La Découverte (réédition numérique FeniXX)

  • « Ces gens-là » ce sont les habitants d'une cité de transit auprès desquels l'auteur a enquêté systématiquement. « Nous devons remercier Colette Pétonnet de nous donner aujourd'hui un livre passionnant, admirablement pensé et écrit sur ce sujet, écrit Roger Bastide dans sa préface, mais il faut aller plus loin ; il faut la féliciter d'avoir appliqué à ce sujet les méthodes de l'ethnologie, en vivant dans la cité qu'elle décrivait, en utilisant l'observation participante, les entretiens continus, au fil des heures et des saisons. Ce qui fait que la Cité de La Halle revit devant nous, avec ses commérages dans les couloirs, ses drames ou ses moments de fête, les rites secrets des caves et les aventures des jeunes dans la « brousse » environnante. Car la « maison » ici, ce n'est pas seulement l'appartement, c'est aussi le couloir, l'escalier, les caves ou la cour, chaque sous-groupe, groupe sexuel ou groupe d'âge, ayant son domaine propre, qu'il façonne et qui le façonne. »

  • Les générations ont beaucoup à nous apprendre sur nous-mêmes. Privilégiées ou sacrifiées par l'Histoire, elles forgent leur identité au contact des événements politiques, des mutations économiques, sociales et culturelles qui marquent leur jeunesse. Dans ce livre passionnant, synthétisant un grand nombre d'enquêtes sociologiques et d'opinion, Bernard Préel brosse l'histoire des générations récentes et celle de leurs relations. Relations complexes où se jouent, souvent sur fond d'incompréhensions et de conflits, des questions centrales : la transmission des valeurs et du patrimoine, les relations au sein du couple et de la famille, le rapport au travail et à la consommation. Le choc des générations propose ainsi à chacun de se confronter au portrait de sa génération. Dans cette fresque vivante, souvent drôle, Bernard Préel réserve une place particulière aux enfants du baby boom, Il montre en effet que, depuis leur révolte, en Mai 68, les rapports entre les générations se sont brutalement inversés. La jeunesse moderne - la génération Gorbatchev et, plus encore, la génération internet - ne se contente plus, en effet, de se rebeller. Elle dicte désormais sa loi aux générations précédentes et, en particulier, à celle de ses parents qui, obsédés par la peur de vieillir, s'approprient la culture jeune de leurs enfants. Avec le risque qu'un jour prochain, ces derniers instruisent le procès de leurs parents, enfants gâtés des Trente Glorieuses.

  • Le tiers monde est - et sera longtemps encore - rural, malgré la forte urbanisation qu'il connaît depuis une vingtaine d'années : en l'an 2000, un habitant sur deux vivra dans les campagnes, et assurera l'alimentation des villes. C'est dire l'importance à venir des campagnes dans l'économie du tiers monde. Mais celui-ci est multiple : quoi de commun entre les zones désertiques du Sahel et la pampa argentine, entre les hauts plateaux andins et les rizières de l'Asie du Sud-Est, entre le Nord-Est brésilien et la Chine ? L'auteur connaît bien ces différentes situations, et mène dans ce livre une étude comparative et prospective des enjeux économiques, sociaux, culturels et environnementaux qui se nouent dans les campagnes. Deux réalités accablent ces continents : la pauvreté, sans cesse grandissante des paysanneries, et la fragilisation des solidarités villageoises. Jacques Chonchol propose, pour faire échec à la pauvreté, de revaloriser l'aspect rural, d'encourager une industrialisation appropriée aux campagnes et aux paysans, de favoriser l'émancipation des femmes qui sont à la base des cultures, de rétablir les nécessaires équilibres avec l'écosystème. Mais ces diverses propositions doivent être resituées dans leur contexte, et c'est pourquoi l'ouvrage effectue, chapitre après chapitre, un véritable tour du monde. Le déficit alimentaire, les problèmes fonciers, l'intervention de l'État, l'enseignement agricole, l'influence du modèle occidental de développement, les structures familiales, l'échange inégal ville/campagne, etc., différent d'une région à une autre. La ville, la modernité, la division internationale du travail, lancent de véritables défis aux communautés rurales. Les réponses sont à formuler et à mettre en oeuvre dès aujourd'hui.

