FeniXX réédition numérique (Le Sémaphore)

  • La fin de la guerre du Golfe, il y a un peu plus de neuf ans, marquait, pensait-on, le début de la paix pour la région. Mais elle marquait surtout, au-delà de la joyeuse proclamation par Monsieur Bush d'un « nouvel ordre mondial ». Le début d'une succession d'odieux tourments pour l'Irak, coupable de ne pas se plier avec suffisamment de zèle aux exigences de Washington. Ce livre, résultat d'enquêtes serrées sur place, en Europe et en Amérique, dévoile les coulisses de ce conflit entre la seule superpuissance mondiale et un État qui veut à tout prix conserver sa dignité, et qui ne connaît pour cela qu'un seul moyen : la résistance. Deux mots, dignité et résistance, qu'occulte soigneusement le rideau de fumée tendu par les Agences d'information américaines. Qu'en est-il exactement aujourd'hui de cet État dit « gredin » qui, malgré les privations imposées et les bombardements quotidiens, garde son unité et fonctionne presque normalement ? Que représente exactement cette « opposition irakienne » à laquelle le Département d'État procure un si beau train de vie ? L'Irak est-il un danger pour ses voisins ? Ou la fin de l'embargo qui le frappe permettra-t-elle à la région de retrouver un meilleur équilibre ? Autant de questions auxquelles ce livre apporte des réponses qui ne sont pas politiquement correctes, mais qui frappent par leur pertinence aux faits.

  • Byzance, Constantinople, Istanbul, la ville aux trois noms et aux sept collines... Nous sommes sous le règne du Sultan Abd-Ul-Medjit, vers 1850, alors que Zohra rêve et brode des oiseaux sur les bandeaux des shalvar pour les vendre au marché de Galata. Après avoir été prise au piège du Harem de Topkapi Sarayi, Zohra s'en échappe malgré la surveillance de la Kiaja-Chatun. Tout comme Aram, le petit pêcheur, Samira, la nouvelle concubine et la douce Noumbé, l'esclave noire, sa fuite lui fera traverser les mers et les déserts. Mais, c'est avec le Prince Hadjin, dans une course effrénée qui les arrêtera en Égypte, que chacun d'eux, à son propre niveau, s'y découvrira sur un des chemins de la Vérité.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Je ne sais pas encore si nous avons besoin de vous, Monsieur Console. Ce que je sais, c'est que les renégats et profiteurs du pouvoir félon, justement chassés par le peuple, ont été bien contents de vous trouver pour les aider à fuir le pays qui allait leur demander des comptes, et échapper ainsi à la justice populaire. Et quand j'écris « toutes proportions gardées », je ne perds pas de vue que, dans l'ambiance d'épuration et de folie sanguinaire qui accompagnait la révolution sierra-léonaise, ce genre de lettre pouvait conduire n'importe qui au poteau ou en prison, lieu dont on ne sort que les pieds devant !... Je suis littéralement cloué sur mon siège. À six heures d'avion de Paris, à la fin du XXe siècle, voilà qu'une affaire de vol par soustraction est en train de tourner en procès de sorcellerie ! Ce que j'ai à faire, c'est survivre les dix premières minutes ! Après, ça ira.

  • Je ne sais pas encore si nous avons besoin de vous, Monsieur Console. Ce que je sais, c'est que les renégats et profiteurs du pouvoir félon, justement chassés par le peuple, ont été bien contents de vous trouver pour les aider à fuir le pays qui allait leur demander des comptes, et échapper ainsi à la justice populaire. Et quand j'écris « toutes proportions gardées », je ne perds pas de vue que, dans l'ambiance d'épuration et de folie sanguinaire qui accompagnait la révolution sierra-léonaise, ce genre de lettre pouvait conduire n'importe qui au poteau ou en prison, lieu dont on ne sort que les pieds devant !... Je suis littéralement cloué sur mon siège. À six heures d'avion de Paris, à la fin du XXe siècle, voilà qu'une affaire de vol par soustraction est en train de tourner en procès de sorcellerie ! Ce que j'ai à faire, c'est survivre les dix premières minutes ! Après, ça ira.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • La Révolution française éclate. Le Roi est guillotiné. En 1793, les provinces du Maine, de l'Anjou, de la Vendée, s'agitent puis se révoltent contre le nouveau pouvoir. Marion du Rouvray et les siens sont entraînés dans l'exode qui précipite 80 000 personnes sur les routes pour fuir les horreurs de la guerre civile. Tenaillés par le froid et la faim, couchant sur la paille des granges, battant les chemins de terre détrempés par l'hiver, décimés par les épidémies et les combats, ils sont impitoyablement pourchassés et se débattent pour survivre. Profondément transformée par ce qu'elle a vécu, Marion voit autour d'elle l'Ancien Régime s'écrouler avec ses traditions, ses valeurs, sa morale. Dans ce monde bouleversé, si proche déjà de notre monde moderne, Marion, sa famille et ses compagnons, ont-ils encore une place ?

