La Découverte (réédition numérique FeniXX)

  • Elles sont filles de parents maghrébins immigrés en France. Leurs pères sont ouvriers, artisans, chômeurs ou retraités, l'un fut officier de gendarmerie. Elles sont nées à Nanterre, à Bobigny, Sartrouville, à Paris dans le vingtième, dans la banlieue nantaise ou à Roubaix et y ont grandi. Elles ont de dix-huit à vingt-sept ans, sont lycéennes, étudiantes, animatrice, secrétaires, restauratrice ou "au chômage". Quelques-unes ont un compagnon, l'une est mariée, une autre divorcée, la plupart sont célibataires. Toutes ont parlé sans réticence, contentes d'être écoutées par une auditrice attentive, française, ethnologue, spécialiste de la culture de leurs parents, ainsi à même de comprendre leurs difficiles et douloureux problèmes. En effet, elles sont partagées, parfois déchirées entre leurs aspirations personnelles de jeunes femmes en France et le désir, bien différent, de leurs parents, qui auraient voulu les voir devenir ces "femmes bien", modèle de femme maghrébine. Diverses ont été leurs conditions de vie, divers leurs rapports avec parents et frères, leurs connaissances de la religion, du Maghreb, leurs scolarités, leurs activités et relations éventuelles hors de la maison paternelle, leurs attitudes envers l'autre sexe, leurs propres désirs de famille et d'enfant, leurs problèmes d'identité et de nationalité, enfin, pour certaines d'entres elles déjà, leur participation à la vie active en France. A travers leurs discours sur toutes ces questions - une centaine d'heures d'entretiens -, sont analysées les conditions et les circonstances, les constantes et les variables susceptibles de freiner ou de favoriser leurs dispositions à l'intégration.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • « Cette analyse se situe à l'écart des contestations globales et somme toute assez confortables où la folie n'apparaît que comme une cible, l'asile comme un signifiant stratégique qui ne doit sa valeur qu'à sa charge affective, à sa portée symbolique ; enjeu dans un discours, dans une logique, l'asile trouve le même poids de scandale que l'université pour un bien-pensant. Mais rien n'exempte de nous confronter à la folie, la nôtre et celle des autres, rien ne nous délivrera d'avoir constamment à reconnaître en nous ce que nous dénonçons, nos propres réactions ségrégatives, aliénantes, rejetantes. Pendant le temps des graffitis et des discours, continue à végéter et à pourrir, derrière ses murs, un monde fait d'autant d'atrocités et de tendresse que le monde qui lui est dit extérieur. Si la ruse du diable, c'est de nous persuader qu'il n'existe pas, la ruse de l'asile, c'est de nous faire croire qu'il existe en un lieu appelé hôpital psychiatrique. L'asile est au-dehors, comme au-dedans ; avec des gens, à l'intérieur et au-dehors, aussi aveuglés par ce qu'ils sont, aussi empêtrés par ce qu'ils font. C'est pour aboutir à plus de clarté dans ce qui manipule les personnes, les paroles et les actes dans une institution que j'ai entrepris ce travail, loin, il est vrai, des arbitrages idéologiques qui ont déjà tranché, soit entre la folie et la raison, soit entre le fou et la société. Que se joue-t-il à l'intérieur d'une institution, comment s'y noue un sens à reconnaître, quelles règles en ordonnent le langage ? Entreprise réformiste, peut-être, mais dont chaque jour je reçois des exemples que c'est une entreprise qui reste à mener. » (Extrait de l'Introduction.)

  • C'est grâce au mythe d'une unité paysanne que la bourgeoisie française a réussi à maintenir sous sa férule idéologique l'ensemble des couches les plus exploitées des campagnes. Ce mythe a toujours reçu la caution des chercheurs et des historiens, certains d'entre eux s'efforçant même de lui donner des lettres de noblesse en le conceptualisant sous le vocable d'« agrarisme ». Dans cet ouvrage, Philippe Gratton affirme au contraire l'existence de classes paysannes différenciées, aux intérêts antagonistes. Analysant les mouvements politiques ou syndicaux français qui ont contribué à dissocier l'unité terrienne dans la première moitié du XXe siècle, il s'efforce d'étudier non pas le rôle des paysans dans une lutte de classes qui se jouerait en dehors d'eux (au sein du monde industriel), mais les effets de la lutte des classes à l'intérieur même du monde rural. Pour lui, le temps des paysans respectueux des « autorités » syndicales ou politiques est révolu. Celui de leur révolte contre le pouvoir a commencé : les paysans français se battent désormais contre l'agrarisme.

