Vie pratique & Loisirs

  • Cette Histoire naturelle des animaux sauvages n'est autre qu'un volume extrait de la monumentale Histoire naturelle, collection encyclopédique dirigée et largement écrite par Buffon, publiée entre 1749 et 1804. Dans ces pages, Buffon décrit les comportements et les caractères des quadrupèdes sauvages d'Europe, et se montre un précurseur du darwinisme par l'attention qu'il accorde à l'anatomie comparative. « L'intérieur, dans les êtres vivants, est le fond du dessin de la nature. » Le cerf, le lapin, l'écureuil, le rat... Autant de portraits d'animaux qui, sous la plume de l'auteur du Discours sur le style, n'en apparaissent que plus proches de nous et attachants.

  • En 1868, Michelet publie La Montagne, dont l'écriture est influencée par son épouse, Athénaïs, femme sensible aux beautés de la nature et amie des animaux. À la faveur d'un séjour alpestre, le grand historien romantique se livre à la contemplation d'un milieu a priori hostile, mais qui lui permet de penser la réconciliation entre l'homme et la création. Superbes descriptions du Mont-Blanc - « cet illustre solitaire » -, randonnées en Suisse et autour de ses lacs, détours par les Pyrénées et escapades jusqu'aux pôles ou encore à Java... Dans ces pages, les montagnes de glace des icebergs croisent les volcans. Empruntant à l'essai scientifique, lorsqu'il s'intéresse aux périodes glaciaires, à l'effet de foehn ou encore à la botanique, ce livre est surtout un hymne à la grandeur de la nature, où la montagne, géante apparemment immuable, apparaît sous les traits d'un être vivant, traversé par mille et un bouleversements - nuages restant accrochés aux crêtes, fonte des neiges, torrents. Avec Michelet, « la montagne est une initiation ».

  • D'année en année, la lutte contre le dérèglement climatique est passée de considérations géopolitiques générales, d'objectifs globaux jamais atteints, à la responsabilisation de chacun, à des écogestes du quotidien qui nous ont rendus plus acteurs de la mobilisation. Pourtant, rien ne change. Pire : l'idée de développement durable a laissé place à celle d'effondrement ! Si le tableau s'est assombri, c'est que nous avons pris conscience que rien ne serait réellement possible si nous ne changions pas notre imaginaire, nos perceptions, nos croyances. Les leviers de cette transformation ? Thierry Libaert, fin connaisseur de l'intérieur des politiques de l'environnement en France, les a identifiés, et il nous en fait part, non en théoricien abstrait, mais en praticien soucieux d'efficacité. Pour lui, fini le temps des injonctions qui ne servent qu'à valoriser leurs auteurs. C'est tout un modèle qu'il faut réinventer, à commencer par notre façon d'en parler...   

  • « Sixième extinction », destruction du « tissu vivant de notre planète », de la « cathédrale du vivant »... Pour invoquer l'effondrement de la biodiversité, les mots sont forts. Pourtant, ils n'incitent manifestement pas à agir. En dépit des rapports toujours plus alarmants, la prise de conscience collective tarde à venir.
    Et si nous n'agissions pas faute de comprendre ce qui est en jeu ? C'est du moins l'hypothèse d'Hervé Le Guyader, qui se méfie du fatalisme trop souvent associé au mot « biodiversité » pour lui privilégier une approche plus fine - croisant la biologie, l'étymologie, l'anthropologie, la neurophysiologie... -, beaucoup plus porteuse d'espoir.
    En débordant pour la première fois du seul cadre scientifique, il rend compte non seulement de la biodiversité, mais aussi de la dynamique propre à l'espèce humaine dans cette même biodiversité. Car aux origines de la crise actuelle, il identifie un problème majeur, ô combien d'actualité : l'écart qui s'est creusé entre notre pensée et le reste du vivant.

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