Gallimard (patrimoine numérisé)

  • Voici cinq oeuvres dispersées dans le temps (de 1944 à 1977), mais dont l'évidente unité est celle de l'obscure préparation d'une "poétique généralisée", parallèle de l'"esthétique généralisée" dont Roger Caillois a avancé l'idée en établissant une continuité entre "la turbulence encore secrète" de l'univers inerte et le monde de l'autre turbulence que représente l'imaginaire humain, et particulièrement la poésie. Dans Approches de l'imaginaire, l'auteur avait examiné le phénomène poétique comme un cas particulier de l'imaginaire. Ici, il soumet la poésie française contemporaine à une analyse critique, il en incrimine parfois les postulats dans Les Impostures de la poésie et dans Aventure de la poésie moderne. En même temps, lui qui avait adhéré au surréalisme "pour en finir avec la littérature", il avoue dans ces essais déjà anciens sa méfiance à l'égard de "l'inspiration absolue et incontrôlée", de l'image "in-imaginable". Toutefois, sans se déjuger, il insiste désormais sur l'importance de "l'image juste", "efficace", dans l'Art poétique et Reconnaissance à Saint-John-Perse. Exactitude et surprise, désarroi suivi de fascination, énigme posée en défi et bientôt accueillie comme signe d'intelligence, "occasion de tressaillir et d'admirer" : ces vertus de l'image tiennent à une propriété essentielle de l'univers, que cerne, à partir d'une leçon faite au Collège de France, le Résumé sur la poésie.

  • Approches de l'imaginaire rassemble certaines études écrites par Roger Caillois entre 1935 et 1950 et non réunies jusqu''r présent en volume. L'ouvrage reprend également trois essais épuisés et devenus introuvables : Proccs intellectuel de l'art, Puissances du roman et Description du marxisme. Il est divisé en quatre parties : 'L'équivoque surréaliste', 'Paradoxe d'une sociologie active', 'Sciences infaillibles : sciences suspectes', 'Puissances du roman', qui apportent souvent d'autres témoignages sur les mouvements auxquels l'auteur a participé, notamment le groupe surréaliste dont il fut membre de 1932 'r 1935 et le Collcge de Sociologie qu'il fonda en 1937 avec Georges Bataille. Ces études reliées par des arguments qui en précisent situation et signification s'efforcent, chacune 'r sa manicre, de définir la logique de l'imaginaire. Elles racontent une sorte d'éducation intellectuelle toujours orientée vers un meme but : défricher l'univers sensible afin 'd'y déceler des corrélations, des réseaux, des carrefours, des régularités, en un mot quelques-unes des réverbérations mystérieuses dont se trouve marqué ou illuminé l'épiderme du monde, depuis les dessins des pierres dans la maticre inerte jusqu'aux images des poctes dans le jeu apparemment libre de l'imagination'. Cases d'un échiquier (1970) constituait par anticipation le second tome de ces Approches de l'imaginaire. Il correspond 'r la période 1950-1965. Obliques (1975) a rassemblé les dernicres analyses de Roger Caillois, décédé en 1978.

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