels et aux compétences aussi. Mais cette génération peut aussi connaître le pire des usages toxiques. Je ne suis pas assez naïf pour le nier.

    La voie de l'avenir me semble être à mi-chemin entre la surexcitation face à tout ce que la main peut entreprendre dans le virtuel et le rejet massif des mondes numériques. J'ai choisi l'enthousiasme parce que je suis confiant dans les ressources humaines pour apprivoiser un outil encore sauvageon, et pourquoi pas, empoisonné, dont je cherche pourtant comme psychanalyste à explorer les usages thérapeutiques.

    Je reste chercheur tout en estimant d'expérience que le virtuel est un outil plein de richesses pour panser des blessures. J'ai surtout voulu montrer que les mondes numériques peuvent réellement aider les enfants à grandir et les adultes à retrouver l'enfant qui est en eux, à cheval entre illusions nécessaires et désillusions constitutives. » M.S.

  • L'auteure embarque le lecteur dans les méandres du soin comme dans un grand voyage. Les escales sont faites de différentes séquences de soin en intra comme en extra-hospitalier. La diversité d'expériences qu'elle aborde lui permet de présenter mille et un visages de ceux que l'on appelle des « fous » et de témoigner de leur courage.

    Elle témoigne aussi du désarroi, parfois du désespoir, des soignants devant l'inhospitalité hospitalière et le dévoiement de leur métier. Elle raconte les combats qu'ils ont à mener à chaque instant pour qu'une rencontre advienne et que leurs soins puissent éventuellement devenir thérapeutiques.

    Mais loin d'être dans la plainte, elle donne mille et une raisons de continuer ce combat en racontant la magie de la rencontre humaine dans la relation de soin. Elle ne donne pas de leçon. Simplement, elle décrit certains chemins qu'elle a empruntés avec des patients, les explorations qu'ils ont menées ensemble sur des territoires inconnus de l'un, de l'autre ou des deux. Elle invente pour chacun une « bonne distance » sans craindre de puiser dans ce que Jean Oury appelait son « arrière-pays ». Elle fait feu de tous bois et balade une besace d'infirmière pleine de lectures, d'échanges et d'expériences mais aussi de contes et de bouts de chiffons.

  • Depuis quelques années, un nouvel humanisme, une éthique et un droit de la vulnérabilité sont en train de naître sous nos yeux. Mais qu'est-ce que la vulnérabilité ? Pourquoi cette idée prend-elle tant d'importance aujourd'hui dans les débats politiques, juridiques, philosophiques et éthiques ? Comment comprendre qu'une politique de protection des personnes vulnérables puisse devenir aussi source d'exclusion, voire de restriction des droits ?

    Fruit d'un travail entre chercheurs et acteurs de terrains engagés dans les domaines du droit, de la psychanalyse, de la santé, de l'éducation et du travail social, cet ouvrage resitue la notion de vulnérabilité dans son contexte d'apparition historique, culturel et philosophique. Il soulève les problèmes et les opportunités que pose son usage dans le champ social. Tout en évitant le piège d'en  faire l'éloge, les auteurs analysent à quelles conditions une prise en compte renouvelée des vulnérabilités en société peut être vue comme une bonne nouvelle.

  • Lire l'entretien de l'auteur (propos recueillis par Audrey Minart)

    La psychanalyse peut-elle se transposer sur un divan chinois ? La formation psychanalytique qui suppose un temps long et de la disponibilité est-elle accessible à des personnes prises dans la rapidité du XXIe siècle et celle de la transformation de la société chinoise ? Comment transmettre ce qui fait l'essence de la psychanalyse, produire du sujet divisé, dans un contexte totalement différent ordonné par une « pensée » de l'harmonie ?

    De 2003 à 2016, Pascale Hassoun conduit à Chengdu (Sichuan) des séminaires,  supervisions, entretiens, afin de former des psychanalystes chinois et contribuer ainsi à l'émergence de la psychanalyse en Chine.

    Le récit de son expérience de femme psychanalyste, engagée dans un pays qu'elle ne connaît pas, fait acte de transmission.  L'auteur rend compte de situations cliniques concrètes où l'on croise les questions de la famille, l'enfant unique, la piété filiale, la femme, et de réflexions sur la pratique des psychanalystes. Elle propose une clinique psychanalytique que ses interlocuteurs chinois adaptent à leur culture et à leur vision du monde. A travers des rencontres humaines singulières, ce livre offre un cheminement inédit et personnel vers « l'autre » chinois.

  • Un séminaire de deux années consacrées à l'exploration des paranoïas.

    Alors que les relations, sociales et/ou privées, sont marquées par des interprétations suspicieuses et malveillantes, que l'ère du soupçon semble dominer, Charles Melman a choisi de parler des paranoïas. Avant que ce type de relations ne paraisse faire partie de la norme et de l'usage, l'auteur s'attache à isoler, à illustrer, les diverses formes existantes de paranoïas dont certaines n'ont pas encore été reconnues.

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