FeniXX réédition numérique (Point hors ligne)

  • Créative, la psychanalyse ? Oui, du sujet du langage et de son désir, quand ils peuvent se dire dans le transfert. L'auteur parcourt ici quelques chemins de cette création : la voix, le mot, la langue et sa signifiance, l'art et ses oeuvres, le corps que nous habitons, et ces âges où l'on peut tout espérer : l'enfance, l'adolescence. Et puis, l'analyste, puisqu'il est l'ouvrier de cette entreprise, où se révèle l'étranger que nous sommes à nous-mêmes.

  • "Ils ne savent pas ce qu'ils font" : voilà la définition la plus élémentaire de la méconnaissance propre à l'idéologie. Or, le non-savoir qui paraît définir l'idéologie ne se réduit pas à un simple aveuglement épistémique : il se supporte toujours d'un jouir - spécialement quand l'appel idéologique adresse aux sujets une injonction à renoncer à la jouissance. Là où on ne sait pas, on jouit. Voilà donc le geste fondamental de l'approche psychanalytique des phénomènes idéologiques : isoler les formations qui structurent cette jouissance, c'est-à-dire le sinthome (écriture lacanienne du "symptôme") idéologique, la façon dont le Juif est le sinthome du Nazi, la façon dont le "traître révisionniste" est le sinthome du Stalinien, etc. Le livre articule les divers modes du jouir dans et de l'idéologie, du totalitarisme fasciste ou staliniste, jusqu'à l'économie libidinale de la soi-disante "société post-moderne". Derrière le bric-à-brac des exemples évoqués, de Hitchcock à Woody Allen, du Titanic à Tchernobyl, du "film noir" à Scorcese, ses références théoriques principales qui le tiennent ensemble de la façon du noeud borroméen sont de l'École de Francfort, la dialectique hégélienne et, bien sûr, la doctrine de Jacques Lacan.

  • "Ils ne savent pas ce qu'ils font" : voilà la définition la plus élémentaire de la méconnaissance propre à l'idéologie. Or, le non-savoir qui paraît définir l'idéologie ne se réduit pas à un simple aveuglement épistémique : il se supporte toujours d'un jouir - spécialement quand l'appel idéologique adresse aux sujets une injonction à renoncer à la jouissance. Là où on ne sait pas, on jouit. Voilà donc le geste fondamental de l'approche psychanalytique des phénomènes idéologiques : isoler les formations qui structurent cette jouissance, c'est-à-dire le sinthome (écriture lacanienne du "symptôme") idéologique, la façon dont le Juif est le sinthome du Nazi, la façon dont le "traître révisionniste" est le sinthome du Stalinien, etc. Le livre articule les divers modes du jouir dans et de l'idéologie, du totalitarisme fasciste ou staliniste, jusqu'à l'économie libidinale de la soi-disante "société post-moderne". Derrière le bric-à-brac des exemples évoqués, de Hitchcock à Woody Allen, du Titanic à Tchernobyl, du "film noir" à Scorcese, ses références théoriques principales qui le tiennent ensemble de la façon du noeud borroméen sont de l'École de Francfort, la dialectique hégélienne et, bien sûr, la doctrine de Jacques Lacan.

  • En quoi le Réel de Lacan permet-il de mieux cerner la spécificité de la pulsion freudienne, par essence morcelée et inapte à se satisfaire ? Le sexuel reste réfractaire au langage, à la parole du sujet, bien que, pourtant, il le conditionne et le divise, à son insu. À le définir comme impossible, donc Réel, Lacan effectue là son apport propre - et le plus original - à la théorie freudienne. C'est l'un des versants de la lecture rigoureuse que Claude Conté donne, dans cet ouvrage, de moments décisifs de l'oeuvre de Lacan, interrogeant aussi bien l'angoisse, la fonction phallique, le narcissisme, le clivage du sujet, que le transfert et le devenir analyste.

  • En quoi le Réel de Lacan permet-il de mieux cerner la spécificité de la pulsion freudienne, par essence morcelée et inapte à se satisfaire ? Le sexuel reste réfractaire au langage, à la parole du sujet, bien que, pourtant, il le conditionne et le divise, à son insu. À le définir comme impossible, donc Réel, Lacan effectue là son apport propre - et le plus original - à la théorie freudienne. C'est l'un des versants de la lecture rigoureuse que Claude Conté donne, dans cet ouvrage, de moments décisifs de l'oeuvre de Lacan, interrogeant aussi bien l'angoisse, la fonction phallique, le narcissisme, le clivage du sujet, que le transfert et le devenir analyste.

  • Créative, la psychanalyse ? Oui, du sujet du langage et de son désir, quand ils peuvent se dire dans le transfert. L'auteur parcourt ici quelques chemins de cette création : la voix, le mot, la langue et sa signifiance, l'art et ses oeuvres, le corps que nous habitons, et ces âges où l'on peut tout espérer : l'enfance, l'adolescence. Et puis, l'analyste, puisqu'il est l'ouvrier de cette entreprise, où se révèle l'étranger que nous sommes à nous-mêmes.