  • C'est bon, la vie. L'enfance surtout, quand la patine du temps y ajoute son grain de sel, regorge d'histoires rocambolesques et d'épisodes fameux que nous avons tous gardés au fond de notre mémoire. « Avec le temps, va, tout s'en va... » Les aventuriers sont rentrés à la maison, leurs rêves se sont assoupis, et l'invention a cédé la place à la convention. On est devenu raisonnables. La vie de tous les jours fourmille pourtant de petites drôleries, de situations abracadabrantes. Il suffit d'ouvrir grandes ses oreilles et de regarder autour de soi. Simples clins d'oeil à la vie et à ses petits événements pittoresques, ces « Récréations » se veulent un hommage à tous les héros du quotidien que nous avons été. Elles nous conduisent sur les routes de campagne où des « hauts faits » ont pu se produire, nous replongent dans l'atmosphère singulière des colonies de vacances et restituent des souvenirs familiaux un peu trop vite enterrés. Des affres de la crise d'appendicite aux prouesses de la bourse des mines et de La cérémonie des oeufs de Pâques, ces divertissements peu sérieux frôlent la correctionnelle avec « Bienvenue, Monsieur l'Inspecteur ! » et Impiété.

  • Surdoué et échec scolaire, ce titre contient à première vue un non-sens. Comment et pourquoi des enfants doués peuvent-ils se trouver en situation d'échec ? Ce sont les principales questions soulevées dans ce livre. Les idées reçues sont nombreuses à propos de cet épineux sujet et les blocages des professionnels de l'enfance sont constants. Ces enfants ne sont pas les seuls à se heurter chaque jour à un mur sans cesse renforcé par les institutions scolaires, politiques, judiciaires, médicales, etc. Des solutions existent, d'autres sont à inventer, tous les enfants pourraient en profiter. Depuis 1966, grâce au rapport Coleman (radiographie des systèmes scolaires américains), on sait que les facteurs de réussite essentiels sont : une bonne image de soi et l'existence de cursus accélérés. Ces facteurs sont plus importants que les classes de réussite, le niveau socioculturel, le nombre d'enfants par classes et même que le niveau d'instruction des enseignants.

  • « D'abord, il y avait les porcs, avec leur peau rose et râpée, qui déambulaient dans la chaleur par petits groupes, en quête d'une ombre rafraîchissante. Ensuite, il y avait la lumière déclinante de cette fin d'après-midi d'été qui magnifiait la campagne d'une dorure éphémère. Enfin, il y avait cette grande femme allongée à même le sol et qui soufflait, suait, grognait, les yeux révulsés, la bouche entrouverte. Sur ses jambes écartées, elle avait troussé sa robe, découvrant ses cuisses épaisses et blanches. Ainsi naquit Elfried, le 10 août 1761 à Saint-Florent des Bois, en Vendée. » La Pie relate les pérégrinations d'un jeune homme surdoué de la France et des États-Unis de la fin du XVIIIe siècle. À la poursuite d'un étrange musicien à la viole enjôleuse, Elfried dit « La Pie » traversera l'Atlantique pour combattre aux côtés des insurgés, puis s'enrôlera dans l'armée de la République pour défendre Nantes contre les Vendéens. Un premier roman extravagant et enjoué, qui vous entraînera jusqu'à un dénouement surprenant en forme d'allégorie.

