FeniXX réédition numérique (Buchet-Chastel)

  • Entre un collectivisme sclérosé et un capitalisme exacerbé, ce livre nous propose une troisième voie médiane qui prétend apporter à la fois le dynamisme nécessaire aux progrès de l'humanité et le convivialisme nécessaire au bonheur des hommes.

  • Il a fallu attendre la deuxième moitié du XXe siècle pour que, dans la totalité des pays réputés avancés, la femme soit socialement reconnue comme un être humain à part entière. On éprouva même le besoin, il n'y a pas 20 ans, de créer en France un ministère pour elle, tant il apparut que cette reconnaissance n'allait pas de soi. Pourtant, surtout après la Seconde Guerre mondiale, les femmes sont entrées en masse sinon en force sur le marché du travail. Puis la pilule leur a donné la maîtrise de la maternité, tandis qu'une propagande féministe bien orchestrée les hissait sur le podium. La femme est ainsi devenue, théoriquement, l'égale de l'homme. Cependant, elle n'est là qu'en filigrane et sa personne, en réalité, n'occupe qu'un strapontin. Résistance sourde, mais ferme, des sociétés machistes où les leviers de commande, qu'ils soient politiques, économiques, syndicaux ou universitaires, sont dans la main des hommes. C'est finalement le volontarisme qui, à la force du poignet, dévoile l'évidence : la femme est un être digne et responsable. Mais le volontarisme peut-il changer les comportements fondamentaux ? Peut-il vraiment transformer la sexualité ? Tout ou presque, dans notre vie, passe par ce filtre biologique. Dès lors, l'homme et la femme apparaissent comme essentiellement complémentaires donc, ipso facto, différents. Le reconnaître permet de donner à l'un et à l'autre une place correspondant, sans jugements de valeurs ni vanités, à leurs différences. Car ce sont elles, ces différences complémentaires, qui fondent la féminité et la masculinité, c'est-à-dire le dialogue sexuel. Vouloir les réduire ou les opposer n'a pas de sens : nous sommes comme la serrure et la clé.

  • Voici le grand livre sur le phénomène des courses et du tiercé. Six millions de Français jouent au Tiercé. Chaque année, les records des enjeux sont battus, malgré deux ou trois « affaires » pas très propres. Pourquoi cet engouement ? Parce que le Tiercé est un divertissement très bon marché. Pour quelques francs, vous vivez trois jours d'espoir, depuis le moment où vous commencez à étudier la course, jusqu'à son reportage à la Radio ou à la Télévision. Souvent, vous vous écriez : « J'en avais deux... » Deux chevaux sur trois ! Dommage, mais il fallait les trouver tous les trois. Comment ? Nul n'était mieux désigné que Léon Zitrone, qui fréquente les courses depuis 45 ans, qui a commenté en direct plus de 800 Tiercés et qui continue chaque dimanche pour nous exposer sous la forme la plus distrayante qui soit à l'aide de très nombreuses anecdotes, de souvenirs personnels et de suggestions, la place que tient cette fabuleuse industrie dont le chiffre d'affaires annuel dépasse 700 milliards d'anciens francs. Il connaît donc très bien les chevaux : son coup d'oeil lui permet de déceler les perdants probables, et de les éliminer, même s'ils sont favoris. Voilà un sacré atout ! Léon Zitrone n'a jamais rougi d'aimer les courses. De plus, l'expérience lui a donné quelques « trucs » supplémentaires. Il vous parle de tout cela dans « Au bout de mes jumelles », avec affection, avec cette joie qu'il sait communiquer à ses reportages. Tous les cracks de Longchamp et Vincennes, Ribot, Sea Bird, Roquepine, Une de Mai, Allez France : vous les retrouverez dans ces pages. Conseils, remarques, avis font de ce livre un guide, un plan, un pense-bête ! L'ABC de Léon Zitrone. Avant d'aller aux courses, lisez ce livre indispensable !

