FeniXX réédition numérique (L'Aube)

  • En l'an 40 de notre ère, deux jeunes paysannes à dos d'éléphant ont chassé de leur pays l'occupant Han, le plus grand empire de l'Antiquité. En cette année 1965 du calendrier impérialiste, le masque a encore une fois changé d'empereur et, encore une fois, filles de dragon et fils de fée font face... Nous sommes au Viêt Nam ; Maman Nymphéa a perdu tous ses enfants, l'un après l'autre, dans cette guerre terrible contre la plus grande puissance du monde. Seule survivante, Loriot-du-Saule, la petite soeur, se jette de toutes ses forces dans la bataille. Et si elle est sûre d'y rencontrer la mort, elle ne s'attend certes pas à y découvrir l'amour... Amour et haine, qui jamais ne pourront faire bon ménage ; Salangane et Point-Virgule en feront à leur tour l'amère expérience avant que l'Amérique comprenne enfin qu'elle est vaincue par la ténacité de ce peuple inflexible. Un roman (mais est-ce un roman ?) fascinant, foisonnant, tendre et violent, comme un coup de poing venu de ce Viêt Nam qui ne cesse de résonner dans nos mémoires...

  • « Finalement l'ombre disparaît et, par fines touches, des teintes naissent en de multiples points de la voûte haute du ciel, alors, là se découpent des nuages, ils deviennent enfin presque visibles pour celui qui est encore là, pour celui comme moi qui n'a peut-être rien d'autre à faire que d'être là, assis sur le pas de la porte à guetter le premier nuage dans le ciel du matin. L'espace se reconstruit morceau par morceau jusqu'à transformer l'horizon deviné en ligne réelle, les cris d'oiseaux en taches blanches et le bruit des vagues en ondulations visibles. Ainsi, le matin allait finir par arriver, espoir indicible, je n'aurais pu dire que je l'attendais vraiment, non plus que je le désire tellement d'ailleurs, simplement, comme fatalement, cette nuit-là aussi allait finir par s'achever et le temps maintenant allait pouvoir enfin s'organiser en quelque chose qui ressemblerait probablement encore une fois à une journée, journée à venir nouvelle, nette et propre, identique, sortie d'un moule naturel et sain. » Un murmure d'amour et de solitude, sur une petite île de Bretagne perdue dans l'océan. Louis Maspero mêle fantasmes et réalité, pour nous donner un roman onirique qui nous emmène, seuls à notre tour, sur les rives de notre imaginaire...

  • Le Guide bleu de 1943 chante Marseille touristique. Autour de lui, J.-L. Parisis fait resurgir l'ambiance sombre et tragique de la ville où se pressèrent tant de ceux qui voulaient échapper au nazisme... Avec des textes d'Artaud, Breton, Cendrars, Charles-Roux, Giono, Gracq, Montherlant, etc.

  • Ce livre est un essai bâti du quotidien d'une vie. La femme qui s'y exprime parle autant de son expérience que de son savoir et c'est cette double dimension qui donne sa force à ce livre. Car, dit-elle, « Corps, esprit, âme... Doit-on fatalement confiner l'Algérienne dans un seul de ces éléments au détriment des deux autres, ou bien lui sera-t-il loisible un jour d'assumer les trois à la fois ? Loin d'être seulement la beauté séductrice, la dynamique compagne ou la dévote austère telles que la perçoivent ou la veulent ses compatriotes masculins, loin d'être la femme soumise, esclave et cloîtrée, ou encore l'odalisque oisive et sensuelle, telles que l'ont vue ou la voient encore des yeux étrangers, la femme algérienne peut vivre tout cela à la fois, ou combiner en elle plusieurs de ces facettes. » Se poser ces questions dans le contexte actuel n'est évidemment pas neutre. Et le travail de Rachida Titah, en nous entraînant dans la poésie algérienne ou la peinture coloniale, dévoile peu à peu cette figure de l'absente qui pèse si lourd sur la société algérienne, et sur les femmes algériennes en particulier. Une contribution forte à un enjeu décisif.

  • L'exil d'un jeune Algérien en France raconté à travers sa mémoire et ses souvenirs : la grand-mère Zina, conteuse des montagnes kabyles, la tante Fatiha et le trouble des corps de femmes au hamman, Leïla, la petite fille aux yeux verts, le berger Azzedine qui charme les scorpions à l'harmonica...

  • Dans une ville grise, un jardin public. Le narrateur, assis sur un banc, est témoin d'une scène étrange : des hommes bien mis, parmi lesquels il croit reconnaître des personnalités en vue, disparaissent comme par magie dans les entrailles de la terre. Il les suit, et les surprend en train de creuser frénétiquement des galeries, le regard absent. Revenu chez lui, il est soumis à la terrible pression d'une enquête policière. Un récit kafkaïen, où l'absurde se joue du politique...

