Institut de recherches et d´études sur les mondes arabes et musulmans

  • Le présent ouvrage explore ce qui arrive aux sciences humaines et sociales lorsqu'elles se déplacent ou se « dépaysent » et analyse la façon dont elles sont affectées et transformées en retour, aux plans méthodologique, théorique et conceptuel, par leur extension au-delà de l'aire géographique de leur naissance. Concrètement, il se propose d'examiner les mutations qu'elles subissent - ou dont elles profitent - dans deux cas de figure distincts mais également importants : lorsque des disciplines formées au nord étendent leur validité au-delà de leur aire géographique d'origine pour s'appliquer à des terrains lointains et « exotiques » ; et lorsque ces mêmes disciplines sont enseignées, pratiquées, appropriées et développées dans des aires géographiques autres et des contextes historiques différents. Dans les deux cas, la production « dépaysée » des savoirs peut différer de la pratique « originale », « primitive » ou « domestique », dans laquelle le chercheur et l'objet de sa recherche appartiennent tous deux au contexte historique de formation des sciences sociales. Outre les contenus, il s'interroge aussi sur les pratiques et ceux qui en sont les porteurs, chercheurs ou institutions qui participent au transfert des savoirs ou contribuent à les recombiner et les reformuler. Pour des raisons de compétence et loin de tout présupposé essentialiste, orientaliste ou culturaliste, l'analyse se borne aux savoirs produits sur les pays arabes et la Turquie. Ne pouvant prétendre à l'exhaustivité, l'ouvrage privilégie les évolutions ayant marqué les dernières décennies et, pour des raisons tout aussi pratiques et pragmatiques, il s'intéresse à quatre disciplines en particulier : l'histoire, la sociologie, la science politique et l'économie.

  • La contestation islamique des vingt dernières années remet en cause le fonctionnement actuel des sociétés arabo-musulmanes qui connaissent d'importants problèmes économiques, sociaux, démographiques... Elle révèle la perte de légitimité des modèles et des valeurs, notamment des systèmes juridiques en vigueur. Ainsi le projet politique d'instaurer un ordre islamique légitimé par la Loi coranique (la charia) et par l'exemple des premiers musulmans, se présente-t-il comme une voie possible de recherche de solutions à partir de valeurs authentiques. Mais comment ce projet peut-il s'accommoder des interprétations fort variées de la Loi par le droit, qui ont été produites au cours de l'histoire des sociétés arabes et musulmanes, spécialement depuis la réforme du droit islamique à l'oeuvre depuis le siècle dernier ? Quel est le poids, dans ce processus, du droit importé et imposé, des réappropriations de la culture juridique par les États modernes et de la négociation des normes par les individus et les groupes ? En quoi ces mutations obligent-elles à repenser la relation qui s'est instaurée dans ces sociétés entre justice, vérité et histoire ? Telles sont les premières questions posées par ce livre, en partant des expériences collectives de la modernité, et de la réalité des cultures juridiques, dans deux pays arabes du Machreq, l'Egypte et la Syrie, dont les mutations dans ce domaine ont pesé sur les choix faits ailleurs dans le monde arabe et musulman. Bernard Botiveau a accordé une attention particulière au renouveau du savoir et de l'enseignement sur le droit des pays arabes, dans les universités islamiques notamment ; à l'émergence de nouveaux acteurs juridiques, avocats, juges et « justiciables » ; enfin à l'effet des constructions sociales du droit (en particulier dans les statuts personnels) sur une redéfinition de la norme islamique, qui est provoquée autant par les mouvements politiques contestataires que par des gouvernements en mal de légitimité. Au-delà du renouvellement des usages du droit, ce sont le sens et les finalités de la justice dans ces sociétés qui sont questionnés.

  • La multiplication des mosquées, le phénomène « beur », la question des banlieues... voilà autant de réalités qui ont contribué à placer l'immigration au coeur des préoccupations politiques françaises. Pour dépasser les préjugés et les passions qui obscurcissent le débat, cet ouvrage présente une analyse permettant de comprendre les comportements des citoyens issus de l'immigration maghrébine. Leur installation définitive sur le sol national s'inscrit dans une double trajectoire : la revendication de lieux d'expression de l'identité musulmane qui n'empêche nullement l'émergence de comportements plus sécularisés. Elle marque aussi l'apparition d'une nouvelle génération d'acteurs sociaux et politiques. Quelles sont aujourd'hui les différentes manières d'être musulman en France ? Comment s'affirme le rapport de ces populations à la citoyenneté et à l'ethnicité ? Jocelyne Cesari s'attache à expliquer comment et pourquoi ces nouveaux acteurs se mobilisent aujourd'hui dans l'espace public français. Elle a pris le parti de décrire les paradoxes et les enjeux de leurs multiples stratégies - religieuses, culturelles ou politiques -dans les banlieues de Marseille, aussi médiatisées que mal connues. En s'appuyant sur un travail d'enquête approfondi, cet ouvrage met en relief la diversité des rapports que la population musulmane entretient avec la société et l'État français. Cependant, il n'y est pas seulement question de Marseille et des musulmans, mais également des profondes mutations politiques et sociales qui affectent la France d'aujourd'hui.