  • A y regarder de près, la pratique sociale se fonde sur le transfert, et elle a contracté ainsi une dette envers la psychanalyse, et d'autant plus qu'elle est déniée, refoulée, rejetée. Cet ouvrage fait l'hypothèse que la visée éthique n'est pas incompatible avec les pratiques sociales.

  • Poèmes et prose, une réflexion sur le temps, un regard sur le passé.

  • L'auteur rapporte dans cet ensemble d'articles quelques traces de la chasse qui a guidé toute sa vie d'analyste : une traque originale, une chasse non coutumière - même pas la chasse au Snarck - mais celle des preuves de l'existence de l'inconscient. Celui-là qu'on n'entend pas quand il vous parle et qu'on ne voit pas quand il vous fait des signes, mais dont, toute sa vie, on perçoit les effets sans arriver à le cerner sérieusement, celui-là, une carrière de psychanalyste le désigne comme aussi omniprésent que le soleil dans un ciel d'août. Il a été - tout le long de ces années où ont été écrites ces lignes - à la fois présent par ses traces et sans relâche dépisté au-delà d'elles, tant dans la vie quotidienne que dans les cures et les expressions artistiques : rien n'a été négligé dans cette enquête policière, jusqu'à la nécessité de la référence à la logique mathématique, seule à cerner la vérité. Une expérience privilégiée, encore que non enviable, a permis enfin une confrontation sans témoin, sans décor, sans arrangement entre la psychanalyste plongée dans un coma profond et son propre inconscient. Ce moment, heureusement exceptionnel, a couronné ce long dépistage, l'inconscient finissant par se dévoiler à celui aveugle, sourd, insensible et paralysé qui, retrouvant la vie, retrouvera avec les souvenirs de sa vie artificielle les traces, les marques, les signifiants - bref les preuves de l'incroyable omniprésence de l'inconscient chez l'être parlant.

  • Au cours des premières années de son enseignement Lacan a ouvert une nouvelle voie entre expérience psychanalytique et formalisation : la topologie.

  • Faute d'être polies, des chaises s'entretiennent. Leurs espoirs entrevus, leurs regrets tremblés du temps où certaines étaient bipèdes, avant d'avoir trois, puis quatre assises. Maintenant les escargots les talonnent...

  • En 1982, une journée réunissant essayistes et professeurs a été consacrée à E. Jabès à l'Université de Tel Aviv.

  • Il semble exister une contradiction insurmontable entre les institutions destinées à recevoir des enfants psychotiques ou névrosés graves, et la psychanalyse. En effet, l'institution doit donner des soins et prendre des responsabilités éducatives, à l'opposé de la cure analytique qui n'est jamais directive en ce sens. Un jeune analysant, Poil de Carotte, illustre cette expérience et démontre le possible des cures psychanalytiques en institution, contrairement à la pensée courante qui les voit comme antinomiques. Émouvant et drôle à la fois, cet enfant ne cesse de couturer son cheminement analytique et la réalité quotidienne de l'institution, mettant en relief les fonctions de chacun. Odile Bernard Desoria est psychanalyste, membre de l'E.C.F.

  • Les textes qui composent ce recueil abordent les rapports du sujet à la langue, celle que l'on dit maternelle. Les termes qui la désignent ne peuvent-ils pas d'ailleurs prêter à confusion ? Car les petits restes de l'enfant merveilleux qui ne finit pas de se meurtrir, ces rescapés d'une brisure, ces éclats d'amour, de nostalgie ou de croyance qui occupent le sujet, constituent la langue d'un exil intérieur. Assujetti à sa passion, le sujet traque cette langue inarticulable du trauma comme d'autres recherchent des fragments de textes, des parchemins égarés, des objets de fouille, ou des insignes, qui toujours se dérobent. « L'enfant mort » défini ici comme le point d'ancrage de la pulsion de mort dans le Moi, comme une insistance à mettre des mots à l'endroit d'une parole suspendue, esquisserait un terme de passage, un octroi et soutiendrait la fonction symbolisante de la langue. L'auteur fera appel à la clinique, à des personnages de romans ou de films, et au souvenir d'un danseur baroque et insensé image stylisée de l'exilé pour évoquer ces différentes métaphores de l'exil de la langue.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • L'Amour comme relation à autrui, est pris dans un drame qui va de la contingence à la nécessité. Son moment est celui d'une illusion : que l'exil du rapport sexuel prenne fin. Mais au-delà de ses prétentions chimériques, au-delà de ses pressentiments de mirage référé à la souffrance et à la douleur, l'amour se tient aussi à la limite d'une jouissance qui s'unit à la mort. Ainsi, le psychanalyste est confronté à ce jeu des passions humaines, même s'il semble décliner toute participation réelle à leurs élans.

