Sciences humaines & sociales

  • John Fitzgerald Kennedy et Allen Welsh Dulles : chacun, dans son domaine, a bouleversé le XXe siècle. Kennedy, c'est le triomphe de la jeunesse charismatique et de la lumière, avec une face sombre où se mêlent intrigues, mafia et sexe. Dulles, c'est l'âme obscure de l'Amérique, le grand chef de la CIA qui fait tomber les gouvernements, manipule les hommes, tout en déployant en société un charme désarmant. Irrésistiblement attirés par les feux du pouvoir, lorsqu'ils seront parvenus au sommet, chacun trahira l'autre. John Kennedy limogera Allen Dulles de la tête de la CIA après le désastre de l'invasion manquée de Cuba, et Dulles se vengera lorsqu'il sera nommé à la Commission Warren chargée d'enquêter sur l'assassinat de Kennedy : l'ex-espion fera en sorte d'enfouir à tout jamais la vérité. Pourtant, bien des choses les rapprochaient : ambition dévorante, guerre héroïque, goût du complot, addiction aux femmes... En bref, deux vies, mais une seule histoire inextricablement liée : une histoire très américaine.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Jean-François Bouchard, écrivain et expert auprès de grandes institutions internationales, a consacré plusieurs livres à l'histoire du XXe siècle, dont Le Banquier du diable (Éditions Max Milo), biographie de Hjalmar Schacht, le ministre de l'Économie d'Hitler, Un demi-siècle au bord du gouffre atomique (Éditions Max Milo), sur les crises internationales qui auraient pu dériver en guerres nucléaires, et André Mornet, procureur de la mort (éditions Glyphe), sur les procès Pétain et Mata-Hari.

  • 1940. Un officier inconnu des Français refuse l'armistice et la soumission de la France à l'ordre nouveau. Il deviendra le chef de toute la Résistance et finira par incarner la République. À la tête du gouvernement de 1944 à 1946, puis en 1958, il jette à deux reprises les bases du redressement de la France. Président de la République de 1959 à 1969, de Gaulle oriente son action dans trois directions : la stabilité politique, la croissance économique et l'indépendance nationale. La nouvelle République se trouve ainsi consolidée. Comment un militaire conservateur, de tradition monarchiste, peut-il à ce point incarner la République, alors que tous les « républicains orthodoxes » le rejettent au nom de la défense des libertés et de la démocratie parlementaire ? Qu'est-ce que le gaullisme ? La réponse ne semble pas aisée, compte tenu de l'absence de modèle similaire. Au fond, de Gaulle n'a-t-il pas réussi la synthèse entre les traditions monarchiste, bonapartiste et républicaine pour devenir le « législateur républicain » que la France attendait ?
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Professeur agrégé d'histoire, Jean-Louis Rizzo a enseigné au lycée de Montargis et  à l'Institut d'études politiques de Paris.  Il a publié deux ouvrages sur Pierre Mendès France, ainsi qu'une biographie d'Alexandre Millerand. Il a également publié Les élections présidentielles en France depuis 1848 aux Editions Glyphe. Il a écrit de nombreux articles, notamment sur Pierre Mendès France. Il a participé à plusieurs ouvrages collectifs comme Un siècle de radicalisme, Les grandes figures du radicalisme, Jean Zay et la gauche du radicalisme. Il a occupé des fonctions électives à l'échelon local.

  • Les guerres de Syrie

    Michel Raimbaud

    • Glyphe
    • 27 Janvier 2020

    Sans mâcher ses mots, Michel Raimbaud, connaisseur du terrain, retrace l'histoire du conflit syrien et met au clair les intérêts géopolitiques des différents acteurs du ravage de la Syrie.
    Le conflit de Syrie a de multiples facettes dont la plupart ne sont jamais évoquées. On peut recenser une quinzaine de guerres concernant 120 pays (gouvernements, armées, agents spéciaux, milices...). Au-delà des objectifs stratégiques, économiques et religieux, deux visions de l'ordre mondial s'opposent. Cette tragédie, qui a fait des centaines de milliers de morts, des millions de réfugiés, est difficile à éteindre, aucun belligérant n'ayant déclaré la guerre. Les enjeux réels, les acteurs, restent inconnus du public, une désinformation massive s'employant à occulter l'agression internationale dont est victime la Syrie. L'issue annoncée de la guerre rendra peut-être justice au peuple syrien, martyrisé, mais résilient.
    Cet ouvrage de qualité offre une analyse et une vision aigües de l'effroyable descente aux enfers de "l'Etat voyou" et fait lumière sur les mensonges historiques de l'Occident. Il propose des pistes de réflexions pour lutter contre le lavage de cerveau qui résulte de la guerre médiatique occidentale autour de la question syrienne.
    EXTRAIT
    CE LIVRE n'est pas un conte des mille et une nuits. Il réveille les fantômes et les monstres qui ont hanté les milliers d'heures d'un interminable cauchemar. Au Levant, on est habitué aux avatars de l'Histoire, mais on glosera longtemps sur la catastrophe qui s'est abattue sur la Syrie au printemps 2011. Après toutes ces années de descente aux enfers, les « rues » du Grand Moyen-Orient, proches de Damas ou plus lointaines, semblent encore abasourdies par l'orgie de violence, l'incrédulité l'emportant souvent sur l'incompréhension...
    Dans ces conditions, pourquoi s'étonner que nos « opinions publiques », conditionnées comme elles le sont, aient accepté sans broncher le récit prêt-à-porter qu'on leur fredonne sans trêve. Dans notre subconscient collectif, dire le droit et écrire l'Histoire ne sont-ils pas de vieux acquis régaliens ?
    Certes, les guerres qui ont semé la destruction et le chaos sur une terre d'immémoriale civilisation et martyrisé son peuple sont compliquées. Elles paraîtraient pourtant moins opaques au commun des mortels si elles avaient été abordées avec la liberté d'expression que garantit toute constitution démocratique bien née et analysées avec le souci d'objectivité que revendique l'esprit cartésien. Si les professionnels de la pensée, de l'information et de la politique n'avaient pas d'emblée imposé une doxa que les faits, têtus comme chacun sait, ne pouvaient que démentir tôt ou tard, il serait plus facile de faire machine arrière ou de corriger le tir, mais ils sont allés trop loin.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    "Si vous voulez avoir honte avant les autres, pour ce que « monde libre » a fait à la Syrie, et lire un livre sans qu'il soit besoin d'en cacher la couverture derrière un portrait de Rafaël Glucksmann (évitant ainsi d'être conduit au commissariat de la Bien pensance), lisez Les Guerres de Syrie et nous serons alors plusieurs à ne pas mourir idiots." Jacques-Marie Bourget, Le Grand Soir
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Michel Raimbaud a eu une longue carrière de diplomate, à Paris, dans le monde arabe, en Afrique et en Amérique Latine. Il a été ambassadeur et directeur de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). Arabisant, il a étudié les problématiques de la zone Afrique du Nord - Moyen Orient. Conférencier, professeur de relations internationales, Michel Raimbaud a contribué à des revues et ouvrages collectifs. Il est l'auteur de plusieurs livres, notamment ''Tempête sur le Grand Moyen-Orient'', aux Editions  Ellipses.

