Ex-Æquo

  • Deux femmes cheminent ensemble jusqu'aux rebords de la vie.
    Line est mandatée par le tribunal pour protéger les intérêts d'une vieille femme précaire. Celle-ci refuse la tyrannie de la longévité à tout prix : elle ne veut plus végéter dans un mouroir les yeux rivés au plafond. Les deux femmes s'opposent puis concluent tacitement un terrible pacte. Elles vont cheminer ensemble sur le rivage de l'Atlantique jusqu'aux rebords de la vie.
    Dans un texte profondément humaniste, Anne Bert propose une réflexion sur le délicat sujet du dénuement de la vieillesse et de la fin de vie. La mort est aujourd'hui devenue plus taboue que le sexe. Mais la longévité a souvent un prix : celui de la pauvreté, de la solitude et de la misère. En évitant l'écueil du pathos, avec tendresse et même humour, ce roman bienvenu dérange et bouscule. (Ce texte est une 2ème édition, initialement paru sous le titre Épilogue aux éditions Edicool en format numérique, nominé pour le Prix du livre numérique 2013).
    A travers ce roman, découvrez une réflexion humaniste sur le dénuement de la vieille et de la fin de la vie.
    EXTRAIT
    Marguerite était douce et rugueuse comme une pierre ponce. Patiente, si patiente à s'user, longuement, interminablement... ne laissant filtrer que de microscopiques poussières témoins de son existence.
    Line allait à elle comme on va au rebord, à l'extrémité d'un équilibre, d'un corps, d'une existence. Voilà ce qu'était Marguerite : une vie en suspens. Une minuscule vie insignifiante de rien du tout qu'habitait le genre humain.
    Line ne savait pourquoi cette vieille femme plutôt que les autres - pourtant plus déglingués - retenait toute son attention. Peut-être parce que le corps et l'esprit étaient épargnés et que seules la misère, la solitude et la pauvreté l'avaient laissée sur le bas-côté. Sans doute aussi parce Marguerite était une femme en latence, tramant derrière ses petits yeux parcheminés quelque chose qui lui échappait. Certainement parce que Marguerite était vieille et lourde de tant d'années.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Anne Bert publie des romans et des nouvelles depuis 2009. Elle s'intéresse particulièrement à ce qui se passe derrière les écrans opaques de la bienséance. Après avoir écrit plusieurs livres érotiques, elle entend poursuivre l'exploration de ses thèmes de prédilection, l'intime, l'impermanence des choses et l'hypocrisie de la convenance. Elle tient le blog Impermanence et chronique également sur le webzine « le Salon Littéraire ».

  • Fécamp est mis sous cloche et coupé du reste du monde par une brume inquiétante...
    Une brume inquiétante envahit la côte d'albâtre. Fécamp et ses environs se retrouvent brutalement coupés du monde extérieur, comme mis sous cloche durant des jours, des semaines et des mois. La municipalité ne sait plus comment endiguer l'exode et la violence d'une population affamée. L'armée intervient mais ne peut empêcher les révoltes, les pillages et même les assassinats de notables.
    Jean-Mary, artiste peintre local, décide de fuir vers la Seine. En chemin il croisera des personnages surprenants puis une femme mystérieuse qui le ramènera au port.
    La brume obsédante semble vouloir nettoyer cette portion de terre, lessiver l'âme de ses habitants confrontés aux grands choix. Est-ce leur part d'ombre qui se cache au milieu des gouttelettes assassines ?
    A travers ce roman, découvrez comment les gouttelettes d'une brume obsédante fait ressortir la part d'ombre des habitants de Fécamp.
    EXTRAIT
    Il arriva à vive allure. À quelques mètres de la plage de galets, je pouvais maintenant me rendre compte qu'il ne s'agissait ni d'une vague géante ni d'un quelconque cyclone à l'horizontale. Haut d'une centaine de mètres, comme les falaises de craie, entonnoir géant ouvrant l'accès au port, il ressemblait à un mur obscur chargé de gouttelettes d'eau. Ce brouillard monstrueux s'approchait, oppressant, il touchait maintenant les escaliers de la digue. Je compris soudain mon erreur de ne pas avoir suivi le troupeau. Non seulement il me serait impossible de prendre la moindre photographie, mais ce nuage gigantesque qui s'apprêtait à recouvrir la ville me rendait soudain aveugle sous l'épaisseur de ses membres cotonneux qui me bandaient les yeux et enveloppaient mon corps de sa housse adipeuse et glaciale. M'agrippant à la statue de pierre, je me laissai dévorer par ce monstre humide et d'un coup, ne vis plus à un mètre de mes pieds. Je ne percevais absolument rien sinon le socle granitique et déformé de ma chère sculpture. Nous étions seuls sur la digue promenade, seuls dans le silence d'une nuit artificielle, engloutis à attendre la conclusion de ce cauchemar d'une fin d'après-midi estivale pas tout à fait comme les autres.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Jean-François Rottier est depuis l'adolescence un passionné de l'écrit. D'abord travailleur social, son dernier métier sera d'occuper les fonctions de directeur des services municipaux de la ville de Fécamp sur le littoral normand.
    Après toutes ces années au service d'une population attachante, il gardera en mémoire bon nombre de témoignages et d'anecdotes qui nourriront son imaginaire. En retraite depuis 2015, il se consacre presque exclusivement à l'écriture et poursuit sa dissection des êtres d'une plume acérée et tendre. Dans ses livres, les paysages marins contribuent pour beaucoup à l'étrangeté des situations et à la complexité des relations humaines, comme si les marées et les tempêtes successives se chargeaient d'organiser la vie de ses personnages.

  • Les héros se transforment parfois en bourreaux...
    « Dès que j'ai croisé Since, il ne m'a pas fait bonne impression. Il est grand et je déteste les grands. Surtout depuis que je sais que je ne grandirai plus. À quatorze ans, j'ai la taille d'un gosse de huit ans. Un truc héréditaire, incurable. Une maladie qui fait rire les autres et me bouffe l'existence. Une saloperie dont je me serais bien passé... »
    Souvent, tout commence par une rencontre. Belle ou mauvaise, nul ne le sait au prime abord. Mais ces premiers instants vont tisser la trame de ces faits divers noirs, surréalistes, voire même poétiques. Surprenant ? Je vous laisse juge. Mais pour cela, laissez-vous embarquer pour des voyages brefs et intenses en compagnie de personnages à votre image. Enfin, presque. Car derrière les masques se cachent bon nombre de fêlures, de doutes, d'envies qui font que ces héros se métamorphosent vite en bourreaux. Alors, tentés par l'aventure ? Vous n'en sortirez pas indemnes.
    Découvrez un ensemble de nouvelles qui sont autant de voyages brefs et intenses en compagnie de personnages à votre image : derrière les masques se cachent souvent des fêlures...
    EXTRAIT
    Le Snake 3 dansait à allure modérée. L'océan moutonnait dans sa livrée habituelle. Un mélange d'émeraude, de bleu anthracite et d'ivoire crémeux.
    Le soleil tapait déjà dur. Les hauts-fonds du Pratt approchaient.
    Mel Thorpe menait son embarcation avec assurance, guidé par les fanions qui se dandinaient sur les crêtes. Sous la lumière vive, les hommes n'avaient que faire de la beauté sauvage des éléments. Toute leur attention était centrée sur la besogne à accomplir.
    Tico Mendes repéra bientôt un premier casier aux couleurs de son patron. Une tête de mort sur un fond jaune.
    Thorpe l'aperçut à son tour. Le moteur décrut et le bateau vint se positionner face à la vague. À l'aide d'une gaffe, Mendes agrippa la perche au fanion et attira la bouée à lui. Puis il hissa le tout sur le pont et commença à remonter l'élingue. Lorsqu'il en eut dégagé une longueur suffisante, il l'enroula au palan et en actionna le moteur. La corde se tendit et fut bientôt aspirée sur un rythme plus soutenu. Parfois, une algue jaillissait des profondeurs. Tico la décrochait machinalement et la rejetait au loin sur la houle, comme s'il avait toujours effectué le job.
    Puis la masse sombre du casier creva la surface de l'eau. Tico joua avec les commandes du treuil et le déposa en douceur sur le pont.
    L'intérieur grouillait de crustacés. Il l'ouvrit et plongea la main au milieu des prises. Il écarta les araignées de mer qu'il rejeta à l'eau. Seuls les homards avaient de la valeur.
    De cette première nasse, il en sortit un de fort belle taille. Puis un deuxième. Au troisième, son coeur se souleva. Ces lambeaux de chair... Cette main... L'horreur le submergea tandis qu'il croisait le regard halluciné de Thorpe qui s'avançait vers lui, un croc à la main.
    Mendes se saisit de la gaffe, bien décidé à vendre chèrement sa peau...
    A PROPOS DE L'AUTEUR
    Patrick Morel vit dans la proche banlieue de Rouen. Romancier et nouvelliste reconnu, il livre ici une fresque du Nouveau Monde au travers de 13 nouvelles aussi noires qu'insolites. Ce recueil succède à son premier opus, Le coup de pied au cul dont la nouvelle a été adaptée sur les ondes de la R.T.B.F., il y a une vingtaine d'années.