  • "Ce charmant petit livre n'a pas besoin d'introduction. Aussi ne dirai-je rien de son contenu. Le lecteur découvrira lui-même à chaque ligne la poésie parfois délicate, parfois rude, qui se dégage de ces lignes. Avec la licence permise au poète, Rivolier nous apporte aujourd'hui un ensemble de courts récits fondés sur des observations précises, qui rappellent plus d'une fois les Histoires comme ça du grand Kipling", écrit Paul-Émile Victor. Les chiens sont les personnages principaux de ces récits, chiens de travail certes, chiens de traîneau mais d'abord des chiens observés finement et avec amour. Avec l'aide de sa femme, Jean Rivolier apporte ici une contribution affectueuse à l'observation du monde animal, cruel, féroce parfois mais aussi poétique et touchant. Rivolier, en partie par pudeur, raconte les chiens qui furent pendant un an ses compagnons indispensables en terre Adélie, plutôt que de décrire les hommes ; mais les similitudes de comportement y sont parfois troublantes. À lire en famille !

  • L'auteur est issu d'une famille originaire d'Arménie anatolienne, dont une partie vit aujourd'hui en Arménie soviétique où Kehayan a fait de nombreux séjours. Le livre parle d'un voyage récent.

  • Grand spécialiste contemporain de la guerre révolutionnaire, Gérard Chaliand nous entraîne avec lui du Viêt Nam à l'Angola, de l'Érythrée à l'Afghanistan, de l'Amérique centrale aux Philippines : nous croisons là une génération de guérillas, et réfléchissons sur les engagements que chacun y a pris.

  • Enquête sur la dynamique de la société civile au pays des soviets, par un journaliste du Monde diplomatique et de la RTBF.

  • Nasser Sabeur débarque à Marseille en 1974 avec 340 F en poche. Il est aujourd'hui à la tête d'une grande chaîne de magasins, vend des baskets aux Chinois, fait fabriquer ses produits en Extrême-Orient. Un autre regard sur l'immigration algérienne.

  • Un muet qui n'est pas sourd, une danseuse vieillissante, la ravissante Lila, leur meilleur ami et un enquêteur fou de chaussures, des corps introuvables, des assassins qui n'en sont peut-être pas...

  • « Aucun fantôme dans le dos mais quelques cicatrices à l'horizon. Je l'ai reconnue, le blue-jean délavé contrastait avec les chaussures trop femme, mais la toile rugueuse était gonflée par la plénitude de ses hanches. Sous le cou ferme et velouté, un fin chemisier Soleïado donnait de la couleur à son regard noir. Avant d'entrer, elle s'est retournée pour jeter un franc de tendresse dans la rainure de mes yeux : elle a blessé gravement mon immobilité. » Bien mal acquis, ne profite jamais aux rêveurs et aux idéalistes. Aux autres, par contre... Vincent Conti n'était pas très armé pour comprendre la leçon. Avec ses poings durs et sa gueule tendre - à moins que ce soit l'inverse - il n'a pour armes que ses gants de boxe et les poèmes de René Char. C'est peu pour se faire une place au soleil et dans le coeur de sa Bérangère. Heureusement il apprend vite et nul doute qu'il ira loin si les petits cochons ne l'ont pas mangé avant.

  • « Le moteur s'était arrêté mais on n'entendait aucun claquement de portière, aucun pas sur le gravier de la cour. Seulement le silence et, très loin, l'écho des vagues. Ce n'est pas possible. Où sont-ils ? » U Fucone est mort assassiné par... U Fucone. Dès les premières lignes, Dominique Pinelli nous emmène dans un suspense haletant et totalement corse : difficile de s'y retrouver, dans les imbroglios du maquis que traversent les jolis seins des filles nues sur la plage et le plastiquage des belles villas qui défigurent la côte. Mais rassurez-vous : personne n'est tout à fait méchant, et souvent même on s'aperçoit que les Corses ont du coeur (avec l'accent !). Hommes mûrs et jeunes gens se battent dur pour leur île, mais craquent dans les yeux amoureux de leurs compagnes... très corses, elles aussi ! Un polar qui sent bon l'Île de beauté, aux effluves forts et sauvages comme un délicieux porcelluciu mitonné au coin du feu.

  • Dans les années noires de l'Occupation, Lïa Borenstein est confiée par ses parents, juifs, à Eugénie Tullard. Elle perd son identité, qu'elle ne retrouvera qu'après la mort de sa protectrice. Dénoncé à la Gestapo par l'ami d'Eugénie, son père est abattu. Quarante ans après, Lïa retrouve sa mère dans un hôpital psychiatrique. Un chant de douleur et d'amour.

