FeniXX réédition numérique (Le Sycomore)

  • Le temps passe vite dans ce métier de feignasse. Quand je pense aux besognes que les chefs se croient obligés d'inventer pour justifier le traitement de leurs milliers d'inspecteurs ! Je dis bien, milliers ! Mais nom de Dieu, quand il n'y a rien à faire, dites-leur, il n'y a rien, restez chez vous et faites de l'aquarelle, de la pâtisserie, de la sculpture. Les Anglais, qui savent mieux que personne à quel point l'homme peut devenir malfaisant, ont tous un hobby, un dada, une manie. C'est en eux. Quand on postule pour un emploi là-bas, il faut dire quel est son hobby : chasse aux diptères, bousiers, clarinette. On doit le déclarer. Obligatoire. Chez nous, il est vrai, on sait trop que l'homme sorti de son travail ne peut faire que deux choses : boire et courir. Demandez aux belles-mères. Dans Une fille du tonnerre, personne n'est épargné. Flics, curés, notamment progressistes, cocos, cucus, cocus, russkoffs, amerloks, députés, ministres, arabes, juifs, pas juifs, à caca demi-chiens, etc., tout le monde en prend pour son grade. Nous assistons au plus réjouissant jeu de massacre qui soit. Ce n'est pas du roman, c'est du pamphlet. Léo Malet

  • La musique vivante - qu'elle soit celle de différentes populations ou celle dite moderne -, tel a été, pendant plus de cinquante années, le champ d'observation et le sujet des publications d'André Schaeffner. Des dix-sept essais, sinon fantaisies, composant ce recueil, presqu'aucun ne s'en tient à une rédaction première ; autant dire que tout est à peu près contemporain. Historien et sociologue de la musique, auditeur de Debussy, ami de Stravinsky, l'auteur resitue les projets de l'un, esquisse ceux de l'autre. Fondateur, en 1929, au Musée de l'Homme, du département d'ethnologie musicale, qu'il dirigea jusqu'en 1965, il expose, dans une ouverture consacrée au pré-théâtre, des réflexions nouvelles sur le rite et la musique, issues de son expérience et de sa connaissance d'autres cultures, surtout africaines. Fruits d'un long travail passionné, ces essais se lisent comme une aventure : celle d'hommes, de peuples, aux prises avec ces signes étranges, mais toujours beaux, que sont les notes et les sons.

  • Le développement ? Il sera possible uniquement pour « une société maîtresse de son destin, ayant retrouvé son équilibre intérieur et ses instruments de mesure morale de toute chose ; une société dont le consensus d'une communauté d'hommes libres est la loi suprême. Spiritualité et Démocratie = Développement... Que penseront les experts de cette équation inhabituelle ? Des malheurs du tiers monde, personne cependant n'est quitte, encore moins les pays riches ; non que leur aide soit le principal remède mais pour leur propre intérêt car « leur survie à long terme (et même, sur certains plans, à court terme), exige que les pays sous-développés deviennent des partenaires économiques mutuellement développant, et cessent en tout cas d'être, à force de misère et de désespoir, des sources imprévisibles de tensions et de déséquilibres ».

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage se situe à contre-courant de la mode idéologique actuelle qui fait feu de tout bois contre la pensée de Marx, en l'assimilant abusivement aux déformations bureaucratiques et étatistes de sa postérité, évitant ainsi de l'affronter sur son terrain même : celui de la théorie critique de la pratique sociale. Dans cette perspective, l'ouvrage s'attache en particulier à reprendre en les approfondissant les principales thèses marxistes de l'économique comme monde réifié et représentation fétichiste. Il s'efforce d'analyser dans toutes ses implications le développement monstrueux de l'aliénation marchande au sein du monde moderne. Chemin faisant, c'est le processus de la reproduction du capital comme rapport social qui se révèle comme problématique centrale au sein du capitalisme actuel. De ce processus, il est ici proposé une première approche globale qui met en évidence le rôle médiateur fondamental qu'y jouent certaines formes mentales et sociales : la marchandise, la centralité urbaine, la contractualité civile, le spectacle, l'État. Ainsi s'esquissent les éléments d'une théorie à la fois globale critique et utopienne du mode de production capitaliste dans son ensemble.