  • Le processus de Barcelone définit un horizon de politique méditerranéenne pour les différents acteurs étatiques ou non étatiques, publics ou civils, qui agissent sur la scène régionale. S'il encourage parfois à des vues et des actions communes, il contribue aussi à la diversification et au développement des stratégies particulières : certains États y voient une opportunité pour confirmer leur statut de puissance régionale, les collectivités locales s'en servent comme d'un terrain d'expansion de leur politique extérieure, et de nombreux acteurs de la société civile s'appuient sur le réfèrent euro-méditerranéen pour exister et se faire reconnaître. Le phénomène touche aussi bien le Sud que le Nord, malgré le déséquilibre global qui affecte le projet euro-méditerranéen. Issu d'une collaboration entre chercheurs français et allemands, le présent ouvrage fait une large place au rapport des deux pays et des deux sociétés à l'espace méditerranéen. Mais il veille à les insérer dans une approche globale des jeux d'acteurs dans cet espace, notamment en analysant les positions turques et égyptiennes. Les contributions s'organisent en trois grandes parties : les usages de l'histoire, la politique des États, l'émergence des acteurs civils.

  • L'Algérie vient de traverser une décennie d'épreuves dont le degré de brutalité et parfois de barbarie, notamment au milieu des années 90, évoque les pires moments de la guerre de décolonisation. Bien que la violence persiste et soit toujours au coeur des débats, il importe de ne pas rester prisonnier d'une approche où la dramatisation présente la situation d'une façon caricaturale, comme une sorte de western où s'affronteraient deux factions armées prenant en otage le reste de la population. Alors que de nombreux facteurs apparaissent mieux aujourd'hui dans leur ampleur et leur complexité, le moment est venu de dresser le bilan des dernières années et de s'interroger sur les perspectives de « sortie de crise » qui s'ouvrent à la société algérienne. Cette démarche est entreprise ici sous trois points de vue. Le premier, politique et institutionnel, tente de cerner l'incertain processus de reconstruction de l'État, de démocratisation et de réconciliation. Le second analyse les forces et faiblesses, les ruptures et continuités des programmes d'action économique. Quant au troisième, il explore les nouveaux espaces, concrets ou symboliques, que s'approprie une société civile forgée par les épreuves.

  • Dès l'indépendance tunisienne, la science a été fortement mobilisée dans les discours des pouvoirs politiques. Elle est présentée comme la condition du développement économique, la voie d'une émancipation générale du peuple, la garantie de l'indépendance et de la puissance du nouvel État. Mais les conditions socio-historiques de la naissance d'une pratique scientifique en Tunisie ont conféré à la mise en actes de ce discours un caractère ambigu.Tout d'abord, l'Université, lieu de l'éclosion de la recherche scientifique dès l'années 1960, est devenue, après un court « état de grâce », le symbole d'une contestation politique virulente, notamment islamiste à partir des années 1980. Ensuite, les premières générations de scientifiques tunisiens, marquées, lors de leur formation à l'étranger, par les valeurs de l'universalisme scientifique, ont très tôt associé pratique scientifique et ouverture d'un espace de débat critique.C'est cette tension entre les représentations politiques de la science et les conditions sociales de sa pratique que tente d'analyser cet ouvrage centré sur la période cruciale des quarante ans qui précèdent l'adoption, en 1996, d'un cadre législatif pour la recherche scientifique en Tunisie.Il montre comment les politiques scientifiques mises en oeuvres révèlent un rapport équivoque des pouvoirs politiques tunisiens à la science, et peut-être plus encore aux « savants ». Et comment, dans la période la plus récente, la tentative de concilier libéralisation économique et maintien d'un ordre politique centralisé et autoritaire ne laisse aux scientifiques d'autre alternative que d'être marginalisés ou étroitement agrégés à l'appareil d'État sous prétexte d'efficacité : c'est-à-dire dans les deux cas, hors d'état d'agir sur les orientations de leur pratique.