  • Roger Rabiniaux a fait des débuts éclatants en littérature avec « L'Honneur de Pedonzigue » présenté par Raymond Queneau et « Les enragées de Cornebourg » qui obtint le Prix Courteline. Avec « Les Rues de Levallois », il cultive un genre nouveau : celui des mémoires, des souvenirs. Il ressuscite un passé qui fut le sien mais avec infiniment d'originalité, de poésie, de cocasseries et de délicatesse. Nous le retrouverons au hasard des rues, enfant et déjà jeune homme, avec autour de lui des figures inoubliables de parents, de voisins, d'amis, de couples étranges. C'est tout un monde qu'il ressuscite, qui donne à ce livre sans prétention un ton unique et sa vraie valeur.

  • L'année 1976 a révélé au grand public français et européen le Révérend Moon et son projet mondial. L'année 1977, Monseigneur Lefebvre et la fragilité des églises établies. Cette même année 1977 a vu les partis politiques interroger le gouvernement sur la multiplication anarchique des sectes et parareligions. Outre-Atlantique, après la mise en accusation de Moon, l'expulsion de David Brandt Berg (le leader des Enfants de Dieu), Jimmy Carter lance le F.B.I., en juin 1977, contre l'Église de la Scientologie. Les « Nouveaux prophètes » rappellent en les rapprochant les nombreux évènements qui, depuis la fin du siècle dernier, ont présidé au Renouveau Spirituel et Ésotérique que nous vivons actuellement.

  • Clovis, le narrateur, en pleine crise d'adolescence éprouve pour son frère Alain, beau, riche d'imagination et d'autorité, un sentiment à la fois passionné et trouble. Il prend plaisir à se faire battre, à être traité en esclave mais aussi à provoquer. Il faut qu'il ait la même maîtresse et si possible les mêmes amours que son frère. Cependant, cette admiration, cette jalousie, cette passion, ne sont qu'un faux-fuyant. Elles voilent un sentiment autrement plus grave et qu'il n'ose avouer, qui tout au long du récit reste innommé : l'amour qu'il porte à sa mère. Car le véritable chef de ce foyer, c'est la mère. Son mari semble avoir usurpé sa place et son rôle auprès de ses fils ; rôle que Clovis, le narrateur, minimise encore par jalousie, par haine pour cet homme que sa mère a épousé. Mais celui que la mère a véritablement aimé, c'est Ulrich, ancien camarade d'Université du père, et c'est à ce même Ulrich qu'Alain s'attache passionnément, dès la première rencontre. Cet amour d'Alain pour Ulrich coupe les liens qui unissaient les deux frères. Clovis en est si jaloux parce que, pour lui, Alain et sa mère se sont toujours confondus dans son coeur. Alain aimant Ulrich, c'est l'aveu que sa mère aime, ou a aimé Ulrich. Comme tous les jaloux, Clovis se venge. Il sort vainqueur de l'aventure. Mais seul. Et battu. On le voit, ce roman n'est pas commun. Il se meut dans un univers qui reste encore caché aux yeux de la plupart des romanciers. Sans aucune complaisance, l'auteur, rompant avec la convention romanesque, cherche à atteindre une réalité plus essentielle.

  • L'auteur de ce roman sait ce dont elle parle, puisqu'elle est, comme son héroïne, parachutiste acrobatique. Ajoutons qu'elle a vingt ans. L'héroïne, Joëlle, en a dix-sept. Elle s'est peu à peu détachée de sa mère, puis de son père, grand collectionneur de femmes. Pour vivre, elle forme avec deux camarades un trio de cascadeurs se produisant partout où on les demande. Un moniteur pilote est devenu son amant ; mais la grande révélation, ce n'est pas tant celle de l'amour - du moins l'amour des « romans de papa » - que celle du ciel, de l'air sur lequel on s'appuie, de l'espace qui s'ouvre. Joëlle vit, pour ainsi dire, dans une autre dimension. Après l'accident de son amant, elle continuera, malgré son désarroi, par camaraderie pour ses deux compagnons, et parce que, sans doute, c'est là son destin. Ce roman se distingue de tous les autres parce qu'il est l'expression d'une mentalité - sinon d'une race - nouvelle. Si l'on ajoute que l'auteur possède un don d'écrire incontestable, qu'elle sait créer une atmosphère, tracer un portrait en quelques traits de plume, il faut bien reconnaître qu'on se trouve ici devant une oeuvre peu commune.