  • Une mystérieuse lettre, dont l'expéditeur est mort 40 ans plus tôt, échoue dans la boîte aux lettres de Pierre...
    C'est pour lui l'occasion de replonger dans son passé, d'évoquer son enfance pendant les frileuses années 50-60 et l'éblouissante histoire d'amour clandestine qu'il vécut avec Frédéric lorsqu'il était étudiant. Avec l'aide de Kate, une jeune Australienne qu'il héberge, il essaiera de résoudre l'énigme de ce déroutant message : qui a a pu le déposer chez lui ? Quelles sont les véritables circonstances de la mort de celui qu'il a tant aimé ? Outre les réflexions sur la vie, la mort, le droit à la différence, l'intégrisme religieux, le récit qui mêle émotion et rebondissements tient le lecteur en haleine jusqu'à la résolution finale pleine de surprises.
    Une enquête haletante qui évoque aussi des questions de société essentielles.
    EXTRAIT
    Bon, voilà, j'y suis devant ce maudit cahier que je viens d'acheter à Auchan, moi qui pourtant aime écrire, je me retrouve comme un imbécile devant cette première page blanche. Dieu sait que j'ai souvent essayé de repousser ce pensum, mais c'est une nécessité contre laquelle je renonce à présent de lutter. Elle s'est emparée de tout mon être et a balayé toutes les résistances que j'essayais de lui opposer. L'événement inexplicable et totalement incongru qui est venu perturber une vie dans laquelle j'avais cru pouvoir censurer définitivement le passé, vie que j'avais eu l'illusion de rendre sans aspérités, sans surprises, avec de petits bonheurs, disons plutôt de petits plaisirs sans conséquences et, pour le pire, quelques petites contrariétés sans gravité, en est la cause troublante.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Issu d'une famille d'enseignants, Jean-Luc Emmanuel Chassard est né en 1948 à Nancy où se déroule toute son enfance. Il poursuivra ses études secondaires et universitaires dans la capitale lorraine, avant d'exercer en tant que professeur de lettres classiques dans plusieurs établissements du sud de la France. À présent il se consacre à ses passions, la musique, c'est un brillant flûtiste, et l'écriture. Il est aussi l'auteur d'un roman policier Meurtre au collège largement inspiré de son expérience d'enseignant.

  • Il n'a pas choisi le bon endroit pour mourir. Par contre, pour vivre...
    Sa maîtresse vient de le quitter. Effondré, il a fui dans la nuit, quittant femme et enfants pour se retrouver seul au petit matin dans une clairière, un révolver à la main. Il a décidé d'en finir. Hélas, dans la vie, on ne fait pas toujours ce que l'on veut, y compris lorsqu'on veut mettre fin à ses jours. Il n'a pas choisi le bon endroit pour mourir. Par contre, pour vivre...
    « Que la brume était belle ce jour-là. Quel écrin. Imaginez ce corps de femme, élancé, flanqué de formes généreuses et parfaites, élégantes, d'une démarche féline et sensuelle, vous brisant l'âme d'un seul regard, d'un seul sourire. Qu'auriez-vous fait ? Moi, je l'ai aimée. Intensément. »
    Plongez dans un roman qui livre l'histoire d'un homme dont le destin bascule le jour où il décide d'en finir avec la vie.
    EXTRAIT
    Son regard, son doux et si beau regard changea. La déesse de la brume devint l'espace d'un moment, une femme blessée. Elle me regarda droit dans les yeux, une expression de déception sur le visage et dit :
    - Mais qu'est-ce que je fais là??...
    Que cette phrase m'a fait mal. Comme j'ai eu mal, honte, de lui déplaire, de la blesser. Comme je m'en suis voulu. Je m'en veux toujours.
    Bien qu'un peu désemparé, j'ai quand même su trouver les mots pour l'apaiser, non par flagornerie, mais parce que je voulais qu'elle soit bien. Je n'ai jamais voulu que ça d'ailleurs. Qu'elle soit bien avec moi.
    J'étais si bien aussi à ses côtés. Oh, comme j'étais bien.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Patrice Woolley est auteur, mais aussi graphiste et scénariste. Il vit à Monaco.

  • à la frontière

    Cendrine Bertani

    Suivez le guide. Je vous invite à parcourir les contrées américaines.
    Oh, ce n'est pas un voyage classique. Nous allons sortir des sentiers battus, explorer les bas-fonds, aborder des sujets épineux. L'Amérique veut nous montrer des sites majeurs, reflet de sa réussite. Votre guide, lui, aborde tous les thèmes. Je vous présente d'autres paysages. Des lieux de crime. Des scènes où des attentats ont été commis. Ne vous méprenez pas. Vous ne risquez rien. Vous êtes prévenus.
    Si vous vouliez contempler les chutes du Niagara, ou le Grand Canyon, il faut changer de file. Mon collègue propose ce style de circuit, moins aventureux. Vous êtes restés ? C'est que vous avez bon goût. Enfin, vous avez le goût du risque, j'entends. Je vous souhaite d'échapper aux cinglés dont le cerveau est lessivé par les drogues, aux machos qui ont reçu une éducation ultra-nationaliste, aux prédateurs qui ne sont pas tous des bêtes, et même aux esprits vengeurs.
    Cette société corrompue par nos déviances et notre volonté de maîtriser le monde, c'est évidemment la nôtre. Celle de demain, si nous ne réagissons pas maintenant. Alors ouvrez les yeux. Tenez à distance les alligators, ne prenez personne en auto-stop, ne laissez pas vos enfants chercher dans les substances illicites un paradis artificiel. Défendez vos valeurs, et non vos intérêts. Sinon les spectres de vos ancêtres reviendront vous hanter.
    Rassurez-vous. J'ai de l'humour. On va se marrer.
    Partez pour un voyage atypique qui montre, à travers de courts textes, les côtés les plus sombres de l'Amérique d'aujourd'hui.
    EXTRAIT
    Elle était partie sur un coup de tête. Au sens propre, comme au sens figuré. Son nez endolori s'était arrêté de saigner, mais une croûte brunâtre venait souiller sa lèvre supérieure, et elle n'avait pas pris le temps de se nettoyer le visage. Elle n'avait songé qu'à une seule chose : mettre le plus de distance possible entre son mari et elle.
    Quand la dispute avait éclaté, Théo était déjà attaché dans la voiture, occupé à jouer à Mario sur sa DS. Une chance. D'abord parce qu'il n'avait pas tout entendu. Ensuite parce qu'elle avait pu bondir dans la Nissan et démarrer sur les chapeaux de roue.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Cendrine Bertani est née en 1978. Elle est enseignante de lettres classiques et romancière. Ses textes analysent la société actuelle, avec cynisme, dans des fictions où l'auteure s'interroge sur la place que nous accordons à l'éducation, à la culture, et à l'héritage du passé.