  • Portrait d'une brute sanguinaire, un homme attaché à la loi et que la morale n'intéressait pas.
    Le procureur général André Mornet fut le plus haut magistrat français de la première moitié du XXe siècle. Son parcours épouse l'Histoire de la France?: magistrat obséquieux et fayot à ses débuts, antidreyfusard lorsque le pouvoir l'était, pourvoyeur des pelotons d'exécution pendant la Grande Guerre, pétainiste lors de la débâcle de 1940, antisémite apprécié de la Gestapo, résistant de la dernière heure et enfin grand inquisiteur de l'épuration, malgré un passé de collabo sacrément honteux. Son bilan?? L'exécution de dizaines d'innocents, fusillés pour l'exemple ou condamnés sans preuves, comme Mata Hari, l'extermination de centaines de Juifs, la condamnation à mort du maréchal Pétain et autres hiérarques vichystes avec qui il avait si bien collaboré. Quand la justice française était sanguinaire, immorale, antisémite, collaborationniste puis épurationniste...
    Adoptant le ton cynique de Mornet, l'auteur retrace la carrière de ce magistrat dépourvu de scrupules.
    EXTRAIT
    Faut-il détester ou admirer André Mornet ?
    La réponse à cette question n'est pas simple. Certes, il est facile de mépriser un personnage comme Mornet, tant sont caricaturalement odieux son opportunisme, son arrogance, son contentement de soi, sa morgue et son exécrable aptitude à trahir le lendemain les valeurs qu'il défendait le jour d'avant. Si l'on ajoute à la liste son ignoble antisémitisme et le mépris qu'il éprouvait pour la vie humaine, le tableau semble totalement noir.
    Mais est-ce vraiment le cas ? La question donne à réfléchir, car il existe une race d'hommes dont les États ont désespérément besoin pour vivre et survivre : les salauds. [...]
    Pour ajouter à l'inconfort du constat énoncé ci-dessus selon lequel les salauds sont nécessaires aux États, il est loisible d'en ajouter un autre : ces salauds sont très rarement punis, même lorsque les États se piquent de revenir à une certaine forme de moralité. En effet, les États possèdent une vertu précieuse : l'oubli.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Jean-François Bouchard, ancien haut fonctionnaire et écrivain, est un familier des grandes institutions internationales. Il a publié plusieurs ouvrages d'histoire et de géopolitique aux Éditions Max Milo?: L'Éternelle Truanderie capitaliste, Hjalmar Schacht, le banquier du Diable (ministre de l'Économie du Troisième Reich), Un demi-siècle au bord du gouffre atomique. Ses livres sont tous profondément ancrés dans la réalité. Une réalité qui dépasse souvent la fiction?: incroyables figures de l'Histoire, héros de l'actualité...

  • Civilisation 0.0

    Virginie Tournay

    • Glyphe
    • 16 Septembre 2019

    Que se passerait-t-il si l'intelligence artificielle qui supervise l'ensemble de l'activité humaine s'arrêtait subitement ?
    2062. L'intelligence artificielle Li-La surveille et régule à elle seule l'humanité connectée. Température ambiante, santé, circulation... tous les aspects de la vie individuelle et collective sont maîtrisés par le supercalculateur. Le jour où la machine s'arrête, le chaos s'installe. Après l'hébétude, la barbarie. À quoi tient la survie de l'humanité?? Virginie Tournay invite le lecteur à réfléchir aux aspects politiques et sociaux de la société de demain.
    Ce roman de science-fiction pointe avec brio les impacts possibles des nouvelles technologies sur notre société hyperconnectée.
    EXTRAIT
    Autour de nous, l'environnement est toujours chaotique. Je suis saisi d'effroi. Dix minutes déjà que les trois Bugatti foncent avec ses passagers. Mes repères familiers sont mutilés. Quelques centaines de mètres ont amplement suffi. La place de la Nation est en désolation, surplombée par un silence de mort. Après quelques instants, François reprend :
    - Quand les écrans virtuels ont déboulé, ça a été un vrai bordel. Tout le monde a voulu se débarrasser des vieux écrans. Les bennes de recyclage ont fonctionné vingt-quatre heures sur vingt-quatre pendant plusieurs mois. J'ai tenu jusqu'en 2034, moment où les ordinateurs sont tous tombés en obsolescence. Je me souviens, j'adorais tracer un écran virtuel avec ma Googatch et discuter avec en déambulant dans la rue. Mais le contact avec l'écran devait être continu pour que le système s'arrête pendant la traversée de la voie, et se réactive quand le piéton atteignait le trottoir opposé... Pas simple. Je réponds à François :
    - Vous voyez bien qu'on n'avait pas d'autres choix que la e-Guthrie. Les écrans virtuels se sont révélés bien trop énergivores. Avec tous les bugs et les accidents, c'est même étonnant que le dispositif ait tenu trois ans. Maintenant, le système est en nous, plus besoin d'interfaces pour rendre le monde intelligent, pour nous rendre intelligents. En terminant ma phrase, je suis à nouveau saisi d'effroi : plus aucun système ne nous trace. J'aperçois le big data center qui a remplacé la Maison de la Radio. On s'apprête à sortir de Paris. Mon compagnon de route tente de me rassurer en m'expliquant que les grands axes autoroutiers ne sont pas complètement impraticables. Il y a très peu d'humains en raison de toute sorte de dangers. En effet, nous n'avons croisé que des animaux errants. En l'écoutant, il me revient en tête la première question que j'ai posée à Steve :
    - Où allons-nous ?
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    Une vision de notre société aux mains des algorithmes et d'une intelligence artificielle qui ne va pas exactement dans le sens d'une amélioration de notre condition, loin s'en faut. - France culture
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Virginie Tournay, biologiste de formation, est politologue. Elle travaille au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et à SciencesPo Paris. Ses recherches portent sur les rapports science-société et les nouvelles technologies numériques. La prospective scientifique la passionne, elle siège dans différentes instances d'évaluation des choix scientifiques et techniques.