  • Les élections législatives marocaines de septembre 2002 , premier scrutin organisé sous le règne de Mohammed VI. ont été l'objet de nombreuses espérances et conjectures de la part des observateurs comme des élites politiques marocaines. Au-delà de cet horizon d'attentes, fait de représentations multiples des évolutions du régime et concentré sur le face-à-face entre la monarchie et les partis politiques, quelles lectures proposer de ce scrutin ? Que nous apprennent les expériences multiples vécues au cours de la campagne, du vote et de ses lendemains ? Cet ouvrage collectif renoue avec une sociologie électorale quelque peu délaissée ces dernières décennies dans le pays, où la dimension compétitive de l'élection reste soumise à caution. Les différentes contributions qui le composent mettent l'accent sur les logiques de représentation et de mobilisation qui traversent le moment électoral, en rendant compte de la pluralité des acteurs : ceux qui occupent le devant de la scène, comme ceux qui s'activent dans les coulisses. Faisant varier les échelles, elles s'intéressent à ce qui est donné à voir, à entendre, à espérer et aux mises en scène du politique. Elles en examinent les répertoires discursifs, gestuels, visuels, parfois musicaux. Par delà les petits et les grands enjeux affichés, cet ouvrage espère ainsi éclairer, au prisme du moment électoral, les restructurations d'un ordre sociopolitique. Loin d'affirmer que « rien ne change » ou que l'épreuve des urnes est mystificatrice, il considère des transformations en pointillé de la représentation politique, des manières d'aller au peuple, de voter ou de s'abstenir. Il explore les luttes symboliques auxquelles se livrent les candidats pour définir l'excellence politique, pour délimiter les frontières de la notabilité et du militantisme. Il observe la reconfiguration des relations de clientèle et de proximité. En filigrane, une question se pose : l'un des enjeux fondamentaux des tribulations de la scène électorale marocaine ne serait-il pas d'étendre, pour les uns. et de retarder, pour les autres, l'exercice effectif du suffrage à des catégories jusque-là exclues de la représentation ? Ont contribué à cet ouvrage : Mounia Bennani-Chraïbi, Myriam Catusse. Hsain Ilahiane, Rémy Leveau. Jean-Claude Santucci, Victoria Veguilla et Lamia Zaki.

  • On a souvent présenté les institutions du monde arabe sous des lumières très contrastées. On a ainsi décrit les institutions traditionnelles comme immobiles, acceptant la modernité à contre-coeur, incapables de correspondre aux besoins actuels, et donc condamnées à disparaître tôt ou tard devant des institutions modernes, puissantes et dynamiques. Ou, à l'inverse, on a décrit les anciennes comme toujours vivantes et hostiles au développement, les modernes n'étant que des paravents pour la propagande extérieure, des créations d'autant plus fragiles qu'elles seraient menacées par les projets de restauration de la loi islamique. Des lors la problématique tournait autour de la stagnation, du retour en arrière ou de l'affrontement avec la modernité. L'analyse concrète des situations repérées dans l'histoire ou dans la vie contemporaine fait vite douter de visions trop hâtives et trop polémiques. Cet ouvrage entreprend de retourner aux faits, de reprendre l'exploration plutôt que la discussion. En ouvrant les cadres disciplinaires et en diversifiant les problématiques, on suggère que la vie, la survie, la mort ou la résurrection des institutions traditionnelles peuvent être déployées sur les plans historique, juridique, économique, sociologue, etc., avec des problématiques diverses, mais les plus adaptées possibles à chaque institution : recherche des déterminants historiques de la destinée de l'institution, comparaison avec les institutions concurrentes, explicitation de la cohérence voulue par les législateurs en dialogue/opposition avec les « usagers » de l'institution, mise en évidence de la stratégie des acteurs dans le contexte politique ou sociologique. Cette étude se présente donc comme une moisson d'explorations concrètes dans les institutions du monde arabe, du Golfe à l'Atlantique, de l'école coranique aux universités, du travailleur immigré aux confréries politiques... Si elle indique l'impossibilité d'un maintien à l'identique des institutions traditionnelles, si elle montre que bien des formules de restauration ressortent de la manipulation ou carrément de l'erreur, elle révèle aussi que certaines institutions font plus que survivre : elles se transforment, et parce qu'elles cherchent à se dépasser, entrent vraiment dans la modernité.