  • Green man

    Pierre Athanaze

    Un trio d'activistes en cavale...
    Responsable de la mort d'un chasseur, un naturaliste fuit l'Ardèche pour échapper à la justice. Dans son exil jurassien, il rencontrera une jeune artiste néo-païenne et un septuagénaire haut en couleur avec qui il formera un trio activiste hétéroclite mettant à mal constructions illégales et projets destructeurs. Défiant bien-pensants, gendarmes et politiciens dans un parcours semé d'embuches, de belles rencontres et de rites païens, le drôle de gang s'organise pour détruire un barrage hydraulique, point d'orgue de leurs aventures.
    Ce roman d'aevntures rend hommage aux personnes qui s'impliquent activement dans la protection de la nature.
    EXTRAIT
    Cela ne faisait pas cinq minutes que Jean-Jean avait quitté le groupe pour se rendre sous la falaise, qu'il entendit un coup de feu. « Veinard ! » pensa-t-il. Mais quelques secondes après, il entendait les cris désespérés de Maurice qui hurlait : « Dédé ! Dédé ! Au secours, j'ai tué Dédé ! » « Vite, vite, venez ! » C'est le plus vite possible que le père Jean descendit le chemin, puis remonta jusqu'au départ des sentiers où déjà deux autres chasseurs arrivaient. Tout trois remontèrent le passage entre la dense végétation arbustive. Ils arrivèrent au décroché du chemin. Maurice était à genou le visage blême. À côté de lui, gisait le corps d'André Dessaigne et ce qui lui restait de tête. Une mare de sang au sol, et des éclaboussures écarlates tout autour. Maurice ne pouvait plus prononcer un seul mot intelligible. Il était en état de choc. C'est lui qui avait tué Dédé. Il était tombé, et le coup de feu était parti. Dans la mauvaise direction. C'est ce qu'ils comprirent au bout de quelques minutes. Il n'y avait plus rien à faire pour ce pauvre André.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Naturaliste forestier, Pierre Athanaze milite au sein d'organisations et associations de protection de la nature depuis plus de 30 ans. Un parcours qui l'a amené à côtoyer scientifiques et militants, naturalistes et activistes. Et parfois des ministres...
    Auteur de 3 essais sur la protection de la nature : « Le livre noir de la chasse », « Qui veut la peau du lynx ? » et « Le retour du sauvage », il publie aujourd'hui son premier roman en hommage à l'engagement des protecteurs de la nature de toutes sortes et de toutes obédiences. A la condition que leur engagement soit sans compromission.

  • Les incestueux

    Jean-Paul Lebel

    Trois questions hantent ce roman. La vérité vaut-elle mieux que l'ignorance ? La répétition de l'inceste est-elle une fatalité ? La parole suffit-elle à guérir du silence ?
    Ces questions, Louise se les pose depuis 47 ans, depuis le jour de la colère, ce jour funeste où elle osa, contre toute prudence, enfreindre la loi du silence en révélant ce qui aurait dû être tu. Elle n'avait pas 15 ans. Quarante-sept années de mépris et de rejet plus tard, elle s'apprête pourtant à recommencer. Cette fois, pense-t-elle, elle le fera moins brutalement.
    Mais les évènements la rattrapent. De découvertes fortuites en retrouvailles inattendues, de confidences en révélations, la vérité de cette famille, par ailleurs lisse et sans histoire, apparaît. Elle est faite de drames anciens et de blessures jamais cicatrisées, de questions sans réponses et de silences contraints, de faux secrets et de curieux mensonges. Apparaissent également la fausseté des sentiments, la tyrannie du silence, le mélange des genres et des générations...
    Dans ce livre, où se mêlent intrigue familiale, conte métaphorique et enquête généalogique, l'auteur explore les failles et les problématiques d'une famille incestuelle.
    EXTRAIT
    C'est Louise qui a décidé de ce dernier combat. Comme un défi à cette histoire qui se répète. Elle sait pourquoi elle a bu. Elle sait pourquoi elle a arrêté. Elle sait ce qui la ferait recommencer, si elle n'y prenait garde.
    Les confidences de Lucille l'avait plongée dans un marécage de souvenirs glauques. Et de quatre. Ce n'était pas un hasard. Cela ne pouvait pas être un hasard. Il fallait comprendre, refuser la thèse du fatalisme, ou pire encore, de la coïncidence.
    Louise regarde la bouteille posée en évidence sur le coin droit du bureau, à portée de main. Elle a même ajouté un verre, un beau verre à whisky, aux formes avenantes. Une provocation. Un démon.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Jean-Paul Lebel est agrégé de Sciences sociales, et enseigne dans la région nantaise. Il a co-écrit et co-dirigé plusieurs manuels scolaires, aux Editions Hachette. Il est également l'auteur de plusieurs ouvrages parus aux éditions Ellipses, dont Lire Alain Touraine : Sociologie de l'action. Passionné par l'écriture, il publie ici son premier roman.

  • Dire le vieillissement de la mère est difficile.
    Dire le vieillissement de la mère est difficile. L'urgence de l'écriture s'est imposée sur plusieurs saisons, pudique, entre tâtonnements, tendresse et silences.
    Plongez dans ce roman pudique, entre tâtonnements, tendresse et silences.
    EXTRAIT
    A l'intérieur de ma tête ça tourne à vide. Une poulie ou je sais quoi, des mots et des choses que j'essaie d'effacer. Mais tu lis dans ma tête et je lis dans la tienne, ma fille, quand on se parle comme aujourd'hui. Avec notre langage à nous, le langage de nos doigts qui se rencontrent et qui s'étreignent sous la tablette où sont posés mon étui à lunettes, mon goûter chocolat pain d'épice et le programme télé que je feuillette même pas.
    On s'absente des autres si les autres sont là, on les entend plus on est comme seules toi et moi. Nos doigts se disent tellement de choses maintenant ! Et nos yeux aussi. Plus que dans toute notre vie ensemble et après. C'est vrai que je cause pas, que tu causes pas, c'est vrai que je fais que te regarder et que tu fais que me regarder. C'est vrai que nous plongeons dans les pensées de l'autre très loin si loin comme jamais nous n'avons plongé. C'est vrai que tu lis en moi et que je lis en toi. Tout est devenu simple on dirait. Si simple que les mots ne servent à rien et qu'on se rejoint comme quand je te portais dans mon ventre (...)
    Tes doigts me rassurent ils sont aimants. J'ai toute ta main dans la mienne sur mes genoux maintenant...
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Ecrivain pluri-indisciplinaire, Thérèse André-Abdelaziz explore toutes les formes d'écriture, de la poésie à la dramaturgie en passant par les nouvelles, le roman et les faits de société. Elle a publié sept ouvrages dont Quelque part une île (1980) Ed. du Cerf, Je, femme d'immigré (1987) Ed. du Cerf, réédition (2004) La Part Commune, Je m'appelle Atlantique (2006) Ed. La Part Commune, ainsi que L'Estuaire (2011) et Moi, Julienne David, corsaire nantaise jamais soumise (2012) Ed. Ex Æquo.
    Elle est l'auteur également de sept pièces radiophoniques et neuf pièces théâtrales.