  • La parution du premier tome du « Livre Rouge de la Sexologie Humaniste », « Je t'aime », avait été un événement, et la presse, la radio, la télévision en avaient parlé avec une ardeur toute particulière. L'ouvrage ne tardait pas à connaître un gros succès de librairie. Les lecteurs et auditeurs du Dr Meignant attendaient donc avec impatience le deuxième tome : « L'amour thérapie ». Les difficultés sexuelles ne sont pas, en fait, des symptômes comme les autres car elles mettent en question la vie de l'individu et celle du couple quand il existe. Le Dr Michel Meignant, à travers l'expérience de sa propre formation et le témoignage de ses « patients », nous entraîne au coeur de la première consultation d'orientation, en France, de divers ateliers de thérapie qui ont pour titre : « Apprentissage progressif du plaisir ». Il nous indique les moyens de mener à bien le combat pour trouver un sens à sa vie, s'épanouir et pouvoir utiliser toute son énergie affective et sexuelle.

  • Les esprits les plus différents, de Proust à Werfel, d'Huxley à Koestler, se sont préoccupés du snobisme. Récemment, des enquêtes et même un dictionnaire y ont été consacrés. Ce livre ne prétend point être un répertoire complet des thèmes, des possibilités, du snobisme, mais une mise en ordre et, pour tout dire, une synthèse. Les sentiments réputés médiocres sont souvent plus révélateurs que ceux d'essence supérieure. Ainsi, la frivolité même pourrait devenir, selon le mot d'Alain, chose fort sérieuse si l'on parvenait à en rattacher les manifestations éphémères à quelque constante de l'esprit humain.

  • En étudiant les premiers dessins d'enfants, les auteurs se sont aperçus que nombre d'entre eux semblent décrire la genèse du corps humain. Nous savons que les phénomènes de mémoire sont surprenants et n'ont pas fini d'intriguer neurophysiologistes et généticiens ; mais que les jeunes enfants soient capables de dessiner les différents stades d'une vie intra-utérine qu'ils n'ont pas vue, dont on ne leur a jamais parlé et dont ils n'ont aucun souvenir surprend plus encore. De plus, ils produisent spontanément des signes géométriques qui apparaissent chez les adultes en état de conscience altérée et dont la signification est universelle. Ces symboles abstraits sont utilisés dans toutes les traditions comme support pour la prière et la méditation. Le Mandala tibétain est une synthèse de ces quatre signes qui ont un caractère sacré. Seraient-ils la manifestation d'une mémoire culturelle ? La première édition de cet ouvrage a suscité de nombreux articles de presse au sujet d'une « mémoire foetale » et a été révélé au grand public dans l'émission de TF1 : « Le bébé est une personne ». Illustré de cent quatre-vingt trois dessins et documents d'embryologie, ce livre est le constat d'un surprenant phénomène de mémoire qui nous questionne sur la nature d'un message dont nous ne pouvons encore que pressentir l'ampleur.

  • La biographie de Christophe Colomb a été maintes fois écrite, a-t-elle été bien lue ? La découverte de l'Amérique ne doit pas masquer l'essentiel et derrière l'apparence d'une grande aventure maritime, comment ne pas deviner une mission plus secrète ? A quatorze ans déjà, le célèbre voyageur choisissait la mer pour chemin de vie "parce que l'art de la navigation incite à connaître les mystères du monde". On savait le marin génial, l'homme mystique... on découvre l'initié, porte-drapeau d'une société secrète ! Son fils Fernando l'avait révélé : "Au surplus ma conviction étant que les grandes actions de mon père eurent pour premier principe une influence mystérieuse". Appareillant à Palos le vendredi 3 août 1492, quel secret Christophe Colomb emportait-il vers le Nouveau Monde ? Dans son ouvrage, Jean-Jacques Bossa lève le voile. Skipper de la "Coriphène", mais également passionné d'ésotérisme, ce marin au long cours jette un regard neuf sur les questions que l'histoire a laissé sans réponse. Menant une véritable enquête, la minutie de ses investigations l'a conduit à élaborer une thèse inédite et fascinante : les quatre voyages de Colomb procèdent d'une véritable quête initiatique. Sur cette route les étapes s'appellent Thulé ou Jérusalem ; la voie conduit au Paradis Terrestre ; René d'Anjou, Frédéric II de Hohenstaufen, Jacques Coeur, Jeanne d'Arc, Godefroy de Bouillon, le roi Salomon, Mérovée, Joachim de Flore... et quelques autres : princes, alchimistes, troubadours. Dans cet imbroglio, des ordres secrets tirent les ficelles : Calatrava, le Temple, la Toison d'or, les Chevaliers teutoniques... sans compter les confréries du Croissant et du Navire. Il existe bien un mystère Christophe Colomb ou plus exactement plusieurs mystères. Cette aventure commence à Calvi, ville fortifiée par Gênes qui dresse ses remparts au-dessus d'un des golfes les plus prestigieux de Corse. Là, affirme l'auteur, preuves à l'appui, est né Christophe Colomb.