  • Suivez le parcours périlleux du vaillant Moustache, un chien-soldat qui a suivi et soutenu durant 13 ans les grognards des guerres napoléonniennes.
    De 1798 à 1811, Moustache, un solide barbet venu du bocage normand, a accompagné les grognards des guerres napoléoniennes. Il les a suivis dans leurs déplacements épuisants et les a soutenus dans les batailles les plus glorieuses. Aux côtés des maréchaux empanachés, virevoltant d'une victoire à l'autre, Moustache honore le peuple des obscurs et des sans-grade, les soldats, les chevaux et les chiens, ses frères d'armes et de misère, qui parcouraient l'Europe au son du clairon et sous le feu de la mitraille. Moustache est fauché par un boulet espagnol le 11?mars 1811, à la bataille de Badajoz, face à l'ennemi. Il laisse le souvenir d'un vaillant chien-soldat, témoin, sur le terrain, des peines et de l'ardeur inépuisable des grognards. «?Moustache est l'une des plus hautes illustrations de l'espèce et l'une de nos gloires les plus pures.?» Eugène Gayot (1808-1891), vétérinaire et écrivain zoologiste français
    Découvrez ou redécouvrez l'histoire fascinante des guerres napoléoniennes avec un récit qui adopte un point de vue inédit, celui d'un chien-soldat qui a marqué les mémoires.
    EXTRAIT
    La progression, jusque-là périlleuse, se dégrade encore quand la troupe atteint les premières plaques de neige glacée après avoir dépassé Bourg Saint-Pierre. La glace déchire les souliers, fait glisser les canons qu'il faut remonter du ravin. La nuit, Guillaume se blottit contre moi et nos deux chaleurs animales conjuguées renforcent notre résistance au froid. Le jour venu, je suis, pour ma part, aussi apte à marcher en avant, même les pattes nues, qu'à courir à la gamelle.
    Nous arrivons à l'entrée du col, et devant l'hospice des moines, une meute de gros chiens blancs, débonnaires et indifférents, nous regarde passer. Ils ignorent, ces braves chiens infirmiers, que je vais terrasser les Autrichiens et conquérir le Nord de l'Italie. Mais certains d'entre eux méritent aussi de la patrie. De jeunes soldats s'étant égarés dans la neige ont été découverts, presque morts de froid, par les chiens des religieux, et transportés à l'hospice où ils ont reçu les soins qui les ramènent à la vie. Les moines apportent un seau de vin pour douze soldats, un quart de fromage de gruyère et une livre de pain. Le Premier consul fera témoigner plus tard sa reconnaissance aux bons pères et à leurs chiens par une dotation.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Jean-Pierre Rey, diplômé de l'Institut d'Études Politiques de Paris, colonel du Kentucky, est chef d'entreprise. Esprit éclectique, il est passionné par la greffe des pommiers et par la poursuite, en Manche, sur son voilier Ascor IV, de l'orque-épaulard. Il a publié chez Dalloz et chez Dunod plusieurs livres de gestion consacrés au secteur public local. En transcrivant les mémoires de Moustache, il a montré sa capacité exceptionnelle à nous parler de notre Histoire, souvent glorieuse et, quelquefois, honteuse.

  • D'Aliénor d'Aquitaine à Marguerite Duras, en passant par Agatha Christie et Edith Piaf, toutes ont aimé un hommes plus jeune.
    George Sand, Joséphine de Beauharnais, Marguerite Duras, Agatha Christie, Diane de Poitiers, Simone de Beauvoir, Marie Curie, Colette, Édith Piaf, Françoise Giroud, Sarah Bernhardt, Gala... Vingt femmes d'envergure et de talent réunies à travers les siècles : elles ont aimé un homme plus jeune qu'elles, parfois beaucoup plus jeune. Et ils les ont passionnément aimées. Certaines se sont vouées à leur amant, d'autres se sont perdues pour lui, appuyées sur lui, ont profité de lui ou paisiblement vécu à ses côtés. Ces amours hors norme ont profondément marqué la vie de ces femmes et celle de leur compagnon.
    Découvrez, dans un ouvrage complet, documenté et loin des clichés, la vie de ces femmes modernes en avance sur leur époque qui ont osé vivre leur amour au-delà des conventions.
    EXTRAIT
    La rencontre uniquement sexuelle entre une femme mûre et un homme jeune, telle qu'allocougar.com peut en offrir, n'est pas mon propos. Je n'ai pas désiré, non plus, aborder la vie des actrices hollywoodiennes, des chanteuses dévêtues de cuir et de dentelle noire, des écrivaines, présentatrices de télévision ou épouses d'homme politique, ni des nombreuses femmes anonymes qui vivent actuellement avec un homme plus jeune, car leur histoire est en cours. Nul ne sait comment elle évoluera.
    Je me refuse à traiter de cougars, de prédatrices affamées de chair fraîche, les femmes d'envergure et de caractère qui n'entraient et n'entrent toujours pas dans les normes archaïques du couple, encore en vigueur.
    Reines, écrivaines, femmes d'affaires, comédiennes, chanteuses, chercheuses, résistantes, peintres, photographes, professeures, elles sont nombreuses à émerger du passé, lointain ou proche.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Depuis 1993, Jeanne Teisson écrit pour des lecteurs de trois à cent trois ans : nouvelles, contes, romans, biographies... Plus de quarante-cinq livres.
    Traduits en plusieurs langues, ils ont obtenu notamment le Prix du premier roman, le Prix Antigone, le prix France Télévisions et le prix Sésame. Elle a publié Le Rejet aux Éditions Glyphe.