  • Dix-neuf nouvelles, dix-neuf tranches de vie.
    Isabelle reçoit au réveil un texto lui annonçant le décès de sa mère. Il va lui falloir quitter son bureau avec baie vitrée pour se rendre à l'enterrement. Elle va retrouver son frère, il faudra parler de la maison à vendre, des objets à se partager, se souvenir de ce qui fut, mais ce retour aux sources sera aussi pour elle la découverte d'un passé enfoui.
    Madame Michu aime les voyages organisés mais là, décidément, non, ce n'est pas possible, c'est un scandale. Elle va tout raconter à Odette sa voisine...
    Badou perd un peu la mémoire, beaucoup la tête, elle ne se souvient plus très bien, elle ne se souvient plus du tout, pourtant des souvenirs vont resurgir mais pour quelle vérité, quelle réalité ?
    Les nouvelles d'En corps présent ne condamnent pas les êtres mais ne cachent rien de leurs troubles. Chacun vit sa vie comme il le peut. Ces histoires viennent explorer nos séismes personnels, quotidiens. De faible amplitude ou véritables tsunamis, ils font vaciller les existences qui ne seront jamais tout à fait pareilles ensuite. Parfois on rit, souvent on sourit, de ce sourire un peu ironique et pourtant indulgent. On contemple ces corps présents dans leurs simples tempêtes.
    Ces nouvelles décrivent avec délicatesse l'intensité de vies solitaires, fragiles, qui souvent indiffèrent. Le style coloré, parfois saccadé, toujours esthétique et chaleureux, apporte l'humanité qui manque à tous ces héros perdus, abandonnés. La plongée dans l'absurde ou dans la réalité mesquine de vies banales est d'une force saisissante, elle rassérène, envoûte, comme si elle avait le pouvoir discret de nous rendre meilleurs, plus attentifs, plus généreux...
    L'auteur explore avec une rare sensibilité nos tragédies ordinaires.
    EXTRAIT DE LE BUREAU AVEC BAIE VITRÉE
    « Ça y est, Maman est morte cette nuit, à trois heures seize. » C'est le message qui m'attendait ce matin sur mon Smartphone à sept heures, quand le réveil a sonné. J'avais très bien dormi. J'ai pensé à Martine qui aurait pu m'appeler tout de même. Maman est morte et je dormais. Quand je le dirai à Martine, elle me répondra : « Et qu'est-ce que ça aurait changé que je t'appelle ? Tu aurais fait quoi de plus ? Tu es à plus de cinq cents kilomètres. Tu aurais tourné en rond, en attendant le matin. Là, tu as dormi, tu es reposée, tu peux prendre la route, ou le train, réfléchis parce que les routes sont bonnes, mais à cette saison, ça peut vite changer. Et là, à huit heures, tu peux appeler ton grand patron, tu lui diras que ta mère est morte et que tu dois partir, lui, il dira "Sincères condoléances et bien sûr, bien sûr, allez-y", alors que si t'avais appelé en disant : "Je suis sur la route", il aurait dit pareil, mais il aurait pas aimé être mis devant le fait accompli, à cause de toutes tes réunions prévues qu'il aurait dû annuler, alors ça sert à rien que je t'appelle à trois heures du matin pour t'annoncer que Maman est morte, il valait mieux ce matin ». Et je ne répondrai rien parce qu'elle a raisonnablement raison. J'appelle Martine.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Jean-François Dietrich a débuté par l'écriture théâtrale. Ses pièces L'impasse, Le Cinquième Train, Esquisses ont été montées par la Compagnie du Verseau et 5.905 inchs par la compagnie Artemis. Il a ensuite découvert l'écriture de nouvelles notamment grâce à la Maison de l'Écriture. En corps présent est son premier recueil.

  • L'artmistice

    Gilles Perraudeau

    Au chevet d'un artiste mourant, Béranger Milcent plonge dans la vie d'un homme et l'histoire d'un pays...
    Béranger Milcent, jeune professeur, se souvient. Sur la route qui le conduit vers un vieil artiste agonisant, le passé ne cesse de ressurgir. Dans la chambre mortuaire, commenceront alors trois journées de rituels funéraires, de souvenirs et d'une longue messe de sépulture. Où l'on découvrira progressivement les secrets d'un homme aussi ardent que discret dans ses manifestations ; d'un époux zélé au milieu de nombreuses figures féminines. Où l'Art et l'Histoire se côtoieront parfois dangereusement. Où quelques secondes tragiques du premier conflit mondial sembleront décider de l'orientation de toute une vie d'homme.
    Avec talent, l'auteur mêle art et guerre dans ce récit poignant.
    /> EXTRAIT
    Éployée sur le vieux chêne d'une table, j'en avais toute une trâlée. « Mais tu n'avais pas mis un plastique en dessous ! » C'était ma pointilleuse mère qui ne manquait jamais de surgir.
    Je me souviens. Donc encombrant la table de Môman - au fond d'une souillarde ! - toute une trâlée de photos sur ce pays de terre et d'eau. L'alliance de mots semble faire fi de mes prétentions du moment. De trâlées, ici, on connaîtrait plutôt celles de saloperies. Et surtout, de gosses. Je crois me rappeler que trâlée descendrait d'un vieux mot - la traille - qui désignait un filet de pêche. Ce qui me ramène à mon sujet : mes photos. Sur la berge d'un étier, des joncs courbes et brisés ont fulguré des poissons-volants. Là, un agneau se désaltère dans le miroir d'une onde claire. J'ai renversé le cliché cul sur tête. Mais où est le reflet et où se trouve maintenant la bête ? Sur la table précieuse, mes photos commencent à rebiquer aux angles après une journée estivale de séchage. Je les ai tirées dans la nuit.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Gilles Perraudeau est né en 1947 à Bois-de-Céné (85) dans un milieu rural. Il a été enseignant en lettres et option théâtre. Il a longuement recueilli et publié la tradition orale du Marais breton-vendéen et du Pays de Retz. On lui doit de nombreuses collaborations chez Geste et l'Harmattan. Il a signé une vingtaine d'ouvrages, tant essais que fictions dont : Gars et filles de l'Ouest (Le cercle d'or, 1986), Les bourrines du Marais nord-vendéen (Séquences, 1988), Quand la mer reviendra (Geste, 1991) L'homme infidèle (Geste 1997), Et Waldeck fit la loi (Théâtre, Sol'air, 2001), La berge aux vierges de Grand-Lieu (Nouvelles, Petit-Pavé, 2004), L'invention du Marais nord-vendéen (Geste, 2006), Contes du Pays de Retz (Geste, 2007), Le printemps des massacres (Durand-Peyroles, 2013), Maraîchins, nous voilà ! (Geste, 2014).