  • Les jeunes filles ont eu à subir bien des leçons sur leur sexe. Il fut un temps où les demoiselles se devaient de rester dans l'ignorance des secrets d'alcôve pour arriver fraîches et candides au mariage. Puis vint le moment des conseils pédagogiques pour subir l'épreuve conjugale dans la prière et la résignation. Qui aurait pu croire qu'un jour on leur apprendrait les sciences exactes d'un sexe orgasmique ? Ce livre est un essai pour suivre les effets de ce discours jusque dans les Bons Pasteurs et les Maisons de correction pour filles. Alors on découvre l'expiation des pupilles, la chasse aux moeurs dans les Écoles de préservation, les épreuves permanentes imposées aux pénitentes et les notions de sexualité enseignées aujourd'hui aux délinquantes. L'ouvrage reprend les innovations des dix dernières années qui ont abouti à la contraception et à l'avortement accessibles aux mineures. Ces dispositifs récents ont-ils vraiment modifié l'ordre des choses dans l'éducation des jeunes filles ? Réflexion à l'envers sur la déviance juvénile, ce texte est un périple circulaire sur les traces d'un même discours. C'est une exploration étroite d'un point précis de l'opinion, un voyage qui commence dans l'éclat du jour et s'achève dans les ténèbres. Mais comment saisir ce qui se dérobe à trop se reconnaître en nous ?

  • Un lundi bleu. Et la ville d'Angers où Marie-Anne a passé son enfance qui remonte à sa mémoire lorsqu'elle marche sur la plage à marée basse surplombée de falaises. Roman d'amour impossible où les personnages se mélangent comme dans le rêve et le souvenir à mesure que tournent les pages d'un album de photographies. Roman familial aussi : Noémi prisonnier de sa mère affronte la puissance magique de la petite fille. Violence contenue, au paroxysme de la première à la dernière phrase jusqu'à la mort. Écriture du continent noir féminin toute d'images, musique, silence et rupture comme une respiration qui se coupe : « Ô déjà cette phrase brisée gémit-elle ».

  • Régulièrement sous les feux de l'actualité à l'occasion d'actions d'E.T.A., ou des consultations électorales, la situation en Euskadi est cependant très mal connue. Cinq ans après la mort de Franco, où en est le « problème » basque ? C'est une véritable synthèse que nous proposent Patrick Busquet et Claude Vidal en mettant en rapport la lutte armée d'E.T.A., l'histoire du Pays Basque et celle de l'Espagne, le passé du nationalisme basque, les structures économiques et sociales et les aspects culturels. Ils détaillent les relations entre E.T.A. et les mouvements politiques et sociaux qui agitent les quatre provinces basques d'Espagne et ils abordent enfin les répercussions de cette situation dans les provinces du Nord, en territoire français. Ce livre permet de comprendre pourquoi, de plus en plus, le Pays Basque sera un des points chauds de l'Europe.

  • Régulièrement le régime sollicite les suffrages populaires. Quelles qu'en soient les issues, la classe dirigeante ne se sent pas menacée : la crise économique fait des mécontents, pas des révolutionnaires et peut-être même pas des opposants. Sans dissoudre l'appareil classique de coercition, le capitalisme libéral préfère des procédés moins visibles mais d'action plus profonde : la balkanisation de chacun, la dislocation sociale, la dépolitisation tranquillisante, l'infériorisation des manuels, l'exploitation des divergences d'une opposition sans projet. Ce livre ne se limite pas à exposer les mécanismes d'un capitalisme auto-entretenu, ni à déplorer la perte de l'élan des premiers socialistes. Il se veut une contribution à l'espérance révolutionnaire, une première réflexion sur les conditions de sa résurgence.