  • Au Pensionnat de Sainte-Olympe lorsque les lumières s'éteignent, brille le soleil des dortoirs ; il illumine les adolescents séparés de ce qu'ils aiment, anxieux de vivre, tourmentés par la chair et l'esprit ; il suscite d'instables univers où se contrarient ou se confondent l'érotisme, la tendresse, la nostalgie de l'enfance et l'espoir d'en sortir. Cécial, l'enfant des Rues de Levallois a quitté son faubourg pour les mystères de Sainte-Olympe. Il grandit dans la curiosité, l'ironie, la sensualité, l'inconscience. Il découvre presque en même temps l'amour fou, le Don Juanisme statistique, les jeux les plus suspects, la méchanceté des hommes, la poésie, le canular. Il prend les garçons pour des filles et les filles pour des anges. Il dérobe le caviar du Directeur, invente Polycarpe, Cambrouille et le jeune Parmidon ; après avoir été chassé de Sainte-Olympe, il souffre à l'hôpital Beaujon. À l'aube de ses dix-sept ans, il rencontre une Vénus sans équivoque. Désormais le Soleil des Dortoirs baignera d'autres solitudes. Éducation sentimentale d'un garçon dont les défauts promettent presque autant que les qualités ? Évocation de ces plaisirs que jadis célébra l'auteur de « Charlot s'amuse » ? Peinture d'un petit monde très particulier où la pureté, le cynisme, l'amitié, la violence et l'amour le plus ambigu font bon ménage ? Le Soleil des Dortoirs est tout cela mais surtout le roman d'une adolescence hors série que déchirent les passions, les contradictions, les velléités de toute adolescence. Le Soleil des Dortoirs est écrit dans une langue d'une richesse et d'une poésie singulière. On y retrouve la richesse verbale, le sens du pittoresque, l'humour, la tendresse des Rues de Levallois et surtout cet amour inquiet des êtres et cette curiosité sans illusion qui donnent à tous les livres de Rabiniaux - satirique ou poète, mémorialiste ou romancier - depuis le truculent Pédonzigue, leur force persuasive et leur unité.

  • Propriétaire d'un circuit de cinémas dans la région lyonnaise, Jean-Michel Minville, que ses ambitions politiques ont amené à réagir, notamment au Festival de Cannes, contre l'immoralité grandissante des films français, se trouve à quarante-cinq ans au faîte de la puissance et de la fortune. Sa femme Hélène, une orgueilleuse et hautaine fille de soyeux, est la brillante partenaire d'un couple célèbre dans les milieux cinématographiques et dans la haute société lyonnaise. Mais l'ordonnance méticuleuse de cette vie épiée et cernée de jalousies menaçantes se heurte soudain à l'imprévisible. Pendant une conférence avec vingt-cinq de ses directeurs, Jean-Michel Minville reçoit une communication téléphonique. D'un café au bord d'une route, à trois cents kilomètres, lui parviennent quelques mots haletants de Nicole Alaumier : « J'ai eu un accident grave... J'ai voulu t'entendre une dernière fois ». Il n'est tout de même pas assez fort pour dissimuler son bouleversement. Et les autres comprennent ! Dès lors, le drame s'étend inexorablement. Abandon, chantage, esclandre, trahison... Jean-Michel connaît toutes les épreuves. Mais un matin, de la colline de Fourvière où il domine Lyon qui s'éveille, il se ressaisit et décide de reconstruire ce qui s'est effondré en quelques semaines. Pas tout cependant, puisque Nicole est morte. Ce roman puissant et extraordinairement vivant tient le lecteur en haleine d'un bout à l'autre. La documentation, comme le rythme du récit, a quelque chose d'implacable. Impossible d'en sauter une ligne. En un mot, c'est un vrai roman.