  • Anna Day a tout juste quarante ans. Son corps est insidieusement squatté par un terroriste : Giovanni. Dans ce journal intime s'engage alors un duel où la mort et l'amour jouent serré. Au cours de cet incident de parcours, Anna sera très pudique dans ses sentiments mais impudique vis-à-vis de ses sens. Ses désirs de vie, ses désirs sensuels vont lui permettre de surmonter ses angoisses, ses souffrances. Anna divague. Elle est tantôt Sumo femme ou Coquelicot, tantôt danseuse de Flamenco ou encore Capitoul du XIIe siècle. Anna, dans son délire, mettra tout en oeuvre pour éliminer Giovanni, maladie à « visage humain ». Puis, débarrassée du parasite, on ressent le doux battement de la vie, la respiration de l'âme. La volonté de placer la vie et les plaisirs qu'elle procure au-dessus de tout, amène Anna vers une purification et une renaissance.

  • Le Lot, département français du Sud-Ouest, est évoqué dans ce roman avec toute la richesse de sa nature : aridité et blancheur de ses causses rocailleux, mystère de ses forêts profondes... Élaine et Gilles, héros d'une première aventure africaine, vont retrouver, au cours d'une grande chevauchée dans ce paysage, le contact du terroir et le calme magique des grands espaces. Amoureux du pays, ils y achètent une grande maison vigneronne sans deviner vers quelles aventures ils s'engagent. D'abord traumatisés par un retour forcé en Europe puis trahis par leurs proches, ils rencontrent, enfin, dans le Lot, appui, amitié, compréhension. Et c'est dans le cadre des Pierres Blondes qu'ils s'intégreront.

  • Tourmenté et torturé par les souvenirs de son enfance, traumatisé par l'absence de sa mère, Geoffrey a enfin trouvé le bonheur auprès de Julie qu'il aime d'un amour fougueux et passionnel. Mais ce bonheur sera éphémère. Sa douce et belle Julie a été assassinée... Entre rêves et réalité, revivant sur son lit d'hôpital les images angoissantes de son passé, puis replongeant dans l'horreur de son présent, Geoffrey est ballotté entre espoir et désespoir. S'accrochant à la faible lueur de vie qui habite encore son corps meurtri, il redécouvre l'existence de Marthe, la soeur jumelle de Julie. Jumelle et pourtant si différente...

  • « La même vague » est un divertissement. Un dépaysement en une île hors du temps et qu'on chercherait vainement sur une carte. Libre au lecteur de rejoindre et d'outrepasser l'imaginaire de ces pages. L'île seule aux quatre provinces offre ses collines, ses fleuves, sa micro-civilisation, son originalité, son hédonisme. Son destin menacé par le volcan Acare. Pourtant, et comme ailleurs, et en tout temps, en Île seule déferle la même vague, celle de Saint-John Perse, « une même vague depuis Troie/roule sa hanche jusqu'à nous ». Même vision en notre île, des aspirations, des outrecuidances, des sommets et des écroulements. Et ce seront en général (mis à part quelques méchants), des gens fort fréquentables que nous rencontrerons. Un Roi Sage épris de proximité et de démocratie, un Londus sachant manipuler politique et érotisme, une Létéïla, première épouse, intello à ses heures, un Héras pusillanime homosexuel, un Balorme philosophe débonnaire. Entre autres. Et puis, ici et là. un bouquet de poésie galante. Bonne évasion vous est souhaitée. J.H.B.

  • Un homme jeune, prénommé Mathieu, seul dans Paris, étreint par l'angoisse du lendemain, fait la connaissance, bien involontairement, de pittoresques créatures. L'un d'eux Albert, plus rusé et sensible que les autres, pressent l'état d'âme de cet homme et l'interroge sur sa vie, dans l'espoir d'atténuer, peut-être, son désarroi. D'un passé sans soucis, bouleversé par un drame, il ne reste rien à Mathieu, si ce n'est la trace d'une « insouciance » qui l'avait fait glisser de bonheurs temporaires vers un inconnu inquiétant, à moins que...

