Le Cherche-Midi

  • L´Espoir en contrebande ou comment faire le tour du monde en vingt-six nouvelles, du canal de l´Ourcq à Ostende, d´Aubervilliers à Nouméa, de La Rochelle au Québec, de Bordeaux aux Antilles, de Granville au Mexique, de Nantes au Gabon, du Périgord au Danemark, de Saint-Benoît-du-Sault à Stettin...

    Histoires vraies ou histoires inventées ?

    En fait, Didier Daeninckx se plaît à jeter « des passerelles de fiction entre deux blocs de réalité». Pour lui, vie et littérature ne font qu´un.

    Dans ses « nouvelles noires », comme dans la vie, chacun est confrontéà toutes sortes de situations : des moments d´émotion, des scènes violentes, des instants désopilants, des événements historiques. Et tout le monde croise ou rencontre des individus de tous genres : des flics, des voyous, des salauds, des paumés, des chômeurs, des couples d´amoureux, des rebelles...

    Mais que viennent faire là-dedans Mussolini et Richard Durn, Thierry la Fronde et saint Denis, Paco Ibáñez et Charles de Gaulle, Paul Bocuse et Silvio Berlusconi, John Lennon et Éloi Machoro, Louise Michel et Rino Della Negra, Gandhi et Arlette Laguiller, Marat Safin et Coluche, Steve McQueen et Mehdi Ben Barka, Ousmane Sow et Michel Simon, Missak Manouchian et Jean Moulin ?

    Ils ne sont peut-être pas là par hasard...

  • Jean Malaquais (1908-1998) est un écrivain de langue française de très grande qualité, trop souvent ignoré, et dont l´oeuvre est à redécouvrir.

    Coups de barreest un recueil de sept nouvelles publié à New York, en 1944, aux Éditions de la Maison Française. Il se situe donc à mi-chemin entreLes Javanais(Prix Renaudot 1939, réédité par Phébus en 1995), le roman du métèque « à la grandeur épique, à la fois bouffonne et tragique », pour reprendre le salut de Gide, etPlanète sans visa, la fresque de Marseille-sous-Vichy (1947, réédité par Phébus en 1999), dont l´écrivain américain Norman Mailer a salué la puissance, l´ambition, l´ironie et l´indignation sourde à l´endroit d´une société comme la nôtre.


    Du récit à la tonalité joyeuse qu´est « La Montre » - dont le personnage central est un adolescent ouvert à toutes les aventures - à « Marianka » - dont la sobriété tragique est pétrie dans la violence collective de l´Histoire - en passant par l´humour à la fois tendre et grinçant du « Marchand de balais », ou la folie meurtière des nouvelles maritimes « Il Piemonte » et « El Valiente », Malaquais trempe sa plume dans la mouvance du réel. Il s´entend à faire voyager son lecteur. Ses personnages sont des nomades par essence, qui ne parlent que de partir, et le dynamisme de son écriture ouvre l´antre des mille langues qui se croisent sur la terre et parviennent, envers et contre tout, à communiquer.

  • Sous des titres aussi évocateurs que « Chômedu », « Vous voyez bien qu´il est bourré ! » ou encore « Noël au ballon, Pâques en prison », Jackie Berroyer recrée l´univers des banlieues des années soixante, ses prolos, sa misère, ses blousons noirs et ses « frangines », sa violence, et parfois sa tendresse.



    Ces portraits tragi-comiques initialement parus dans Hara-Kiri, revus et augmentés, composent un tableau saisissant de la vie quotidienne de « petites gens » et de figures pittoresques de la « zone ».



    La prose à la fois crue et réaliste de Jackie Berroyer évoque par de nombreux aspects celle d´un autre « chantre de la dèche et de la gueule de bois », Bukowski. Comme ce dernier, il excelle dans l´art de dénicher la poésie au milieu du sordide, l´humour au sein du désespoir.



    Maurice Pialat manifestait à l´égard de ces récits qu´il a souvent songéà adapter, une tendresse toute particulière. On comprendra pourquoi en lisant les mésaventures de ces « perdants magnifiques ».

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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