  • Vous n'avez pas eu une enfance heureuse, je sais. Livrée aux mains de votre terrible tante Armandine, comment, très tôt, n'auriez-vous pas préféré l'amour à l'atmosphère de la mort, qui ressemble à la misère ? Une chance a voulu que vous soyez jolie : on vous l'a dit. Que vous ayez un corps docile : vous en avez usé. Vous trouviez là une liberté magique. Vous pensiez que les hommes devaient se promener comme d'agréables pur-sangs autour de vous : c'était votre point de vue, contre l'ennui d'être obligée de mourir un jour. Votre tact, votre gentillesse devaient suffire à ceux que vous désiriez. Mais vous ne pensiez pas, adolescente, rencontrer Simon Alarmande et que Simon, en mourant peut-être pour vous, deviendrait votre juge. Vous étiez innocente en somme, mais tandis que votre innocence se jouait, pas une seconde vous n'avez empêché l'univers de tourner, ni les êtres de conspirer contre votre naturel. Je vous ai laissée à un tournant où, après un temps de sagesse feinte, le pire vous guette : exactement là où votre « naturel », trop poussé, après le suicide brutal de Simon, vient peut-être de provoquer le crime. Et le crime se paye.

  • Surpris par les Anglais, Soult vient d'abandonner Porto. Les dragons de Ligneville ont pris cantonnement au hameau de Casa-Rocca, et, de là-haut, ils couvrent la retraite. Mais voici que, chacun à leur tour, les officiers du régiment s'en vont mourir, de nuit, dans les fourrés qui bordent le village. « Arrêt du coeur, je ne vois rien de plus », répète le médecin major. Il en perd son latin. Mais Xavier Morchamps pense qu'« Il faut chercher la femme ». Survivra-t-il à ses malheureux compagnons ? Il s'agit d'un de ces romans qu'on nomme populaires. On y trouve un moine batailleur, cabaretier à ses heures perdues, un capitaine cuirassier gueulard et sac à vin, un vieux briscard, un jeune dragonneau tout en chair fraîche et en gambades, un bouc noir qui ressemble au démon, une fille qui... une fille que... la plus belle du monde enfin. Mais le ton du récit, allègre, impertinent, riche d'odeurs acerbes, de feuillages, d'insectes, de paresse au soleil, est celui qu'on attendait de l'auteur. Quant à Morchamps, lieutenant de dragons, ci-devant chevalier, émigré puis rallié à l'Empire par haine du jeu de Tric-trac, on ne peut que lui souhaiter chance tant il a de défauts.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • On croit qu'en partant faire son service militaire dans la coopération technique à Panama, on ne trouvera rien d'extraordinaire si ce n'est un canal et des chapeaux bien connus. Mais les chapeaux dits de Panama ne se font pas à Panama et le canal devenu trop petit, pose des problèmes. Les volcans éteints se réveillent ; les aventures de Vasco Nunez de Balboa qui, en 1513, prit à Panama possession du Pacifique au nom du roi d'Espagne, sa passion de l'or, son amour pour Anayansi, princesse indienne qui fut son guide dans la jungle, son interprète et son épouse, continuent, transposés sur le mode actuel. Luttes politiques, religieuses, amoureuses, recherches archéologiques exacerbées par la fièvre de l'or ont incité l'auteur à prendre Panama qu'elle connaît bien pour y avoir longtemps vécu, comme lieu géométrique des passions de l'humanité.

  • Sur la nationale 9, qui draine au moment de l'été le rush des vacanciers, un jeune stoppeur déambule avec tout un cinéma dans sa tête, au rythme fou de la route, à la recherche de son amie. De l'Espagne à la nationale 9, en passant par la nouvelle station de Port-Leucate-Barcarès, sur le littoral du Languedoc-Roussillon, il erre, se perd, dans le lacis des routes récemment créées, remettant en question « un monde friqué et policé » se débattant avec son désir pour une fille trop « attractive », jusqu'au moment où l'imprévu survient avec une brutalité qui va ouvrir la porte au merveilleux : la rencontre d'une femme dans les collines de l'arrière-pays. Monde de la route, hallucinant, monde de l'estive moderne à plusieurs facettes, « Nationale 9 » est un kaléidoscope où tournent les jeunes, les moins jeunes, avec ou sans voiture, avec ou sans havre, provisoire ou non, tourbillon violent et romantique. Un ton, un tempérament, du rythme que la jeunesse reconnaîtra.