  • Les Barbariques

    Eric Deverrewaere

    Notre monde est-il barbarique ?
    Eric Deverrewaere vous propose un nouveau voyage à travers ce roman au parfum médiéval et malgré tout tellement contemporain. Un mot prononcé dans une échope d'une ville romantique a suffi à éveiller sa plume : "barbarique".
    Notre monde est-il barbarique ? L'actualité et les faits divers nous l'expliquent quotidiennement, mais l'auteur a choisi une autre voix, celle de l'amour pour rendre doux l'atroce, pour rendre beau l'insupportable. Rentrez dans son monde frontière où la fiction embellit la vie, franchissez le seuil de la boutique, laissez vous attirer par un ours en peluche et à la dernière page tournée vous aurez la réponse à cette question !
    Découvrez un roman au parfum médiéval, et plongez dans un récit qui prend le parti de choisir la voix de l'amour pour rendre doux l'atroce et beau l'insupportable.
    EXTRAIT
    La boutique fermée, l'ours Max remisé, nous voici quittant l'échoppe, Thomas droit comme un I... Et l'homme de se lancer dans un discours à forte résonance gutturale où il m'est possible de reconnaître quelques mots d'allemand, appris à l'école, ou d'anglais découverts dans les pubs à siroter des Guinness.
    - Eh oui, notre langue est vraiment « barbarique »... Restez avec moi une heure durant et je vais vous conter une bien curieuse histoire. Puis comme le dit, si bien, un vieil ami, véritable philosophe de la vie, « l'important dans une histoire c'est d'y croire... » Alors, tout à l'heure vous me direz si vous y avez cru...
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Eric Deverrewaere, cheminot retraité, choisit l'écriture pour occuper son temps libre. Écrire pour être lu, pour distraire, pour faire sourire, pour que le moment passé soit le plus agréable possible.

  • L'ivre mort

    Alain Bourmaud

    Peut-on se sauver par la fuite ?
    Jean-Baptiste Bardouin, professionnel de la presse écrite à la dérive et auteur en panne d'inspiration, ne supporte plus rien ni personne. Spectateur de sa propre déchéance intellectuelle, morale et sociale - il ne travaille plus ou presque depuis sa dépression, depuis qu'il a cessé de boire deux ans auparavant -, Bardouin a décidé de tout quitter : femme, enfants, Paris, et ce qui le constituait : son métier. Mais faut-il (se) renier pour renaître ? Et peut-on se sauver par la fuite ? Car Bardouin a planifié sa disparition, prévue pour ce samedi, premier jour des vacances pascales. Profitant du départ dans le Médoc de son épouse qui conduit les enfants chez leurs grands-parents maternels, Bardouin prépare son sac mais tous ses actes et ses gestes sont l'occasion de raviver les souvenirs et d'un appel au bilan d'une existence en up & down. Un passé surgissant comme un boomerang ; le jour de son départ, Bardouin se remet à boire...
    Accompagnez Bardouin dans une réflexion difficile, ponctuée de souvenirs, bons et mauvais, qui le fera retomber dans ses vieux démons.
    EXTRAIT
    Ça faisait vingt-quatre mois, cent quatre-vingt-sept jours, cinq heures et maintenant cinquante-neuf minutes que JiBé luttait, même en rêve, non plus contre l'envie d'alcool, mais contre le seul souvenir de l'ivresse.
    Clairement : Bardouin n'avait pas su transformer cette sobriété en une ébriété nouvelle.
    L'abstinence, cette béquille pour marcher droit, qui l'empêchait de faire le premier pas.
    L'abstinence, ce Subutex de l'alcoolique.
    L'abstinence, ce mot que Bardouin se refusait à dire quand il parvenait à parler.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Né en Vendée, voici un demi-siècle, Alain Bourmaud a d'abord embrassé le métier de journaliste. Une aventure entamée au sein du quotidien nantais Presse-Océan, puis poursuivie à Paris, où il rencontre, au début des années 90, Thierry Ardisson, qui l'engage alors aux poses de chef d'édition d'Entrevue. Depuis lors, Alain Bourmaud a poursuivi sa carrière d'auteur pour animateurs auprès de Stéphane Bern, Yann Artus-Bertrand, Éric Naulleau... Il travaille aujourd'hui avec François Busnel, présentateur de La Grande Librairie sur France 5. Il est aussi l'auteur de la première biographie de Valérie Trierweiler, La Dame de pique, parue aux éditions First.

  • Un amour fusionnel sur fond de Mai 68.
    Ruptures historiques et ruptures personnelles se télescopent dans ce roman qui parcourt les années 1960 à 1990 et leurs bouleversements. Ruptures... s'attarde, plus précisément, sur deux faits marquants de cette période : Mai 68 - sur rappel de contexte national et international, le roman évoque, de Nancy à Metz et Strasbourg, la situation régionale et raconte, en particulier, le Mai strasbourgeois - et la chute du Mur de Berlin. Parallèlement à cet argument historique, Ruptures... développe un argument romanesque, celui du désespoir amoureux dont il explore les différentes facettes. L'amour fusionnel qui lie Mathilde à Matt, sur fond de Mai 68, alors qu'ils sont tous deux étudiants, marquera celle-ci à tout jamais et elle n'aura de cesse de retrouver le paradis perdu. D'emblée, cette quête d'absolu, de secrètes blessures, également, voueront à l'échec sa rencontre avec le peu sympathique François. Elles l'enfermeront dans un schéma répétitif dont elle ne parviendra que difficilement à se libérer, grâce en particulier à sa passion pour l'art. Mais, prendra-t-elle le risque, dorénavant, de s'abandonner à l'instant et à l'éternité, selon cette formule de Nietzsche qu'elle avait faite sienne autrefois ?
    Ruptures historiques et ruptures personnelles se télescopent dans ce roman qui parcourt les années 1960 à 1990 et leurs bouleversements.
    EXTRAIT
    - Si nous n'avions pas lancé le mouvement, jamais vous n'auriez bougé ! Et si, par conséquent, les accords de Grenelle vous ont gâtés, c'est grâce à nous ! Dois-je te rappeler vos augmentations de salaire ? Non, peut-être pas, tu t'en es assez vantée ! Alors, te faire la liste des autres avantages que vous avez obtenus ? Dont la réduction du temps de travail et la possibilité, dans vos entreprises, d'élire vos représentants, des entreprises, par conséquent, où vous avez votre mot à dire désormais ? Par conséquent, au lieu de t'en prendre aux étudiants, tu devrais les remercier, ma chère !
    A PROPOS DE L'AUTEUR
    Romancière et essayiste d'origine mosellane, Madeleine Zimmermann-Munsch vit à Strasbourg. Ruptures... est son troisième roman après Quand la guerre s'en mêle, qui a obtenu le Grand prix de la Ville de Saint-Avold en 2013, et Puis vinrent les années grises.

  • Grâce à un précieux souvenir d'enfance, Jeanne éprouve un très fort attachement pour la légende du Père Noël.
    « Jamais une guerre n'a été déclarée en son nom » dit-elle « mais grâce à lui des millions de familles se réunissent chaque année, passent quelques heures dans l'amour et la sérénité, et se bâtissent ainsi de beaux souvenirs. Et pour cela, son existence dans nos coeurs ne peut être contestée ».
    Assise sur un banc face à la mer, Jeanne revisite sa longue vie qu'elle a toujours su embellir en transformant de jolies rencontres et des événements joyeux ou graves en contes de Noël réconfortants. Mais un jour une tragédie insurmontable a plongé Jeanne dans une peine infinie et a imposé le silence au vieux Bonhomme en rouge... jusqu'à ce qu'elle rencontre Lucas, un petit garçon d'une dizaine d'années, à la mèche rebelle et aux grands yeux bleus qui passait devant chez elle sur son petit vélo rouge.
    Un roman touchant, comme un souffle d'espoir.
    EXTRAIT
    De ma petite enfance, je garde le souvenir confus d'une rentrée scolaire. Ma mère me tient la main. Nous nous dirigeons vers un grand bâtiment qui occupe tout le côté ensoleillé de la place de la Halle. Une femme portant une blouse à petits carreaux bleus et blancs se tient, souriante, sur le pas d'une porte grande ouverte sur une cour sablée. Il y a beaucoup d'enfants accompagnés de leur maman, certains pleurent, les mamans les consolent et moi, je fonds en larmes. Ma mère se penche vers moi, son regard iceberg se plante dans mes yeux et m'impose le silence. Puis elle salue rapidement la dame qui me regarde en souriant, lâche ma main et s'en va de sa démarche légère et pressée. Elle ne se retourne pas... Ma mère ne m'aime guère.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Dominique Bailly est née en 1950 à Pithiviers. Elle y a passé toute son enfance et son adolescence. C'est quelques années après son mariage qu'elle s'est installée, avec sa famille, dans un petit village enroulé autour de son clocher, au milieu des champs, à seulement quelques kilomètres de sa ville natale à laquelle elle est très attachée.
    Après une longue carrière dans le secrétariat, elle a passé quelques années au sein du journal hebdomadaire local au titre de correctrice, tout en écrivant quelques piges.
    Le Noël de Jeanne est son premier roman.