  • À partir de l'énoncé négatif : il n'y a pas de métalangage, Mireille Andrès note qu'il ne peut s'entendre que couplé à l'affirmation : il y a du langage, voire il n'y a que du langage, et que cette négation initiale n'est donc pas donnée comme moment fixe, encore moins comme vérité fixée épistémologiquement, mais que seule son énonciation a un sens : le sens de venir interférer dans une dualité vrai/faux en produisant, dans son énonciation même un troisième terme, le sujet de l'énonciation désigné comme sujet de l'inconscient. De là s'impose l'idée dominante d'un mouvement, d'un mouvement ternaire, d'une « boucle à trois termes » qui ne saurait contenir en elle-même ni le concept de langue ni celui de métalangue, mais fait travailler le couple d'opposition en le mettant en rapport par l'un des termes au moins avec une autre boucle à trois termes, par exemple en l'occurrence : langage/métalangage/sujet renvoyant au ternaire sujet/savoir/vérité. Exemple où apparaît, comme l'argumente solidement Mireille Andrès, que le fondement épistémologique de ce travail consiste dans la prise en considération de l'énonciation comme acte, acte d'énonciation. Ce qui ne sera pas sans conséquences sur l'analyse de l'acte de pensée d'une part, sur la valeur opératoire du concept comme temps, d'autre part. Ainsi la définition et la mise en jeu du sujet de l'inconscient viennent interférer sur le savoir positif et mettant l'accent sur l'acte de pensée comme ne se réduisant pas à la pensée elle-même ; d'où la question : dans quel espace, dans quel temps peut prendre l'acte de pensée, et comment ? Quant à la valeur opératoire des concepts, elle apparaît dans leur élaboration même, avant tout comme effet du temps de la langue, du mouvement même de l'acte d'énonciation, ce qui amène Mireille Andrès à les saisir avant tout comme espaces intercalaires des relations conceptuelles et, précisément, à les énoncer. Serge Leclaire

  • Qui est le psychanalyste, s'il apparaît dans la cure seulement comme une manifestation de l'inconscient, comme une de ses formations au même titre qu'un symptôme ? N'est-ce pas alors lui dont le nom sera nécessairement oublié, perdu au même titre que ce sujet de l'inconscient dont il explicite la présence ? Aussi le moment où Freud oublie le nom de Signorelli, après sa visite aux peintures d'Orvieto, prend-il une singulière importance dans l'élaboration de la théorie psychanalytique...

  • Si la psychanalyse pouvait être une science, le devrait-elle ? La réflexion, par-delà Freud et Lacan, rencontre Descartes et Aristote et conclut que la psychanalyse se perdrait en s'engageant sur le chemin des Lumières. Si sa praxis l'oppose aux menaces de l'« arraisonnement techno-scientiste » (Heidegger) du « parlêtre » (Lacan), qui marquent la modernité, le soulagement de la misère psychique est-il son seul enjeu ? Ne poserait-elle pas également la question éthique centrale du temps que nous vivons ? Quelles sont les incidences de cette position stratégique sur l'orientation des cures et les modalités de son invention ?

  • La question ou même l'hypothèse que ce livre travaille est incluse dans le titre. Il affirme que Lacan a élaboré une topologie spécifique en relation avec la clinique tout aussi spécifique de la cure psychanalytique. Pourquoi est-il donc si difficile de traiter la spécificité de la psychanalyse sans verser ni dans la littérature, ni dans la philosophie, ni aujourd'hui dans la logique ou les mathématiques, et a fortiori dans le recueil de préceptes sages ou de panégyriques quasi religieux ? Il faut ouvrir la perspective : la psychanalyse n'a pas encore 100 ans (La science des rêves est publiée en 1901), alors que les mathématiques ou même la psychologie - comme le prouve la description de la mélancolie que l'on trouve dans Hésiode - occupaient déjà les « présocratiques » au VIe siècle avant Jésus Christ. La médecine aussi, et qu'on se souvienne des propos de Molière ! Ce livre essaye de situer dans cette lignée, le point où la théorie psychanalytique ose encore s'affronter à cette spécificité de l'expérience du divan, sans prétendre à la cerner, en espérant même laisser la question ouverte.

  • Antoine et Max sont amis depuis toujours. Ils ont leurs jeux. Ils ont leurs coutumes. Comme celle de tout partager. Y compris Maria, qui fut la femme du premier -et la maîtresse du second. Mais Maria a disparu et la pièce commence. Antoine et Max se retrouvent vers minuit autour d'un verre pour affronter la nuit ensemble et parler de Maria. Mais ils vont surtout parler d'eux. Laisser libre cours à leur rancune, à leur mépris. Ils découvriront que la haine qui les soude l'un à l'autre est un trait d'union plus solide encore que l'amour et bien moins redoutable que la solitude. À moins que...

  • A y regarder de près, la pratique sociale se fonde sur le transfert, et elle a contracté ainsi une dette envers la psychanalyse, et d'autant plus qu'elle est déniée, refoulée, rejetée. Cet ouvrage fait l'hypothèse que la visée éthique n'est pas incompatible avec les pratiques sociales.

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