  • Dominique Piett n'en est pas à son coup d'essai, puisque son premier roman « Le dessous du ciel », inspiré par ses propres aventures de parachutiste, a fait l'objet d'un feuilleton télévisé et a obtenu une très large audience. Son héroïne, qui parle à la première personne, raconte ici, avec autant d'imagination que d'humour, des aventures d'une autre sorte. Journaliste à Fort-de-France, dans un canard assez minable, afin de pouvoir rentrer en Europe, elle a l'idée d'avoir recours aux petites annonces, sans passer par une agence matrimoniale. Après avoir fait un tri parmi les nombreuses réponses reçues, elle débarque à Paris, accompagnée d'une petite métisse, fille d'une de ses amies et d'un Haïtien, ce qui n'est pas fait pour faciliter les choses. Le premier postulant, à sa grande surprise, est jeune et beau, mais c'est un adepte du yoga et de toutes sortes de régimes éprouvants. Le deuxième est un diplomate sud-américain, dont l'hôtel est le théâtre d'orgies sans fin. Le troisième est un médecin de province. Par prudence elle s'y présente comme cliente, ce qui lui vaut d'apprendre qu'elle n'est pas sortie indemne du séjour chez le diplomate. Après être restée chez le médecin le temps d'être guérie, elle passe au suivant, dynamique, désintéressé mais incurablement bohème qui s'occupe d'un foyer pour jeunes gens. C'est le plus charmant et le plus infidèle des amants ; et c'est pourquoi l'auteur le quitte de peur d'en tomber amoureuse. Finalement, elle retrouve avec bonheur les îles des Antilles. Ecrit avec beaucoup de verve, voilà assurément le roman le plus drôle de l'année.

  • Les « Traditions Musicales » sont une série de courtes études destinées à servir d'introduction aux différentes cultures musicales du monde, leur histoire, leur technique, leurs instruments. Ecrites par des spécialistes, ces études ont pour but d'aider le musicien, l'amateur de musique et le voyageur cultivé à mieux comprendre les structures, l'esthétique et la signification de formes musicales que l'on ne peut plus considérer comme exotiques car, après la littérature et les arts plastiques, nous commençons aujourd'hui à découvrir les chefs-d'oeuvre de l'art musical des civilisations autres que la nôtre. Les exemples musicaux correspondant aux divers volumes des « Traditions Musiciales » sont publiés dans l'« Anthologie Musicale de l'Orient » (Collection Unesco).

  • Le premier chapitre de ce livre est intitulé : « Bach phénomène ou miracle. » Il faudrait dire plutôt : phénomène et miracle. Le phénomène est préparé par des générations de musiciens et par l'évolution même de la musique et de la civilisation. Bach naît au bon moment et au bon endroit. D'autres naissent, il est vrai, en même temps que lui, d'autres qui seront illustres aussi, comme Rameau, comme Haendel. Mais Bach les surpasse incontestablement par la puissance et la profondeur de son génie. Et c'est le miracle, le plus beau, le plus grand miracle de toute l'histoire de la musique... Et cependant, à sa mort, en 1750, Bach est beaucoup moins célèbre que Haendel. Il ne laisse aucun bien, sa veuve doit vivre d'aumônes, très peu de ses oeuvres sont publiées et ses fils même le trahissent. Il faut attendre l'exécution de la Passion selon saint Matthieu, dirigée par Mendelssohn en 1829, et surtout la fondation de la Bachgesellschaft, en 1851, pour que l'oeuvre revive et s'impose d'année en année plus complète et plus essentielle. Mais l'homme, le créateur, quel est-il ? Quels sont les traits de son caractère, de son visage ? Quelle a été sa vie ? Comment a-t-il pu produire une oeuvre prodigieuse ? Quel a été, quel sera le destin de cette oeuvre ? Si ce livre, qui fait appel aux témoignages et aux critiques les plus pertinents, aide à répondre à ces questions, il aura rempli son but.

