FeniXX réédition numérique (Syllepse)

  • Ce siècle a connu de grandes espérances et d'immenses tragédies. Siècle de la technique, des enthousiasmes de la Révolution d'Octobre, de la victoire sur le fascisme, de la libération des colonisés. Siècle aussi des boucheries guerrières, du goulag, des guerres coloniales, de l'étranglement du Tiers Monde. Le monde de demain aura besoin de partager l'accès aux ressources et aux savoirs et de mettre en commun les conditions du développement humain. Beaucoup de choses nous en éloignent : le règne de la marchandise, la toute-puissance de l'État, l'esprit de distinction et la haine de l'Autre. Pour Roger Martelli, la visée communiste est l'utopie concrète du siècle qui s'annonce. En nous invitant à comprendre ce qui a gâché l'espoir et comment le communisme s'est fait « stalinisme », il nous convie aussi à refonder un « communisme autrement », un communisme pour le XXIe siècle. Il faut rebâtir une espérance qui mobilise et un projet qui façonne une cohérence sociale. Il faut dessiner les contours d'un « au-delà du capitalisme » pour transformer le monde en une « société monde ».

  • Les élites doivent stabiliser leurs positions sociales, leurs fonctions, grâce à des qualités reconnues par tous. Cela paraît naturel. Mais combien d'efforts faut-il pour produire et reproduire l'obéissance et le respect, de même que le « sens de l'autorité » ? Méritocratie et aristocratie, voie républicaine et voie royale ? Grande-Bretagne, France : les systèmes éducatifs y obéissent à des « valeurs » dissemblables ; pourtant, des effets voisins se produisent. En comparant les deux systèmes, l'auteur s'emploie à mettre au jour les dispositifs qui produisent les relations de pouvoir. Il montre que le mécanisme de sélection française, « républicaine, égalitaire et juste », partage avec les filières apparemment plus fondées sur l'argent et la naissance un pouvoir de sélection aussi brutalement inégalitaire et injuste. Il aide à la compréhension des couches dirigeantes des deux pays et cerne ainsi les racines de la crise de confiance qui les interpelle aujourd'hui. Comment, s'interroge-t-il, une société qui se qualifie de démocratique peut-elle éliminer du recrutement de ses élites la grande majorité du peuple ?

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