  • Suivez le parcours atypique de Catherine Théot, connue pour ses prédictions et incarcérée à la Bastille, jusqu'à l'aube de la Révolution française...
    Le destin de la Mère de Dieu est à la fois inattendu et étonnant. Née le 5?mars 1716 à Barenton en Normandie, Catherine Théot prétendit dès son adolescence être la Mère de Dieu. À Paris, elle est vite remarquée pour ses prédictions, notamment des persécutions religieuses... Réputée folle, elle est incarcérée à la Bastille en 1779, puis à la Salpêtrière. Elle sera libérée en 1788, guérie?! À sa sortie, Catherine Théot découvre un Paris où fourmillent des illuminés, des gourous, des prophètes. Elle va créer deux petites chapelles dont les rites initiatiques s'inspirent de ceux de la franc-maçonnerie. Aux premières heures de la Révolution, Catherine Théot noue des relations avec des personnages influents. Averti, le directeur du comité de Sûreté générale, Guillaume Vadier, manoeuvre en coulisse pour renverser Robespierre. Il implique la «?Mère de Dieu?» dans un complot qui aboutira au 9 Thermidor et à la fin de la Terreur. C'est ainsi que la Mère de Dieu entre dans l'histoire.
    Découvrez le récit historique du destin étonnant de la dénommée Mère de Dieu, l'une des grandes figures féminines de la Révolution française qui a fréquenté des personnages de premier plan et participé au complot visant à renverser Robespierre.
    EXTRAIT
    À l'automne 1793 éclate la crise religieuse qui oppose spiritualistes et athées. Deux grandes figures de la Convention vont s'affronter : Robespierre et Guillaume Vadier. Robespierre, disciple de Rousseau, est un spiritualiste, d'où sa volonté d'instaurer le culte de l'Être suprême, qui sous-entendait une référence au Grand Architecte de l'Univers, voire Dieu. Il ne cachait pas son aversion pour l'athéisme, déclarant même « vomir l'athéisme ». Face à lui, Guillaume Vadier, disciple de Voltaire, athée, est un farouche républicain. C'est à la faveur d'une enquête policière menée en janvier 1793 par Chaumette sur Catherine Théot que Guillaume Vadier tombe par hasard sur le dossier de la « Mère de Dieu » et va mettre en oeuvre un complot politico-policier pour renverser l'Incorruptible, lequel se vantera après le 9 Thermidor d'avoir « anéanti, fini, abîmé Robespierre et son Être suprême, avec la complicité du Comité de salut public. »
    À soixante-treize ans, la « Mère de Dieu » inscrit son destin dans les pages de l'histoire de France. Croiser des destins aussi dissemblables que ceux de Catherine Théot, Robespierre et Vadier relevait du défi. La destinée de la « Mère de Dieu », Normande quasiment illettrée, vivant dans sa « petite église de la Contrescarpe » mérite une place dans la galerie des oubliés de l'histoire de France.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Alain Landurant, lauréat de l'Académie française en 1994 pour son ouvrage Symboles des manuscrits médiévaux du Mont Saint-Michel, a consacré pendant quarante ans ses travaux d'historien à sa province d'origine, la Normandie. Il a également écrit deux biographies remarquées, Montgommery le Régicide en 1988 et Bellavidès le chouan de l'Avranchin en 2006.

  • Zoom sur 170 ans de course à la présidence ! Entre 1848 et 2017, la France a connu vingt-quatre présidents de la République et vingt-neuf élections présidentielles. L'élection de 1848 se déroule au suffrage universel masculin, mais l'heureux élu, Louis-Napoléon Bonaparte, tire parti de cette légitimité pour justifier le coup d'État du 2 décembre 1851. Dès lors, le modèle républicain classique consiste sous les Troisième et Quatrième Républiques à faire élire le chef d'État par les parlementaires et à faire de la présidence une simple fonction arbitrale. En 1958 et 1962, de Gaulle fait du président la clé de voûte des institutions. Sa désignation au suffrage universel direct renforce l'autorité du chef de l'État. Les élections se succèdent et le système change peu à peu de nature. Aujourd'hui, il semble évident que le système des primaires qui se généralise modifie une nouvelle fois la physionomie de l'élection présidentielle, en confortant la démocratie d'opinion et l'emprise des sondages. L'ouvrage de Jean-Louis Rizzo nous invite à réfléchir sur l'évolution de la culture politique en France. Il nous permet aussi de redécouvrir les candidats, les enjeux et les moments forts d'un scrutin présidentiel devenu un rite républicain. EXTRAIT Les 23 avril et 7 mai 2017, les Français éliront leur président de la République. Alors que sous les IIIe et IVe Républiques, le chef de l'État était choisi par les parlementaires réunis à Versailles, Charles de Gaulle a souhaité que la magistrature suprême résulte du vote populaire. Suite à la réforme constitutionnelle de 1962 adoptée par référendum, neuf élections présidentielles au suffrage universel ont déjà eu lieu entre 1965 et 2012. Il conviendrait d'ajouter l'élection de 1848, au suffrage universel masculin dans le cadre de la IIe République, pour donner un tableau complet de ces scrutins populaires. En comparaison, 16 élections présidentielles avec comme seul corps électoral un millier de parlementaires ont eu lieu entre 1879 (première élection de Jules Grévy) et 1953 (René Coty élu à la suite d'un scrutin complexe et indécis). Trois cas échappent aux deux modes de scrutin précédents, les élections de Thiers (1871) et Mac Mahon (1873) se déroulant hors du cadre constitutionnel et l'élection de Charles de Gaulle en 1958 résultant d'un mode de scrutin particulier expérimenté une seule fois. Au total, cela nous fait 28 élections présidentielles qui vont être rappelées dans le présent ouvrage. À PROPOS DE L'AUTEUR Professeur agrégé d'histoire, Jean Louis Rizzo a enseigné au lycée de Montargis et à l'Institut d'études politiques de Paris. Il a publié sous son nom deux ouvrages sur Pierre Mendès France, ainsi qu'une biographie d'Alexandre Millerand.