  • Qui d'autre que les enfants pourraient le mieux ressentir et expliquer, objectivement, les prémices et les tourments d'un retour à l'âge bête de papa et maman ? Momo est un petit gars sympathique ; fainéant au lycée, il s'est offert le luxe d'être recalé à deux reprises. Cela n'arrange pas le moral de ses parents qui tentent chaque jour, par toutes sortes de comportements forcés, de passer pour des bourgeois aisés. Ils auraient préféré un fils intellectuel plutôt qu'un homme libre, mais les choses ne se passent pas toujours comme on l'imagine, les valeurs peuvent prendre d'autres dimensions si, par mégarde, un événement imprévu vient enrayer une mécanique si bien huilée qu'on n'aurait jamais pensé la voir se détraquer... En bref, il n'est jamais trop tard de réaliser à quel point on a été con dans la vie et de tenter d'y remédier... À Momo donc, la parole !

  • Avant de mourir, grand-père Anatole rédige ses confessions sous couvert d'un polar champêtre. Lieu : la Touraine. Personnages : pucelle, fermiers, maquerelle, dealers et autres trotte-menu de la bouse et de la poudre. L'intrigue : mortelle pour tous ! Gilbertine, sa fille, vierge, honnête et provinciale découvre l'âme de son père. Devant tant de turpitudes elle édulcore à l'encre rose les pages sulfureuses pour que Bérengère, sa nièce, n'en soit pas traumatisée. Elle découvre aussi la drogue. Sa quête, initiatique, la mène au bord des gouffres... Bérengère, 10 ans, semble apporter un peu de candeur dans cet univers délétère. Erreur ! La petite fille, chromosome oblige, est du même tonneau que son pépé. Elle trépigne devant les cadavres ! « Encore ! » réclame-t-elle. Voici un singulier « polaroman » composé comme une B.D. ou une cantate de J.-S. Bach, c'est selon, où trois voix s'entrelacent autour du récit ciselé à l'acide sulfurique. « Meurtres à l'ancienne » est écrit comme un roman, il se lit comme un polar.

  • Après qu'Auguste et Georgia se soient mutuellement témoignés leur affection au cours d'une nuit printanière, ils ne purent, à l'aide de la poire en caoutchouc emplie d'eau et de savon de Marseille, interrompre le cheminement du gamète mâle vers la cellule destinée à être fécondée. Neuf mois plus tard, Hervé découvrait le monde. Le temps des marrons est le moment de la rentrée des classes. Hervé, petit garçon vivant à la campagne dans une famille modeste, au milieu du XXe siècle, mène une existence heureuse au sein de sa famille et au milieu des enfants de son village. D'humbles activités concourent à son bien-être quotidien. Mais son bonheur va lui être ôté lors de son entrée au lycée en classe de sixième. Ce nouveau temps des marrons est celui des coups, de la violence due au bizutage. Hervé découvre les mauvais traitements et subit les vexations. À travers les aventures multiples de son héros, l'auteur décrit le mode de vie dans une campagne viticole française et dans un lycée de garçons, à la fin des années cinquante.

  • Ayant vécu des années sans souci de son patronyme, l'auteur s'avise soudain de lui apporter une attention neuve et soutenue. Ses recherches l'amènent à trouver le mot « lombard » inséré dans la grande et petite histoire des siècles. Avec ses constats et étonnements, il relate comment les Lombards ont traversé les âges en habiles acteurs de leurs temps, mais également en sages observateurs des milieux où le sort, aussi bien que leurs choix, les ont successivement placés. Au fur et à mesure de ses découvertes, il s'aperçoit que ce nom porte un masque qui cache une saga avec un début mythique, une épopée d'abord guerrière et conquérante puis apaisée bien qu'encore militante et éducatrice - une histoire qui va son chemin au long de deux millénaires.

