Langue française

  • Paul Fustier (1937-2016), professeur de psychologie à l'université de Lyon 2, est une figure emblématique de la clinique des équipes et des institutions, dans le champ du travail social et du soin psychique. Ses analyses de la vie quotidienne des établissements ont été décisives pour penser les pratiques éducatives et soignantes à un triple niveau : institutionnel (la tâche primaire, la crise et le changement), professionnel (le faire équipe), relationnel (le lien d'accompagnement ). On lui doit notamment d'avoir mis l'accent sur l'importance des espaces intersticiels et des pratiques en ricochet, à travers lesquels les enfants, les résidents, les patients et autres usagers des institutions trouvent l'occasion de faire autre chose que d'être seulement et strictement aidés, soignés ou éduqués.

    L'entretien mené avec Paul Fustier, complété par des textes significatifs, donne la mesure de l'émergence et de l'originalité de sa pensée, tout en la contextualisant dans sa trajectoire biographique.

    L'élaboration de cet ouvrage a bénéficié du concours du CNAHES.

  • Michel Soulé est l'un des pionniers de la pédopsychiatrie en France, l'un des premiers à s'intéresser à la vie foetale. Dans cet ouvrage élaboré à partir d'entretiens filmés avec Sylvain Missonnier, il raconte son itinéraire personnel et professionnel qui l'a amené à travailler avec Serge Lebovici, René Diatkine (les 3 mousquetaires de la pédopsychiatrie naissante), Léon Kreisler, Myriam David... Il aborde d'une manière vivante, avec la verve qu'on lui connait, les thèmes qui lui sont chers, la prévention, la périnatalité, le foetus et le placenta, le placement, l'aide sociale à l'enfance, la formation, la psychanalyse... Des textes inédits ou oubliés viennent compléter ce panorama et contribuent à l'effort de transmission qui a toujours animé Michel Soulé.

     

  • Au début des années 1970, Terry Berry Brazelton, pédiatre américain, mit au point un outil d'observation clinique du nouveau-né que l'on connaît désormais sous le nom d'échelle de Brazelton. Aidé par sa formation psychanalytique et la connaissance qu'il avait des données des recherches sur les interactions précoces (très récentes à cette époque), il voulait inciter le monde médical, en particulier les pédiatres de maternité, à changer leur regard sur le nouveau-né tout d'abord, et par voie de conséquence sur la famille en train de se constituer ou de se reconstituer autour de son arrivée. Dans cet ouvrage, Drina Candilis-Huisman présente le travail de Brazelton qui considère le bébé non seulement comme un être socialisé mais aussi socialiseur, c'est-à-dire actif dans l'exigence qu'il a de trouver une réponse adaptée à ses besoins dans son environnement. Son idée princeps est de s'appuyer sur une connaissance partagée avec les jeunes parents des capacités du bébé pour favoriser une prévention précoce des troubles des relations parents-enfants. Drina Candilis-Huisman est psychologue clinicienne, maître de conférences, directrice de recherche à l'université Paris-Diderot.  

  • Il s'agit de faire découvrir à un large public l'oeuvre de Michel Sapir, à la fois inventeur de la méthode de la relaxation à induction variable (R.I.V.), animateur de groupes de formation à la relation soignants-soignés (groupe Balint), infatigable formateur et transmetteur dans le champ du soin psychique et somatique, et de la médecine générale en particulier. A travers une vingtaine de points-clés de son oeuvre, Michel Sapir, dans des entretiens enregistrés dans la dernière année de sa vie, expose les principaux points de sa conception de la relaxation, du travail en groupe Balint et de la médecine en général. Ses réflexions portent principalement sur la place du corps dans la relation soignant-soigné, que le soignant soit un infirmier, un médecin ou un professionnel de l'accompagnement social.
    Michel Sapir (Moscou 1915, Paris 2001), médecin, psychanalyste. Simone Cohen-Léon, médecin, psychiatre, psychothérapeute d'enfants, psychanalyste (Paris).