  • Un hymne sur les sentiments.
    Oldstone se rendit à la Capitainerie du port de Bristol où il apprit qu'un Brick de la Compagnie des Frères Bromstein devait appareiller prochainement pour les mers du Sud. Son embarquement fut longuement discuté, mais une intervention discrète - mais efficace - d'un petit vétérinaire du Comté de Somerset emporta la décision. La Compagnie fut définitivement rassurée avec quelques souverains de plus ; car les frères Bromstein, bien que se défendant d'aimer l'argent, ne cachaient pas leur penchant pour l'or.
    Au travers d'une histoire émouvante L'incroyable destinée du vieil Oldstone est une nouvelle sur la destinée humaine. C'est un hymne sur les sentiments que l'on porte en nous, secrètement, et qui au hasard de la vie, se révèlent comme une mémoire retrouvée. Et si nous avions l'intuition de notre destin ? L'incroyable destinée du vieil Oldstone a reçu de nombreux premiers prix littéraires dont ceux de Saint Gilles Croix de Vie, Gleizé, Lorient et Saint-Clair.
    A travers cette nouvelle, découvrez une histoire émouvante et une réflexion sur la destinée humaine et les sentiments.
    EXTRAIT
    Oldstone portait ses soixante-cinq ans comme on porte un parapluie quand il ne pleut pas. Pour être franc, il avait pris ses distances avec son âge depuis fort longtemps et cultivait à merveille le mystère sur son état civil. Bien qu'il tînt son menton un peu moins haut que celui du Révérend Forsyth, il avait su conquérir le respect de quasiment tous les habitants de la petite ville de Bath où il avait exercé pendant près de trente ans les fonctions de docteur en médecine. Pour dire la vérité, son énorme moustache rouge avait beaucoup contribué à forger sa réputation d'excellent médecin et les quelques réfractaires à son anatomie si colorée devaient, pour des raisons médicales évidentes, garder le lit toute la journée et prendre régulièrement d'infectes potions laxatives. Comme il le disait souvent : l'ouverture d'esprit a toujours une limite.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Frédéric Bessat est nouvelliste et dramaturge. Il est l'auteur du roman « Les mystères de Paddington street ». C'est une littérature du mystère et du secret qui met en scène une grande humanité. Si étrange que soit l'histoire, c'est bien toujours de vous dont il est question.

  • Que cache Fabrice à son épouse Jo ?
    Jo part à Dakar pour rejoindre Fabrice, son mari, qui y travaille depuis deux ans en tant que cadre dans une entreprise. Elle fait connaissance avec la vie d'expatriée. Mais très vite, le comportement de Fabrice l'intrigue. Que lui cache-t-il ? La rencontre avec un jeune ingénieur va rebattre les cartes et lui redonner courage et espoir. De découvertes en révélations, la voilà entraînée malgré elle dans un périple qui lui donnera la clé de l'énigme.
    Suivez les aventures de Jo, femme d'expatrié à Dakar, entraînée malgré elle dans une périple qui la mènera de découvertes en révélations.
    EXTRAIT
    En trois ans de mariage, nous n'avons habité que six mois ensemble. Très vite l'Afrique me l'a ravi. Je l'entends encore entrer dans la cuisine, de son grand pas assuré, une lueur maline dans l'oeil :
    - J'ai une promotion inespérée. Dakar ! Ça te dit ? Nous partons dans trois mois...
    - Quoi ! Mais... Je ne peux pas quitter mon poste comme ça.
    Le premier moment de stupeur passé, j'avais vaguement protesté contre la soudaineté de la nouvelle, contre ce virage que je n'avais pas prévu. Il avait balayé mes pauvres petits arguments d'un haussement d'épaules assorti d'un baiser ardent :
    - Jo, c'est la chance de ma vie ! L'occasion ne se représentera pas, il ne faut pas la laisser passer ! Tu demanderas un poste au lycée français de Dakar...
    - Mais... je ne peux pas partir en cours d'année.
    - Au début, j'irai seul, en éclaireur. Le temps de trouver un logement décent. Tu me rejoindras ensuite. »
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Christine Antheaume a travaillé dans le secrétariat, la publicité et l'enseignement. Elle vit à Port Sainte Marie, village du Lot et Garonne dont elle est la correspondante de presse.

  • Intrigue et course au pouvoir.
    L'histoire de France est parsemée d'intrigues, avouées ou non, dénoncées ou cachées, qui ont influencé son cours au fil des siècles. Dans Compte à rebours pour Monsieur X, le lecteur est amené à suivre une de ces intrigues destinées à éliminer un concurrent à la course au pouvoir pour mieux en détruire le vainqueur. C'est le thème de la vengeance. Le lecteur sera libre de se retrouver dans la simplicité des gens de la vigne ou dans l'arrogance des assoiffés de pouvoir et s'amusera de certaines visions du monde politique et des médias, pas plus éloignées que cela des réalités.
    La vengeance précoce d'une enfant surdouée n'aura de cesse de briser le petit garçon qui l'a jadis humiliée et qui deviendra un politicien déshumanisé. L'ombre du pouvoir imprégnée de calculs, mépris, enrichissements, médisances et jalousies sera heureusement éclairée par le bon sens et la solidarité des gens de la vigne. Deux mondes se juxtaposent, l'un haineux ou arriviste et l'autre simple et besogneux. La destruction progressive d'une personnalité, a priori prometteuse, est amplifiée par d'habiles digressions symboliques et par le cynisme des médias qui assombrissent la fresque du pouvoir. Le style léché, la fine psychologie des personnages et l'intrigue elle-même sont de véritables appels à la lecture.
    Découvrez un roman où se juxtaposent deux mondes : celui de la politique, haineux et arriviste, et celui de la vigne, plein de bon sens et de solidarité.
    EXTRAIT
    Ils ont pris un jet privé et même s'ils ne le montrent pas, leur satisfaction personnelle s'en trouve considérablement flattée. Un jet privé cela correspond à une certaine catégorie de puissance liée au compte en banque. C'est savoureux et donne cet air détaché et satisfait des biens repus. Une certaine suffisance aussi.
    L'avion file droit, appliqué à tirer son trait si fugitif dans le ciel. On ouvre une bouteille de champagne. Les voix sont joyeuses, les rires s'excitent. Femmes, maîtresses, collaborateurs, enfants, courbettes, scandales étouffés ou à venir sont profondément enfouis sous les nuages frappés d'un blanc immobilisme. Tous les ans Jo leur mitonne une petite sortie pas piquée des vers, une escapade très secrète où est fermée à double tour la page de leur vie publique et professionnelle. Il a carte blanche et leur apporte sur un plateau tout ce qu'ils désirent de licite ou d'illicite avec une discrétion exemplaire. Des filles toujours. À chaque sortie des filles bien cachées derrière un but prétexte genre signature d'un contrat énorme, visite officielle, invitation bidon. Ce coup-ci, bien sûr il y aura les filles, c'est quasi obligatoire, mais il y aura beaucoup plus gros, beaucoup plus gros... Et ce ne sera pas un prétexte !
    Ils dorment. Après l'excitation du départ, vite noyée dans les bulles, ils dorment d'un sommeil chaviré dans une moelleuse impatience.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Jacques Papin est né à Paris en 1953 et vit dans les Vosges. Passionné d'équitation, directeur de centre équestre, formateur, dresseur, il a écrit de nombreux livres sur l'univers des chevaux. Dans Compte à rebours pour Monsieur X, Jacques Papin change de sujet et met à jour une intrigue machiavélique à travers laquelle on retrouve d'originales descriptions de la nature humaine.

