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  • Qu'il s'agisse de l'anorexie sexuelle, de la dépendance affective, des addictions sexuelles, de l'amour de la haine, de la recherche de l'amour impossible ou encore de la dissociation du désir sexuel et du sentiment amoureux, nombreuses sont les configurations cliniques qui parlent de cette grande difficulté à aimer et à être aimé.

    Lorsque le lien amoureux est malmené ou blessé, certaines « défenses anti-amour » sont susceptibles de se mettre en place pour prévenir le risque de l'amour et de ses douloureuses séparations. Tandis que certaines stratégies sont délibérées, volontaires et conscientes, d'autres, plus inconscientes, sont beaucoup plus complexes à débusquer.

    À partir de ses recherches cliniques sur la vie amoureuse et les sexualités, Vincent Estellon explore la psychopathologie du lien, de ses formes les plus quotidiennes jusqu'aux plus extrêmes, en mettant en relief combien ces différentes figures prennent comme origine la terreur d'aimer et d'être aimé. Insistant sur l'importance d'un soin psychanalytique, il propose de se servir de la relation thérapeutique pour revitaliser la confiance dans le lien mise à mal par ces maladies d'amour.

  • Tomber amoureux, enceinte, malade ; être successivement embryon, foetus, bébé, enfant, adolescent, adulte, parent, grand-parent, vieillard ; se séparer, déménager, migrer, vieillir, traverser un deuil, une épreuve existentielle, être saisi par une révélation esthétique... Toutes ces crises successives, ces passages ponctuent et sculptent nos vies. Sylvain Missonnier envisage ces mutations à travers le prisme des métamorphoses qui mobilisent les virtualités les plus fécondes de notre être mais au prix d'une commémoration, parfois vertigineuse, de notre fragilité humaine. Entre errances labyrinthiques et purges cathartiques, la condition humaine trouve dans ces métamorphoses silencieuses souvent, bruyantes parfois, la véritable signature de sa créativité indissociable de sa précarité. A partir d'expériences personnelles, professionnelles et en écho avec la littérature et le cinéma,  l'auteur explore plusieurs figures de la métamorphose et tente d'en extraire les prémices d'une clinique des processus de mutation.

  • Dans une approche psychanalytique du processus créateur, l'auteure confronte la création artistique à la clinique des médiations thérapeutiques par l'art. Elle explore l'infigurable, transformé en oeuvre par l'artiste ainsi que la résonance universelle des différentes figures du processus créateur.

    Elle s'appuie sur l'histoire de la psychanalyse et sur des artistes contemporains comme Artaud, Michaux ou Almodóvar qui mettent en scène des corps extrêmes ou encore sur l'oeuvre autobiographique de Michel Leiris, Thomas Bernhard, Hervé Guibert. Le processus créateur révèle le lien passionnel de l'artiste à son oeuvre, ainsi que des liens entre maladie et création.

    Selon le fil d'une écriture personnelle, Anne Brun met l'accent sur l'importance de la sensorialité. « Tout se passe comme si l'oeuvre créait son créateur et permettait à l'auteur de se produire lui-même. La création dans cette perspective ne saurait être que création de soi et appropriation des expériences en souffrance, tant pour le créateur que pour le récepteur de l'oeuvre, tout comme pour les patients accueillis dans un cadre référé à la théorie et à la pratique psychanalytique. »

  • L'adjectif « phorique » nous vient du grec ancien (phorein) et veut dire « porter », aussi bien porter un petit enfant qui ne peut se porter tout seul, qu'un objet pour le déplacer d'un endroit à un autre. La fonction phorique caractérise tout ce qui relève explicitement de cette action de portage, soit une partie non négligeable des activités humaines liées aux problématiques de dépendances.

    Pierre Delion revient sur ce concept qu'il a forgé, en écho au concept de holding développé par Winnicott, dans l'élaboration d'une psychopathologie transférentielle spécifique des enfants autistes et psychotiques, concept qui se révèle pertinent pour explorer les fonctions parentales. En s'appuyant sur le développement « normal » de l'enfant, il en mesure toute l'importance dans le soin aux enfants et aux adultes présentant un développement entravé.

    Pour lui, la fonction phorique ne peut être détachée d'une réflexion institutionnelle qui aidera l'équipe soignante à mettre en place les bons opérateurs pour en faciliter l'émergence. Il permet de réélaborer en profondeur la politique de soins psychiques, mais son utilité peut être étendue à toutes les situations de dépendance dans la relation humaine (éducatif, pédagogique, juridique, sociétal...).

  • Dans ce livre très personnel, Roger Perron transmet le plaisir de jouer qui anime un groupe bien rodé d'acteurs-thérapeutes, un plaisir qui gagne progressivement le patient lorsqu'il découvre que la vie, sa vie, l'image qu'il se donne de lui-même et de ses relations avec ses proches... tout cela est beaucoup plus riche qu'il ne le croyait, qu'un horizon qui semblait bouché et noir se rouvre et s'éclaire.

    Dans une écriture alerte et vivante, il décrit les ressorts du psychodrame qu'il a pratiqué pendant de nombreuses années. Il s'appuie sur son expérience personnelle et de multiples exemples pour analyser les intérêts, les limites, les difficultés de cet exercice de mise en scènes qui engage les patients mais aussi les psychanalystes au-delà même des paroles prononcées. Théorie et clinique psychanalytiques s'articulent dans un récit où l'auteur nous entraîne à sa suite et nous fait partager ses interrogations, ses inventions mais surtout son enthousiasme de psychodramatiste.

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