  • La création, c'est bien elle le vrai moteur de la culture. Pourtant, mystérieuse et inquiétante, on ne lui attribue pas la place qu'elle mérite dans la politique culturelle que François Aubral propose de recentrer sur les nécessités de la création. Éducation (de l'école maternelle à la faculté), animation, politique et vie culturelle : tout doit être alors repensé en fonction des impératifs de cette création. Sur son chemin, l'auteur se confronte à la technocratie, et à l'urgente question sans cesse éludée de l'évaluation en matière d'art. Son livre trace les lignes générales d'une politique culturelle ancrée dans une réflexion sur l'expérience esthétique de l'oeuvre d'art, expérience qui met en mouvement la puissance créatrice de chacun. Mais l'espace de la création est vaste : il englobe les problèmes de la production des oeuvres, de leur diffusion (médias, télématique) et des institutions culturelles les plus variées. Intervention incitative, parfois programmatique... Invitation à la réflexion et à l'action pour qui pense venu le moment de reconnaître la puissance de la création et le rôle des créateurs dans les mutations de la société contemporaine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Un ouvrage qui fournit de nombreuses informations sur la stratification sociale de la population et les prélèvements économiques des dominants sur les dominés.

  • Un ouvrage qui fournit de nombreuses informations sur la stratification sociale de la population et les prélèvements économiques des dominants sur les dominés.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Où en est l'Algérie ? De la décolonisation à nos jours quelle a été son évolution politique, sociale et culturelle ? Continuité ou rupture, que signifie pour elle la mort de Houari Boumediène ? C'est à ces questions que voudrait répondre cet ouvrage, fruit de plusieurs années de réflexion et de recherche, aboutissement de toute une série d'études et d'investigations. Un livre qui dégage tant les aspects positifs de la voie algérienne que les erreurs inhérentes à tout processus de développement. Un ouvrage de base sur la réalité algérienne d'hier et d'aujourd'hui.

  • Un pays attachant mais dont la façade, entretenue par la propagande officielle, cache des injustices et des inégalités trop criantes, à l'ombre des bureaucrates et des nantis de toutes sortes.

  • Le lecteur trouvera dans ce dictionnaire non seulement les principes des grandes religions, leurs origines, leur doctrine, leurs dieux, leurs rites, leurs objets de culte, mais aussi les biographies des grands fondateurs de sectes et d'ordres, les faits religieux et les systèmes philosophiques qui s'y rattachent, ainsi que les termes qui, d'une manière ou d'une autre, ont un caractère religieux, cela dans un esprit de grande impartialité.

  • Ce livre collectif étudie les processus de nature politique qui se déroulent au sein des forces armées dans les sociétés où celles-ci jouent un rôle extra-militaire déterminant pouvant aller jusqu'à la détention parfois durable du pouvoir. Cette quête est d'autant plus justifiée aujourd'hui que se multiplient les régimes à dominante militaire dans le monde. Alors, quel est le fonctionnement effectif des armées en tant que forces politiques ? À l'aide de méthodes parfois différentes, les auteurs étudient ce problème en Afrique, à Madagascar, en Syrie ou en Turquie... C'est dire la diversité des champs d'investigation.