  • La plupart des régimes arabes subissent aujourd'hui une pression extrême de leur population. Leur autoritarisme est mis en cause, mais également leur capacité à produire du développement et du bien-être collectif, alors que le chômage, l'insécurité sociale et la pauvreté fragilisent leurs sociétés. Comment les associations de développement, qui se sont multipliées ces dernières années, participent-elles à la nouvelle donne créée par le « printemps arabe » de 2011 ? Les auteurs de cet ouvrage cherchent à comprendre les dynamiques qui ont amené des associations très diverses à s'investir de missions qui, pendant plusieurs décennies, avaient incombé aux États. Quels sont en particulier les rapports complexes qui les lient à « la fabrique de l'action publique » dans les pays arabes étudiés (Maroc, Yémen, Liban, Syrie, Jordanie et, dans une moindre mesure, Palestine) ? Les interventions des acteurs associatifs ont soit pallié les défaillances de l'action publique, et par là permis le maintien des régimes autoritaires, soit favorisé l'émergence de nouvelles formes de participation économique, sociale et politique, voire de contestation. Ce livre analyse ainsi les relations à géométrie variable que les acteurs associatifs entretiennent avec le politique, la chose publique, le pouvoir étatique et les bailleurs de fonds internationaux. Ses auteurs prêtent attention pour cela aux histoires « réelles » de certains projets de développement, sans céder aux sirènes des théories en usage sur les vertus de la société civile et sans considérer le monde associatif comme un ensemble monolithique.

  • L'immigration donne lieu à de nombreux débats d'où l'anthropologie est assez souvent absente. Cela tient sans doute à ce que d'autres disciplines occupent le devant de la scène. En même temps, l'étude des phénomènes migratoires privilégie les ressortissants du Maghreb. Ce cahier présente un point de vue anthropologique sur l'immigration où les populations originaires des pays du Maghreb aussi bien que d'Italie ou de l'Europe de l'Est (les Tziganes) sont prises en considération dans une perspective comparatiste. Une partie des contributions est consacrée à l'anthropologie culturelle et critique les conceptions qui enferment les migrants dans une sorte d'«identité culturelle». D'autres points de vue sont, toutefois, représentés. Une seconde partie est consacrée à l'anthropologie biologique et, plus particulièrement, à ses apports spécifiques : l'étude des comportements féconds, des pratiques alimentaires et des généalogies. Ce cahier réunit des contributions qui matérialisent une coopération entre plusieurs universités et centres de recherche européens.

  • À travers la construction de l'objet sociologique « ingénieur », cet ouvrage vise à apporter un éclairage sur la manière dont se sont recomposés les enjeux politiques, économiques et sociaux dans le contexte de libéralisation économique du Maghreb des années 1990-2000. Prenant pour point de départ la naissance du corps moderne des ingénieurs pendant la période coloniale, il s'est agi d'analyser comment, après l'indépendance des États du Maghreb, les ingénieurs sont passés du statut de grands commis du secteur public au service de la construction d'un projet de développement national impulsé par l'État à celui de cadres moyens ou supérieurs se présentant sur un marché du travail de plus en plus ouvert. Ce processus, inscrit dans le cadre d'une dualisation du système de formation, est apparu lui-même lié à la massification de l'enseignement supérieur et aux transformations économiques et sociales générées par l'application, à partir du milieu des années 1980, des plans d'ajustement structurel du FMI, synonymes d'élargissement progressif du secteur privé et d'ouverture à l'économie mondiale.

  • Le Centre de recherches et d'études sur les sociétés méditerranéennes est un laboratoire de la Faculté de droit (Université Aix-Marseille III) et de l'Institut de recherche méditerranéenne (Université de Provence), associé au Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Son activité couvre dans le domaine des sciences humaines les États maghrébins : Algérie, Libye, Maroc, Tunisie. Elle s'étend à la Mauritanie depuis 1974. Le C.R.E.S.M. comprend des équipes de recherches interdisciplinaires et un très important service de documentation et de bibliothèque. Depuis 1962 le laboratoire publie aux Éditions du CNRS : l'Annuaire de l'Afrique du Nord, ouvrage qui, en un millier de pages, fait le point pour le lecteur de la documentation de l'année, mais présente aussi une partie études et des articles d'actualités, etc. Ces études sont réunies en ouvrages dans la collection du C.R.E.S.M.

