FeniXX réédition numérique (Zulma)

  • Simon Rose est détective privé. Mais on peut se demander comment il exerce un tel métier en vivant encore chez sa mère et en dormant au-delà de toutes limites!

  • La fascination pour l'Orient a beaucoup marqué les peintres européens. Si les conquêtes coloniales du XIXe siècle ont vu naître un orientalisme de pacotille, Delacroix est à coup sûr le premier à avoir peint, avec génie, un Orient différent. Après lui, toute une génération d'artistes, de Klee à Picasso, de Matisse à Van Dongen ou de Macke à Gauguin, n'a cessé de dire sa passion pour l'Orient. Au point d'en modifier sa manière de le peindre, et même de peindre. De leur côté, les plus grands artistes maghrébins contemporains - Cherkaoui, Atlan, Abdallah Ben Anteur ou Khadda - vont fuir l'exotisme, la tentation folklorique, et se ressourcer à leurs propres origines grâce aux écoles occidentales dont ils sont tous imprégnés. Dans cet essai dense et passionné, Rachid Boudjedra montre avec finesse et conviction comment les échanges artistiques entre l'Orient et l'Occident enrichissent l'art et engendrent de véritables chefs-d'oeuvre universels.

  • Des femmes attendent le retour des guerriers pour apaiser leurs fatigues en un rituel immuable... Une vieille bonne femme aux seins lourds, un petit jeune homme gris, un chantage à l'amour... Marie achète un jour une perruque rousse, et en affuble Dominique, son mari... Un homme qui aime les hommes, une femme amoureuse, un étrange cérémonial... Au fil des huit nouvelles de Monsieur désire l'érotisme surgit au détour de relations inavouées, de plaisirs dérobés. Les personnages d'Hugo Marsan sont certes ambigus, fragiles, ils ont les yeux fermés au désir de l'autre, et demeurent captifs de fantasmes différents qu'ils ne savent pas toujours combler. Dans une écriture sobre et précise, Hugo Marsan ouvre des espaces équivoques, lieux de métamorphoses et de mutations. Ses histoires reflètent un univers tout contemporain, celui de la confusion des sexes et de l'amour.

  • Les mythes meurent à l'instar des cultures. La fameuse « première fois », la scène primitive des béotiens de l'amour a cessé d'apparaître comme l'événement existentiel majeur de la formation des êtres. Fin de rêve ou de cauchemar : on semble aujourd'hui s'y livrer sans appréhension et sans émotions particulières. Amoureusement, peut-être, mais aussi avec légèreté. Adieu la gravité et les frémissements du corps ingénu... Dans un texte alerte et joyeux, Dominique-Antoine Grisoni dresse un catalogue raisonné des fantasmes qui se sont formés autour de la virginité des femmes et ont marqué l'inconscient collectif. Étrange galerie de monstruosités, de peurs et de violence, fabuleux dictionnaire d'illusions lyriques et de vertiges métaphysiques : d'où il ressort que le mythe de LA vierge a d'abord été une invention de l'homme !

  • Anne Pourrillou-Journiac a le chic pour révéler les petits et grands travers de ses contemporains. Regroupées pour la première fois par thèmes (l'amour, la fiesta, les vacances...) ses chroniques sont autant d'aspects de la vie quotidienne brossés d'un oeil à la fois tendre et féroce, sérieux et désinvolte, critique et spirituel. Sont ici secoués les vieilles lunes, idées reçues et préjugés de cette nébuleuse médiatico-marketing dans laquelle on baigne à longueur de temps. Passionnée par la place respective de l'homme et de la femme dans la société, Anne Pourrillou-Journiac ne manque pas, par-dessus le marché, d'y mettre son grain de sel. On l'a compris, la Lorgnette est un livre revigorant. Un regard intelligent sur notre monde souvent cruel. En quelque sorte, une oeuvre de salubrité publique.

  • Baptiste-Marie Bon monte de Bergerac à Paris pour y suivre des études de médecine. Dès le bizutage, le carabin séduit la gent féminine. Ce début prometteur annonce vite d'autres conquêtes.

  • "Brasserie de Namur. L'endroit est calme et sûr. On pouvait parler. Rue de Compiègne, à deux pas de la gare du Nord. À seize heures. Il n'a qu'un quart d'heure de retard, deux bières sur un plateau qu'il porte avec précaution. Le couloir, la cour pavée, luisante et glissante. Au fond, à droite. Il frappe, pousse la porte qui résiste. C'est une salle rectangulaire, qui doit servir pour les réunions de sociétés de chant ou les mariages. Il y a longtemps qu'on n'y a pas chanté ni dansé. Les murs sont d'un jaune pisseux, l'odeur pareille, mêlée à celle plus âcre du tabac. Ameublement sommaire, formica et chaises métalliques. Le commandant Baudry lui tourne le dos, affalé sur son siège. Simon pose le plateau sur la table recouverte d'une toile cirée douteuse, mais ce qui est hors de doute est que son client ne boira plus jamais de la Neumen. C'est d'une autre sorte de bière qu'il aura besoin."