  • Courrier Recyclable, Courrier à ne pas lire, Enveloppe à ne pas lécher, Petites annonces déraillées constituent l'ensemble d'une correspondance animée entre les organes et le mobilier de la chambre d'un couple décédé dans des circonstances peu communes. Vulve embêtée, apitoiement d'une Oreille sourde, Bouche catastrophée, Lustre en colère... s'acharnent par le biais de cartes postales, testaments, télégrammes et lettres de rappel afin de convaincre le retour des deux Âmes. Accusé de réception au paradis, celle de la dame n'en peut plus. Elle répond à ses organes dans l'espoir de remettre de l'ordre dans son corps. Le harcèlement épistolaire dégénère. Diverses petites annonces hystériques comme celles de la Chambre mortuaire et de la Lampe de chevet surpassent l'alchimie intérieure de cette femme. La Vétusté et la Putréfaction en personne sont en avance sur le temps. Cette dernière, avide de matières organiques, se lance un défi : décomposer le corps de la dame en un week-end. Entraînée dans des péripéties inattendues, elle écrira toutes ses confidences à l'Âme : dissolution d'un Foie efféminé, des Poumons monotones, d'une Vulve ventriloque. Décidé, lui aussi, à ne pas passer l'éponge sur cette affaire, le Squelette extasié remettra en question la décision de l'Âme en organisant, toutes matières confondues, une fête machiavélique dans la chambre mortuaire.

  • Quand Jeanne de Boulogne vient se réfugier à Saint-Sulpice, dans la forteresse du Castella, fuyant son mari à moitié fou, ce n'est pas pour rendre les armes et troquer sa sécurité contre une soumission totale au premier venu. Au contraire, Jeanne vient à Saint-Sulpice défendre sa liberté. Résister est devenu chez elle une seconde nature. Elle a eu le temps de se forger un caractère de fer. Abandonnée à 3 ans par sa mère à la cour de Gaston Phébus, « vendue » et mariée à 12 ans au vieux duc de Berry, frère de Charles V, dont la cupidité n'a d'égale que la lubricité, Jeanne n'a pas connu la douceur de l'enfance. Car le malheur de Jeanne est toujours venu, paradoxalement, de son état de riche héritière. Elle est une proie trop appétissante pour toute la noblesse, petite et grande. À Saint-Sulpice, dans les pires conditions de la guerre de Cent Ans, elle n'acceptera jamais de renier ses convictions. Obligée, pour survivre, de recourir à des expédients, ses ennemis la feront condamner. Mais Jeanne résiste, fait front, s'échappe quand on croit la saisir... Jeanne de Boulogne représente un destin de femme exceptionnel dans une époque exceptionnelle, en pleine guerre de Cent Ans. Elle nous donne une leçon de courage et de sincérité.

  • Le prix du sang bleu est l'histoire authentique du comte de Mailly, marquis d'Haucourt, héritier de l'une des plus anciennes noblesses du royaume. Par sa longue existence (1708-1794), ce maréchal de France, commandant en chef du Roussillon et gouverneur d'Abbeville, personnifie tout le XVIIIe siècle. Militaire, il a été de toutes les campagnes et l'un des derniers défenseurs des Tuileries, le 10 août 1792. Il termina sa vie sur l'échafaud en criant : « Je le dis comme mes ancêtres : Vive le roi ! » Couvrant près d'un siècle d'une histoire contrastée, entre le mouvement des philosophes et les convulsions révolutionnaires, l'auteur nous entraîne sur les champs de bataille européens et dans les coulisses de la cour à l'époque des Lumières avec un sens aigu des mises en scènes de l'histoire. Sous nos yeux apparaissent quelques-uns des acteurs de l'Ancien Régime, Louis XV et ses favorites dont les demoiselles de Nesle, cousines de Joseph-Augustin de Mailly, Louis XVI face à la montée des périls et Frédéric de Prusse, le despote éclairé, dont le comte de Mailly fut le prisonnier de guerre et néanmoins l'ami. Il nous fait aussi vivre sous l'action influente d'un grand serviteur du royaume, l'administration d'une province frontalière : le Roussillon, le développement de la cité de Perpignan et la création de Port-Vendres ainsi que la rencontre imaginaire entre un publiciste libertin Julien Laroque, collaborateur au Mercure et à l'Année littéraire et le comte de Mailly. Grâce aux investigations du journaliste, les débuts de la presse, les procès politiques et la Franc-maçonnerie nous sont contés. Écrit dans un style fluide et agréable, Le prix du sang bleu est enfin un plaidoyer à la mémoire d'un personnage qui fut tout à la fois un « anti courtisan », un galant homme et un grand serviteur de l'État de par le Roi.

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