  • Marseille et le café ... Une longue histoire que celle de la rencontre du grand port méditerranéen et d'une denrée exotique. Marseille n'avait-elle pas alors quelque droit à voir se tenir chez elle la première journée de rencontre régionale entre spécialistes de différentes disciplines en sciences humaines et praticiens expérimentés. Car ce droit s'appuyant sur les courants commerciaux contemporains, que les statistiques mettent en valeur, se fonde également sur l'Histoire elle-même. Ainsi c'est par l'intermédiaire du port de Marseille que l'introduction du café se fit en France grâce à Jean de la Rocque, négociant, de retour vers 1644 d'un long voyage en "Arabie heureuse".

  • Après le café en Méditerranée, l'huile d'olive... Il nous est particulièrement agréable de présenter cette publication, dernier fruit de la coopération étroite qui unit le Groupement d'intérêt scientifique « Sciences humaines » sur l'aire méditerranéenne, d'Aix-en-Provence, et notre Chambre de Commerce et d'Industrie de Marseille. L'huile, un produit depuis si longtemps intimement lié à la vie de notre cité portuaire qu'on y retrouve encore, sous son appellation ancienne de « Place aux huiles », le lieu spécifique où s'effectuaient les opérations à quai de chargement et de déchargement de ces lourdes futailles. Dans les limites de notre circonscription consulaire, des terroirs renommés pour leurs oliveraies : hier, Aix qui, aux xviie et xviiie siècles, produisait une huile considérée comme la meilleure du royaume ; aujourd'hui, La Fare-les-Oliviers... En ce Palais de la Bourse, lieu privilégié où se forge le destin économique de notre région, où sont débattus les problèmes intéressant les nombreux pays riverains d'une mer unificatrice, il est pour le moins agréable d'accueillir de semblables tables rondes qui font le point des connaissances sur le présent, mais aussi le passé d'un secteur d'activité.

  • Cet ouvrage regroupe les communications au séminaire "Villes et Migrations" qui s'est tenu à l'I.R.

  • Depuis longtemps, l'Egypte a tenu une large place dans les préoccupations intellectuelles, économiques et politiques françaises: l'expédition d'Egypte, Muhammad Calî, le Canal de Suez, plus près de nous Gamal cAbd al-Nasser et Anwar al-Sadât en sont les illustrations. Mais d'une part, on a trop souvent considéré l'histoire de l'Egypte au XIXe siècle du seul point de vue occidental et européen, d'autre part l'évolution politique et intellectuelle de l'Egypte est mal connue; enfin, il faut bien constater que depuis vingt ans, les publications françaises sur l'Egypte sont rarissimes. Le Groupe de Recherches et d'Etudes sur le Proche Orient, d'Aix-en-Provence, a mis au premier rang de ses recherches l'Egypte médiévale et moderne et a jugé utile de combler, partiellement, les lacunes de notre connaissance à propos d'un pays sur lequel circulent trop d'idées reçues; dans cette optique, il a paru justifié de mettre en évidence une certaine permanence due à des facteurs géographiques humains et religieux, mais aussi les changements intervenus soit sous l'influence de l'étranger, soit sous l'impulsion des Egyptiens eux-mêmes, notamment durant les vingt cinq dernières années. Les auteurs de ce livre, tous connaisseurs et spécialistes de l'Egypte espèrent ainsi avoir apporté une contribution à une meilleure compréhension de l'Egypte et des Egyptiens d'aujourd'hui.

  • Lorsque, le 15 octobre 1483, le Père Félix Fabri pénétra dans le palais du Sultan, il vit « un ordre admirable... une multitude énorme de vastes écuries et grandes salles qu'il serait fastidieux de décrire en détail et peut-être difficilement croyable ». Sans doute, les deux palais auxquels nous nous sommes intéressés, ...

  • Cet ouvrage, issu d'une rencontre entre des chercheurs travaillant sur des espaces géographiques variés, de Tunisie, d'Italie, d'Algérie, de France et de Turquie restitue, au plus près de l'expérience des acteurs eux-mêmes, les voies pratiquées pour acquérir et pouvoir revendiquer des droits d'appartenance. Dans ce processus, ...

  • La surinterprétation parentale et tribale de la société touarègue a longtemps effacé le champ du "politique" comme sphère autonome. Si la parenté est une trame qui sert à exprimer de nombreux rapports sociaux, elle ne suffit pas à rendre compte de l'organisation politique chez les Touaregs. Une précédente publication (Touaregs, Exil et résistance) faisait état des modèles exprimés et des registres métaphoriques utilisés pour expliquer l'ordre du politique, les comparant aux représentations forgées de l'extérieur. Poursuivant cette démarche, l'ouvrage présent s'intéresse en particulier à l'étude concrète des réseaux et formations politiques dans l'histoire touarègue ; il tente notamment d'analyser la forme, le sens et les mutations des relations politiques nouées à l'intérieur et à l'extérieur de ce monde complexe.