  • La modernité déferle sur notre monde, elle nous envahit pour notre salut ou pour notre infortune. Elle est devenue une référence presque obsessionnelle pour les hommes d'État du tiers monde, comme pour les dirigeants soviétiques ou chinois, pour les eurocrates, comme pour les chefs d'entreprise, pour les stratèges nucléaires, comme pour les théologiens, pour les gens de médias, comme pour les experts en ingénierie sociale, pour les vendeurs de lessive, comme pour les urbanistes. C'est ce moment planétaire que le présent essai tente d'analyser, en prolongeant la réflexion proposée il y a six ans dans De la modernité. La modernité-monde s'inscrit, et se met en scène, dans des lieux de modernité, des lieux dont l'image fortement symbolique ouvre ici chaque chapitre et introduit ses analyses : Hongkong et Beaubourg, les stades géants et la forêt amazonienne en feu. Notre modernité-monde est là et bien là. Il y a ceux qui aiment, ceux qui sont plutôt révulsés, ceux qui réfléchissent, ceux qui ne se résignent pas au grand lâchez-tout, ceux qui sont prêts à s'adapter avec réalisme, ceux qui s'acharnent à chercher une issue, une alternative... De la modernité, que faut-il avoir le courage de remettre en cause, ainsi notre gaspillage, notre profusion, nos privilèges face à la misère du monde ? Et que faut-il plutôt s'efforcer de maîtriser lucidement, notamment dans le domaine des innovations technologiques ? J'espère communiquer au lecteur ma conviction que la première question est au moins aussi importante que la seconde.

  • Pour la population juive de France pendant l'Occupation, il fallait, soit se conformer à une législation assassine, soit désobéir et courir les risques de la clandestinité. L'auteur est historien et fut animateur de la résistance juive communiste pendant la guerre.

  • Priorité à la lutte contre le chômage : d'un bout à l'autre de l'échiquier politique, tous les partis ont, aujourd'hui, fait leur ce mot d'ordre. Mais, s'agit-il vraiment d'autre chose que d'un simple slogan ? Pour en avoir le coeur net, Gérard Filoche propose dans ce livre une analyse critique des principales propositions pour l'emploi faites par les responsables politiques français. Il dresse ainsi un bilan édifiant des soixante mesures de la loi quinquennale pour l'emploi du gouvernement d'Édouard Balladur : pression accrue sur les emplois existants pour les flexibiliser et en diminuer les coûts, dérèglementation insidieuse du droit du travail... L'étude des programmes d'action de MM. Chirac, Séguin, Barre et Giscard d'Estaing n'est guère plus encourageante : au-delà des grands discours, ils réaffirment leur confiance dans les vertus du libéralisme, dont l'échec est pourtant avéré. Et si la gauche continue à refuser tout volontarisme, et à s'en tenir au traitement social du chômage, le résultat sera à peine meilleur. C'est donc pour une politique radicalement différente que plaide ici Gérard Filoche, de façon claire et argumentée : réduction massive du temps de travail, sans réduction du salaire direct, institution d'un Parlement social pour le contrôle des salaires différés que sont les cotisations sociales, aménagement du droit du travail pour s'adapter à cette nouvelle donne, mesures fiscales pour réduire les inégalités - 10 % de la population possède 54 % du patrimoine - et pour favoriser la relance en redistribuant du pouvoir d'achat.

