Hachette (réédition numérique FeniXX)

  • Sartre solitaire du Luxembourg et écrivain janséniste ?... Il y a un jansénisme de la vocation d'écrire, et une recherche de la grâce efficace... Est-ce la leçon finale des « Mots », de ce retour aux sources et de cette démystification de l'enfance ? La liberté est le seul possible humain... Voici donc le mot de la fin : l'artisan-artiste des mots est « n'importe qui », mais dressé comme impératif de liberté ! Au lieu de Poésie et Vérité, Sartre a écrit Enfance et Imposture, mais c'est le même et éternel sujet de l'homme qui se renie en espérant ainsi mériter la grâce des signes...

  • Un coup de crayon sur le clavier... La sonatine de Diabelli... Un cri de femme retentit... Mon amour. Mon amour... Un verre de vin... Une sirène retentit... Il l'a visée au coeur comme elle le lui demandait... Parlez-moi... Une fleur blanche de magnolia... Les troènes crient... Inventez... Jamais vous n'avez crié... Un canard mort dans son linceul d'orange... Le désordre blond de ses cheveux... Le même rite mortuaire... Je voudrais que vous soyez morte.

  • Un coup de poing de statue... la demi-conscience où les enfants se plongent... cette chambre était une carapace où ils vivaient... comme deux membres d'un même corps... incultes, frais jusqu'au crime, incapables de discerner un bien et un mal... les accessoires du songe... Les êtres singuliers et leurs actes asociaux sont le charme d'un monde pluriel qui les expulse... La photographie n'était pas inoffensive... Araignée nocturne... étoilant son piège de tous les côtés de la nuit, lourde, légère, infatigable... reculer les bornes du vivable... la minute splendide où ils s'appartiendraient dans la mort.

  • Où sont les pals, les grils, les entonnoirs de cuir ?... Pourquoi nous a-t-on réunis ?... Ce sont les clients qui font le service eux-mêmes... Le bourreau, c'est chacun de nous pour les deux autres... Quand je ne me vois pas, je me demande si j'existe pour de vrai... Voulez-vous que je vous serve de miroir ?... Je ne peux plus juger par moi-même... Tu vivras clans mon regard... Seuls les actes décident de ce qu'on a voulu... Tu n'es rien d'autre que ta vie... Tu es un lâche parce que je le veux... L'enfer, c'est les Autres... Ensemble pour toujours... Eh bien, continuons.

  • Je suis noire et maigre... Moi je ne veux pas comprendre... Moi je veux tout, tout de suite - et que ce soit en entier - ou alors je refuse !... Je suis là pour dire non et pour mourir... La vie, ce n'est peut-être tout de même que le bonheur... Ah ! vos têtes, vos pauvres têtes de candidats au bonheur... C'est reposant la tragédie, parce qu'on sait qu'il n'y a plus d'espoir, le sale espoir... On est tous innocents en somme !

  • Aujourd'hui encore les problèmes fondamentaux de la linguistique générale attendent une solution... On peut donc concevoir une science qui étudie la vie des signes au sein de la vie sociale... La linguistique n'est qu'une partie de cette science générale... au lieu d'idées données d'avance, des valeurs émanent du système... des concepts... purement différentiels, définis non pas positivement par leur contenu, mais négativement par leurs rapports avec les autres termes du système... Arbitraire et différentiel sont deux qualités corrélatives.

  • Herbillon... avait vingt ans. C'était son premier départ : pour le front... Sans Denise il eût manqué à son départ une gloire... Ses camarades... leurs yeux chantaient leurs aventures... A la première éclaircie, patrouille de cinq avions, rechercher le combat... « Je ferai équipage avec Maury, mon capitaine »... Ils apprirent à sentir l'approche de l'ennemi... pouvaient se comprendre d'un signe... ils étaient une entité morale... Maury pensa : « Pourquoi les lettres d'Hélène cachent-elles une anxiété depuis le retour d'Herbillon, changé ? »... les balles pourpres, les soubresauts de l'appareil... L'équipage allait disparaître et Maury exigeait la vérité...

  • Une pension bourgeoise... à Paris... le quartier latin... nauséabonde... Rastignac... l'Étudiant... Être jeune, avoir soif du monde, avoir faim d'une femme... Parvenir ! parvenir à tout prix... Vautrin... un fameux gaillard... le tentateur... Si vous vouliez devenir mon élève... Le père Goriot avait deux filles dont il est quasi fou... Gâtées... elles ont renié... ce Christ de la Paternité... Mourir sans les voir, mes filles ?... Je les maudis... Je les bénis... Au Père-Lachaise... Horrible tristesse... Rastignac, resté seul... vit Paris tortueusement couché... « A nous deux maintenant ! »

  • Les racines des mots sont-elles carrées ?... Je ne peux pas répondre à toutes tes questions idiotes... mais dans la réalité, les choses se passent autrement... L'expérience nous apprend... Et puis qu'est-ce que c'est que cette question inutile ?... j'ai ordre d'éteindre tous les incendies dans la ville,.. et comme il n'y a pas de rendement la prime à la production est très maigre... Continuons, continuons... mais n'interrompez pas... C'est ça, vous prononcez bien maintenant... Voyons, Mademoiselle, la leçon est terminée... Vous pouvez partir... vous paierez une autre fois... A propos, et la Cantatrice chauve ?

