Le Bord de l'eau

  • La pandémie de Covid-19 nous rappelle avec acuité que le Web est devenu incontournable dans l'étude des événements récents. En cela le phénomène mémoriel ne fait pas exception, que l'on pense aux débats sur le passé colonial ou sur la Guerre d'Algérie. Cependant, les traces laissées sur la Toile sont instables et difficiles à appréhender pour les historien·ne·s du temps présent. Nées dans les années 1990, les initiatives d'archivage de ce patrimoine nativement numérique se sont traduites par la création d'un dépôt légal du Web français dont la collecte, la conservation et l'accès sont organisés par l'INA et la BNF. Ce Web archivé constitue un gisement de sources précieux permettant de retrouver des contenus aujourd'hui inaccessibles en ligne. L'archivage du Web offre en outre la possibilité de consulter d'anciennes versions de sites mais aussi de pérenniser un corpus issu du «Web vivant». Ce livre, à partir de la thèse pionnière soutenue en 2015, apporte des clefs pour appréhender les enjeux historiographiques liés au déploiement des récits publics consacrés aux passés sur le Web. Il propose également des pistes méthodologiques adressées à des étudiant·e·s ou à des chercheur·e·s désireux·euses de se plonger dans l'étude d'un phénomène à partir des archives du Web.

  • Ces dernières années, le développement des technologies numériques a donné un nouvel essor à la figure de l'amateur, notamment dans le domaine de la culture. Face à cette nouvelle donne, plusieurs institutions ont lancé des plateformes contributives culturelles, pour permettre à des amateurs, ou plus généralement à des citoyens, de participer à la construction de savoirs liés à leurs objets culturels en interaction avec l'institution. Les rapports entre institutions et amateurs qui s'instaurent à travers ces dispositifs ne sont pas linéaires et transparents. Si l'institution voit le besoin d'interagir avec ces figures clés, en même temps elle a du mal à leur donner une place qui en préserverait la liberté d'expression. Similairement, les amateurs qui commencent leur activité en autonomie sont souvent attirés par le cadre institutionnel qui peut donner de la reconnaissance ou de la visibilité à leur action. Cependant, dans ce cadre institutionnel, ils ne sont pas toujours à l'aise.
    En interrogeant les modèles épistémiques et politiques de ces plateformes, entre sciences participatives et pratiques amateurs, cet ouvrage a l'ambition de proposer une nouvelle approche à l'étude des plateformes contributives en tant que dispositifs multi-espace de dialogue entre les institutions et les citoyens.

    Ces dernières années, le développement des technologies numériques a donné un nouvel essor à la figure de l'amateur, notamment dans le domaine de la culture. Face à cette nouvelle donne, plusieurs institutions ont lancé des plateformes contributives culturelles, pour permettre à des amateurs, ou plus généralement à des citoyens, de participer à la construction de savoirs liés à leurs objets culturels en interaction avec l'institution. Les rapports entre institutions et amateurs qui s'instaurent à travers ces dispositifs ne sont pas linéaires et transparents. Si l'institution voit le besoin d'interagir avec ces figures clés, en même temps elle a du mal à leur donner une place qui en préserverait la liberté d'expression. Similairement, les amateurs qui commencent leur activité en autonomie sont souvent attirés par le cadre institutionnel qui peut donner de la reconnaissance ou de la visibilité à leur action. Cependant, dans ce cadre institutionnel, ils ne sont pas toujours à l'aise.
    En interrogeant les modèles épistémiques et politiques de ces plateformes, entre sciences participatives et pratiques amateurs, cet ouvrage a l'ambition de proposer une nouvelle approche à l'étude des plateformes contributives en tant que dispositifs multi-espace de dialogue entre les institutions et les citoyens.

  • Comment le numérique transforme-t-il la musique ?
    Les sciences sociales se penchent désormais sur les mutations des pratiques de création, de promotion ou l'expérience des auditeurs... mais la question même n'échappe pas au déterminisme technique. L'auteur propose de renverser la perspective et se demande ce que la musique fait aux technologies et aux médias du Web.
    Il montre ce que la success story d'une plateforme de référence, YouTube, doit à la musique - en observant la multiplicité des pratiques, des formes et des valeurs qui lui sont associées, depuis les premiers clips bricolés jusqu'à la circulation accélérée des remixes sous le contrôle des maisons de disques.
    L'ouvrage se fonde sur un travail documentaire et généalogique inédit à partir des traces laissées par YouTube dans les archives du Web, d'analyses serrées de ses interfaces successives, des blogs de ses équipes, et bien sûrs de chaînes et de vidéos emblématiques.
    Finalement, ce livre montre comment, loin de répondre à un besoin immédiat, YouTube s'est construit par de multiples détours, profitant d'expériences issues des mondes de la musique pour mieux les exploiter et les réorienter.

  • À compter des années 2000, de plus en plus de médias, aux États-Unis puis ailleurs dans le monde, se sont dotés de rubriques ou chroniques dits de « fact-checking ». Ils se sont d'abord donné pour objectif de vérifier la véracité de propos tenus par des responsables politiques dans la sphère médiatique. Puis, progressivement, ils ont étendu ce travail de décryptage minutieux à l'ensemble des informations suspectes véhiculées dans l'espace public, sur Internet et les réseaux sociaux : encouragés par les Gafam et tout particulièrement Facebook, ils produisent ce que l'on appelle du « debunking », de la démystification de rumeurs.
    Cet ouvrage décrypte également comment ces médias, ce faisant, ont cherché à valoriser une démarche journalistique particulièrement crédible, qui toutefois révèle, en creux, de nombreux manquements dans les pratiques professionnelles.
    À travers ce parcours au sein de l'histoire récente de la vérification dans les médias hexagonaux, c'est in fine la nécessité de promouvoir des contenus peut-être moins nombreux mais plus qualitatifs dans les rédactions, ainsi que la nécessité impérieuse d'une véritable politique d'éducation aux médias pour le grand public qui transparaît. Et l'exigence d'un fact-checking placé au coeur des stratégies éditoriales, seul à même de permettre aux journalistes de regagner la confiance des publics et aux entreprises de presse de valoriser leurs contenus.

    Laurent BIGOT est journaliste et maître de conférences à l'École publique de journalisme de Tours. Il y enseigne les genres journalistiques et y est responsable de l'ensemble des enseignements de presse écrite. Il est membre de l'équipe de recherche PRIM (Pratiques et Ressources de l'Information et des Médiations) de l'Université de Tours.

empty