  • Découvrez une nouvelle biographique !
    Parce qu'il y a des mots qui, mal employés, blessent à vie ;
    parce qu'il devient plus facile de s'excuser plutôt que d'être juste ;
    parce qu'il y a des pensées irréfléchies qu'on devrait parfois garder pour soi ;
    parce que la bêtise a cela de supérieur à l'intelligence qu'elle n'a pas de limites ;
    parce que j'aimerais plus de profondeur dans le silence et moins de superficiel dans les mots ;
    parce que victime de ces adages, sans doute comme beaucoup d'entre nous, je me suis imposé - d'écrire- La mutité des sentiments.
    « Un jeune homme ayant construit sa vie dans l'honnêteté et la noblesse des sentiments se retrouve seul face à un ultimatum affectif... un choix s'impose à lui ».
    EXTRAIT
    J'ai toujours essayé de sourire face aux malheurs que la vie peut nous envoyer... tentant de les prendre comme une leçon... sans jamais les rejeter, mais justement les affrontant de face. Ne doit-on pas respecter son destin pour le vivre pleinement?!?
    J'arrive à 23 ans d'une vie remplie de petits problèmes, sans doute trop vite réglés par des solutions mal adaptées... vous devez sans doute me trouver un peu « vieux jeu » à vouloir me caler comme ça, mais il m'a fallu être assez démerdard pour en arriver là où j'en suis... sans trop d'expérience forcément, vu mon âge, je le sais, mais je me sors seul et plutôt pas trop mal de ces emmerdes que l'on rencontre tous à chaque jour qui nous fait vieillir.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Lancé très jeune dans la vie active, autodidacte nourri par de nombreux métiers (maçon-couvreur, éducateur sportif, serveur, mannequin, comédien et d'autres), une curiosité maladive et une soif de découverte, Matthieu Becker, après un parcours plus que chaotique est devenu écrivain. De belles rencontres lui permettent aujourd'hui de partager sa passion de l'écriture qui l'a, jusqu'ici, tenu en vie et reste un besoin vital à son existence et à son équilibre. Il est également l'auteur de scénarii et d'une pièce de théâtre jouée à Paris et à Lyon.

  • Fragments

    Hervelyne Fauve

    Une jeune femme recouvre sa propre existence avec les lambeaux de la vie d'une autre, et tout bascule...
    Fragments est l'histoire d'une contagion passionnelle par le biais de la lecture, sur fonds de lutte contre le nucléaire.
    Dora, une femme blessée par la vie, dépressive, se retire loin de tout pour écrire dans l'espoir de guérir ; des pages et des pages, tous les jours. A les piller clandestinement, Millie, une employée ordinaire, ne pourra s'imprégner que de quelques bribes, de fragments d'une passion étrangère ; et cette lecture précipitée va devenir une nécessité dans le vide de sa vie. Millie va en arriver à recouvrir  sa propre existence avec les lambeaux de la vie d'une autre, et tout va basculer.
    « ...A lire ces bribes chargées de passion, Millie s'est enflammée, se sentant dès lors source d'une force inconnue ; un amour sans cible, sans branche où se poser(...)  Pour qui cet élan fabuleux qui la submerge ?( ...) Est-il possible d'aimer passionnément... personne ? Ou est-ce seulement le germe d'une grosse mélancolie ? » « ? Vous savez, je n'ai jamais écrit que des articles, des reportages. Quelle que soit la passion qu'on éprouve pour une forme artistique, on ne s'improvise pas sculpteur, ou peintre ou... écrivain... Écrire à ce niveau-là représente une telle entreprise, une telle maîtrise, de la langue, bien sûr ; mais surtout de la composition, du temps... Je n'en serais sûrement pas capable, bien que j'y aie souvent songé.  Cet univers me fascine, c'est vrai, mais lorsqu'on se met à écrire, on se rend compte, si on est lucide, qu'on se met très vite à dire des choses insignifiantes... Les choses importantes, pleines, se retrouvent noyées dans une logorrhée qui ne sert peut-être qu'à cacher une vacuité de la pensée. »
    Découvrez l'histoire d'une contagion passionnelle par le biais de la lecture, sur fonds de lutte contre le nucléaire.
    EXTRAIT
    Quelques feuilles de papier jonchent le tapis devant la table de chevet, dont les pliures montrent qu'elles ont été piétinées plusieurs fois.
    Dora regarde sans les voir ses mains nerveuses et sèches ; elle a retiré les divers anneaux d'argent qui ornaient ses doigts, et ce déshabillage leur confère une sorte de légèreté à laquelle il faudra s'habituer ; près d'elle, sur le lit, des dépliants à en-tête d'hôtels divers et de maisons de convalescence.
    Un sac de voyage à moitié rempli bâille près de la porte d'entrée. Le taxi au bas de l'immeuble s'est signalé par trois coups de klaxon brefs, comme convenu au téléphone. En fait, quitter cet appartement niché au bas de la Butte Montmartre s'avère plus facile que prévu : elle n'a fait le plus souvent qu'y passer rapidement.

  • Retrouvez Spencer Byron Westwood des Mystères de Paddington Street.
    Dans ce petit recueil, Spencer Byron Westwood tire sur toutes les idées reçues et autres lieux communs que la bourgeoisie londonienne affectionne en cette fin de siècle. Harry Cunningham, son fidèle ami, présente ici quelques-unes de ses célèbres réparties. Il faut dire que lorsque le Secrétaire de la reine Victoria en personne sera surpris en train de lire ces aphorismes, le Tout Londres va alors très vite les adopter.
    Maintenant c'est à vous de jouer. Et si vous avez connu le vrai Spencer dans Les mystères de Paddington street, vous comprendrez probablement que chacune de ses cartouches n'est peut-être pas destinée à qui l'on croit...
    Découvrez un recueil dans lequel Spencer Byron Westwood tire sur toutes les idées reçues de la bourgeoisie londonienne et Harry Cunningham présente quelques-unes de ses célèbres réparties.
    EXTRAIT
    Ce qui est détestable dans la logique, c'est qu'elle donne l'illusion de comprendre.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Frédéric Bessat est né en 1962 à Lyon. Il est d'origine italienne et provençale et a suivi des études de sciences économiques à Clermont-Ferrand et à Paris Assas avant d'intégrer une banque à Poitiers. Nouvelliste, il est également auteur de théâtre.