  • Cet ouvrage s'aventure dans l'histoire d'un pays déconcertant. Dans un pays où les minorités confessionnelles demeurent réfractaires à l'intégration dans un moule national, des esprits clairvoyants ont tenté de doter le pays d'institutions pour en faire un État. Celui-ci se cherche encore, noyé dans une société mercantile, où les valeurs morales importent moins que les convictions religieuses et les intérêts personnels. L'État Liban est une création récente et sa réalité constitutionnelle est basée sur des aspirations contradictoires. Par certains aspects pourtant - le secret bancaire, l'université, la relative liberté de la presse -, la société libanaise est moderne, mais le système politique qui la régit est encore tenu par des chefferies féodales, confortées par un communautarisme d'un autre âge. Le Liban n'est plus ce qu'il était : un havre de coexistence, de liberté et de douceur. Certes, il a fini par devenir une patrie, mais pas encore un État de droit, tout au plus un État tampon qui assure avec rudesse sa fragile condition. Dans une lecture à contre-courant des idées reçues, Abdallah Naaman procède à une déconstruction des mythes fondateurs. Cet essai aborde des questions dérangeantes qui touchent autant à la genèse des communautés libanaises qu'à leurs statuts civique et politique atypiques. Ce livre impudique arrache sans ménagement le vernis d'une société parfois archaïque dans laquelle la formation de la nation demeure une aventure inachevée. EXTRAIT S'il est vrai que l'incompréhension du présent d'un pays naît fatalement de l'ignorance de son passé, les stéréotypes qui marquent le Liban résultent d'une mauvaise information ou d'une désinformation délibérée. Ces clichés ont la vie dure, mais, au-delà du mot facile selon lequel l'Histoire est dans tout et réciproquement, une réflexion approfondie à propos de cette discipline, appliquée au cas libanais, confirme que l'Histoire est très présente dans tout ce qui entoure le passé, le présent et l'avenir de ce petit pays. L'approche historique nécessite certes un travail de remise en question des idées reçues, des a priori idéologiques et des mythes fondateurs. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE "Le style direct, sans ambages, précis, bougrement détaillé et averti de Naaman fait du Liban, Histoire d'une nation inachevée un ouvrage aux truculents titres de chapitres, qui se lit avec la même avidité qu'un roman policier." - Gisèle Kayata Eid, L'Hebdo Magazine À PROPOS DE L'AUTEUR Abdallah Naaman partage sa vie entre l'enseignement, la diplomatie (il était jusqu'à fin 2014 conseiller culturel à l'Ambassade du Liban) et l'écriture. Naviguant entre les deux rives de la Méditerranée, sollicitant deux modes d'expression (l'arabe et le français), oeuvrant pour une laïcité à visage humain, il expérimente sa nouvelle religion dans sa vie et dans sa carrière professionnelle et éditoriale. Passeur de culture, il a publié une vingtaine d'ouvrages et collaboré à la rédaction de plusieurs encyclopédies.

  • Patrick Vincelet bouscule les préjugés sur la cécité et propose un nouveau regard sur les non-voyants Patrick Vincelet a consulté à l'Institut national des jeunes aveugles de Paris, à l'Hôpital des Quinze-Vingts, à l'association Valentin Haüy et à l'école de chiens-guides de Paris. S'appuyant sur sa pratique, ce professeur d'université a formé de nombreux professionnels. Son enseignement sur la cécité et le regard, la sociologie du vu et du voir, l'oeil et l'hystérie fut remarqué, et il a exposé sa position originale dans de nombreux colloques. Il nous invite à regarder le handicap autrement et propose aux non-voyants et aux malvoyants des chemins d'autonomie. - Le regard partagé du non-voyant ou du malvoyant avec le voyant mérite une autre considération que celle de la bonne norme. On veut aider, il faut accompagner ; on veut comprendre, il faut écouter. Rien d'extraordinaire dans le talent de l'aveugle, rien d'exceptionnel dans l'attitude dite généreuse du voyant ; que de l'ordinaire pour poser un profond regard. Un ouvrage complet et riche en références, adressé à tous. EXTRAIT La cécité n'est pas le noir ! Ce noir n'est noir que pour celui qui voit. Voilà déjà un décalage sérieux dans l'expression et l'imprécision des termes. Ce décalage est une source importante de l'incompréhension que soulignent de nombreux non-voyants aux voyants. De là à ne pas utiliser un vocabulaire commun, il y a un fossé et un sectarisme inadmissible. Ainsi, dire « voyez-vous ceci ou cela » à une personne qui ne voit pas est de l'ordre du bon sens, de la convivialité et du respect. Aucun mot de la langue, aucune expression ne doivent être tabous par peur de choquer ou de faire mal. Éviter les mots de la vue et du regard revient à tronquer la communication et l'échange, et même à différencier au-delà du handicap. Ce noir reste une énigme que l'on connaît dans les propos des personnes qui sortent du coma et des personnes opérées des yeux qui recouvrent une petite vision. Dans ces situations il n'est jamais question de noir. Certains parlent d'abîme, de trou, d'ailleurs, de voile... et même d'un autre monde.