  • Dans les situations de crise, de troubles ou de guerre, la désinformation et la propagande ont toujours été utilisées pour mobiliser les foules et tromper l'ennemi. Mais, aujourd'hui, les médias sont devenus beaucoup plus sophistiqués qu'autrefois, et le bourrage de crâne a fait place à de véritables médias tueurs. En Afrique, au Moyen-Orient ou dans les républiques de l'ex-Union soviétique, des organes de presse sont directement utilisés pour lancer des appels à la haine et à la violence. Au Rwanda, la tristement célèbre Radio des Milles Collines a ainsi préparé et accompagné le génocide, n'hésitant pas à appeler à remplir les fosses encore à moitié vides. Les miliciens, une radio dans une main, une machette dans l'autre, ont été les auditeurs les plus fidèles de cette véritable machine de mort. Devant la montée de ces médias de la haine, Reporters sans frontières, une organisation de défense de la liberté de la presse dans le monde, a envoyé des journalistes dans une dizaine de pays (Rwanda, Burundi, Niger, ex-Yougoslavie, Roumanie, Crimée, Caucase, Israël-Palestine, Égypte), pour comprendre pourquoi et comment fonctionnent ces journaux et ces radios. Pour les dénoncer, et obtenir leur mise hors-la-loi. Ce lïvre devrait permettre au grand public de savoir qui sont les journalistes de ces médias, qui les contrôle, qui les finance et, surtout, quels ravages ils sont susceptibles de provoquer si rien n'est entrepris pour les combattre.

  • Face aux déchaînements d'horreur en Algérie, l'opinion internationale semble tétanisée. Beaucoup d'observateurs disent : on ne comprend pas, on ne sait pas ce qui se passe vraiment. [...] Le rapport de Reporters sans frontières - Algérie, la guerre civile à huis clos - dénonce l'étrange inaction du pouvoir dans la recherche des assassins de journalistes, l'impitoyable censure qu'il exerce sur la presse, et l'interdiction de fait qu'il a imposée de toute enquête indépendante sur les violences ; le rapport de mission de la FIDH - La levée du voile : l'Algérie de l'extrajudiciaire et de la manipulation, établi à partir de témoignages particulièrement accablants recueillis sur place, montre que la lutte légitime de l'État algérien contre le terrorisme est menée, depuis 1992, en violation complète des conventions sur les droits de l'homme dont il est pourtant signataire (pratique généralisée de la torture, séquestrations arbitraires et disparitions, exécutions sommaires, milliers de prisonniers d'opinion, exactions encouragées des milices, etc.) ; - le rapport de l'organisation américaine Human Rights Watch - Algérie, des élections à l'ombre de la violence et de la répression - revient, à l'issue d'une mission sur place, sur les conditions très particulières des élections législatives du 5 juin 1997 (exclusion de certains opposants, censure, climat de violence, etc.) ; - et, enfin, le rapport d'Amnesty International - Algérie : la population civile prise au piège de la violence - analyse les exactions des groupes armés d'opposition, le rôle singulier des milices d'autodéfense armées par le pouvoir, le mur du silence construit par ce dernier pour entraver les enquêtes indépendantes, et l'indifférence de l'opinion internationale. Un ensemble de textes sans équivalent, qui ne permettra plus de dire : On ne savait pas.

  • La France a choisi l'alternance. Le nouveau gouvernement s'applique à sa tâche avec sérieux. Saurons-nous, cela étant, nous attaquer collectivement aux causes fondamentales de la crise de notre système politique ? Nous mobiliser sur des réformes de structures à la mesure des défis ? On a trop incriminé la mondialisation, contrainte mais aussi opportunité : la crise est d'abord en nous-mêmes. Notre problème principal réside dans cette exception française : un régime hyper-délégataire. Si l'exercice du pouvoir demeure centralisé, et si la société se tourne toujours vers l'État, la démocratie française est menacée de régressions majeures. Reconstruire un pouvoir politique : réaliser cet objectif, conditionne tout progrès de société. Les Français ont besoin d'un plan de travail pour reconstruire leur maison. La société ne dispose aujourd'hui que d'un programme face à la conjoncture, pas encore d'un projet. Le mouvement social et civique qui prend essor est ambivalent, et demande moins d'être flatté, que de participer à la solution des problèmes. L'apport principal du livre de Philippe Herzog se situe au niveau de la méthode : réapprendre à travailler ensemble en société. C'est un manifeste pour une démocratie participative. En sollicitant les commentaires, reproduits ici, de huit personnalités d'horizons très divers, Philippe Herzog montre que le débat est possible et peut être fructueux. Comment organiser les responsabilités pour résoudre le défi de l'emploi ? Comment construire une stratégie de croissance dans la mondialisation ? Comment refonder l'État ? Comment unir les Européens ? Des pistes novatrices sont avancées : la cogestion, la coopération du public et du privé ; gouverner en partenaires, diffuser et partager les pouvoirs ; fédérer les Européens pour un développement solidaire. Un livre dérangeant et constructif, qui sollicite le débat.