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  • Parmi les mouvements anticoloniaux arabes et africains le nationalisme marocain présente des particularités incontestables qui ne cessent d'intriguer les observateurs. Ce livre tente d'expliquer ces particularités en analysant en détail la structure socio-politique du Maroc précolonial et les conséquences contradictoires des réformes par lesquelles le pays essaya d'échapper à la tutelle étrangère. À la fois mouvement et idéologie, le nationalisme apparaît dans cette perspective comme l'expression d'un choix : celui de la rénovation dans la conservation. Peut-on généraliser à partir du cas marocain ? Si oui, le nationalisme aurait une dimension culturelle qui jusqu'ici a été grandement sous-estimée. Pour cette raison, sa rémanence serait plus grande et sa force de contestation plus ambiguë que ne le laisserait penser une analyse strictement sociologique.

  • Quel enjeu recouvre la priorité accordée depuis quelques années par les instances officielles à l'amélioration du « cadre de vie », à l'aménagement « qualitatif » de l'espace urbain, à la restauration de la « démocratie locale » et à la promotion de l'« autogestion du quotidien » ? Quelle visée stratégique guide cette Nouvelle Politique Urbaine « libérale avancée » dont les innovations spatiales et institutionnelles s'inspirent très largement de la thématique « contestataire » qui mobilisa jadis les militants du « droit à la ville » ? La scène politique traditionnelle connaît la désaffection du public. La représentation parlementaire ou partisane ne fait plus recette. Pour remédier à cette crise des mécanismes de délégation de pouvoir - dont témoigne la multiplication des mouvements de lutte extra-institutionnels -, les dirigeants bourgeois en sont venus à proposer une nouvelle mise en scène des rapports sociaux prenant la ville pour théâtre et où le « citadin » sera le personnage principal. La « Cité sans classe », en effet, n'est autre que ce lieu mythique où, par le biais d'un changement de décor approprié et grâce à la programmation d'un répertoire excluant toute référence à la division capitaliste du travail, exploiteurs et exploités se transmueront en « habitants » qui oeuvreront en commun à l'essor d'une société « urbaine » réconciliée. Pour démonter ce dispositif destiné, sous couvert de « participation », à associer les couches populaires à leur propre mise en condition, les auteurs ont adopté le ton de la dérision, particulièrement indiqué pour rendre compte de ce nouveau mode de domination qu'est la « comédie urbaine ».

  • Mazamet, petite ville de la Montagne noire, dans la partie méridionale du Tarn, connut aux XVIIIe et XIXe siècles une grande aventure industrielle. L'utilisation des chutes d'eau pour les moulins assit la première prospérité industrielle de la région ; puis, à la fin du siècle dernier, survint une seconde révolution de la production et des techniques. Dès 1900, toute la région vivait au rythme de l'exploitation des peaux de moutons. Cette industrie employait une main-d'oeuvre en contact étroit avec la vie rurale, ne nécessitait pas de techniques perfectionnées, mais plaçait la ville au centre d'un réseau commercial étendu au monde entier. Le délainage (séparation de la laine et du cuir), dont Mazamet avait le quasi-monopole mondial, donna à l'industrie régionale un second souffle et recula d'un siècle l'arrivée de graves difficultés économiques. Rémy Cazals a conduit son étude à travers une vaste documentation : enquêtes statistiques, témoignages oraux, compoix d'ancien régime, règlements d'usine, comptes d'entreprises, rapports de police et registres de conscription. Mais une attention toute particulière a été prêtée aux transformations du paysage industriel, à l'histoire des techniques, à la formation de la classe ouvrière nouvelle et à ses tentatives d'organisation, aux mentalités économiques et religieuses. Mazamet, avec ses deux révolutions industrielles, sa centaine d'usines en 1900 sur des sites parfois occupés depuis le XVIe siècle, se prêtait à cette magnifique étude d'archéologie industrielle.

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  • Selon les statistiques de l'O.N.U. (1970), le taux de croissance annuel de la population nationale en Amérique latine est de 3 %, le taux de la population urbaine étant de 7 %, et celui de croissance des bidonvilles de 15 % A Lima, où la migration rurale-urbaine est cause du fol accroissement de la ville, la population vivant en bidonville dépasse 1 million d'habitants, soit près de la moitié de la population urbaine. C'est à l'étude de ces « déracinés », entreprise sur le terrain, que Sabine Hargous consacre ce livre. Nation en processus d'acculturation depuis la conquête, le Pérou entame en effet aujourd'hui une étape particulièrement critique de son développement. Depuis près de vingt ans, son urbanisation croît d'une façon extraordinairement désordonnée, anarchique. Les désajustements économiques, politiques et sociaux propres à la structure capitaliste du pays déterminent l'implantation dans les villes de nombreux groupements de population qui font irruption dans le cadre de la cité, avec comme seul « bagage » leur culture indigène traditionnelle et la misère que leur a apportée le champ stérile. Le secteur tertiaire, qui possède déjà une très faible productivité, se voit envahi par cette vague de population qui, inapte à produire, va encore davantage déformer un système dont la caractéristique essentielle réside dans son incapacité. Dès lors, ce n'est plus seulement une opposition entre le passé et le présent qui s'exprime avec tant de réalisme dans les grandes villes, mais un réel affrontement entre ceux d'« en bas » et ceux de « là-haut » ; entre ceux qui gaspillent et ceux qui sont totalement démunis ; entre ceux qui s'évertuent à surmonter leur misère et ceux qui vivent dans l'opulence.