  • Vive l'Europe

    François Bizet

    • Glyphe
    • 21 Juin 2018

    Les développements de l'Union européenne.
    Aujourd'hui, le droit européen est directement applicable sur tout le territoire de l'Union, avec un marché unique, une frontière commune, une monnaie unique et, progressivement, une défense harmonisée. L'auteur envisage les développements à court et à moyen termes qui nous mèneront vers une Union européenne au service de ses citoyens, qui ne renie pas les composants nationaux de cette Union. C'est la promotion de la solidarité dans le respect des constituants et des différences. Un modèle pour les citoyens européens, mais aussi pour le reste du monde.
    Découvrez un ouvrage qui propose une Union européenne au service de ses citoyens, dans le respect des composants nationaux.
    EXTRAIT
    La doctrine de l'Otan veut qu'un État membre attaqué transforme l'ennemi en un ennemi global de tous les autres États membres. Il est pourtant clair que l'Otan n'est pas gestionnaire des intérêts européens, l'Otan agit essentiellement sous la houlette américaine, les intérêts européens en matière de défense se trouvant par conséquent entre les mains d'un État tiers. Pour résister aux invasions étrangères, pour intervenir efficacement sur les terrains extérieurs, pour pouvoir peser sur des décisions de politique étrangère, pour régler la sécurité à proximité de l'Europe (en Russie, au Moyen-Orient, en Afrique), il est essentiel que le poids économique et commercial de l'Europe se traduise dans la constitution d'une armée européenne suffisamment établie et importante pour garantir sa sécurité propre ; une armée qui ne dépende pas de négociations souterraines entre puissances extérieures à l'Europe. Lorsque Moscou menace l'Ukraine ou les États baltes, beaucoup de nations européennes se précipitent à Washington et sollicitent l'implantation d'armements américains en Europe (missiles, avions, forces d'intervention rapide) ; de sorte que la sécurité européenne se trouve placée en des mains étrangères.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Avocat international, François Bizet est titulaire d'un doctorat d'État en droit européen et d'un diplôme d'études supérieures en sciences politiques. Il a enseigné le droit communautaire et a travaillé au centre de recherche de droit européen à l'université, en liaison avec le CNRS.

  • La santé est indispensable à la guerre et ne peut être remplacée par rien. Bonaparte, 1800. Bonaparte sait de quoi il parle! Les maladies ont anéanti son rêve oriental, plus que les cavaliers mamelouks et la marine anglaise. De 1798 à 1801, peste, tétanos, dysenterie, lèpre, paludisme, variole, décimèrent les militaires comme les civils. Jean-François Hutin nous relate l'histoire de l'Armée française en Égypte à travers les nombreux témoignages des soldats, des administrateurs et des savants. Lettres et journaux de bord regorgent d'anecdotes médicales, tandis que les livres de Desgenettes et de Larrey soulignent l'importance de l'hygiène. Un ouvrage passionnant sur l'hygiène et les maladies au sein des troupes napoléoniennes ! EXTRAIT Le service de santé des armées au moment du départ de l'expédition d'Égypte dut répondre en quelques semaines aux trois défis majeurs qui se posaient à lui depuis le début de la Révolution : le problème des effectifs et de la formation du personnel soignant, le problème d'une guerre de mouvement, en opposition à la guerre statique qui prévalait jusque-là, et sa mise sous tutelle administrative progressive. Le recrutement des officiers de santé pour la campagne d'Égypte s'avéra plus attentif que pour n'importe quelle autre campagne. Bonaparte, échaudé par l'impréparation sanitaire de ses campagnes précédentes, notamment en Italie, eut sans doute la prémonition qu'il allait avoir besoin de chirurgiens et de médecins. Dès le 7 mars 1798, il donnait ses premières instructions à la commission chargée de l'inspection des côtes de la Méditerranée. En dehors d'ordres purement militaires (flotte, armement, artillerie) et ceux concernant les approvisionnements en vivres et en boissons (un million de pintes de vin et 120 000 pintes d'eau-de-vie) et l'habillement (souliers, bottes, chemises, gibernes, paires de bas), certains ordres concernaient le service de santé proprement dit. Ainsi, le point n° 18 précisait que dix mille hommes devaient s'embarquer à Toulon, cinq mille à Marseille, et que ceux qui embarquaient à Gênes devaient avoir leur ambulance avec les chirurgiens, médecins et approvisionnement nécessaires. À PROPOS DE L'AUTEUR Bibliophile passionné, le docteur Jean-François Hutin a déjà publié plusieurs ouvrages sur la santé - L'Examen clinique à travers l'histoire (Éditions Glyphe) - et sur la campagne d'Égypte. Dans son premier roman, La Vengeance (Éditions France Empire), il nous emmenait du Paris révolutionnaire aux bords du Nil. Dans le deuxième, il nous a fait revivre le naufrage de La Méduse (Le Complot de La Méduse, Éditions Glyphe). Avec La Campagne d'Égypte : une affaire de santé, retour à la réalité. Et quelle réalité !