  • L'oeuvre toute entière de Gaetano Benedetti est donc consacrée à la fois à l'exploration des modalités d'existence psychotiques et à la recherche, à la découverte et à la description des processus thérapeutiques. Ceux-ci, s'ils sont multiples et en grande partie produits par les relations qui se tissent entre les inconscients du patient et du thérapeute, sont d'autant plus difficiles à manier qu'ils supposent, du côté du thérapeute, à la fois un mouvement d'identification au patient et le maintien d'une certaine distance, d'une certaine réserve, nécessaire pour la relation thérapeutique. Cette position clinique complexe et risquée est, selon Gaetano Benedetti, le prix à payer pour tenter de rejoindre ces existences en détresse.
    Gaetano Benedetti, psychiatre, psychanalyste (Bâle).
    Patrick Faugeras, psychanalyste (Anduze).

  • Qu'est-ce qui a poussé Roger Salbreux sa vie durant à mener sur tous les fronts un combat en faveur des enfants en situation de handicap ou en risque de le devenir ?

    A travers un entretien, mené par Michel Dugnat, et la reprise de quelques articles marquants, Roger Salbreux, pédopsychiatre, clinicien, enseignant et chercheur, retrace son parcours professionnel de presque soixante-dix ans au service des personnes en situation de handicap et de leurs proches, qui ont été longtemps malmenés par la médecine et la société, même si on note aujourd'hui d'indéniables, mais encore insuffisantes, améliorations.

    Dans les années 1950, tout ou presque  était à faire, à commencer par le diagnostic précoce. Mais que vaut un diagnostic s'il ne peut déboucher sur une prise en charge ? Celle-ci ne peut être raisonnablement envisagée au niveau des pouvoirs publics si on ne connaît pas l'étendue des besoins. Roger Salbreux a ainsi été l'artisan d'une grande enquête épidémiologique, à l'origine de la création des CAMSP (centres d'action médico-sociale précoce). Il n'a cessé, depuis, de militer dans un grand nombre d'organismes et d'associations qui se sont donné pour tâche le progrès des connaissances sur le handicap ou l'amélioration du sort des enfants en situation de handicap.

  • Bâti à partir d'un entretien,l'ouvrage permet de découvrir la pensée d'Alain-Noël Henri. Ce normalien, agrégé de philosophie,psychologue et psychanalyste, fait partie de ces bâtisseurs (injustement méconnus hors de leur région) dont les réalisations font trace, et sont comme autant de pensées incarnées. Une de ses principales constructions (un cursus de formation en psychologie : université Lyon 2) est connue sous la dénomination : Formation à partir de la pratique. Chez lui, la pratique est en effet considérée comme le terreau d'une élaboration théorique qui ne demande qu'à éclore. Sa pensée procède d'une double assise, où analyse dialectique et psychanalyse se fécondent mutuellement. Elle éclaire le travail de maillage symbolique qui incombe à l'humain, en son être singulier et en sa configuration sociale. Cet ouvrage témoigne de la fécondité de cette pensée qui contribue à donner ses lettres de noblesse à la pratique et au travail de pensée à partir de celle-ci.

  • Véronique Lemaitre nous donne ici l'occasion de découvrir le parcours d'un psychiatre qui, tout au long de sa carrière après la Deuxième Guerre mondiale, s'est référé à la psychanalyse et y a puisé l'inspiration pour mieux aborder, mieux comprendre, mieux traiter des formes de souffrance psychique encore peu reconnues comme telles : celle de vieillir et celle dont témoigne le recours aux actes violents. En effet, si Claude Balier a commencé à exercer auprès des personnes âgées, il s'est particulièrement illustré par son action en prison auprès de criminels, agresseurs sexuels, etc. et par la réflexion qu'il a pu soutenir sur ce sujet difficile.

    Véronique Lemaitre est pédopsychiatre, psychanalyste, elle est praticien hospitalier à Lille.

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