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  • Papa-Commandant, c'est l'administrateur colonial ; le « grand filet » qu'il jette devant les paysans pour les capturer et les forcer au travail, ce sont ses gardes-cercles, ses gendarmes et ses soldats. Les Maliens n'ont pas oublié la « deuxième portion du contingent », ces hommes et ces femmes recrutés par l'armée coloniale dans les années trente pour creuser les digues du grand projet de production cotonnière de l'Office du Niger. Ce que racontent les témoins interrogés par Magasa, c'est l'envers de la « mise en valeur », le prix, comptabilisé en vies humaines, qu'a coûté cette « grande oeuvre française ». On comprend à travers ces pages comment le « développement » n'a jamais cessé d'être la traduction en termes impérialistes d'une réalité brutale et inavouée : la surexploitation des colonisés au profit de quelques intérêts privés. Certes, aujourd'hui, les méthodes ne sont plus tout à fait les mêmes, et les autorités ont changé d'apparence. La lecture de ce document permet de mesurer la portée réelle de ces transformations.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Les études groupées dans ce recueil s'échelonnent, quant à leur date de rédaction, sur près de trente ans. Elles portent témoignage du développement et de la cohérence d'une recherche érudite et d'une réflexion critique sur la Révolution, moment fondateur de notre histoire contemporaine. Il ne suffit pas en effet de « penser la Révolution », encore faut-il la comprendre. L'histoire de la Révolution française, comme toute matière historique, est structurée et donc pensable, scientifiquement connaissable, comme toute autre réalité. Le but de l'historien est de parvenir sinon à des certitudes, du moins à des probabilités ou à des faisceaux de probabilités (Georges Lefebvre parlait de lois tendancielles). Tocqueville n'écrit-il pas dans « L'Ancien Régime et la Révolution » : « Ce n'est pas par hasard que les aristocraties naissent et se maintiennent ; elles sont soumises comme tout le reste à des lois fixes et qu'il n'est peut-être pas impossible de découvrir. » Abandonner cette ligne constante de l'historiographie révolutionnaire classique, de Mignet à Tocqueville, de Jaurès à Lefebvre, se départir de cette exigence de rationalité, réintroduire dans l'histoire révolutionnaire le contingent et l'irrationnel, ne paraît pas constituer un progrès dans le métier d'historien, mais bien un recul et comme une capitulation. À l'encontre des modes, passagères par définition, c'est la rationalité et la nécessité du mouvement révolutionnaire que nous nous sommes efforcés d'atteindre à travers le foisonnement des événements et la diversité des comportements. Comprendre la Révolution !

  • Les paysans marchent vers le prolétariat un à un au cours de « l'exode rural » ; ils marchent aussi vers le prolétariat, en un autre sens, collectivement. Et ces deux marches sont interdépendantes, car la convergence des nouveaux prolétaires vers les pôles de développement capitaliste permet le rapprochement entre les diverses paysanneries dont ils sont issus - et auxquelles ils retournent souvent au bout de quelques années - et l'ensemble du prolétariat. Un tel rapprochement peut être la base de l'alliance révolutionnaire du prolétariat et de la paysannerie travailleuse, construite sous la direction des fractions les plus exploitées de ces classes : paysanneries pauvres d'un côté, prolétariat déqualifié de l'autre (issu en général depuis peu de ces paysanneries pauvres). Au sein de la zone dominée par l'impérialisme français (France et anciennes colonies), c'est en Afrique Noire que se trouve la plus grande masse de paysans pauvres ; et cette paysannerie pauvre fournit aussi des contingents de plus en plus importants de prolétaires déqualifiés que l'impérialisme français asservit aussi bien en France qu'en Afrique. Pour lutter sérieusement contre cet impérialisme, il est donc indispensable de connaître dans le détail les mécanismes qui amènent cette prolétarisation des paysans africains et les relations complexes et contradictoires qui lient la paysannerie à sa migration ; seule une telle étude permet d'éviter les deux écueils - sous-estimation et idéalisation - qui menacent constamment les militants politiques ou syndicaux en ce domaine ; seule une telle étude permet de situer à leur juste place les luttes des paysans et des ouvriers africains (émigrés ou non) dans la lutte d'ensemble contre la bourgeoisie française et pour la construction du socialisme partout où cette bourgeoisie et ses relais locaux sont aujourd'hui dominants. Le présent ouvrage tente, à travers quelques enquêtes de terrain et quelques analyses théoriques, de faire progresser cette étude. Cet ouvrage est écrit en collaboration avec Émile Le Bris et Michel Samuel.