  • Ce livre s'adresse à ceux qui refusent aussi bien l'horreur économique que le politiquement correct. Et qui ne s'accommodent pas de la langueur de la vie démocratique : élites décriées, militants désenchantés, représentation par les élus contestée, citoyens déresponsabilisés. À l'ère technologique, face au tout marché, la politique du XXIe siècle reste à inventer, de la base au sommet. C'est la conviction qu'entend faire partager ici Michel Charzat, maire du XXe arrondissement de Paris, sénateur socialiste de la capitale, acteur influent, mais discret, de la vie politique depuis plus de vingt-cinq ans. Exemples concrets à l'appui, il montre pourquoi, et comment, la démocratie locale, école et creuset de l'autonomie des citoyens, est le moyen nécessaire, sinon suffisant, de stimuler un nouvel appétit de participation politique. Dans ce livre d'entretiens avec Claude Neuschwander - lui-même un passionné de démocratie économique et sociale -, Michel Charzat explore, de façon très vivante, les voies possibles de ce renouveau. Et il explique ce qu'il faudra mettre en oeuvre pour que Paris - berceau de la démocratie moderne - redevienne un modèle pour le monde.

  • Pierre Vallières, journaliste québécois de 35 ans rédacteur du Devoir, co-directeur de « Cité Libre » puis animateur de « Parti-Pris » et enfin fondateur de « Révolution québécoise », a été arrêté en 1967 à New York alors qu'il manifestait en compagnie de son camarade Charles Gagnon sa solidarité avec des militants du Front de Libération du Québec. Lui-même militant de cette organisation, il devait être accusé de la responsabilité politique et morale (à défaut de la responsabilité matérielle dont il a toujours été admis qu'elle n'était pas en cause) d'un attentat meurtrier commis contre une usine qui venait de lock-outer ses ouvriers grévistes. Extradé au Québec, il a été condamné, en 1968, à la prison à vie, peine qu'il subit au pénitencier de Montréal. Cet essai écrit en prison est à la fois l'autobiographie d'un jeune ouvrier canadien autodidacte et l'analyse de la situation de ces Québécois qui, pour lui, dans le monde américain, font figure de "nègres blancs".