  • Histoires de l'inquisition

    Bijaoui Remy

    • Glyphe
    • 27 Janvier 2020

    Un essai sur les flammes de l'Inquisition par lesquelles de nombreuses personnes ont été dévorées.
    Tout est connu de l'inquisition et de son terrible tribunal, machine à broyer les âmes et à supplicier les corps, au nom du dogme intangible. Le mérite de l'auteur est de reconstituer la réalité concrète de ce système à travers quelques épisodes saisissants qui nous montrent les pouvoirs extraordinaires d'une institution sept fois séculaire. Avec le talent du conteur et la précision du juriste, Rémy Bijaoui nous propose une plongée dans les sombres eaux inquisitoriales?: le bûcher de Montségur, le martyre des Vaudois d'Arras (qui n'est pas sans rappeler l'affaire d'Outreau), les procès retentissants d'Espagne (Carrenza, Perez), le cas Giordano Bruno, la chasse aux sorcières, le grandiose autodafé du 30 juin 1680, l'inquisition de Goa spectaculairement révélée par le médecin français Charles Dellon.
    Immergez-vous dans la terrible réalité de l'Inquisition et laissez l'auteur vous guider au fil de plusieurs procès inquisitoires.
    EXTRAIT
    L'on sait que parmi les sorcières, il y avait beaucoup de sages-femmes : pas un village qui n'eût la sienne. Très vite, la croyance s'installa que ces « sages-femmes » tuaient les enfants avant le baptême pour servir Satan en reculant le jour du jugement dernier. Les murmures d'épouvante allaient devenir un cri de damnation et répandre - pendant plus de deux siècles - une terreur d'imagination qui, des campagnes, remontera aux sphères les plus élevées de l'Église et du royaume tout entier. On tremblait devant ces servantes de Satan, protégées par les charmes et les sortilèges, défiant l'Église de Dieu. On les voyait partout. N'importe quel événement accidentel ou tragique survenu dans un hameau était imputé aux sorcières. « Le soupçon s'attachait peu à peu à quelque vieille femme d'humeur acariâtre ; aussitôt on l'arrêtait, car, aux yeux des inquisiteurs, une simple menace telle que tu t'en repentiras, lancée négligemment, mais suivie du moindre malheur, suffisait à justifier l'arrestation et le procès. Tous les voisins accouraient en foule et se constituaient accusateurs ; celui-ci avait perdu une vache, cet autre avait vu sa récolte ruinée par la grêle ; les chenilles avaient ravagé le jardin d'un troisième ; telle femme avait souffert d'un avortement ; le lait de telle autre s'était subitement tari ; une autre encore avait perdu un enfant plein de vie ; deux amants s'étaient querellés ; un homme était tombé d'un pommier et s'était rompu le cou. » [...]
    La répression qui s'abattit sur elles fut, d'un bout à l'autre de l'Europe, implacable. Elle s'exerça sous l'effort combiné quoiqu'indépendant de l'Église et de l'État. Car - phénomène digne de remarque - dans un premier temps, les procès de magie et de sorcellerie relèveront indifféremment de la compétence des juridictions ecclésiastiques ou séculières. Peu à peu, dans toute la France, les juges épiscopaux, sous l'influence du Parlement, affirmeront leur primauté sur les inquisiteurs. En pratique, l'Église conservait l'initiative des poursuites : elle instrumentait sous l'oeil attentif du juge royal, qui de son côté enregistrait les interrogatoires de l'accusé et des témoins par l'inquisiteur. Mais, une fois la peine prononcée par le juge d'Église, l'hérétique était transféré dans les prisons royales pour y être jugé, non plus sous l'angle théologique, mais au regard d'un crime de lèse-majesté (le crime de sorcellerie) entraînant ipso facto un verdict de mort.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    "Édifiant !" Jean-Pierre Allali, Dafina.net
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Rémy Bijaoui est avocat au barreau de Paris. Il a publié plusieurs ouvrages sur la justice et l'histoire, dont Voltaire avocat (Tallandier), Prisonniers et prisons de la Terreur et Le Procès Judas (Imago).

  • Un essai très intéressant sur une période noire de l'Histoire française. La Troisième République, qui avait su s'imposer et gagner la Grande Guerre, a subi dès 1919 un lent et inéluctable déclin, qui l'a conduite à son effondrement en 1940. Quel contraste saisissant entre la ferveur, la capacité de rassemblement de la Belle Époque, et le désenchantement, la division du personnel politique de l'entre-deux-guerres ! Dès la déclaration de guerre d'août 1914, le président proclamait l'Union sacrée et la République montrait son esprit de décision en gagnant la bataille de la Marne. En 1940, alors que le chef de l'État brille par son absence, le personnel politique est divisé jusqu'au sein du gouvernement et une atmosphère de défaitisme conduit le pays à l'armistice. Pour ceux qui l'ont vécue, la débâcle laisse le souvenir de millions de réfugiés, de 100 000 soldats et autant de civils tués. Dès le lendemain de la défaite, le nouveau régime trouvait des boucs émissaires : la République démocratique, le Front populaire, « l'esprit de jouissance »... Mais les dirigeants de l'État français mis en place par le vainqueur de Verdun, eux-mêmes responsables de la défaite, n'attendront pas trois mois pour mettre en place le statut des Juifs. Ils montraient là leur véritable objectif : la revanche, mais cette fois-ci contre la République. La réalité du désastre de 1940 est cruelle. C'est le grand mérite de ce livre de le montrer. EXTRAIT Beaucoup a été dit sur les raisons du naufrage de 1940. La polémique a d'abord été lancée immédiatement après l'armistice par le gouvernement de Vichy lui-même, dont les membres les plus éminents avaient pourtant mené les armées à la défaite : les Alliés, notamment la Grande-Bretagne, n'avaient pas soutenu la France aussi fortement que pendant la Grande Guerre; la France avait eu tort de déclarer la guerre sans l'avoir sérieusement préparée; enfin et surtout, les Français ne pouvaient s'en prendre qu'à eux-mêmes puisqu'ils avaient, dans les années précédant la défaite, « préféré l'esprit de jouissance à l'esprit de sacrifice ». Après 1945, on mettra en cause, au contraire, l'attitude purement défensive voire défaitiste des dirigeants politiques et militaires d'avant-guerre, leur incompréhension de la nouvelle donne que constituait la mécanisation des armées, leur incapacité à définir et à appliquer une politique étrangère claire, voire leur tropisme envers le fascisme. Certains ont aussi incriminé des institutions déliquescentes, d'autres les hommes politiques qui n'auraient pas été à la hauteur des événements. À PROPOS DE L'AUTEUR Diplômé de Sciences Po Paris, auteur et conférencier, Serge Doessant a construit son livre, Le général André, à partir d'une consultation sans a priori des sources d'archives, étayée par des documents familiaux inédits. Il offre ainsi une vision totalement nouvelle de la personnalité et de l'action du général André. Il a déjà donné plusieurs conférences : à l'Institut Charles de Gaulle, au Cercle des armées notamment et, récemment, au Salon du livre d'histoire de Bourges.