  • L'histoire d'amour impossible de deux adolescents que tout sépare.
    André et Pépita sont les deux personnages centraux de cette nouvelle tragédie de Roméo et Juliette. Dans la Tunisie de la fin des années 50, c'est l'histoire d'amour impossible de deux adolescents que tout sépare : leur famille, leur origine ethnique, leur milieu social, la religion, les convictions politiques... Sur fond de crise d'indépendance, toute la société tunisienne est dépeinte dans sa diversité, dans ses drames et dans ses bonheurs quotidiens. L'histoire des Capulet et des Montaigu semble ici se répéter dans la variante des convictions religieuses, des difficultés à vivre ensemble entre communautés qui partagent une même ville, mais aussi un même destin. C'est  la vie qui est dépeinte dans ce roman, avec ses odeurs de jasmin et ses parfums de sang, avec les prières qui s'élèvent au ciel depuis tous les lieux de culte, avec la jeunesse qui défie sans cesse les tabous mais qui les subit quand même, avec cette quête incessante du bonheur et de l'amour... C'est la douceur de Tunis et sa violence, reflet du monde oriental qui se trouve à la porte de nos vies.
    Plongez dans la Tunisie de la fin des années 50, et découvrez une nouvelle tragédie de Roméo et Juliette !
    EXTRAIT
    Comment l'a-t-il connue ? Il n'a pas oublié ce moment, tellement la rencontre a vraiment été étrange. C'était un lundi soir juste après les études, il s'en souvenait très bien. Ce jour-là, il devait acheter le fascicule supplémentaire de son livre de mathématiques, chez la grande librairie de « l'indépendance ». Pépita, c'était la belle vendeuse d'origine sicilienne, timide et aux yeux bleus très doux. Sa description était celle d'une actrice : elle avait des cheveux bleu noir et profonds, qui descendaient librement jusqu'à ses épaules. Elle était faite comme une déesse, avec une taille svelte et élancée. Son visage de chat siamois toujours souriant semblait sculpté dans l'ébène. Ses lèvres étaient toutes gonflées de sèvres et deux fossettes profondes se trouvaient juste à un centimètre des deux coins de sa bouche fine. Sa voix chaude et envoûtante chantait les mots comme le font les chanteuses de flamenco espagnol.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Victor Maarek est né en 1945 à Tunis et y a vécu son adolescence. Il vit à  Natanya près de Tel Aviv. L'auteur est né de mère francophone ; L'horizon lointain est son premier roman qu'il a écrit directement en français et l'éditeur a décidé de ne pas modifier le texte qui lui a été remis et de lui laisser toutes les imperfections d'un style où la langue de Voltaire n'est pas totalement académique, mais où s'exprime pleinement la pensée d'un homme dont le talent de conteur est indéniable. Ainsi, le lecteur peut aisément imaginer que c'est la voix de Victor Maarek qui déroule dans ses phrases cette saga, ce conte moderne, dont nous vous laissons découvrir la morale par vous-mêmes.

  • Négropolitain

    Daniel Costal

    Roman d'initiation, de conquête de soi, malgré les déterminismes et les écueils de départ.
    Négropolitain, roman sur l'outre-mère, mais aussi adieu au père. Roman d'initiation, de conquête de soi, malgré les déterminismes et les écueils de départ, ou, plutôt, grâce à eux ? Une trajectoire qui contraint le héros à résoudre un délicat problème : pas celui de devoir choisir entre être noir ou blanc (question posée dans sa cité), ni même de vivre en noir et blanc (question posée par ses parents), mais d'arriver à se construire juste métis, au prix d'innombrables contradictions et contre-indications à dépasser. En toile de fond, autant qu'en personnages secondaires, la Martinique, l'Irlande, l'Ile de France : triangulation culturelle et sentimentale qui met en perspective les îles matrices et forme un imaginaire géographique, où s'apprirent la diversité et la mobilité. Ne sommes-nous pas les uns et les autres, des îles perdues dans l'océan de l'incertitude qui cherchent à tisser des liens avec d'autres îles, en quête d'autres rivages ? L'histoire. C'est son dernier voyage en Irlande et celui-ci tourne au désastre: ses meilleurs amis, Liam et Tricia sont en pleine crise conjugale.
    La solitude et la déshérence qui en découlent permettent à Joseph, la quarantaine, professeur en sciences sociales et ancienne gloire de la Boxe Française, de nouer avec Sabine, la belle interprète, une relation pleine de promesses... Ces quelques jours vont lui offrir l'occasion de revenir, par petites touches, sur son parcours singulier de métis d'origine antillaise, né et élevé en banlieue parisienne. De se réapproprier les tribulations d'une émigration inscrite dans la geste tumultueuse et brutale de la Martinique. Jusqu'à clarifier l'embrouillamini de sa famille et la clé de son origine. Jusqu'à comprendre, enfin, comment il n'est jamais devenu champion du monde. Pour en tirer une illustration réaliste - mais pas désespérée - de ce que l'on pourrait appeler, en référence respectueuse à Philip Roth... « le complexe du négropolitain »
    Découvrez la trajectoire d'un homme confronté à un délicat problème : se construire métis, au prix d'innombrables contradictions et contre-indications à dépasser.
    EXTRAIT
    - Je suis désolé Joseph.
    - Laisse tomber cousin, ça n'en vaut pas le coup.
    - Je pensais que ton statut de champion t'aurait mis à l'abri de ce genre de connerie. Tu es connu et aimé ici, franchement je suis sur le cul.
    Champion ou pas, ça avait pourtant fusé. Soudain, les mots railleurs avaient été criés. Ressentant leur cruauté, Bruno, hors de lui, allait répondre, quand je lui fis signe de se taire. En un rien de temps les grincheux agressifs avaient été discrètement évacués et la cérémonie avait repris son cours. Dans des moments comme celui-ci, ces moments où tout le monde se sent gêné : les organisateurs parce qu'ils se croient responsables, la majorité de l'assistance, car elle endosse la honte mal placée des offenseurs issus de son sein, en de tels moments, il arrive qu'on parvienne à noyer le poisson, en faisant mine de ne rien avoir entendu.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Daniel Costal est né en 1962 à Paris. Il débute sa vie professionnelle comme organisateur d évènements de jazz, éducateur en Maison d'Enfants et animateur de prévention. DESS en Sciences de l'Education en poche, il est tour à tour Directeur pédagogique et Formateur-Consultant en pratiques sociales. Depuis les années quatre-vingt-dix il réside en Haute-Normandie où il est aujourd'hui Responsable de Projets dans un grand organisme de formation. Négropolitain est son premier roman.

  • L'harmonie est-elle de ce monde ?
    L'harmonie est-elle de ce monde ? Certains la cherchent dans le timbre d'un violon solitaire, d'autres l'imaginent dans des concertos italiens, de sensuelles valses à trois temps ou le staccato trépidant d'une grosse cylindrée américaine. Des esprits tourmentés privilégieront le silence, sous la forme d'une alarme qui cesse de vriller les oreilles, des acouphènes qui ne martèlent plus l'esprit... Ou une couleur, pourquoi pas le bleu ? Et vous ? Au travers de douze nouvelles, nous vous invitons à découvrir les réponses de ces héros contemporains...
    Au travers de ces douze nouvelles, découvrez comment des héros contemporains envisagent la recherche de l'harmonie.
    EXTRAIT DES QUATRE SAISONS
    Je te quitte, John... Je suis désolée, mais nous sommes arrivés au point de non-retour... Tu ne sembles pas surpris, et tes gestes sont automatiques, dénués d'âme. Tu enclenches un disque dans le lecteur, avec la même désinvolture que si je n'étais pas là. Comme si je ne venais pas de décider, à l'instant, la fin de vingt ans de vie commune. Les premières mesures des Quatre saisons de Vivaldi s'envolent dans la pièce, comme autant de papillons éphémères qui tentent d'adoucir l'événement. Je ne suis pas dupe.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Né en 1966, Jean-François Thiery est cadre informaticien, il réside dans le pays de Montbéliard. Il a commencé à écrire en 2009, et publié des nouvelles et des romans. « La vie en bleu » est son premier ouvrage paru dans la collection Blanche des éditions Ex Aequo.

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