  • 60 écrivains répondent à la question, parmi lesquels : Jacques Abeille, François Cavanna, Serge Grunberg, Elisabeth Huppert, Chloé Radiguet et Philippe Sollers.

  • À la fin des années 80, Werner, étudiant allemand, vient poursuivre ses études à Paris. Il prend pension chez la vieille Hannah, qui vit sur place avec Salomé, sa petite-fille. Elles sont juives. L'une a connu la guerre, l'autre pas. Installé dans le grenier, Werner découvre dans des coffres d'intrigantes traces du passé. Ce fils d'ancien officier nazi tente alors de reconstituer l'histoire de la famille qui l'héberge. Il part à la rencontre de plusieurs générations de femmes, l'une le menant à l'autre, à la manière des poupées russes, les matriochkas. De Hannah à Myriam Rosenstein, de Maria Blum à Elizabeth, Werner soude les divers maillons de la chaîne. Quitte à entreprendre un voyage aux États-Unis et en Israël. D'abord par jeu, puis par amour, Salomé l'accompagne dans ses recherches. La passion l'emporte sur la patience. De rebondissements cruels en conséquences inattendues, Salomé laisse Werner s'approprier sa vie, son passé...

  • C'est par 31 °C qu'Othello Desdouches atterrit à la Martinique. La chaleur est au rendez-vous. Pas son oncle, Antoine de Beuil. Faux-bond ? Enlèvement ? Meurtre ? L'ancien journaliste, tête brûlée, n'est pas au bout de ses surprises ! L'île est petite, mais les magouilles sont grandes...

  • "Puis, comme une vague qui se retire après avoir recouvert le sable, ces idées disparurent, la raison reprit le dessus : si le chalet brûlait, comment, lui, survivrait-il jusqu'au retour de Mardel ? Et si on le retrouvait, seul avec huit cadavres, ne quitterait-il le chalet que pour aller croupir au fond d'une prison ? Non, pour l'instant, ils étaient les plus forts et ils le savaient. Mais plus tard viendrait l'heure de la vengeance, quand ils seraient sortis d'ici... s'ils en sortaient. Le gros homme ouvrit la fenêtre. Le froid s'engouffra dans la chambre avec voracité. Quelques flocons de neige entrèrent également et disparurent aussitôt, ne laissant que de minuscules traces d'humidité sur le plancher. Winock sourit à la nuit, il sourit à l'immensité déserte autour de lui. Il sourit en songeant comme ce serait bon de serrer entre ses doigts la vie de ces salauds, de la serrer et, lentement, de la broyer..."

  • Neuf nouvelles noires qui, dans leur diversité de thèmes et de styles, expriment le mal-être, la dureté et le cynisme de notre fin de siècle. Heureusement, leur lucidité fait la part belle à l'ironie et à l'humour.

  • « Je résume. Mon nom est Othello Desdouches. Je suis de passage et m'intéresse vaguement à tes activités. Sans plus. Quand je suis arrivé ici, il s'agissait de pisser quelques feuillets pour un éditeur sur le regain des pratiques sataniques. En l'occurrence, on m'a branché sur Baal. Alors, Baal, Baâlon, le Cercle de Baal... Tu piges : je suis curieux de savoir de quoi il retourne ? Exploitation de l'inquiétude fin de siècle ? Au profit de qui ? Tu vois ? Mafia ? Interpénétration du néonazisme et du satanisme ? Je ne suis pas complètement débranché malgré l'apparence de vétusté ! Alors je veux savoir pour qui tu roules. »

  • Roland reçoit un jour un courrier d'un ami perdu de vue. Maxime Le Fur, journaliste, écrivain raté et frustré, lui envoie son journal intime et un cahier noir, et lui annonce sa mort qu'il jure ne pas être un suicide. Coïncidence ou fatalité, écrit-il, les écrivains dont il inscrit le nom dans le cahier noir meurent les uns après les autres...

  • Changer de nom ne se résume pas à choisir un pseudonyme. En 1980, l'auteur s'appelait Jean-Marie Geng. Sociologue et polémiste notoire, il vivait et enseignait à Strasbourg. Pour marquer son entrée en littérature, il quitte l'enseignement, s'installe à Paris et se donne le nom d'une ville. C'est ce que raconte, entre essai et récit, journal intime et carnet de voyage, ce livre.

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