  • La vie d'un village algérien dans les années 60, après le départ des Français, à travers les yeux d'un enfant.

  • Les difficultés auxquelles s'affronte la presse pour défendre son espace de liberté. On y voit à l'oeuvre des censures officielles, des terreurs policières...

  • Un jour de 1956, Jean-Paul Clébert quitte Paris pour vivre à demeure en Haute-Provence, au coeur du Luberon et de la vallée d'Apt. L'un des premiers, il livre les secrets de ce pays sauvage et imprévu. Depuis, d'autres sont venus, des artistes, des artisans, des résidents secondaires. Les villages abandonnés se sont repeuplés, la vallée n'est plus ce qu'elle était il y a seulement vingt ans, le Luberon est devenu un lieu de prédilection pour l'intelligentsia parisienne, les journaux de mode et les férus d'écologie. Les piscines ont poussé comme des champignons sous l'oeil des paysans. Le Luberon s'est réveillé. Mais l'heure du pastis est si douce... Jean-Paul Clébert, à travers le récit de sa vie, nous livre la chronique douce-amère d'une région qui, le temps d'une génération, a su se transfigurer sans se renier. Vivre en Provence, c'est d'abord découvrir, explorer et rêver, c'est dénicher une maison, la retaper, et un jour allumer son premier feu de bois. C'est aussi résider toute l'année en supportant les solitudes de l'hiver. C'est avoir des enfants nés dans le pays, converser avec les autochtones, participer à la vie du village et s'y faire adopter. C'est revenir à une vie frugale, une économie domestique, une cuisine fidèle aux saisons. C'est faire pousser ses propres légumes, jouer aux boules, guetter le mistral et faire la sieste, c'est enfin travailler, peindre ou écrire, fabriquer, réparer des objets ou regarder le soleil se coucher. Vivre dans le Luberon, c'est peut-être se retirer ou se replier hors du monde, mais c'est aussi apprendre à mieux appréhender, à aimer cette terre millénaire pour mieux la transformer.

  • A l'initiative du développement social et urbain dépendant de la mairie de Marseille, des histoires de vie ont été recueillies à la Savine, dans les quartiers nord de Marseille, auprès de douze femmes de communautés immigrées différentes : Comores, Cambodge, Sénégal, Maroc, Viêt Nam, Espagne, Cayenne...

  • Après le succès de son précédent livre, Christine Ockrent confirme ici sa maîtrise et son attachement au genre littéraire du portrait. En quelques pages, elle saisit son personnage, le situe, retrace un parcours, une aventure et un style. Ses informations sont précises, son ton souvent tendre et toujours si juste, que ceux qu'on croyait connaître nous sont comme dévoilés. Récit de l'année qui vient de s'écouler, un an de vie de ceux qui ont fait l'actualité, ce livre se dévore ; derrière les drames et les joies du quotidien se dessinent des femmes et des hommes que la plume de l'auteur croque toujours avec humanité. Au fil des pages, nous retrouvons ici l'Abbé Pierre, Johnny Hallyday, Françoise Giroud, l'institutrice de Neuilly, Charles Pasqua, Bruno Peyron, André Rousselet, Paul Touvier ; ailleurs Yasser Arafat, Silvio Berlusconi, le dalaï-lama, Federico Fellini, Raymond Goethals, Felipe Gonzales, Nelson Mandela, Mélina Mercouri, Juan Antonio Samaranch, Steven Spielberg. D'ici et d'ailleurs, quarante-six portraits à lire d'abord pour le plaisir, mais aussi pour ce beau regard porté sur le monde.

  • L'angoisse d'une filiation, la quête des racines, la douleur portée par l'identité juive : un roman d'apprentissage raconté par une narratrice bien installée et heureuse dans la vie.

  • Née à Tlemcen en 1939, enseignante et membre d'Amnesty international, vivant à Alger, l'auteur raconte le vécu quotidien de ses compatriotes à travers une quinzaine de nouvelles sur l'univers de l'enfance, les femmes, les difficultés de tous les jours.

  • Autour de la thérapie génique et par le biais de deux destins, un Français et un Chinois, deux biologistes unis dans une relation forte qui a pour cadre l'Institut Pasteur.

  • Le but de cette étude, au-delà de ses analyses, est de réfléchir à ce que peut être une politique commune de l'Europe vis-à-vis de l'islam, surtout quand on connaît l'éclatement institutionnel des fidèles de cette religion et le poids des États étrangers.

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