  • À quels critères et à quelles exigences répond la « fabrication » des élites du monde nomade ? Quelles sont les métamorphoses qui les travaillent dans un environnement politique, économique, social et cultures en pleine mutation ? Ce volume à plusieurs plumes appréhende la question à travers deux exemples : les Touaregs et les Maures. Il s'interroge sur la hiérarchie des savoirs mobilisés et valorisés dans chacune de ces sociétés, sur les pratiques et les pouvoirs d'action auxquels ils conduisent, sur les conditions nécessaires à leur perpétuation ou au contraire à leur invalidation. La notion d'élite est explorée ici dans une acception large, comme la représentation en vigueur dans une société donnée des « personnes les meilleures, les plus remarquables d'un groupe » (Littré, Le Robert). Elle est étudiée dans une perspective diachronique qui met en avant l'évolution des modalités de transmission des connaissances et de leur contenu. Les correspondances apparaissent multiples entre les divers types de savoirs et de pouvoirs. La transformation de l'ordre du politique, en particulier, a des répercussions évidentes sur l'ensemble des autres domaines, qu'ils concernent les modes d'interprétation et de gestion du social du culturel, de l'économique, du sacré...

  • Les trois contributions réunies dans cette première livraison des Cahiers de l'IREMAM apportent des éclairages complémentaires au phénomène complexe du café dans le Proche-Orient. La mise en parallèle d'une cérémonie turque du café (Hélène Desmet) et de la cérémonie de thé japonaise (Jane Cobbi), permet de dégager les spécificités d'une consommation ritualisée dans deux contextes différents. Le Caire, pôle de diffusion du café dans toute l'aire méditerranéenne ? Michel Tuchscherer en étudiant les sources autochtones, apporte des éléments inédits pour la connaissance du café dans l'Égypte ottomane. Avec les matériaux et la bibliographie rassemblés par Aladin Goushegir, on dispose pour la première fois d'un dossier historique et ethnologique complet sur le café en Iran. La mise en relation de ces documents voudrait créer la possibilité d'un questionnement nouveau de ce thème.

  • En publiant ce volume - et le prochain - nous avons voulu témoigner que ce n'était pas en vain que des efforts de toute sorte : intellectuels, financiers, matériels, y avaient été consacrés, pendant des années. Le résultat de travaux qui, au premier abord et au vu des premières publications, auraient pu paraître comme étant le fait de spécialistes aux audiences limitées, est en réalité une oeuvre de large ouverture sur l'histoire d'une période et d'une ville dont le renom est grand, mais qu'il était utile de mieux faire connaître et apprécier par tous ceux pour qui Le Caire ce n'est pas seulement un nom et une abstraction, mais aussi des hommes qui y ont vécu et qui, par leurs actions, en ont fait un des pôles de l'histoire de l'Islam.

  • Du Maroc au Yémen en passant par le sud de l'Algérie, par la Tunisie et un arrondissement de Paris, les études réunies dans ce cahier s'attachent à l'espace quotidien. Elles montrent comment, dans sa diversité, celui-ci s'articule à des temps eux-mêmes divers : les rythmes de l'existence la plus ordinaire et des moments plus exceptionnels. Avec, éventuellement, en arrière plan, la durée où s'expriment et se modèlent les changements culturels et sociaux. Les auteurs ne perçoivent pas de façon figée les rapports de la tradition et de la modernité auxquels ils sont confrontés à différentes échelles. Ils essaient plutôt, en mettant au jour le poids des ajustements et des résistances, d'en saisir la complexité et le caractère dynamique.

  • La monographie que les géographes E. Wirth et H. Kopp ont consacrée à Sanaa a été élaborée, et éditée dans sa version originale, dans le cadre du célèbre TAVO (Tübinger Atlas des Vorderen Orients - Atlas du Proche-Orient de Tübingen). Elle est conçue comme un supplément à la cartographie qui a été établie. En s'appuyant sur une enquête de terrain méthodique, les auteurs se sont attachés aux aspects fonctionnels et morphologiques de Sanaa. Ils proposent une topographie de cette ville caractéristique de l'Arabie du sud, qui connaît depuis quelques années une modernisation et une extension tardives mais brutales. Et ils en restituent la profondeur historique.

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