  • A la manière d'une série d'histoires drôles, Alred Gilder nous présente des moments marquants de « bêtises » politiques Sous la IVe République, les Français n'avaient plus besoin d'aller au cinéma ou au théâtre : ils avaient le Parlement. Depuis lors, l'Élysée-Matignon & dépendances les dispensent d'aller au cirque. Le spectacle est permanent et gratuit. C'est dire que la tragi-comédie du pouvoir manque souvent de sérieux. Pourquoi donc?? Eh bien?! parce que nos politiciens ne se contentent pas de dire des bêtises, ils en font. L'auteur n'a pas la prétention de les recenser toutes dans ce catalogue du grand guignol de la vie publique française d'hier et d'aujourd'hui. Alfred Gilder relève les plus croustillantes bêtises, mais il ne fait pas de morale. Tout le monde peut se tromper, lui le premier. Le ton satirique et l'enchaînement des textes courts, illustrations à l'appui, font de ce livre un excellent remède contre la mauvaise humeur ! EXTRAIT Toilettage Les groupes de pression profitent lors des campagnes présidentielles pour interpeller les candidats. Ainsi, en 2002, la noble corporation des avocats leur demanda : « Avez-vous l'intention de toiletter le Code pénal ? » La pittoresque Christine Boutin leur tint cette réponse surprenante : « Le Code pénal n'étant pas un caniche nain, il ne relève pas du toilettage. » A PROPOS DE L'AUTEUR Ancien haut fonctionnaire (de taille moyenne), Alfred Gilder est secrétaire général de l'Association des écrivains combattants. Il a publié de nombreux ouvrages instructifs et satiriques, récemment : Anthologie des jeux avec les mots (Cherche Midi Éditeur), Le français administratif (Éditions Glyphe), Oui, l'économie en français, c'est plus clair (France Empire), 500 Mots rigolos (Éditions Glyphe).

  • Cerveau et ethique

    Borel Georges-Antoin

    • Glyphe
    • 20 Février 2018

    En se fondant sur la neurobiologie, les deux auteurs apportent un nouvel éclairage sur le fonctionnement de l'être social.
    La morale nous amène à juger les autres et à nous juger nous-mêmes. C'est une acquisition évolutive récente, propre à l'espèce humaine, liée à la capacité d'abstraire la réalité concrète au travers du langage. En portant des jugements, l'homme peut trier ses pensées et choisir un comportement qui lui semble adapté. Mais ces jugements ne nous aident pas à vivre ensemble. Ils sont source de conflit autant que d'entente. Nous sommes pourtant une espèce sociale. Nous sommes faits pour vivre ensemble. Nous le devons à un trait beaucoup plus ancien que le langage : l'empathie, la capacité de percevoir les émotions que ressentent les autres. C'est de cette empathie que résulte l'entente, au travers d'une éthique. L'éthique met en valeur l'individu, elle est fondée sur la compréhension plus que sur le jugement. Les conflits culturels, la corruption, les inégalités, sont les conséquences de l'inefficacité de la morale. Plutôt que les réprouver au nom du bien et du mal, il faut les comprendre et tenter de les maîtriser. Ce n'est pas un hasard si le médecin et le financier se sont mis d'accord sur ce point. Ils considèrent que les explications sociales, économiques, historiques ne vont pas au coeur des problèmes. Le médecin s'est fondé sur les acquis récents de la neurobiologie, le financier fait état de son expérience dans la création d'une société visant à la certification éthique des entreprises.
    Une étude scientifique inédite de deux comportements sociaux antagonistes : l'empathie et le jugement.
    EXTRAIT
    Nous sommes faits pour nous entendre. La nature le veut ainsi. Elle a fait de nous des êtres sociaux en développant dans notre cerveau un trait inné qui est l'empathie. L'empathie ne nous amène pas à nous aimer mais à nous comprendre. Elle consiste à percevoir ce que ressent l'autre, à s'associer à lui et à collaborer avec lui.
    Et pourtant nous sommes souvent en désaccord, en conflit même. C'est en raison d'un autre trait inné de notre fonctionnement mental : pour gérer nos pensées et nos comportements, nous devons les choisir, par conséquent les juger. Nous jugeons parfois rationnellement mais le plus souvent émotionnellement, au travers de nos sentiments. Nous jugeons les paroles, les actions, les événements, nous nous jugeons nous-même et nous jugeons les autres. Notre cerveau fonctionne ainsi et c'est ce qui contribue à nous donner la conscience et la compréhension.
    En fin de compte, notre échange avec les autres est conditionné par ces deux particularités opposées, spécifiquement humaines : d'une part l'empathie et la confiance qui nous rapproche les uns des autres, d'autre part les jugements de valeur qui nous amènent à nous entendre ou à nous confronter au nom du bien ou du mal que nous définissons chacun à notre manière, au nom de nos morales respectives, variées et fluctuantes. Nos cultures, l'histoire de nos civilisations, notre comportement actuel sont la conséquence directe de cette opposition qui se déroule dans notre cerveau. Il vaut la peine de se pencher sur ce double aspect de notre fonctionnement mental, pour essayer de comprendre si nous sommes des congénères qui se comprennent dans l'empathie ou des juges qui se confrontent dans l'intolérance pour un bien et contre un mal qu'ils ont eux-mêmes inventés. D'une manière inhabituelle et quelque peu arbitraire, nous définissons ici comme éthique ce qui relève de l'empathie, et comme moral ce qui relève des jugements de valeur.
    À PROPOS DES AUTEURS
    Georges-Antoine Borel est docteur en médecine. Il a été enseignant à la Faculté de médecine de l'Université de Lausanne. Pascal Borel a créé plusieurs sociétés financières. L'une d'elles, en cours de création, concerne l'éthique au sein des entreprises.

empty