  • « Pute ! », « Salope ! » En France, pays de la galanterie, c'est avec ces mots que, dans la rue comme à l'Assemblée nationale, des hommes s'adressent encore publiquement à des femmes, célèbres ou non. Le 8 mars 1999, Florence Montreynaud, écrivaine, féministe et intellectuelle parisienne de plus de cinquante ans, en a eu assez des insultes sexistes subies par les femmes en France. Elle s'est dit : « Ça suffit ! » et montrant les crocs, a lancé avec des ami-es le Manifeste des Chiennes de garde qui a rapidement recueilli des centaines de signatures. L'outil privilégié des Chiennes de garde : le communiqué de presse envoyé aux médias, pour soutenir une femme insultée en public. Afin de faire le ménage dans les propos orduriers. Afin qu'on entende la souffrance des femmes. Afin que la honte ne soit plus portée par elles, mais qu'elle retombe sur les machos eux-mêmes. Afin d'élever le débat public, où les insultes sexistes passent encore trop souvent pour une forme d'humour. Dès les premières actions, les critiques ont fusé de toutes parts : « Quand même, vous auriez pu trouver un autre nom ! », « Vous êtes des Parisiennes intellos », « Vous ne vous intéressez qu'aux gens célèbres », etc. Florence Montreynaud a soigneusement consigné les objections adressées aux actions provocatrices des Chiennes de garde. Aujourd'hui, dans ce livre drôle et incisif, elle répond systématiquement à ces détracteurs. Ce qui lui fournit l'occasion de dresser un réquisitoire contre le machisme ordinaire de la société française. Oui, affirme Florence Montreynaud, les mots peuvent faire mal. Oui, les insultes blessent Oui, il faut d'autres mots pour tisser de nouveaux liens, empreints de respect entre hommes et femmes. Dire NON aux insultes sexistes, c'est dire OUI à la dignité des femmes... et des hommes.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Un système social peut très bien tenir debout en tournant le dos aux aspirations des individus. Les jeunes, de plus en plus mal dans leur peau, en apportent à leur insu la confirmation éclatante. Car on est loin, six ans après, des promesses de libération que les événements de mai avaient fait naître. Certes on se bat encore çà et là, mais sans grande illusion et, dans sa masse, la jeunesse, faute de perspectives, semble se résigner. Qui porte la responsabilité de cet enlisement ? Il est facile de faire le procès d'un pouvoir répressif, d'un P.C. démobilisateur et d'un ultra-gauchisme débile. On oublie trop l'incroyable complicité dont la jeunesse a été et demeure la victime. Car qui, dans les partis ou dans les groupes, a cherché à comprendre les jeunes au lieu de les flatter et à les aider au lieu de s'en servir ? Hissée sur un piédestal, la jeunesse, dès lors, ne pouvait qu'échouer et décevoir. Rompant avec cette pratique, l'auteur s'adresse aux jeunes, mais aussi aux adultes, parents ou enseignants, avec une franchise souvent brutale. Il montre comment, dans cette société, le culte de l'argent accapare les êtres, appauvrit les personnalités, compromet toute éducation et fait, en définitive, des enfants des mal-aimés aussi peu aptes à s'insérer dans le système qu'à le contester. Cet essai appelle donc jeunes et adultes à une prise de conscience, suivie d'un changement de comportement et de mode de vie. C'est seulement à cette condition, que la révolution sera voulue et préparée, et non vécue comme un fantasme ou un alibi. Grande victime, avec la femme, de la société bourgeoise moderne, le jeune, tout comme la femme, ne pourra se libérer que par une remise en cause radicale et douloureuse de sa propre éducation.