  • Évoquant la partie économique du programme qu'il a corédigé avec Guesde et Lafargue, Marx écrit à Sorge (le 5 décembre 1880) : « Ce fut un grand pas que de ramener les ouvriers français leur phraséologie nébuleuse à la réalité des faits ; aussi éveille-t-elle beaucoup de susceptibilités parmi tous les filous qui vivent de la fabrication des nuages ». Comment les thèses de Marx ont-elles été introduites en France ? Quelle audience avaient-elles ? Qu'est-ce qui caractérise le marxisme français de cette époque ? Qui en sont les principaux théoriciens ? À quels débats idéologiques participent-ils ? En quoi ce marxisme-là annonce-t-il les marxismes qui suivront ? À ces questions, l'auteur apporte quelques éléments de réponse : les thèses de Marx sont introduites tardivement et généralement caricaturées ; le marxisme de cette époque est le guesdisme dont l'influence idéologique reste très limitée ; ses principaux théoriciens sont Gabriel Deville et Paul Lafargue (injustement méprisés aujourd'hui) ; ce marxisme annonce le marxisme (bien que bolchévisé) du P.C.F. (faire payer les riches, fabriquons français, exproprions les expropriateurs, etc.). Participer à l'histoire des idéologies révolutionnaires et plus particulièrement des marxismes, tel est le principal propos de cet ouvrage.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Socialisme = propriété d'État + planification. Cette équation simple résume la plupart des conceptions actuelles du socialisme, qu'elles visent à l'apologie des pays où ce système est « réellement existant », ou qu'elles les considèrent d'un oeil critique. L'équation symétrique n'est autre que : capitalisme = propriété privée + anarchie du marché. Le présent livre cherche à faire la critique de ces deux formules. Sur la base d'une fausse conscience de la réalité du capitalisme, le socialisme est défini comme société homogène contrôlée par l'État, où les catégories marchandes et capitalistes servent d'instruments à une gestion purement technique de l'économie. Cette vision du socialisme comme capitalisme organisé représente la théorisation des apparences trompeuses que fait surgir la propriété d'État. Et si elle n'était qu'une idéologie du capitalisme étatique ? De la révolution à 1954 (parution du Manuel d'économie politique), l'Union Soviétique voit se constituer un système économique, dont les thèses vont marquer profondément les conceptions contemporaines de tous les pays socialistes. Un processus riche d'enseignements et de questions sur les formes modernes du capitalisme, leur évolution et leurs idéologies.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • « Remous » en Afrique, « Réveil » de l'Islam, famines du Sahel et d'ailleurs... échecs des diverses expériences de développement : quelle est la cause profonde de l'impuissance du Tiers-Monde et de ses déchirements ? Un intellectuel arabo-africain qui milite depuis un quart de siècle pour la libération des peuples, fait ici le point. La cause essentielle du drame est, pour Ahmed Baba Miske, interne, psychologique, spirituelle. Prostrées, hébétées après avoir perdu leur âme avec leurs civilisations assassinées, les 4/5e des sociétés humaines s'étiolent sous une hégémonie étouffante. Des milliards d'hommes affamés assistent quotidiennement au festin ordinaire d'une minorité de nantis. Disparités explosives en cette fin de siècle. Mais le Tiers-Monde peut aussi entreprendre une renaissance salutaire pour lui et pour l'ensemble de l'humanité : Comment ? Ahmed Baba Miske propose un large débat dont « Lettre ouverte aux élites du Tiers-Monde » se veut une introduction.

  • Le redéploiement industriel : concept clef d'une économie développée en crise, et qui se déploie sur elle-même pour en trouver l'issue. Comment définir une politique industrielle nouvelle en France, quand, depuis plusieurs années, c'est le redéploiement industriel à l'échelle internationale qui semble dicter sa loi ? Que cache concrètement ce terme qui évoque le mouvement d'une armée ? Sur le territoire national, sur le champ international, d'un secteur à l'autre, les activités se relocalisent. Image simple, séduisante, dynamique, d'un corps qui se déplace pour assurer de meilleures positions. Et pourtant, ce corps qui se redéploie semble malade. À chaque mouvement, le voilà qui s'affaiblit. La dynamique du redéploiement crée de faux horizons, suscite de fausses perspectives. L'imagerie guerrière induit en erreur : le redéploiement représente, avant tout, un phénomène de retour du système productif sur lui-même, de repli. Mais, et c'est bien l'aspect le plus paradoxal, dans ce retour exacerbé du système productif sur lui-même, naissent certaines potentialités nouvelles. Pour pouvoir penser, réaliser une politique transformatrice, il faut décrypter les contradictions existantes, partir de ce qui déjà se manifeste. On ne nie pas le redéploiement, on ne l'imite pas. On le transforme de l'intérieur.

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