  • L'histoire des sciences et des techniques doit être lue d'une manière radicalement différente de celle que nous a léguée une tradition positiviste. On voudrait nous faire croire, en effet, que l'histoire des sciences n'est qu'une suite parfaitement logique de découvertes conceptuelles confirmées par des expérimentations rigoureuses et couronnées par des applications purement utilitaires. En réalité, elle est animée par un Désir auquel il importe d'arracher ses masques si l'on veut comprendre pourquoi la science et la technique, qu'on nous présente comme des instruments de libération, finissent par devenir des armes de mort. A ce sujet les mythes grecs sont pour nous d'un précieux secours car, contrairement à ce que l'on soutient avec conviction, les mythes n'ont pas été dissipés par les lumières de la Raison, ils ont été, au contraire, les plus puissants moteurs de celle-ci. Toutefois, les Grecs rêvèrent la technique sans jamais rêver sur elle. L'Occident a technifié ces mythes en les rendant opératoires. Raison et Action ne furent que les Masques portés par le Désir de l'homme cherchant à ouvrir les digues de son être. Aujourd'hui, dans l'euphorie ou dans le cauchemar, nous revivons ces mythes auxquels nous avons fébrilement insufflé la force des machines dont ils furent les pères. Une technique qui se prend elle-même pour fin a envahi notre vie quotidienne. Mais elle triomphe encore plus profondément dans des repaires insoupçonnés et, notamment, dans la spéculation philosophique ; poussées à leur paroxysme, les dialectiques du dévoilement et du dépassement ont réduit l'existence à un simple jeu de plis faits par un voile qui ne cache plus rien. Maître et esclave d'un Désir qui prétend devenir la clef de sa propre serrure, l'homme n'en demeure pas moins dans une perpétuelle attente de ce que les mythologies ne sauraient lui donner.

  • Eminent hématologiste, auteur de nombreuses découvertes sur les mécanismes de la coagulation du sang, animateur du Centre national de transfusion sanguine, le Professeur Soulier est l'un de ces médecins qui ont contribué à supprimer toute barrière entre la biologie et la médecine. L'énigme du Vivant, c'est l'énigme « des origines et des fins ». A notre époque de spécialisation à outrance, il devient de plus en plus malaisé de conserver une vue d'ensemble des connaissances humaines : l'Astrophysique nous apprend que la Terre n'est qu'une poussière au sein d'un univers en mouvement. La Biologie nous découvre l'infinie variété du Vivant derrière l'unité du code génétique et des structures moléculaires. L'Evolution s'est manifestée par un enrichissement des gènes et par une complication croissante des organismes. Rien toutefois ne permet de distinguer un projet global ni de discerner un sort privilégié pour notre espèce. D'où l'intérêt de la synthèse faite ici par Jean-Pierre Soulier, méditation sur la vie et la mort rédigée avec clarté, d'une plume alerte, qui permettra au lecteur de rafraîchir ses connaissances sur les grands courants de pensée et l'incitera à une réflexion personnelle.

  • « La parole a été donnée à l'homme pour dissimuler sa pensée », constatait Talleyrand avec amertume. Les chercheurs qui s'attachent aujourd'hui à l'étude du langage corporel affirment pour leur part que « Le corps ne ment pas ». La sensibilité contemporaine remet à l'honneur le corps et son vocabulaire silencieux. A travers ses gestes et ses élans, ses attitudes et ses mimiques, il émet en permanence des messages muets, chargés de signification et révélateurs des aspirations secrètes de la personnalité. Longtemps le langage corporel fut sous-estimé, méconnu presque. Exploité dans les arts de la danse, du mime et du théâtre, il était négligé dans ses applications pratiques. Pour connaître ses semblables, on se fiait davantage à ses mots qu'à sa mine. L'homme moderne qui découvre avec un étonnement joyeux les pouvoirs expressifs de son corps désire les utiliser, tant pour approcher les autres que pour se faire connaître d'eux. Ce livre l'invite à une exploration pragmatique des ressources expressives du langage corporel dont il propose, grâce à des exemples concrets, l'emploi dans la vie personnelle et professionnelle de chacun.

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