  • Le parti a changé, change et changera encore : Georges Marchais ne cesse de le répéter. C'est une évidence et c'est un mot d'ordre. Il change en rompant avec le stalinisme. Oui, mais comment, dans quelle direction et avec l'appui de quelles forces ? Peut-on réduit ce phénomène à un groupe Marchais, à une tactique électorale, à l'eurocommunisme ? Gérard Molina et Yves Vargas tentent d'analyser les changement du parti communiste, en se plaçant du point de vue du militant pour analyser les contradictions internes du parti, qui sont un moteur de son changement. Car si, comme le montre Louis Althusser à propos du XXIIe Congrès, rien ne va sans contradictions, il faut bien spécifier celles qui sont propres au parti communiste, ce parti qui n'est jamais tout à fait comme le autres. Comment concilier le vedettariat épanoui de Georges Marchais à la télévision, avec l'invasion des studios de TF1 par des militants communistes, le légalisme du parti avec la mobilisation contre les saisies légales, le libéralisme interne avec le parachutage des décisions, etc. ? N'est-ce pas le combat qu'il mène contre la bourgeoisie qui retentit dans le parti lui-même sous des modalité inédites, inattendues, contradictoires ? Les auteurs entendent ici intervenir dans le grand dialogue qui se mène à l'intérieur du parti communiste sous des formes diverses, internes et publiques, et auquel prennent part dirigeants et militants de base. Car le parti change, et ce livre est un élément politique et théorique de ce changement lui-même, pour en témoigner, pour l'aider à se poursuivre dans le bon sens.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • À interroger la mémoire militante du monde occidental, on peut se demander : une révolution a-t-elle jamais existé en Éthiopie ? Des journalistes, des militants de la gauche civile éthiopienne l'ont nié dès qu'une partie de l'armée s'est emparée des leviers du pouvoir officiel. Comment des militaires, ultime rempart, depuis des décennies, d'une théocratie absolument anachronique, pierre d'angle d'un système d'exploitation d'une rapacité quasi médiévale, auraient-ils pu se muer en avant-garde d'une révolution socialiste ? Premier péché originel. Première incompréhension qui n'ira qu'en s'approfondissant. Avec, d'abord, l'aggravation du conflit en Erythrée, où l'affrontement entre la plus ancienne lutte armée de libération nationale en Afrique - consacrée par la Tricontinentale - et le nouveau régime d'Addis-Abeba, atteindra une intensité sans précédent. Avec la terreur rouge, répression dantesque, qui engloutit une génération de jeunes intellectuels, les premiers à avoir cultivé, dans l'Éthiopie du Négus, les germes d'une pensée et d'une action révolutionnaires. Avec, enfin, l'intervention soviéto-cubaine, dirigée non plus contre l'Afrique du Sud raciste, mais surtout contre la Somalie, le seul pays de la Corne de l'Afrique à se réclamer du socialisme... Mais, au fond, cette incompréhension naît de la volonté d'appréhender la révolution éthiopienne par rapport à ses incantations marxistes-léninistes et aux précédentes révolutions du tiers monde. Or, l'Éthiopie est, depuis des siècles, un monde retranché du reste du monde, et sa révolution ne doit donc rien à quelque impérialisme trop arrogant ou à une décolonisation trop tardive. Elle éclate principalement du fait des conflits internes à la société et au peuple éthiopiens, des conflits entre les sociétés et les peuples d'Éthiopie. La compréhension et l'explication de cette introversion fondamentale, sont essentielles pour essayer d'analyser et de situer les immenses bouleversements qui ont transformé ce pays de 1971 à 1978. [...].

  • Modernisation, révolution technologique, mutations industrielles : ces termes font maintenant partie du vocabulaire politique quotidien. Que la France doive s'ouvrir résolument à la nouvelle révolution technique, qu'elle doive, pour cela, moderniser son appareil productif, ses structures administratives, son système de relations sociales, chacun en est conscient. Mais cette modernisation ne doit pas être menée sans concertation ni réflexion préalable, et il importe d'éviter des effets pervers qui pourraient être tout aussi graves que ceux qu'elle entend combattre. Le IXe Plan, approuvé par le parlement en décembre 1983, constitue dans cette perspective une étape importante, fruit d'une large concertation entre les différents partenaires sociaux et le gouvernement. Le but de ce livre est d'offrir à tous les citoyens, souvent peu familiers des techniques de planification, une présentation claire et accessible des grandes orientations du IXe Plan, qui guideront l'action gouvernementale de 1984 à 1988. L'analyse des difficultés actuelles, et des contraintes imposées par l'environnement international, conduit à la définition d'objectifs prioritaires, et des moyens correspondants, détaillés ici pour tous les secteurs d'activité. Le rôle nouveau accordé aux régions, dans le cadre d'une politique de décentralisation qui bouleverse des habitudes séculaires, est l'un des axes essentiels de la mise en oeuvre du IXe Plan : à ce titre, ce livre devrait répondre particulièrement aux attentes des multiples acteurs régionaux, qu'il s'agisse des responsables d'entreprises, des élus, ou des militants syndicaux et associatifs.