  • De deux choses lune/L'autre c'est le soleil... Le vrai, le dur, le rouge soleil de la révolution... Le jour où les vrais éléphants viendront reprendre leur ivoire... Restez ensemble hommes pauvres/Restez unis... Notre Père qui êtes aux cieux/Restez-y... La mère fait du tricot/Le fils fait la guerre... Oh Barbara/Quelle connerie la guerre... Ah ça m'embêterait de mourir/J'ai un tas de choses à dire/Et puis j'ai envie de rire... J'ai envie de chanter... Je suis comme je suis... Je dis tu à tous ceux qui s'aiment... Nous pouvons tous les deux... Nous réveiller, souffrir, vieillir... Notre amour reste là.

  • Qui êtes-vous, jeune fille, et quelle est donc cette part que Dieu en vous s'est réservée ?... C'est cela, nous sommes trop heureux. Et les autres pas assez... O ma fiancée à travers les branches en fleurs, salut !... Pourquoi veux-tu m'épouser ? pourquoi veux-tu prendre pour toi ce qui est à Dieu seul ?... Quelle est cette fleur d'argent dont votre chair est blasonnée ?... Ce lait qui me cuit aux seins, il crie vers Dieu comme le sang d'Abel !... Il faut être une sainte quand une misérable te supplie... Douce Violaine ! perfide Violaine ! ô silence et profondeur de la femme !... Ah ! Que c'est beau une grande moisson !

  • L'ombre du pilier... La masse verte des bananiers... Une histoire de voiture en panne... Franck est encore là... Le système de jalousies a été ouvert au maximum... Un mélange de cognac et d'eau gazeuse... Une feuille de papier d'un bleu très pâle... Les criquets se sont tus... Ils sont assis côte à côte... La grosse conduite intérieure bleue... Le navire blanc... La voix grave du second chauffeur... Maintenant la maison est vide... La chevelure de soie... Madame, elle est pas rentrée... La trace du mille-pattes écrasé... Il est six heures et demie...

  • Des murs crépitants de chaleur... un rat mort... une centaine de cadavres de rats... Cette histoire nous concerne tous... Les ganglions durs et ligneux... Peut-on être un Saint sans Dieu... Deux coups de bistouri en croix... Athènes empestée et désertée par les oiseaux... Il faut être fou, aveugle ou lâche pour ne pas lutter contre elle... Jaffa et ses hideux mendiants... Il y a, dans les hommes, plus de choses à admirer que de choses à mépriser... Déclarez l'état de peste... Fermez la ville... Le bacille de la peste ne meurt ni ne disparaît jamais...

  • Lumière et mystère éluardiens : difficulté du réel opaque, transparence de la vie immédiate... Drame surréaliste, drame humain : le miroitement d'une pureté qui rejoint l'invisible, ou le langage concret de l'homme de peine avec sa révolte... Le regard universel de l'amour, incarnation de la lumière onirique, reflet métamorphosant de l'être et du monde... Rose d'amour et de révolte, la poésie devient rose publique... L'espoir humain, ainsi fécondé des plus pures ambitions surréalistes.

  • « Je vous reproche de ne pas respirer à la hauteur où je respire... Allez, allez, en prison ! En prison pour médiocrité... Un instant, un petit instant encore, que je repose sur l'épaule de l'homme, là où l'on ne meurt pas... Il faut laisser tomber les eaux... On meurt pour des causes auxquelles on ne croit pas, comme on meurt pour des passions qu'on n'a pas, et pour des êtres qu'on n'aime pas... Je crois que toute femme qui enfante pour la première fois est, en effet, la première femme qui met au monde... Avec tous mes péchés, j'ai vécu cependant enveloppé de la main divine... Il fera beau demain : le ciel est plein d'étoiles. »

  • Seul avec la mort... L'insurrection imminente... La grève générale... L'armée révolutionnaire... Il y a - dans le marxisme - le sens d'une fatalité et l'exaltation d'une volonté... Crever pour crever, autant que ce soit pour devenir des hommes... Il est très rare qu'un homme puisse supporter sa condition d'homme... Il aurait combattu pour ce qui, de son temps, aurait été chargé du sens le plus fort et du plus grand espoir... La dignité humaine... Tout homme est fou, mais qu'est une destinée humaine sinon une vie d'efforts pour unir ce fou et l'univers ?

  • « Longtemps, je me suis couché de bonne heure... Un de ces gâteaux courts et dodus appelés petites madeleines... Tout Combray est sorti de ma tasse de thé... Il y avait, autour de Combray, deux côtés pour les promenades... Je le trouvai tout bourdonnant de l'odeur des aubépines... Elle tenait à la main un bouquet de catleyas... La petite phrase de la sonate de Vinteuil... Une femme qui n'était pas mon genre... Aller au théâtre entendre la Berma. »

  • « Ce livre... C'est un fruit plein de cendre amère... vivre ! je veux vivre... une paire de petits ciseaux... Je le vis s'en emparer furtivement... À partir de ce jour, Moktir devint mon préféré... je me construisais une éthique, qui devenait une science de la parfaite utilisation de soi par une intelligence contrainte... « Vous brûliez ce que vous adoriez... cela est bien »... « votre doctrine... elle est belle... mais elle supprime les faibles »... en chaque être, le pire instinct me paraissait le plus sincère... Que les carrières honorables abêtissent !...mon crime... mon droit... »

  • « Colin aimait la lumière... le pianocktail.. le biglemoi... Nicolas dans la tradition de Gouffé... J'ai tant envie d'être amoureux... Êtes-vous arrangée par Duke Ellington ?... Chick Jean-Sol Partre et la duchesse de Bovouard... Les coins de la chambre se modifiaient et s'arrondissaient sous l'effet de la musique... L'atmosphère n'est plus la même... Le nénuphar... Les fleurs coûtent très cher... J'apprends des choses et j'aime Chloé... L'arrache-coeur... Chloé est morte... Il venait, en chantant, onze petites filles aveugles de l'orphelinat de Jules l'Apostolique... »

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