FeniXX réédition numérique (érès)

  • En Afrique, on dit qu'il faut envelopper les bébés de beau, belles paroles et beaux atours, pour ensemencer leur vie future. Ici, à peine nés, on les inscrirait à l'université, tant on nous persuade de leurs compétences, extraordinaires, à faire fructifier au plus tôt. Le bébé est-il une friche à fertiliser, une oie grasse à gaver, un merveilleux placement à faire prospérer ? Échappée belle. Laissez ces quelques rencontres esthétiques, artistiques et culturelles, autour d'un livre, d'une musique, d'une peinture, vous parler d'émotions, d'impressions, du sensible et du beau, de rêveries et de plaisir partagé. Et souvenez-vous des temps passés, que vous avez connus ou que l'on vous a contés, des temps de vos aïeux qui ont semé, sur le chemin de vos vies, ces petits cailloux, ces braises vives, ces secrets enfouis, en guise d'héritage.

  • Comment les bébés naissent-ils à l'aube du XXIe siècle ? Comment sont-ils accueillis, « mis au monde », dans l'enchantement de cet heureux événement ou le bouleversement contemporain de ces drames qui parfois surviennent ? Comment devient-on parent, mère, père ? Cette « épreuve » de la parentalité est-elle pensée, élaborée par les équipes qui rencontrent ces parents en devenir et ces enfants à accueillir ? Cette expérience du passage, dans les entrelacs de la séparation, se donne à lire ici sous la plume sensible et savante d'obstétriciens, pédiatres et autres psys.

  • Lorsque l'enfant paraît, le cercle de famille a, dit-on, coutume d'applaudir à grands cris. Mais si, dans ce ciel du développement très précoce, que l'on voudrait limpide, le tonnerre de la prématurité, de la maladie, du handicap, de la mort, frappe, tout vacille, les rêves, les espoirs, les forces, dont nous avons habillé l'enfant attendu. Toute atteinte à l'intégrité du bébé, à son avenir, redouble d'intensité et touche démesurément parents, enfant et équipes qui les prennent en charge, en cette période si particulièrement vulnérable de l'avènement balbutiant de la périnatalité. Peut-on devenir parent d'un bébé exposé, promis au handicap, à la maladie, à la mort ? À l'avenir assigné ? Peut-on investir un tel bébé, l'adopter, l'aimer ? Comment peut-on accompagner parents, enfant et équipes dans cette « traversée des apparences », ce Golgotha médical, de service de médecine foetale en unités de grossesses à haut risque, de services de néonatologie en centres d'action médico-sociale précoce ? Sage-femme, psychanalyste et psychiatre témoignent ici de leur projet avoué de permettre que ces moments, parfois si lourds, puissent être élaborés, aménagés et, osons-le, traversés par les uns et les autres - bébé, parents, équipe - le plus sereinement possible.

  • Un démon ou un ange hante ou féconde le Panthéon de la périnatalité. Aucun spécialiste, aucun parent ne peut échapper, nous assure-t-on, à sa rencontre. Le bébé imaginaire est une des terres promises de la grossesse, et ses charmes - est-ce une fée ou une sorcière ? - sont absolus. Mais qu'est-il donc cet enfant tout droit issu des imaginaires parentaux ? Quelle énigme soutient-il et quel manque vient-il combler ? Quelles peurs est-il censé exorciser et pour combien de temps ? Nous voudrions ici dire la richesse, la luxuriance même de ce concept, mais aussi ses insuffisances et ses avatars. Caressons donc le soyeux éphémère de ce bébé imaginaire, qui est toujours en avance d'une vie, et qui nous emporte, grand baratineur devant l'Éternel, dans de sacrées histoires.

  • Il est des bébés des mythes et des contes, séparés, abandonnés, placés : Moïse dans son couffin au fil de l'eau, OEdipe sur une montagne, Poucette enlevée par l'affreux crapaud, ou encore ce tout petit enfant, malade, emporté par la Mort dans l'Histoire d'une mère d'Andersen. Il est des séparations, multiples et originaires, qui nous portent et nous structurent : nécessaires et indispensables, elles font la vie. Mais il est aussi d'autres séparations susceptibles d'être vécues par le bébé et sa famille, de l'accueil en crèche au placement en famille d'accueil, en pouponnière, en institution. Cet ouvrage, auquel collaborent des éducateurs spécialisés et des psychologues, souhaite éclairer cet espace et ce temps des séparations précoces. Comment les recenser, les penser, les dire ? Comment les éviter, les prendre en compte, et quand elles paraissent indispensables, comment leur donner sens, pour le bébé, pour ses parents et pour les équipes qui les accompagnent ? Comment protéger le lien parent enfant ou le traiter précocement si besoin ? Comment aider chacun à maintenir ce lien, vivant et intact en soi, lors de séparations de longue durée, parfois définitives ?

  • Venir d'ailleurs, loin, et donner la vie, ici, tout près. Naître, en terre de ses ancêtres, mais parfois s'éloigner de ce qui fait racines psychiques. Ruptures, brisures, clivage pour certains qui, dans l'exil, perdent un peu d'eux-mêmes. Mais pour d'autres, qui continuent d'habiter ce lieu intime de leur histoire, au plus profond d'eux, quel voyage riche de rencontres et d'altérité ! Naître ici de parents venus d'ailleurs se conjugue de mille et une façons, singulières. Comment avoir de beaux enfants en exil ? Comment se reconnaître parents de cet enfant et comment lui transmettre cette part d'histoire et de vie si féconde qu'ils ont emportée avec eux en migrant ? Quelle place peuvent trouver cette histoire de vie et cette altérité dans nos dispositifs de soins si complexes et si techniques en périnatalité ? Comment rencontrer ces parents en dépassant nos modèles, nos logiques, et en nous ouvrant à leur parole, leurs rituels, leurs attentes ? Sage-femme, médecin, psychiatres nous engagent ici au métissage des pensées et des pratiques, quand naissent, sous nos cieux dits hospitaliers, ces bébés venus d'ailleurs.

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