  • Face aux innombrables échecs des divers socialismes - de l'U.R.S.S. à l'Éthiopie, en passant par Cuba et le Viêt Nam - et face aux faillites économiques de la plupart des États du tiers monde, le succès de Taïwan ne pouvait laisser insensible René Dumont. Avec sa collaboratrice, Charlotte Paquet, il a enquêté sur place, visitant de nombreuses installations agricoles et industrielles, et rencontrant de nombreux Taïwanais - de l'expert financier à la paysanne travaillant son jardin. Leur constat est clair et net : un sans faute économique. Voilà, en effet, un petit État insulaire, avec une forte densité de population qui, de la colonisation japonaise des années trente à aujourd'hui, est passé du sous-développement au développement. La clé de voûte de cet édifice ? La réforme agraire. Une réforme agraire facilitant le travail pour chacun, la mécanisation de l'agriculture, la diversification des cultures, l'exportation des biens alimentaires, le financement de l'industrie. Une réforme agraire déclenchant en cascade toute une série de modifications économiques et sociales, dont la plus spectaculaire est la réduction des inégalités sociales ! Taïwan maîtrise sa croissance démographique (inférieure à 2 % par an), alphabétise sa population, répand ses biens de consommation sur son marché intérieur, et les exporte en grande quantité... Taïwan, un modèle ? Non, car cette réussite a un prix : un travail acharné pour toute la population et un fascisme mou gérant la société. Libertés démocratiques surveillées, anticommunisme exacerbé, libéralisme économique excessif, Taïwan ne peut constituer un quelconque modèle. Mais, incontestablement, de nombreuses leçons doivent être tirées de cette expérience singulière. Elles sont à méditer aussi bien en Amérique latine qu'en Afrique.

  • Denis Langlois a écrit Le cachot en 1966, à Fresnes, où il était détenu comme objecteur de conscience. Il raconte quarante-cinq jours de mitard : quarante-cinq jours de solitude, sans meubles, et avec un repas tous les deux jours. Ce livre, c'est d'abord le récit d'une lutte constante pour garder son intégrité. Mais, au travers, se dessine aussi une description rigoureuse de l'univers carcéral, qui garde toute son actualité : si les quartiers de haute sécurité ont été supprimés, les mitards existent toujours. Par ailleurs, les effets psychologiques de la punition par isolement, que rapporte Denis Langlois, ont donné lieu à des études systématiques de professionnels de la destruction des personnalités. Ces études, depuis, ont conduit aux sinistres pratiques de privation sensorielle. Autre atteinte aux libertés individuelles : le refus de l'objection de conscience, également toujours actuel, puisque les aménagements, passés ou à venir, du statut d'objecteur, paraissent loin de satisfaire les exigences de ceux qui le revendiquent. Seize ans plus tard, Le cachot n'a donc rien perdu de sa force. Denis Langlois propose ici une édition remaniée, dans laquelle il revient sur le rôle que cette expérience a joué dans sa vie, et dans sa pratique professionnelle.

  • Ceci n'est pas un livre de plus sur la Révolution française. Pourtant, il n'y est question que d'elle, mais au présent : des lycéens, des Vendéens, des paysans, des militaires, des militants, des immigrés, des catholiques, des juifs et d'autres encore, disent comment ils voient, deux siècles après, la Révolution. Ces propos, Gérard Belloin les a recueillis au long d'une vaste enquête qui l'a mené dans toute la France, des campagnes aux grands centres urbains, des lieux historiques de la Révolution, aux lycées de banlieue. La diversité et l'originalité des réponses de ses interlocuteurs révèlent à quel point les représentations de la Révolution échappent aux idées reçues. Elles permettent à l'auteur de mettre à nu les mécanismes individuels et collectifs de la formation de ces représentations. Expliquer en quoi la révolution est toujours un enjeu des débats et des combats politiques contemporains. Gérard Belloin montre ainsi comment l'image et le souvenir de la Révolution française ont pu se transmettre d'une génération à l'autre. Et comment, plus souvent, ils sont réinterprétés à l'aune de souvenirs plus récents, ceux de certains événements capitaux du XXe siècle : Révolution russe, affrontement entre la démocratie et le fascisme, Front populaire, Résistance, Libération, etc. Cet ouvrage constitue une approche nouvelle des rapports de l'Histoire et de la politique. Il montre le poids des représentations du passé sur l'Histoire en train de se faire, et l'effet en retour de l'engagement politique sur ces représentations. Loin d'être réservé aux spécialistes de la Révolution, il apporte à tous les curieux matière à réflexion et souvent à divertissement.