  • Le Québec est volontiers considéré en France, dans les milieux spécialisés, comme le paradis de la psychiatrie moderne. Un gouvernement intelligent, à l'écoute des techniciens compétents, y aurait en quelques années accompli une « révolution tranquille », faisant éclater le vieil asile, donnant aux psychiatres les moyens qu'ils demandaient et leur permettant ainsi de donner corps à ce qu'on appelle en France, où elle poursuit son interminable existence embryonnaire, la « psychiatrie de secteur ». Philippe et Edmée Koechlin, deux psychiatres français très connus pour l'oeuvre de libéralisation et d'organisation thérapeutique qu'ils ont effectuée dans plusieurs établissements français, notamment à l'hôpital psychiatrique de Plaisir en Seine-et-Oise, ont été invités en 1970 par le gouvernement du Québec à venir y passer une année à titre de conseillers techniques. Ils ne s'attendaient pas à trouver, au fond de l'hôpital Saint-Jean-de-Dieu à Montréal, une « salle » du plus pur style asilaire, n'ayant rien à envier à ce qu'on trouve encore çà et là en France, et plus couramment dans des pays moins « avancés » comme l'Italie ou l'Espagne. Les Koechlin ont pensé que leur mission de « conseillers techniques » était d'abord de s'attaquer à cette ignominie. Ils y ont passé une année et ont consigné dans un récit dépouillé le déroulement de cette entreprise. La leçon qu'ils en tirent, et qu'il faut proclamer, c'est que l'orientation technocratique actuelle de la psychiatrie dans les pays capitalistes, fondée sur les notions de rendement et de rentabilité, loin de travailler à détruire l'Asile, le pérennise et même le recrée là où il était en voie de disparition. La distinction entre malades à court, moyen et long terme, corollaire de la notion absurde de rentabilité des soins, est une stupidité criminelle de plus à mettre au compte des technocrates de la santé. Le récit dénonciateur des Koechlin est de ceux qui appellent avec urgence une réflexion politique. R.G.

  • Les alliances de classes ont été étudiées par les marxistes, au moins en Europe, exclusivement au niveau politique. Leur fondement économique, dans les rapports de production, n'a pas été abordé depuis Marx. Les deux textes de ce volume : « Sur l'articulation des modes de production » et « Matérialisme historique et luttes de classes », veulent combler cette lacune du marxisme (pour le premier) et en chercher les raisons (pour le second). Pourquoi une alliance entre classes et couches exploitées de modes de production différents doit-elle être une alliance définitive ? Pourquoi l'extension d'une alliance tactique entre une classe exploitée et une classe (ou une couche) exploiteuse au niveau stratégique se retourne-t-elle toujours contre la classe exploitée ? Quelles sont, au sein d'une classe exploitée, les couches qui sont naturellement porteuses de l'intérêt commun de classe ? C'est à tous ces problèmes que ce livre tente d'apporter une première réponse. Dans un monde où le prolétariat n'est jamais seul (même dans les métropoles) pour construire le socialisme et où il est, la plupart du temps, très minoritaire (dans les pays dominés), une analyse des alliances de classes, fondée sur la structure même des formations sociales et sur la lutte des classes qui révèle cette structure et non sur l'idéologie de telle ou telle organisation parlant au nom des exploités, est une arme pour les combats à venir.

  • Hérissée de difficultés de tous ordres, de plus en plus mal assimilée, l'orthographe résiste victorieusement aux tentatives de simplification. Le « réformisme » s'est trop longtemps contenté de la vilipender, offrant des contre-attaques aisées aux partisans du statu quo. Mais la crise de l'orthographe s'aggrave sans cesse, aux dires de tous les observateurs, et l'on voit poindre le jour où une intervention sera nécessaire. Une description minutieuse du phénomène orthographique, appuyée sur une analyse linguistique des problèmes, oblige à renoncer à tout espoir de réforme : il apparaît impossible d'améliorer de l'intérieur un édifice à la fois aussi cohérent et aussi composite. La solution, découverte il y a quatre siècles, est d'ordre alphabétique. On ne peut pas réformer l'orthographe, on ne peut que la supprimer et donner au français une nouvelle écriture, fondée sur la langue parlée. Utopie ?... Cette promotion de la langue parlée s'inscrit dans la perspective des bouleversements culturels du monde contemporain.

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