  • Deux siècles après l'élaboration et la proclamation des droits de l'homme, il était urgent de redéfinir les devoirs et les droits des citoyens. En effet, le poids grandissant des États, la généralisation de l'éducation, la multiplication des moyens de communication, l'émergence de nouvelles données biologiques et génétiques, etc., obligent à une redéfinition de la démocratie et de l'action de tout un chacun. Menant, depuis plusieurs années, une réflexion sur ce sujet et préparant des manifestations qui placeront l'année 1989 sous le signe du débat et du renouveau, les jeunes membres d'AD-89 nous livrent ici un essai décapant en forme de manifeste. C'est à une véritable révolution mentale qu'ils nous convient, afin de repenser totalement les relations entre le citoyen, les États, les institutions. C'est aussi un message sur l'avenir de la démocratie, un appel pour un plus grand respect des droits de l'homme, de tous les hommes, une espérance. Créée en 1985, cette association regroupe des jeunes de toutes obédiences politiques et religieuses. Elle organise une Convention extraordinaire de la jeunesse en juillet 1989 au Palais de l'Europe à Strasbourg.

  • En novembre 1977, un référendum permet aux habitants de Mons-en-Baroeul (29 000 habitants dans la banlieue lilloise) de choisir directement les grandes orientations de leur budget communal. La nouvelle municipalité, d'Union de la gauche, cherche à approfondir la démocratie locale. À travers le récit vivant de leur expérience et son analyse critique, le maire, Marc Wolf, et Jacqueline Osselin nous montrent que ces questions sont importantes pour la gauche. Car c'est dans sa façon, aujourd'hui, de mener les luttes et d'exercer les pouvoirs périphériques (en particulier locaux), qu'elle se prépare à exercer demain le pouvoir d'État et à amorcer la transition au socialisme.

  • Pendant plus de dix ans, dans ce pays, en plein coeur de Marseille, les services de police ont pu faire fonctionner une prison, sans que nul en ait eu connaissance au point de s'en inquiéter. Des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants ont été parqués quai d'Arenc, totalement à la merci de la police, sans pouvoir prévenir quiconque de leur sort, sans garantie d'hygiène et d'alimentation, soumis, quant à leur destination et au temps de leur détention, à un arbitraire illimité. Et nous ne tolérons pas que les habitants de Munich aient pu ignorer leur faubourg : Dachau ! Pourtant, Arenc est au coeur de Marseille, de son port, des centaines de travailleurs, massivement syndiqués, ont pu observer les allées et venues des escortes, des gardes, des prisonniers. Les quotidiens marseillais ont chacun leur chroniqueur de la vie portuaire... C'est en avril 1975, qu'Alex Panzani, journaliste à La Marseillaise et à L'Humanité, en même temps que les correspondants de Libération et du Monde, alertait l'opinion publique sur le scandale de la prison clandestine et hors la loi d'Arenc. Le cas de la prison d'Arenc dépasse de beaucoup le cadre local et la dimension d'une bavure. Agissant impunément, la police française a systématiquement violé le droit français, la Constitution française. Les délits qu'elle a ainsi commis sont sanctionnés par le Code pénal : arrestations illégales, atteintes à la liberté, séquestrations arbitraires. Les responsables - au plus haut niveau, c'est-à-dire celui du ministre de l'Intérieur - seront-ils poursuivis, seront-ils punis ? Et cet arbitraire cessera-t-il ?

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